‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 606 sur 664 · TRUAND · texte numérisé non relu

TRUAND

Truand, truande.

3 65 Me trompé-je? — Ah! truande y as-tu bien le courage. . . ?

Sgan.y se. 9.

J'eslois son plaisant , quoy que d'aulres m^appelassent jaseur et truand.

Chapelain, Trad. de Guzm, d'Alfar., i63o; II, p. 97.

En moins de rien , tous ces truan$

De sacs devinrent tous suans. - Scarbon, Virg. trav,, 1706 ; II, p. 95.

Je ferois bastir une ville

Où je iaisserois les truant

Et tous les esprits remuans

Qui ne sont bons qu'à ne rien faire.

Id., ibid,; II, p. 75 ; - Cf. ibid,; II, p. S09.

El puisque, petite truande,

Je n'ay pu gouster à la viande.

Au moins lâteray-je au bouillon. - Ricokb, Ovide bouffon, 166a, p. 61 3.

3|c En 1 539, le Diction, franç.'lat, de Rob. Estienne ne donne pas encore le moi truand; on y trouve, en 1569, truand, truander et truandUe, mais sans la traduction latine. Le Nicoi de 1673 nous renseigne mieux : rxTruand, ou tru<m, UEspaignol dicl ^*iiAafi, pour un bastcleur et un plaisanteur. — Truandeau^ c'est le diminutif de Utuind, — Truander, faire acte et vie de truand, — Truandiee, actions et vie d'un truand ; truandiêe est quelquefois usurpé pour malice, metchancêté, — Truandaille, c'est une troupe de truande, et par métaphore, une compaignie de vaulneants, de canailles et de belistres rondans les caignars.» — Nicot, comme R. Estienne, oublie la traduction latine.

En i6ao, Monet donne d'autres sens : fx Truand, attraiant par ses commoditei à fainéantise. . • Terroir truand, par ses aises entretenant les habitans en oisiveté, et alléchant les estrangers. . . Truand, enclin à estre alléché et attrait par l'aise du corps. . . »

Gotgrave, i639, etc., est plus dur; il traduit Truand par a common beggar, vagabond, roffue, a laxie rascall, an upright man; also, a knave, scowndrell, varlet, filtnic or lewd IcUow.» — Or Gotgrave retraduit beggar par «mendiant, caimand, belistre, maraud, bribeur, coquin, guenaud, gueux, gueus, nerre, gueux d'ostierc?). Ne cherchons pas plus loin.

erCes tributs, pour les anciens, furent, par un mot abrégé, appeliez de nous truê, . . De ce mot de tru vint que nous dîmes truage ; de là aussi truander pour gourmander et fouler. Parce que ceux qui sont destinez à exiger les tributs sont ordinairement gens fascheux, qui ont peu de pilié des pauvres. . . Pour autant que, par les mangeries des exacteurs, plusieurs gens du pauvre peuple estoient réduits à mendicité , nos anciens appelèrent un homme truant, qui alloit mendiant sa vie, et truander, caimander.?)

Après avoir cité deux passages du Roman de la Roêe, Pasquier continue :

ff Ainsi truander et truant, usurpé (employé) de la façon que dessus, prist sa source à l'occasion de ceux qui, pour la surcharge des tributs, estoient réduits au point de mendicité : et croy que pour celte mesmc raison le simple peuple ail esté induict de dire au desavantage des Nonnans : qui lit nonnand, il fit truand, parce que sur tous les peuples de France, ceux-cy ont esté chargez de trus el d'imposts.»

Est. Pasqoibr, llech, de la France, i6ai; VIII, p. 4a, 746-7^7.

Le sens de truand dévia de sa signification première ; Richelet donne comme équivalent à ce «rmot bas et vieuxT), les mots fripon, coquin.

750 TRUCHEMENT — TLDŒU!

Truchement, interprète.

353 Ce langage, il est vrai, peut être obscur parfois, S*il n a pour tmehemmU récriture ou la voix.

Ec. des Mar.y I, h.

Oui, la parole. . . est le imckenieiU du cœur. - Mar, forcé, se. &.

378 Contentez-Yous des yeux pour vos seuls truchtmenU,

Fem, tat,, K h.

109 L^un dans Fautre à tous coups leurs regards se confondent. Et , d*un commun areu , ces muets truckemenU Ne se disent que trop leurs amoureux tourments. - Coa!i., Lu ^Mtr., 1. a.

Et des brûlants soupirs la forte eiq>re8Bion Est le seul truekemeiU de nostre passion.

GiLiT Di Li TB8so?(5nii, Dttmntf , V, 1.

lok Ses regards, tnuktmmU de Tardeiir qui la touche.

La Foitt., VK p. 935 : Âinnu, 999 . . . Les yeux, pour les amans.

Sont d'admiraUes trmekemm»,

LoBET, MuiM kiitor,, 90 décembre 166&.

I^ douleur véritable, encor que violente,

N*a pour son tru^ement qu*une oeillade mourante.

Th. Gok.^., Amour à la mufde, III, s.

D^aliord par ses regards, trnehemanU de son coeur. Elle le fait savant de son prochain bonheur.

Mo.TrrLEUiT , Mari Maïufemmf, I, 8.

Ne me parlez point de truchemeiu, répondit Aristc. . . La pluspart de ces trnchemenê de profession ne sçavent presque pas la langue des étrangers auxquels ils sen-cnt d^inlerprètes. - I>e P. Boinoijns, ArUu H Eng,, 9* édit., 1671, p. ô3.

t Voir t. 11, p. 696, Interprète,

Tuant, tuante.

i/t5i En vain à passer je m'apprête,

Pour fuir leurs persécutions.

Leur tuante amitié de tous côtés m'arrête. - Amph., 111, t.

L^oisiveté des cercles est tuante. - J.-J. Roussbai , ConfenionM, liv. XU.

Tu, TUTOIEMENT.

♦ Voir ci-dessous, p. 755, Tutoyer.

TCDIEU !

♦ Voir 1. 1, p. 693, Jnrom,

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