REST
ment que de notre mauvaise volonté ou de nos intentions.
Il faut donc distinguer avec soin la responsabilité morale de la responsabilité légale. La responsabilité ne se confond nullement avec la crainte du chétiment.
RESTRICTION. Emploi d’un terme dans un sens restreint. La réduplication est une sorte de restriction : l’homme en tant qu'homme ; l’idée de Platon en tant que chose en soi.
La restriction mentale est une restriction qui n’est pas exprimée, une réserve sous-entendue. Certains casuistes l’autorisent quelquefois sous prétexte qu’elle n’est pas un mensonge explicite, mais elle peut avoir en morale les mêmes effets que le mensonge explicite : c’est, comme la direction d'intention, un mensonge avec l'hypocrisie en plus. |
Se
De
Féss
SAGESSE. Autrefois sagesse signifiait philosophie. Chez les moralistes anciens, ce mot désigne la première des quatre vertus fondamentales et s'appelle aussi prudence : c'est la vertu de lintelligence, autrement dit, la science, el particulièrement la science des choses par leurs causes.
SANCTION (sancire, confirmer, ratifier). On appelle sanctions de la loi morale les récompenses et les punitions qui la font respecter ou que sa violation entraîne nécessairement pour l’agent moral:
sanction morale ou de la conscience (remords et satisfaction morale); sanction naturelle (conséquences physiques du vice et de la vertu); sanction sociale et légale (estime et mépris de nos semblables, vindicte des lois) ; sanction de la vie future (récompenses et punitions de l’autre vie).
L'idée de sanction se fonde sur celle de mérite et de démérite et dérive directement de la responsabilité de l’agent et du caractère obligatoire de la loi morale.
SCEPTICISME (oxirromar, J'examine). Le scepticisme examine sans conclure : il consiste à soutenir que rien n’est certain, que tout est douteux et laisse l'esprit en suspens. Les sophistes, qui prétendaient avec Protagoras que l'homme est la mesure de toutes choses, étaient des sceptiques.
Pyrrhon systématisa toutes les objections élevées contre les sens et la raison : pyrrhonisme est synonyme de scepticisme.
Les dix époques ou raisons de suspendre son Jugement sont réduites par Agrippa aux cinq Suivantes : 1° contradiction des ;ugements humains; 2° relativité de nos conceptions ; 3° progrès à l’infini dans la démonstration; 4° caractère hypothétique de la raison qui ne peut réussir à prouver sa propre légitimité; 5° cercle vicieux inévitable ou diallèle, parce que le démontré s’appuie toujours sur l’indémontrable. |
La forme moderne du sceplicisme est la relativité de la connaissance humaine : les sciences ont fait trop de progrès pour que les
SCHÉ
contradictions des jugements humains puissent servir d'arguments contre la certitude, mais la métaphysique n’a jamais été plus attaquée sous prétexte que nous connaissons nécessairement avec nos facultés (subjectives) de connaître, et que les choses en soi nous échappent par leur définition même, puisque, dès qu’elles se manifesleraient, elles deviendraient des phénomènes d'elles-mêmes (V. Relativisme, Crilicisme).
SCHÈME, SCHÉMATISME (oxñu, figure). Un schème, dans la langue de Kant, est une forme qui rend applicables aux phénomènes les concepts purs de l’entendement. Le schème est fourni par l'imagination el sert d’intermédiaire entre les concepts purs et les intuitions empiriques : on dira, par exemple, que la succession est le schème de la causalité parce que, lors même que la cause et l'effet sont simultanés, nous attribuons à la cause une sortie d’antériorité par rapport à l'effet.
De même la permanence serait le schème de la substance.
Le schème n’est pas proprement une image ou du moins une image individuelle: c’estune sorte d'image générale qui s'applique aux objets individuels. Ainsi nous nous re-
présentons un chien ou uncheval,
sous le schème du quadrupède.
