VOIR
Voir, entendre.
i5g7 Mais quel sujet si grand contre lui vous irrite,
Vous à qui j'ai tant vu parler de son mérite. - Misanth., V, a.
1^09 Je me suis vu. Madame, enseigner ce chemin. - Ric, Bérénice, V, 6.
* tt Voir se dit quelquefois au lieu du verbe entendre, comme : je i'ay rti chanter, je Tay rti haranguer, Uusage a autorisé ces façons de parler, et mesme elles ne choquent point la grammaire , car voir se rapporte à la personne que Ton regarde et non à la voix que Ton entend.!) - Ardby di Boisrioabd, Réfl, tur Vtuage pré$, de la long, franc., 1699, p. 707-708.
Voir : ne voir goutte.
4c Voir t. II, p. 690, Goutte : ne voir goutte.
Voir : pour voir , foc adv.
Devinez, j^oiir voir, et nommez quelqu'un. - Princ. éP/s/., IV, i. Dis un peu, U, pour voir. - Bourg, gent, III, 3. Là , pousse-moi un peu pour voir. - Ibid. , ibid.
Cependant voyez voir là-dedaus si j*y suis. - Mortliuby, Ee, det Jaloux, 1, i3.
Je te donneray. . . — Donnei un peu, pour voir.
Hautibocbb, Criip, méd., III, 9.
Je voudrois bien , pour voir, que vous ne le trouvassiez pas bon I
RsGifARD, Sérénade, se. 8.
Il y a, dit le Duc, une mauvaise façon de parler fort ordinaire parmy les Bourgeois de Paris, et mesme parmy quelques Courtisans qui ont été élevei dans la Bourgeoisie; cVst lorsqu'ils disent voyons voir, au lieu de voyons, et de relranrhr>r le mot de voir, qui est absolument inutile el désagréable en cet endroit-là.
Db CALLikBBS, Du bon et du mauvais usage, 1693, p. i53.
* Nous n'hésitons pas à reconnaître dans cette locution un legs de notre ancienne langue ; lorsque voir, vrai , eut été remplacé par ce dernier mot , la ressemblance de l'adjectif voir avec le verbe veoir ou voir fit oublier Tétymologie ; mais il nous parait hors de doute que , dans la locution pour voir, ou dans ces phrases : regarde voir, voyons voir, viens voir un peu , voir n'est qu'un mot explétif^qui rappelle l'ancien adverbe voir, voire ou voirement.
«Nos ancestres avoient pris de vbrds et vbba, voir et voire, dont il ne nous est resté que les adverbes voire et voirement; nous en avons fait un vray et vraye, qui sont beaucoup plus rudes et de difficile prononciation que les premiers.»
Pasquier, Rec. de lafr., VIII, 3.
937 Et Comme les Normands sans luy res|)ondre : voire. - RioiviBB, Sat. III.
Il donnoit peu d'attention à ce qu'elle disoit , et ne luy respondoit que par un ouy ou un voire. - Sobbl, Pùlyandre, 16/^8; II, p. 5/i6.