‹ Lexique de philosophieChapitre 117 sur 176 · OMNI · texte numérisé non relu

OMNI

l’unique cause, les êtres n'agis-

sent jamais les uns sur les autres :

tout «esl agi »,

OCCULTE (occultus, caché). Occulte signifie caché et secret.

Sciences occultes : la magie, l’alchimie; vertus ou qualités occultes, propriétés cachées, mystérieuses, inexplicables : la « vertu dormitive » de l’opium.

OMNIPRÉSENCE (omnis, tout, et præsens, présent). Altribut divin en vertu duquel Dieu est présent à tousles temps età tous leslieux:

on dit aussi ubiquité. |

ONTO

OMNISCIENCE (omnis, tout; scientia, science). Attribut divin en vertu duquel Dieu connaît le présent, le passé et l’avenir de l’universetdetousles êtres particuliers:

en tant que l’omniscience regarde avenir, c’est la prescience divine.

ONTOLOGIE {évro: Aïycs, science de l'être). L’ontologie est la science de l'être en général et s’appelle encore philosophie première et mélaphysique générale.

Chez Wolif, qui a généralisé l’emploidecemot,l'ontoloyie comprend la psychologie rationnelle, la cosmologie rationnelle et la théologie rationnelle, c’est-à-dire l'âme considérée dans sa nature, le monde considéré dans son principe et Dieu considéré dans son essence, trois objels transcendanlaux que Kant déclarera inaccessibles à la raison pure.

Ontologisme se dit quelquefois de tout système qui fait de Dieu le principe et le moyen de toute connaissance.

ONTOLOGIQUE (Argument).

L’argument ontologique inventé par saint Anselme, retrouvé par Descartes, perfectionné par Leibniz, critiqué et rejeté par Kant, consiste à passer de l’essence à l'existence; autrement dit, de l’idée que nous avons de Dieu à sa réalité actuelle.

Le fond de cet argument est que la perfection enveloppe ou

OPIN

implique l'existence actuelle ; car un être qui ne serail parfail que dans la pensée serait en réalité imparfait, puisqu'il lui manquerait celte condition essentielle de la perfection qui est l'existence.

Kant soulient que nous ne pouvons légitimement passer de la pensée à l'être, du subjectif à l'objectif. Il croit aussi que la preuve ontologique est le nerf caché de toutes les autres preuves de l'existence de Dieu, sauf la preuve morale.

OPÉRATION (operari, travailler). On désigne quelquefois par ce mot les différentes formes de l’activité de l’âme, mais, plus ordinairement, le travail d'élaboration que l'intelligence fait subir auxidées:l’attention,l’abstraction, la généralisation, le jugement, le raisonnement sur les opérations de l'intelligence ou intellectuelles.

On oppose quelquefois les deux mots latins esse et operari : alors le premier désigne l'essence, le second l’action ou les actes produits.

OPINION (vpinari, conjecturer).

Une opinion est un Jugement incertain, mais que l’on considère comme probable.

Platon opposait l'opinion (croyance et conjecture) à la science : la même vérité peut être objet d’opinion, si elle est admise sans preuves, ou de science, si l’on en connaît la démonstration.

OPPO

L'opinion est donc variable et flottante, la science stable et per- . manenle.

Le langage consacre cette distinction : on dit des opinions politiques, mais on dit : des vérités mathématiques.

OPPOSITION. Terme de logique indiquant entre deux choses, ou deux termes, ou deux propositions, une relation telle que l’une exclut l’autre. |

La contradiction et la contrariété sont äeux opposilions, mais la première n’admel pas de milieu, la seconde en admet.

Les scolastiques disaient que les opposés tombent sous Ja même science, ce que l’on traduit quelquefois par cette autre formule :

ja science des contraires est identique.

Si l’on se reporte à la signification des voyelles A, E, I, O, on comprendra le tableau suivant des oppositions logiques.

Contraires.

AMEN Re ae

[es

ES

Subalternes.

Subalternes.

Subcontraires.

OPTI

Tous les rapports de quantité.

etde qualité des propositions sont figurés dans ce tableau, qui provoque les remarques suivantes :

une proposition est contradictoire d’une autre lorsqu'elle ne fait que la détruire purement et simplement.Une proposition particulière, singulière même, suffit donc pour infirmer la vérité d’une proposition universelle; mais il faut une proposition universelle, ou une singulière ayant le même sujet, pour détruire contradic- :

toirement une proposition singulière.

Une proposition est le contraire d’une autre lorsqu'elle la détruit en énonçant quelque chose d’incompatible avec cette autre. La contrariété des propositions n’établit donc qu’une opposition indirecte et posilive, tandis que celle de la contradiction est directe et purement négative. C’est pourquoi deux contradictoires ne peuvent être ni vraies ni fausses en même lemps, tandis que deux contraires peuvent être en même temps fausses; seulement elles ne peuvent pas être toutes deux vraies.

OPTIMISME (optimum, le meilleur). Doctrine des philosophes qui soutiennent que le monde, étant l’œuvre d’un Dieu infini en bonté et en puissance, est le meilleur possible. Ce mot désigne aussi, dans un sens large, l’opinion de

ORDR ee

ceux quisoutiennent quela somme des biens l’emporte sur celle des maux. Il s'oppose à pessimisme ; le méliorisme ou doctrine du progrès universel est une forme de l’optimisme.

Il faut entendre cette expression, le meilleur des mondes, dans son vrai sens : l’universalité des êtres dans toute l'étendue et toute la durée. Malebranche entendait par le meilleur des mondes le plus régulier, le mieux ordonné d’après le principe de la simplicité des voies; Leibniz, le plus excellent, celui qui contient la plus grande somme de perfections réalisables

dans un monde créé et par con-

séquent imparfait.

L'oplimisme ne peut s'établir qu'à priori sur les attributs de Dieu : omniscient, il connaît le meilleur; tout-puissant, il peut le réaliser; toute bonté, il a dû le choisir de préférence à tout autre.

Leibniz ne nie pas le mal dans le monde, puisqu'il distingue luimême le mal métaphysique, physique et moral; mais il soutient que le mal n’est qu’un moindre bien.

ORDRE. Ordre signifie arrangement, disposition des moyens en vue d’une fin.

Ordre du monde est une expression qui désigne le monde luimême en tant qu’ordonné : c’est le cosmos, qui comprend l’ordre physique et l’ordre moral.

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