TUER — TURC (DE) À MORE
Tuer, au figuré.
Ne pleurez donc point,. . . car vos larmes me tuent.
Fourh, de Scap,, I, 3.
1601 Mais finissons, de grâce, un discours qui me tue, - Cobx., Œdipe, IV, 5.
Alors se (il une huée
Dpnt mainte aureille fut tuée,
ScARBOR, Virg, trav., 1706; II, p. 8.
577 Seigneur, je le vois bien, votre âme prévenue
Répand sur mes discours le venin qui la tue, - Rac, Androm,, II, n.
Je vous écris avec un serrement de cœur qui me tue, - Skv., II, p. 3/10.
Tuer (Se) a . . . , s'évertuer à . . .
Tant pis pour ceux qui . , , se tuent tout le jour à parler ce jargon obscur. - Crit. de TEc. des Fem. , se. i .
Quand cette aménité, qui est proprement ce bel air et cet agrément général de ces ouvrages (des ouvrages de poésie), qui les rend comme tous brillans de pierreries et de fleurs n^y est point semée par le naturel du Poète, qu^il te tw tant qu'il voudra à s'enfler par de grandes paroles, il n'aura jamais un véritable embonpoint. - La MBSNABDiàRE, Poé»,, in-&% 1669; ï*rêf,, p. 3.
Je me tue c2'écrire en Provence. - S£t., II, p. A 96.
Turc, TURQUERIE, âpre, âpreté dans l'usure.
Je le défie d'attendrir, du côté de Forgent, Tliomme dont il est question. Il est Turc là-dessus. - UAv., Il, 6.
Il est Turc, là-dessus, mais d'une turquerie à désespérer tout le monde. - Ibid, , ibid.
MiUBTiN. Ne pourroit-on ? . . . — Colohbinr. Comment? Qu'est-ce que tu voudrois ? Vas-y toi-mesme , entends-tu bien I — Mezzbtin. Tu es d'une turquerie terrible. - La Thèee des Damée, II, a ; théât. ital., 1701, t. VI, p. s8.
■¥ Voir t. I, p. laS, Arabe,
Turc (De) \ More.
Je vois ici des yeux qui ont la mine. . . de traiter une âme de Turc à More, — Préc. rid,y se. 9.
Ayant à faire à un usurier qui traictoit avec lui de Turc à More , . . . il prend le change et luy va dire : . . . laissons ces discours importuns de debtes et ae monnoyé. - Le P. Garassb, Doctr, cur., 169&, p. 900.
Quand je trailcray désormais avec vous, faites état que c'est de Turc à More.
Voiture, LeUre XL, à M^' Paulet.
752 TLRLUPIN
0 beautez pleines d'appas,. . .
Au nom de Dieu, n allex pas Nous Irailer de Turc à More,
ScABRox, Œuvr,, Paris, David, 1700 ; I, p. tiâ.
De sorte que les Portugais . . .
Lèvent des gens de toutes parts
Afin d'agir de Turc à More, - Lobbt, Muze hUtor., ûà juin 1669.
11 me souvient qu'il y a six mois,. . . vous me traitâtes de Turc à More,
MONTRBCIL, Œuvr,, 1 666 , p. 101.
Je prétends vous traiter de Turc à More, - Mo!itflidrt, Mon/ samfimme, II, h.
i¥ fx Traiter de Turc à More, c'est-à-dire : avec rigueur et sans quartiers, comme ifs Turcs traitent les Mores. - Richblit, Diction,, 1680.
ffM. de Voiture ne réussit pas moins en quolibets qu'en proverbes. Estant en Afrique, il manda à M"* Paulel : tr Quand je me trouveray désormais avec vous, faites estât que (rc'est de Turc à More,r> - Bodbodbs, Rem, nouv,, 1676; édit. 1689, p. 679.
«Ce quolibet de M. de Voiture que le P. Bouhours trouve très-bon est très-mauvais. . . Il faudroit , pour la justesse du quolibet , que M. de Voiture ust esté alors en Turquie et non pas en Afrique.» - MiNicB, Obeerv. 9ur la iang.Jranç,, 1676; t. II, p. 438, àSg.
TORLUPIN.
Si j'en étois juge, je sais bien à quoi je condamnerois tous ces Messieurs les turlupins. - Crû. de VEc, des Fem. , se. 1 .
Le bel assemblage que ce seroit d'une précieuse et d'un titrlupin!
Ihid.y se. 3.
Voyei-vous l'amoureux transi ,
(domine il ressent son gueux de race;
Tant il porte de bonne grâce
Ses habits-là de Frantaupin.
On le prendroit pour Turlupin,
A voir sa façon et sa mine. - Jban Godard, Deegweez, 1696 ; III, 7.
1619. «Harangue de Turlupin le toujreteux, — 1619 et 161 5. 9) Titre d'une plaquette reproduite dans les Variété» de la bibl. eizcv., t. VI, p. 5i.
1618. <rLe Tocsin des Filles d'Amour.» Titre d'une pièce de la même collection, signée : Turlupin, t. VI, p. 265-978.
Des belistres, des factieux. . . ont troublé jusques à présent tous les estats de It cbrestienté. On a veu les Gibelins en Italie , les Bribantins ou Bribantiens en Allemagne, les Gueux en Flandre, les Pauvres de Lyon en France, sumommei autrement les Turlupin» et les Caignards. . . Tout leur fait aboutissoit à l'athéisme, à la brutalité, au libertinage, et les plus méchants d'entr'eux furent les Caignanb ou Turlupin», qui vaquoicnt, soubs prétexte de charité, à d'estranges et horribles sodomies. - Le P. Gabassb, Doctr, cur., 1696, p. 79.
Les Vaudois, les Caignards, Turlupin» ou Bougres (car ils s'appelloient de tous ces noms, et sont les anccstres des Calvinistes, à ce que disent Bexe et du Moulin) sont les principaux Sacramentaires qui se soient soulevez contre la vérité de l'Eucliaristie. - i6tW., p. 980 ; - Cf. ibid,, p. 536.