‹ Lexique de philosophieChapitre 2 sur 176 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

particulièrement les médecins, qui, tout entiers à des études fort différentes, ont quelquefois besoin de se remémorer les acceptions philosophiques des mots qu’ils rencontrent el même qu'ils emploient, etles gens du monde qui ne bornent pas leurs lectures au roman nouveau ou à la pièce en vogue et ont la prétention justifiée de pouvoir au besoin lire les Méditalions de Descartes ou les Dialoques de Malebranche et, dans tous les cas, de se tenir au courant des controverses philosophiques contemporaines. Je n'ai écrit ce livre, d'aspect bien modeste et de peu de prétention scientifique, qu'après avoir professé la philosophie plus de vingt ans dans quatre collèges, trois lycées et deux Facultés (je n’ose écrire encore Universités). I y a néanmoins bien longtemps que, soit comme professeur de philosophie, soit comme examinateur aux baccalauréats, je m'étais rendu compte et fortement persuadé de son opportunité. Mais, je l’avoue, j'aurais mieux aimé qu'un autre se chargeàt de définir des milliers de mots techniques dont il n’y a peut-être aucun qui n’exigerait de longues méditations et une profonde érudition : il y a vraiment quelque courage professionnel à s’exposer sans nécessité pressante à des critiques fondées et à des reproches justifiés. Si je me suis résigné à tenter l’entreprise, je ne dirai pas que ça été surtout pour suggérer à un autre de la reprendre et de la mener à bonne fin, mais parce que je suis sûr de mériter l’indulsence des professeurs et la reconnaissance des élèves : je suis convaincu que, tel qu'il est, cet ouvrage rendra de grands services, et cette conviction me suffit. Je demande toutefois à expliquer mes intentions aux professeurs, pour que, sachant exactement ce que j'ai voulu faire, leurs critiques et leurs avis que je sollicite ne s’égarent pas, et aux élèves, afin qu'ils fassent de ce livre un usage conforme à sa destination et n’y cherchent pas ce qu’ils ne sauraient y trouver, par exemple des lieux communs tout préparés pour leurs dissertations : je les avertis tout d’abord que j’ai fait tout mon possible pour que l'usage de ce lexique ne donne jamais lieu à cet abus! C'est vraiment un lexique et point du tout un répertoire ni même un dictionnaire : je définis les mots et je laisse à d’autres la tâche de discuter les idées.

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