‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 631 sur 664 · PARTICIPES · texte numérisé non relu

PARTICIPES

1 ® Participe présent :

Place du pau^ticipe présent avant le mot qualifié.

137 Je ménage les gens, et sais comme embarrasse

Le contraignant effort de ces aveux en face. — Feni, $ao.j I, 9.

1761 Et c'est un stratagème, tin surprenant secours

Que j'ai voulu tenter pour servir vos amours. - /6û/., V, 4.

Accord du participe présent avec le mot qualité.

3o De ces petits /?otfr/;om/5 sous les bras se perdants, Et de ces grands collets jusqu'au Jxombt'A pendants?

Ec, des Mar,f I, 1.

301 Si quatre miUe écus de rente bien venants^

Une grande tendresse et des soins complaisants. . . - Ibid., I, *i.

337 De ces brutaux Jieffh , qui sans raison ni suite. De leurs femmes en tout contrôlent la conduite, Et du nom de mari fièrement se parants Leur rompent en visière aux yeux des soupirants. - Ibid., I, h.

369 Ces gens, dis-je, qu'on voit d'une ardeur non commune Par le chemin du Ciel courir à leur fortune, Quiy brûlants eipriants^ demandent chaque jour. . . - Tart.jl^ 3.

Cette physionomie, ces yeux rouges et hagards, cette grande barbe, cette habitude du corps menue, grêle, noire et velue, lesquels signes le dénotent très affecté de cette maladie, procédante du vice des hypocondres. - Pourc, I, 8.

Pour remédier à cette pléthore obturante et à cette cacochymie luxuriante par tout le corps, je suis d'avis qu'il soit phlébolomisé libéralement.

Ibid. , ibid.

Nous entrons dans une salle où nous voyons. . . une jeune JiUe toute fondante en larmes. - Fourb. de Scap., I, a.

Participe absolu, cest-à dire indépendant à la fois du sujet et du complément.

198g . . . Advenant que Dieu de ce monde m'àtât,

J'entendois tout de bon que lui seul héritât. - VEt, , IV, 1 .

79 Le bon Dieu fasse paix à mon pauvre Martin !

Mais, j'avois, lui vivant, le teint d'un chérubin. - Sgan.^ se. :i.

VËRBtiS 785

331 J eu a vois ecarlé la dame avec le roi ;

Mais luifaUani un pic^ je sortis hors d'effroi. — Fâch., II, a.

Participe présent qualifiant le sujet du verbe.

586 Et je veux, vous mettant jxige en votre intérêt,

Vous faire prononcer vous-même votre arrêt. - D. Gare, II, 5.

63o Et quant au Monsieur, la. Je prétends, s'il vous plait,. . . Qu'avec lui désormais vous rompiez tout commerce,. . . Vous lui fermiez au nez la porte honnêtement, Et lui jetant y s'il heurte, un grès par la fenêtre, L obligiez tout de hon à ne plus y paroltre. - Ec, des Fem,^ II, 5.

l'joh Vous me faites un bien , me faisant vous connoltre. - Misatith. > V, &.

Participe présent qualifiant le sujet de la proposition précédente.

Soi C'est ce que je demande, ci faurois lieu de plainte Si, nC exposant h. vous pour me parler sans feinte. Vous alliez me trahir et me déguiser rien. - Misanih., I, ti,

iSoi Aussi ne trouverois-je aucun sujet de plainte. Si pour moi votre bouche avoit parlé sans feinte. Et, rejetant mes vœux dès le premier abord. Mon cœur n'auroit eu droit de s'en prendre qu'au sort.

/6i:/.,IV, 3.

Participe présent qualifiant le complément direct ou indirect.

i36 Mais je fai vue ailleurs où m ayant fait connoitre Les grands talents qu'elle a pour savoir l'avenir, Je voulois sur un point un peu Tentretenir. — UEt., I, &.

* C*e8t-à-dire : j^al voulu entretenir elle, que j'ai vu» aillewi,

Uo*i Mais savez-vous aussi, lui trouvant des appas.

Qu'autrement qu'en tuteur sa personne me touche?

bc. des Mar., II, 3.

4^ C'est-à-dire : sa personne touclic tiioi, lui tr<mvatU des appas.

G3o Et quant au Monsieur, là. Je prétends, s'il vous platt,. . . Qu'avec lui désormais vous rompiez tout commerce; Que, venant au logis pour votre compliment. Vous lui fermiez au nez la porte honnêtement. - Ec. des Fem, , Il , «*>.

t C'est-à-dire : que vous fermiei la porte à lui vtnatU . . •

ni. Tio

Il ne faut que . . . regarder ce qu'est la Comédie en soi , pour voit si elle est condamnable. On connoltra sans doute que, n étant autre chose qu'un poème ingénieux qui par des leçons agi*éables reprend les défauts des hommes, on ne siiuroit la censurer sans injustice.

Tort., Préf.

% C*e8t-à-dire : on ne ttauroit ceiisurer elle, tCétatU que. . .

Apprenez que. . . passant ici i>our Taller chercher, une aventure, par le Ciel concertée, me fit voir la charmante Elise. — VAv.y V, 5.

