MAIS
# D'Orfé écrit ordinairement mn, rarement mai» :
Cestoit advancer la mort de celuy qui n'en pouvait maû.
L'Aêtréê, 1616; I, p. 37J.
9a Souvent nous imputons nos fautes au malheur, Qui n'en peut tnaU, . . - Reohiib, Sot, XIY.
Battre celuy qui n^en peut maie, Vraiment c'est une belle affaire.
Saint-Ahjuit, Œuvr,, bibl. elzëv., I, ii5g.
Étoit-ce à dire qu'il falioit.
Par une brutale colère,
Occire, en punissant la mère,
Un populo qui n'en peut maU f - Rigbbe, Ovide bouffon, 166a , p. 917.
:i6 Le malheureux lion se déchire lui-même,. . .
Bat Tair qui n'en peut mai», - La Fort., I, p. 167 : Fabl,, II, g.
PuMM'je mai», moi, de vos distractions et de vos caprices?
Babon, Hom. à h, fort,, I, h.
L'hymen qu'on vous propose est pour vous un supplice , Et moi, qui n'en pui» mai», il faut que j'en pâtisse.
MoNTFLiDBT , Femme juge et partie, III , 1 .
Si mon maître est ingrat, pui»-je mai» de cela?
RiGiiABB, Le Dietrait, 1698; - Cf. Id., Le» Souhait», se. A.
* «J'ay veu aussi des livres en prose où l'on trouvoit de telles façons de parler que celle»-cy : «rCela arriva pour l'achever de peindre ; il portoit une dent de laict à son rival ; ejlray ]k , mais que vous y soyez ; si cela arrive , je n'en put» mai» . . . n — Tout cela est dedans des autheurs que les ignorans trouvent très bons.»
SoBBL, Berg, extrav., édit. 1689; III, p. 553.
tiV'en pouvoir mai». Cette façon de parier est ordinaire à la Cour, mais elle est bien buse pour s'en servir en escrivant, si ce n'est en Satyre, en Comédie ou en Epigramme, qui sont les trois genres d'escrire les plus bas, et encore faut-il que ce soit dans le burlesque. Neantmoins M. de Malherbe en a souvent usé, parce quil affectoit en sa parole toutes ces phrases popidaires, pour faire esclater davantage, comme je crob, la magnificence de son style poétique. . . Jamais M. CoëfTeteau ne s'en est servi.»
Vaugblas, édit. Chassang, I, p. a^o.
rCetle façon de parier est très naturelle et très françoise. Il est vray qu'elle n'est plus du haut stile; mais il n'est pas vray, comme le veut M. de Vaugelas, qu'elle ne soit plus qœ du stile buriesque. Elle peut cstre employée en prose , non seulement dans le discours (amilier, mais aussi dans les lettres famibères, comme Malherbe l'y a employé. On peut ansn remployer fort bien en vers , dans des Satires , dans des Comédies , et particulièrement dans des Épigrammes. . . Ce mot de mat« vient du latin magi», et sigmfic. . . plu», davantage. Villon a dit, dans son Grand Te»tament :
Cest son parier, ne moins ne mai».
MiifAOB, Obeerv., 1679, 1, p. 109-110.
vC*est seulement dans le stile familier qu'on peut se servir de cette manière de parier. Cette particnle mai» est une espèce d'adverbe qm ne va joint qu'avec le verbe pouvoir précédé d'une négation , si ce n'est qu'on interroge : « S'il a manqué de prudence , en puie-je maieTn - Acaj>. fba5Ç., Comment. tw^V^gela», dans le Vaugblas, édit. Chassang, I, p. 94 1.
ffD y en a d'autres, continue la Dame, qui vous disent :je ne pui» mai» de cette affaire; on m'accuse de tdle chose, et je n'en pui» mai»; celte façon de parier me parolt ba»e et desa^greable. ?> - Db CAuiiaBs, Du bon et du mauvai» utage de» mot», 1693 , p. i46.