Kant donne le nom de schématisme del'entendement pur au pro-
cédé par lequel nousnous servons
du schème pour appliquer lesconcepts aux objets ou plutôt aux
intuitions : la pure pensée ne
s'applique aux choses que pa l'intermédiaire des images individuelles et des images généralisées
ou schèmes.
Les schèmes transcendantaux
correspondent aux calégories : ce .
sont, par exemple, pour la caté-
gorie de la quantité, V'unité, la plu
ralité, la totalité.
SCIENCE. Une science estun ensemble de vérités reliées entre
elles par une méthode. Savoir, a
dit Képler, c’est mesurer; la quantité seule peut être mesurée exactement; toute science est doncun système de connaissances quantua-
tives. :
On distingue quelquelois les
sciences spéculatives etlessciences praliques, mais toute science estde
sanature spéculative ou théorique,
et quand elle devient pratique,
c'est qu’elle se transforme en art.
On a essayé bien des fois de donner une classification des sciences. Celle qui a régné le plus longtemps est celle du moyen âge. Toutes les sciences étaient réparties dans le quadrivium et le trivium (V. Quadrivium). Mais cette classification n’a aucune importance philosophique. Les plus célèbres, dans les temps modernes, sont celles de Bacon, d’Ampère et de Comte.
ce LC ARE CASE
Bacon classe les sciences d'après les facultés qui les engendrent. La raison donne les sciences philosophiques et théologiques, l'imayination les sciences poétiques, la mémoire les sciences historiques
(histoire proprement dite et his-
toire naturelle). On voit assez l'insuffisance et l'arbitraire de
cette classification mise en hon-
neur par d'Alembert dans la préface de l'Encyclopédie : d’abord toutes nos faculiés concourent, bienloin que chacune d'elles agisse . isolément, dans tel ou tel ordre de sciences; ensuite ces facultés elles-mêmes sont énumérées arbi- trairement; enfin l'esprit est choqué de trouver dans un même groupe l’histoire civile et poli- tique et l’histoire naturelle.
La classification d'Ampère, fon- . dée non plus sur les facultés du sujet, mais sur les différences des objets, est tout autrement complète et rigoureuse. Qu'il suftise d'indiquer les grandes divisions, sciences cosmologiques (de la matière) et noologiques (de l'esprit), subdivisées, les premières, en cosmologiques proprement dites ou de la malière inorganique, et physiologiques ou de la matière organisée, etc. Il poursuit cette division avec une rigueur systématique et
obtient cent vingt-huit sciences.
C’est un des plus grands efforts de l'esprit philosophique et encyclopédique dans notre siècle : cependant cette classification compli-
ls —
SCOL
quée est généralement abandonnée.
Auguste Comte range les sciences : 4° dans l'ordre où elles s’impliquent théoriquement; 2° dans l'ordre où elles se sont développées historiquement, et cet ordre est le même que le précédent. Il obtient ainsi la série suivante : 4° mathématiques ; 2° astronomie ; 3° physique ; 4° chimie ; 5° biologie ; 6° sociologie. Pour Comte, la psychologie rentre dans la biologie, et la logique, omise également, n’est que la méthodologie de chaque science. M. Herbert Spencer à critiqué et, sur certains points, amélioré et complété la classificalion positiviste, mais sans beaucoup modifier ses trails essentiels.
SCISSIPARITÉ (scissus, séparé; parere, engendrer). Mode derepro- :
duction de certains animaux inférieurs par division ou segmentation. On dit aussi fissiparité.
SCOLASTIQUE f{schola, école).
Philosophie du moyen âge fondée sur la tradition péripatélicienne et sur l'autorité de l’Église, Thomas d'Aquin, l’ange de l’école, l'a résumée et systématisée dans sa Somme.
La soumission plus ou moins complète de la philosophie au dogme, de la raison à la foi (la philosophie est la servante de la théologie), Vusage excessif de la déduction et du syllogisme,