* Cest-à-dire : fit voir à moif panant . . .

393 N'ayant ni beauté, ni naissance

A pouvoir mériter leur amour et leurs soins. Ils nous favorisent au moins De Thonneur de la confidence. - Psyché, I, 3.

* Cest-à-dirc : ils favorisent noui, n'ayant. . .

Participe présent précédé de lu propositioti en , invariable.

746 Si tu veux me servir, je t'arrête avec moi.

— Oui, Monsieur; d'autant mieux que le destin propice M'offre à me bien venger en vous rendant sen^ice. — VÉt., IL 7.

* C'est-à-dire : offre à moi, voui rendant service.

G 79 — Maître, en discourant ensemble,

Ce jargon n'est pas fort nécessaire, me semble.

Dép. am., II, 6.

* G*est-à-<lire : quand nous ditcowoun emetnhle.

1 16/4 Mettez-vous en ma place, et me donnez conseil.

— Ce doit élre à vous-même, en prenant votre place ^

A me donner conseil dessus cette disgrâce. — Dép. ont. y IV, 1.

* C'«îsl-à-dire : à donner conseil à wwi, ^mi prendrai votre place.

i5oo Et je veux me chercher dans celte illustre envie Les moyens glorieux de sortir de la vie. Faire, par un grand coup, qui signale ma foi. Qu'en expirant pour elle, elle ait regrel à moi. - D. Gare., IV, y.

t¥ G*est-à-dire : ello ait regret à inoi quand j'expirerai pour elle.

On vous surprit une nuit, en venant dérober vous-même l'avoine de vos chevaux. - LVh'., III, 1.

97/i H ne le croira pas encore, en Voyant vu. - Ec, des Mar., III, 5.*

Elle a la bouche grande. — Oui; mais on y voit des grâces qu*on ne voit point aux autres bouches; et cette bouche, en la wyant, inspire des désirs. — Bourg. genUy III, 9.

* C'est-à-dire : inspire des désirs quand on la voit, à ceux qui la voient, — On ou ceux qui ne sont pas exprimés.

53 Le Ciel, dont nous voyons que Tordre est tout puissant. Pour différents emplois nous fabrique en naissant.

Fem. sav.y I, 1.

=¥ G*e8t-à-dire : noue fabrique quand nous naissons.

559 Le moindre solécisme, en parlant y vous irrite. - Ibid,^ II, 7.

* C'est-à-dire : quand on parle, — On n'est pas exprimé.

Ce n'est pas être malheureux que d'occuper votre pensée, soit en dormanty soit en veillant. - Mal. imag., II, 3.

* C'est-à-dire : quand vouê dormez ou veillez.

Il faut, Toinette, que tu m'aides à exécuter mon dessein, et tu peux croire qu'en me servant ta récompense est sûre. - Ibid,, III, la.

* C'est-à-dire : Tu peux croire que, si lu me eere, . . Id, en pourrait être, à la rigueur, supprimé.

Participe présent après le verbe aller.

* Voir Aller, t. 1, p. 93, suivi d'un participe présent.

2° Participe passé :

Participe ^asse joint à se rapportant au sujet y et restant invariable.

917 La mémoire du père y à bon droit respectée.

Joint au grand intérêt que je prends à la sœur. Veut que du moins on tâche à lui rendre l'honneur.

Ec, des Mar., III, 3.

* Ce participe ^oinf est écr'ii jvÎÊite dans les éditions aulérieuresû 168a ; mais celles de 168a et 178 A le font invariable. En réalité, joiW a, . , peut être assimilé à joint que, , , qui est donné par l'Acadéniio (169/i, 1718. . .) comme une conjonction.

ho.

Participe passé saccordaiU avec le complément direct après lequel U est placé par invei^siony suivant un exemple très répandu au XVII* siècle.

1399 A ce propos, voici Thistoire qu'il m'a dite,

Et sur qui ]ai tantôt notre fourbe construite, - L'Ét., IV, 1.

^67 (//) m'a droit dans ma chambre une hotte jetée.

Ec, des Mot. y II, 3.

17 Un homme à grands canons est entré brusquement. . . Dans le plus bel endroit a la pièce troublée. — FAch.y I, 1.

Participe passé se rapportant à un pronom complément direct qui le précède y tantôt avec accord y tantôt sans accord.

a. Avec accord :

1999 A ce propos, voici Vhistoire qu'il nCa dite. — UEt.y IV, 1.

1791 Certaine Égyptienne

Dont j'ai l'ànie piquée, et qu'il faut que j'obtienne ;

Je [ai déjà manquée, et même plusieurs coups. - Ibid.^ V, k.

869 Isabelle. Mais vous tn^avez surprise avec ce prompt retour.

Ec. des Mar.y III, s.

5o7 // ne vous a \)as faite (vous, Agnès) une belle personne Afin de mal user des choses qu'il vous donne.

te. des Fem.y II, 5.

1 538 Mais les soins que j'ai pris, je les ai perdus tous. — Ibid. , V, &.

Pour sa figure, je ne veux point vous en parler : vous verrez de quel air la nature Va desseinée. — Pourc, I, 9.

