‹ Lexique de philosophieChapitre 114 sur 176 · MYST · texte numérisé non relu

MYST

progrès qui se réalisent dans la nature et chez l’hommeet qu'illes produit à titre de cause finale par la pensée et l’amour qu’il suscite dans les êtres.

Nous ne percevons directement le mouvement que comme le corrélatif de l'effort musculaire en l’imprimant à nos organes par notre activité et notre énergie intime. La translation dans l’espace n’élant qu'un changement des positions relatives des corps n'est pas le mouvement, mais seulement un signe du mouvement et un signe équivoque.

MOYEN. Fin intermédiaire et cause instrumentale: dans ce sens, on oppose les moyens aux fins.

Le moyen terme, dans un syllogisme, est celui qui a plus d’extension que le petit terme et moins que le grand terme.

MYSTICISME. Le mysticisme est une tendance ou un système :

si on le considère comme une tendance, ceux-là seuls, parmi les philosophes, échapperont sûrement à cette accusation qui ne croiront, comme dit Platon, « qu'aux objets auxquels ils se heurtent »; car toute philosophie dépasse

MYTH l'expérience, croit à la raison et dit volontiers avec Fénelon: « Raison, raison, n’es-tu pas le Dieu que je.

cherche ? » Or, «le cœur a ses raisons » que la raison ne connait pas toujours : admettre que Dieu est présent à nos cœurs et constitue notre raison, c’est déjà pencher vers le mysticisme.

Si on le considère comme système,le mysticisme est dangereux, car il consiste non pas seulement dans le renoncement aux plaisirs, mais dans une mort anticipée :

fermer ses sens à tout bruit du dehors, faire cesser en soi toute activité intellectuelle pour s’abimer daus la contemplation de Dieu ou l'extase (V. ce mot). Ce quiétisme nous détache outre mesure de notre tâche humaine et devient aisément un égoïsme inconscient et antisocial.

MYTHE (pÿôce, fable). Récit allégorique contenant, sous forme d'images ou de symboles, des vérités profondes. Les mythes de Platon sont célèbres. Aristote à dit que celui qui aime la science aime les mythes : les mythes sont en effet un moyen de rendre populaires et accessibles les profondes

spéculations.

NATIVISME. Ce mot s'emploie

quelquefois comme synonyme d’innéisme et s'oppose alors à empirisme.

. Nativisme et empirisme désignent plus particulièrement deux opinions sur la perception primitive de l'étendue : les nativistes souliennent que nous localisons naturellement dans l’espace ambiant les causes externes de nos sensations ; les empiristes prétendent que la notion d’étendue est acquise et dérivée et que nous apprenons peu à peu à situer dans l’espace les objets extérieurs (V.

Localisation).

NATURALISME. Dans son acception générale, le naturalisme est le système qui explique tout par les forces inconscientes de la nature : les stoïciens étaient des panthéistes naturalistes.

Dans une acception parliculière et plus récente, il s'emploie pour désigner la théorie esthétique qui réduit l’art à limitation pure et simple de la nature : il s'oppose alors à l'idéalisme et

A. BERTRAND. — Lexique.

devient trop aisément ce qu’un esthéticien profond, M. Guyau, a nommé le trivialisme.

NATURE f(nasci, naître). La nature, dans le langage des savants, est la personnification factice et purement verbale du système des lois qui régissent les phénomènes et n’implique aucune conception mélaphysique de leur substratum.

Les natures, dans l’ancienne langue philosophique, étaient les essences des êtres considérés comme principes d'action : l’analyse, selon Descartes, s'efforce d'atteindre les natures simples.

Dans le panthéisme spinoziste, nature nalurante et nature naturée désignaient également Dieu ou la substance principe de tout, mais la substance considérée tantôt comme cause, tantôt comme effet, ou plutôt manifestation d'elle-même dans ce que nous appelons la nature au sens ordinaire du mot : c'est, pour ainsi dire, la source du fleuve et le fleuve lui-même.

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