MOINE BOURRU
far il n^y a rien de plus vrai que le moine bourru, et je me ferois pendre pour celui-là. - D. Juan, III, i.
* Ce texte ne se trouve que dans les deux éditions anciennes de Hollande, désignées, ' réditeur de la CoUectinn des Grandi Écrivait», i683 A et 1694 A. Si Tédilion orilaie de 168s l'a supprimé, il n'en semble pas moins qu*il a dû être dit à la scène, et, orne Ta remarqué le savant éditeur que nous venons de citer, la preuve en est dans passage des Obêervatiimi de (?) Barbier d*Aucour, avocat au Parlement, sous le pseulyme d^un sieur de Rochemont qui n^existait pas, du moins avec cette qualité; car on ave, dans Y État de la France pour 1669, un maître d*hôtel portant ce nom. Voici ce passage; il parle dVun valet infâme, fait au badinaee de son maitre,dont toute créance aboutit au moine bourru, car pourvu que Ton croie le moine bourru, tout va n. le reste n'est que bagatelle» (Obeerv, du sieur A. B., sieur de Rochemont, avocat Parlement. - Nouv. Coll. moliér., p. i3); et plus loin : ((Le valet ne croit que le ût« èoiffTii9. — Ibid.j p. i5.
On m^ouvre, et mon valet ne me recognoist plus. . . Je le vob, il me voit, et demande eslonné Si le moine bourru m*avoit point promené.
Rbgribk, Sat. XI, 1619; édit.iGsi, p. 69.
Lorsque ce chardon de Parnasse,
Ce vain espouvantail de classe,
Ce pot-pourry d*estranges mœurs.
Ce moine bourru des rimeurs ...
Vit sa pauvre Muse chifflée, . . .
Il luy prit, quoyque tard, envie
D^aller ailleurs passer sa vie. - Sàint-Aua?(t, biiil. elzév., 1, p. ai 1-9 19.
Heureux temps, heureuse saison,. . .
Où n'estoit médecin ny mule.
Juge, prison, ny bassecule,. . .
Mo|ffis bourru ny Loupgarou.
Dàssouct, Ovide en belle humeur, i65o, p. iCi-i^. •
J^ay veu mesmc des Loups-garous Et de ces affreuses chimères Que les nourrices et les mères Appellent des moines-bourrus, (Dont toutesfois on ne void plus).
Sarasih, OEuvr.y 9 in-A^ iCfiG; II, p. laS.
D*autres disoient , croisant les bras :
Ho ! qu*il en sera bien plus gras Quand la terre, ainsi désertée, Sera seulement habitée Par des malencontreux hiboux , Moines bourrus et Loups garoux I
RicHEA, Ovide bouffon, 1669, p. 98-99.
N'îcof, Cotgrave, Bichelet même ne parlent pas du moine bourru, Furetière dit, Bourru :
V Le fRotiM fourni est un lutin qui , dans la croyance du peuple , court les rues aux ndits de Noël, et qui fait des cris effroyables.»
Le moin£ bourru tire son nom de ce qu*il aurait été couvert de bourre, ou de poil.