‹ Lexique de philosophieChapitre 13 sur 176 · ACAD · texte numérisé non relu

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duction à l'absurde est une sorte de

réfutalion par les conséquences qui consiste à tirer d’une proposition ou d'un système des erreurs manifestes, des conséquences qui impliquent contradiction etse retournent contre les principes. De l'absurde, disaient les scolastiques, on peut tout déduire.

Remarquons que contradictoire et, par suite, absurde doivent s’entendre de la contradiction avec un principe ou une vérité démontrée, non avec une loi de la nature : les lois de la nature ne sont que des faits généralisés ; elles nesauraient donc prévaloir contre les faits puisqu’elles n’en sont que l'expression abrégée, et dès lors un fait nouveau qui semble contredire des lois ancieunes ne doit nullement être taxé pour cela d’absurdité.

ACADÉMIE. Le nom du jardin ou gymnase où Platon enseignait.

Les philosophes de l’Académie sont donc les disciples de Platon comme ceux du Lycée sont les disciples d’Aristote. Les historiens distinguent l’ancienne, la moyenne et la nouvelle Académie.

L'anciene Académie est proprement l’école de Platon et de ses successeurs immédiats, Speusippe son neveu et Xénocrate de Chalcédoine, qui eurent pour tendance de ramener le platonisme à ses origines pythagoriciennes.

La moyenne Académie, avec Arcésilas et Carnéade, introduit

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le probabilisme et le scepticisme dansla philosophie des successeurs de Platon.

La nouvelle Académie, avec Philon de Larisse et Antiochus d’Ascalon, à l’époque où le stoïcisme exerce une grande influence, réagit contre le scepticisme et revient au supra-sensible, c’est-à-dire aux idées platoniciennes. Philon el Antiochus furent les maîtres de Cicéron.

Il ne faut pas confondre la nouvelle Académie avec le néo-platonisme : cette dernière expression désigne l’école d'Alexandrie représentée par Ammonius Saccas, Plotin, Porphyre, etc.

ACATALEPSIE (x priv.; xa:ixmhis, compréhension). Ce mot signifie étymologiquement incompréhensibilité et appartient à la langue de la moyenne Académie et des sceptiques, disciples de Pyrrhon, qui se disaient acataleptiques. L’acatalepsiese fonde sur les époques ou raisons de douter et de suspendre son jugement; elle se réduit donc à cette thèse sceptique que la raison humaine est impuissante à atteindre la vérité ou à cette thèse probabiliste que nous ne pouvons connaîlre que des vraisemblances.

ACCIDENT (accidere, arriver, s'ajouter). Les scolastiques appellent ainsi, après Aristote, ce qui s'ajoute à la substance ou à l’es-

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sence pour les modifier; plus simplement, ce qui n'arrive, ni toujours, ni nécessairement, ni même ordinairement. Les vices sont pour

l'âme des accidents, puisqu'elle

n'est ni naturellement niconstamment vicieuse; le mouvement est un accident des corps, puisqu'ils sont de leur nature inertes et ont besoin qu’une cause étrangère les meuve pour changer de place.

On dit que l'accident est inhérent à la substance, mais il est si loin de la constituer qu’on distingue des accidents inséparables et des accidents séparables : que Socrate soit Athénien, c’est un accident inséparable; que les cygnes soient blanes, c’est un accident séparable, puisqu'il y a des cygnes noirs.

L'accident n’est pas l’attribut, puisqu'il ne peut pas se déduire de la nature de la substance; il n’est pas le phénomène, puisque le phénomène peut être constant; il n’est pas la propriété ou la faculté, puisque certains textes cartésiens parlent de propriétés essentielles, comme la pensée pour l’âme et l'étendue pour les corps.

L'expression par accident S'oppose à par soi et signifie par un concours de circonstances : la douceur du lait et la dureté de l'or ne sont sensibles à la vue que par accident, c'est-à-dire que grâce à une induction que nous pouvons ne pas faire ou à une association d'idées qui peut n'avoir pas lieu; la nour-

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riture est de soi une cause de santé, par accident une cause de maladie.

L'accident est un des cinq universaux (V. ce mot).

ACHILLE. L'antiquité a appelé de ce nom un argument fameux par lequel Zénon d'Élée prétendait démontrer l'impossibilité du mouvement. Il soutenait qu’Achille « aux pieds légers » lancé à la poursuite d’une tortue ne pourrait jamais l’atteindre. En effet, pendant qu'il parcourt la distance qui les sépare au moment initial, elle aura parcouru une petite longueur de chemin qu’Achille devra parcourir à son tour et le même raisonnement ne cessant jamais d’être valable, Achille sera toujours séparé de la tortue par une certaine longueur de chemin, si petite que l’on voudra, et ne l’atteindra jamais.

Le mouvement n’est donc qu'une apparence des sens que contredit la raison ou, pour mieux dire, le raisonnement, |

ACOSMISME (x priv. ; xéoucs, monde). L'athéisme nie Dieu au profit du monde, l’acosmisme nie le monde au profit de Dieu. On a fait alternativement de Spinoza un « abominable athée » et « un sage enivré de Dieu »; son panthéisme se traduirait mieux par la formule « Dieu est tout » que par la formule « tout est Dieu », et, conséquemment, c’est l’acosmisme et non l’athéisme.

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