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de penser. Les réalistes, dont la thèse semble d’abord la plus difficile à défendre, remarquent avec raison que les espèces et les genres demeurent alors que les individus disparaissent: quand tous les hommes qui composent aujourd'huilegenrehumainserontmorts, l'humanité continuera d'exister, et dès lors il semble que l'humanité ait plus de réalité que l'individu et même que l'individu lui emprunte sa réalité éphémère.
NON CAUSA PRO CAUSA. Litiéralement, prendre pour cause ce qui n’est pas cause. C'est donc un sophisme que l’on désigne par celte expression, par exemple le sophisme qui consiste à prendre pour cause véritable une simple condition accidentelle ou bien une coïncidence plus ou moins constante. C'est ainsi que Jean-Jacques Rousseau a prétendu prouver que les sciences et les arts sont la cause de tous nos vices.
NOOLOGIQUE. Ampère désignait par ce mot les sciences qui ont pour objet les esprits, leurs productions et leur histoire, et les divisait en sciences noologiques proprement dites et sciences sociales. Les sciences qui ont pour objet les corps élaient appelées cosmologiques (V. Sciences).
NORME (norma, règle). Synonyme de règle; ce mot a donné
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l'adjectif normal, régulier. On dira, par exemple : la loi morale est la norme de nos actions; mais le mot régle est moins prétentieux et plus usité.
NOTION (noscere, connaitre).
Ce terme, plus vague et plus général que le mot idée, offre à peu près le même sens : il signifie littéralement connaissance. Cependant Berkeley non seulement distingue la notion et l’idée, mais les oppose : la notion devient l’objet propre de l’entendement, el l'idée l’objet connu par les sens ou représenté par l'imagination.
On appelle notions premières les idées fondamentales et intuilives, et quelquefois notions secondes les idées ou connaissances dérivées. Les notions premières sont les éléments des vérités premières ou principes premiers : les notions ou idées premières sont de simples conceptions (l’idée d'infini, de cause première, etc.); les vérités premières sont des jugements (principe de causalité, de raison suffisante, etc:).
NOUMÉNAL (V. Nouméne). Qui concerne le noumène ou dérive du noumène : liberté nouménale, c'est-à-dire liberté qui réside essentiellement dans un acte suprasensible, intemporel ou hors du temps par lequel nous nous faisons bons ou mauvais, de notre
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propreinilialiveet volontairement, bien que lous les actes de notre vie doivent s’enchaîner dans la suite selon les lois d’un rigoureux déterminisme.
NOUMÈNE connu parle vois, la raison pure).
Le noumène s'oppose au phénomène, comme ce qui est à ce qui apparait.
Selon Kant qui a forgé ce mot, les noumènes, essences des choses, sont inaccessibles parce que, pour être connus, ils devraient nous apparaitre, et dès qu'ils nous apparaîtraient ils deviendraient phénomènes. Le noumène peut donc être objet de foi, non de science,
Kant les conserve pour servir de refuge à la liberté et d’asile à la morale : les néo-crilicistes croient pouvoir s’en passer et se contentent des phénomènes, tout en sauvegardant la morale.
Le noumène ou «chose en soi », précisément parce qu’il échappe à la science et à ses lois rigides,
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permet à Kant de concilier la science et la conscience, la nécessité inflexible des faits observés et la liberté qui est un postulat de la loi morale : la liberté sera donc nouménule et, par un acte inlemporel, nous nous ferons bons ou méchants librement, dominant ainsi par cel unique acte libre toute la série des phénomènes qui remplissent notre vie en conslituant notre caractère empirique.
On voit que le mot noumène offre deux sens assez différents, l'un négatif, l’autre positif : 4° au sens négatif, il signifie ce qui ne peut être que pensé sans pouvoir devenir objet d’intuition sensible ; ce qui est au fond des phénomènes, derrière les phénomènes, mais demeure caché par eux, affirmé seulement par la pensée et non pas connu ; 2° au sens positif, 1L désigne ce qui est au delà de l’expérience, le suprasensible, ce qui est objet non d’intuition sensible, mais peut être d’intuilion intellectuelle ou bien de croyance morale.