Nous pouvons. . . faire entrer les masques que le bruit des noces de Monsieur de Pourceaugnac a attirés ici. — Ibid., III, 7.

Ah I Monsieur, je suis fâché des coups qu'ils vous ont donnés.

Bourg, gent.y II, &.

Les visites fréquentes ont commencé; les déclarations sont venues ensuite, qui après elles ont traJné les sérénades et les cadeaux y que les présents ont suivis, - Ibid., III, i5.

♦ Nous avons, dans tous ces textes, mar(]uë l'accord du participe, accord autorisé par quelques éditions; mais nous devons reconnaître que la plupart aes éditions, et inAmp, pour les derniers exemples, toutes les éditions anciennes donnent le participe invariahle.

b. Sans accord :

1901 HippoLTTE. Quant à moi, toutefois je ne me plaindrois pas. . . Si, lorsque mes amants sont devenus les vôtres, Un seul m'eût amsoli de la perte des autres. - UÉt. , V, 8.

Deux carognes de baragouineuses me sont venu accuser de ks avoir épousé toutes deux. - Pourc., II, 10.

Participe passé conjugué avec être et ne s* accordant pas avec le sujets s il est suivi d!un infinitif.

Deux carognes de baragouineuses me sont venu accuser de les avoir ëpousë toutes deux. - Pourc, II, 10.

Ce qui m'embarrasse ici, c'est que ma fille est une opiniâtre, qui s^est allé mettre dans la tête un certain Ciéonte. - Bourg, gent., IV, 3.

J*ai songé cette nuit. . . qu'une personne faite tout comme Monsieur s^est présentée à moi, à qui j'ai demandé secours, et qui m'est venu tirer de la peine où j'étois. - Mai tmag., II, 3.

4c Dans cet exemple, préiUttée est au féminiu parce que ce participe n^est suivi ni d*un infinitif ni d^un qualificatif; venu est suivi de tirer,

LocisoN. Oui, mon papa. Je vous suis venu dire tout ce que j'ai vu.

/6ta.,U,8.

PaiHicipe passé précédé d!un complément direct inxmriahlej s'il est suivi d'un infinitif,

1 1 13 Et ces yeux les ont vu s'entre-donner parole. — Dép. nm., III, to.

658 Vous en êtes sortie (vous, Agnès) avec honnêteté. L'air dont je vous ai vu lui jeter cette pierre. . . Me confirme encor mieux à ne point différer.

Ec. des Fem. , II , 1 .

753 Valère. Adieu, Madame. — Mariank. Adieu, Monsieur. —

[DoRiNB. Pour moi, je pense Que vous perdez l'esprit par cette extravagance; Et je vous ai laissé tout du long quereller Pour voir où tout cela pourroit enfin aller. - Tarf.y II, h,

1&99 Elwirb. Aurois-je pris la chose ainsi qu'on m'a vu faire?

Ibid., IV, 5.

1699 Orontb, à Célimèue. Quoi! De cette façon je vois qu'on me

[déchire, Après tout ce qu'à moi je vom ai vu nCicrirel - Misanth.y V, 5.

Elle. . . n'a de l'amour que pour les vieillards. — Elle? — Oui, elk. Je Youdrois que vous Veuuiez entendu parler là-dessus.

UAv.y n, 5.

1 1 37 Philaminte. Il sait que, Dieu merci, je me mêle d'écrire, Et jamais il ne m^a prié de lui rien lire. — Fem. »ac., IV, 1.

Participe passé invariable ^ mivi (Tun qualificatif se rapportant à un même complément direct placé avant le participe.

i33i Maintenant, vous serez un marchand d'Arménie, Qui les aurez vu sains l'un et Tautre en Turquie.

L'Ét.,IS,i.

1 335 C'est qu'en fait d'aventure il est très ordinaire

De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire.

Puis être à leur famille à point nommé rendus

Après quinze ou vingt ans qu'on les a cru perdus. - Ibid. , ibid,

1 155 Le brutal! — Et vingt fois, comme ouvrages nouveaux. J'ai lu des vers de vous qu'tV na point trouvé beaux.

Fem. sav., IV, 9.

ToiNETTK. Jo mo suis trouvé ici toute setde. - Mal. imag.^ III, la.

Participe passé invariable après un complément direct «t , par inversioîi, le sujet est placé après le verbe.

Quellf réponse a fait la maîtresse à ce Monsieur le Courtisan ?

G. Dand.y I, 9.

^ I)an8 los deux exemples suivants, les participes ont ou n^ont pas Taccord, suivant 1m (Hlili(ins; niai^ le plus nrrand nombre los font invariables, conformément à i*usage.

1 'i56 Ah! fortune, ce trait d'avonture propice

Répare tons les maux que m^a fait ton caprice.

Ec. des Fem. y V, a.

Il 80 passoit dans le cœur du Prince de Mcssène des choses bien difrérent(»s : la joie (pie lui avoit donné le Prince d'Ithaque. . . Ta voit obli{[i'* do Tallor trouver. - Princ. à! El. y argum. du o** acte.

On peut rilor encore, ronime ne se conformant à aucune règle, les deux exemples

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