0. Lettre qui désigneles propositions particulières négatives (V. A).
OBJECTIF (objicere, mettre devant, présenter). Objectif signifie littéralement ce qui appartient à l’objet, et subjectif ce qui appartient au sujet.
Dans la langue de Descartes, l'expression réalité objective désignait, non pas la réalité extérieure, mais l’idée même considérée comme un objet interne sur lequel se fixe l’attention de l'esprit. « Par la réalité objective d'une idée, J'entends l'entité ou l'être de la chose représentée par
cette idée en tant que cette entité :
est dans l’idée; car tout ce que nous concevons comine étant dans les objets des idées, tout cela est objectivement ou par représentation dans les idées mêmes. » L’objectivité était donc pour Descartes le caractère représentatif des idées, on pourrait presque dire l’idée représentative (V. Idée).
Depuis Kant, le mot objectif a pris un sens tout différent : 1l dé- “signe la « chose en soi», ce que nous admettons sans pouvoir
nous assurer de son existence par delà les phénomènes, ce qui dans la langue de Descartes constituait la réalité formelle.
On voit que, selon Kant, toute connaissance sera subjective en ce sens qu'elle n’atteindra jamais l’objet réel ou la chose en soi, mais seulement ses apparences phénoménales. Du sens primitif du mot objectif (ce qui appartient à l’objel, par opposition à subjectif, ce qui appartient à l'esprit), on passe aisément àun sens assez différent et aussi fréquent : objectif, ce qui est valable pour tous les esprits; subjectif, ce qui n’est valable que pour un esprit particulier.
M. Renouvier donne à ces mots un sens particulier et différent à la fois du sens cartésien ou du sens kantien : ïl désigne par expression réalité subjective la nature du sujet indépendamment de ses représentations ou états de conscience, et par objectif ce qu'on se représente à titre d’objet.
« J'entendrai toujours par objectif ce qu'on se représente à titre d'objet, et par subjectif ce qu’on
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suppose appartenir à un sujet donné. » On voit combien l'emploi de ces mots est délicat et peut prêter à l’équivoque.
OBJET (objecitum, mis devant, présenté, offert). Le mot objet s'oppose au mot sujet, comme ce qui est connu à ce qui connait.
On dit : les objets du monde extérieur. L'esprit est toujours le sujet dans la connaissance.
Ampère a fondé la classification des sciences sur l’énumération systématique de leurs objets (V.
Sciences).
OBLIGATION. On dit que la loi morale est obligatoire, pour marquer qu’elle commande sans condition ni restriction, qu'elle est un impératif catégorique. Obliger n’est ni conseiller simplement ni contraindre : le simple conseil u’est pas un ordre et la contrainte exclut la liberté qu'implique au contraire l'obligation. Le plaisir et l'intérêt conseillent, le droit seul oblige.
OBSERVATION. Observer, c’est fixer son attention sur un objet du monde extérieur pour le mieux connaître. L'observation doit être distinguée de la réflexion, qui consiste à fixer l'attention sur un objet du monde intérieur ou à se replier sur soi-même, et de l’expérimentalion, qui consiste à observer les objets extérieurs dans des circons-
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tances préparées expressément :
l'astronome observe; le chimiste observe et expérimente ; le psychologue a pour procédé spécial la réflexion ou l'introspection.
Onnomme méthode d'observation, dans un sens restreint, celle qui emploie exclusivement l’observaion, et, dans un sens plus large et plus souvent usité, celle des sciences expérimentales où inductives.
OCCASIONALISME. Système des causes occasionnelles : l'âme, selon Malebranche, n’est jamais la cause des mouvements du corps; elle en est seulement l’occasion et Dieu seul agit : c'est Dieu, quand je lève le bras, qui meut efficacement mon bras et je ne suis, par ma pensée et ma volonté, que l’occasion de ce mouvement. D'une manière plus générale, Dieu étant