APER
A PARTE ANTE, A PARTE POST. Ces locutions d’origine scolastique pourraient se (raduire par avant et par après et se rapportent à la définition de l'éternité qui n'a de limites ni dans le passé (a parte ante), ni dans l’avenir (a parte post).
APATHIE (a priv.; mabcs, passion). Absence de passions. Chezles stoïciens, imperturbabilité du sage el indifférence complète à l'égard des choses sensibles et des biens extérieurs. La douleur, disent-ils, n’est pas un mal. La doctrine des sceptiques avait aussi pour but de conduire l’homme à l’apathie el à l'ataraxie (proprement : imperturbabilité). |
L'indolence épicurienne (in négatif, et dolere, souffrir) est également une des formes de l'apathie.
Kant désigne par ce mot l’inertie morale, le manque d’énergie et l'indifférence à l'égard des motifs qui dirigent notre vie.
APERCEPTION {a n’est pas négatif, mais renforce au contraire le sens du mot perceplion). Leibniz entend par ce mot la perception consciente, réfléchie. Dans le sys- (ème dela monadologie, les monades sont douées de perception, c’est-à-dire qu’elles éprouvent des modifications internes et, comme dit Leibniz, sont des miroirs de l'univers, des microcosmes.
Parmi ces perceptions, quelques-
APHA
unes seulement s'élèvent jusqu’à la pleine conscience, tandis que les autres restent latentes, inconscientes : les premières deviennent des aperceptions.
Kant distingue une aperception empirique et une aperception pure ou originaire : la première est l'union effectuée dans la conscience empirique de toutes nos impressions, représentations ou intuitions ; la seconde, l'acte par lequel nous relions au «je pense »
tous ces éléments de la conscience empirique pour leur imprimer le caractère de l'unité, mais sans qu’elle puisse nous faire dépasser le « je pense » pour nous faire affirmer le « je suis » ou notre être en soi.
L'aperceplion pure de V. Cousin n'est quela vue immédiate el spontanée des choses et s'oppose plutôt à la connaissance réfléchie qu’elle ne se confond avec elle :
celle-ci est analytique, la première est synthétique. Biran se rapproche par le langage de Kant et de Leibniz quand il emploie l’expression d'aperception immédiate interne pour désignerle fuit primitif de conscience ou l'acte par lequel l’âme se perçoit comme cause dans l'effort musculaire. — Notons que l’on écrit quelquefois apperceplion.
APHASIE {x priv.; wxo::, parole). Trouble de la parole ou maladie du langage articulé avec
APOD
conservation des idées et malgré l'intégrité de l'appareil de la phonation.
L'aphonie n’est pas l’aphasie :
ce n’est que l'abolition de la voix.
L’aphonieest encore appelée aphémie, alalie, dislalie. Elle peut être caractérisée parles accidents qu’on appelle surdité verbale, cécité verbale et se complique natureliement d’agraphie dans la plupart des cas.
L'amimie est un trouble de la mimique ou faculté d'expression par les gestes et les attitudes.
Tous ces mots appartiennent principalement à la langue médicale, mais ils sont empruntés aux médecins par les psychologues.
APHORISME (4° pour éxo, marquantséparation, et égito,je borne).
Sentence renfermant un grand sens en peu de mots. On dit les Aphorismes d’'Hippocrate, par exemple:
« L'art est long, la vie est courte.»
Le mot d’Héraclite « On ne passe pas deux fois le même fleuve » est un aphorisme. Bacon aime à formuler sa pensée par aphorismes :
« L’antiquité des temps est la jeunesse du monde », etc.
APODICTIQUE monsiration). Chez Aristote, proposition démontrée ou évidente ; le contraire est une proposition disculable ou controversée. Pour Kant, c'est la troisième subdivision des jugements considérés au point
(anodeitis, dé-
APOP
de vue de la modalité (jugements problématiques, assertoriques, apodictiques); les jugements apodictiques sont les jugements nécessaires et par conséquent rigoureusement démontrés comme tels; par exemple : les trois angles d’un triangle sont égaux à deux droits,
Le raisonnement apodictique est le raisonnement rigoureusement démonstratif.
APOLOGIE (ärcroyia, défense).
L’Apologie de Socrate, tel est le litre de l’ouvrage où Platon prend la défense de son maître. Les Mémorables de Xénophon sont aussi une apologie de Socrate accusé de corrompre la jeunesse et d'introduire des « nouveautés »
sur les dieux.
APOLOGUE (äxckoyes, fable). Récit mythique ou fabuleux destiné à meltre en relief une vérité mé- (aphysique ou morale. Les apologues ou mythes des Dialogues de Platon sont célèbres : on peut citer celui du jugement des âmes dans le Gorgias, celui de Her l’Arménien dans {a République, etc.
APOPHTHEGME ({aroy0éyyouar, je prononce). Maxime ou sentence notable de quelque personnage illustre comme le précepte « Hâtetoi lentement » de l'empereur Auguste, ou la réponse de Démosthène sur les préceptes de l’art oratoire : « Le premier esl l’action,
APPÉ
le deuxième l’action et le troisième l’action. »
APPARENCE. Ce mot s'emploie quelquefois comme synonyme de phénomène, qui signifie étymologiquement ce qui apparait. Si l'être en soi nous échappe, nousne connaissons que ses apparences, que la surface ou superficie des choses dont le fond reste caché, voilé qu'il est par ces apparences mêmes :
Kant en conclut que nous n’atteignons jamais que les phénomènes et que les noumèênes sont inaccessibles. à
Platon enseigne dans l’allégorie de la caverne que la connaissance sensible n’est qu'une apparence :
la réalité appartient non aux objets perçus par les sens, mais aux idées conçues par l'esprit.
APPÉTIT (appetere, rechercher). Appétit se disait, chez les anciens et chezles scolastiques, de la volonté et de la passion: l'appétit était doncle désir tantôt guidé par la raison, tantôt aveugle. L’appétit sensible, en opposition à l’appé- titraisonnable ou supérieur, se subdivisait en ÿrascible (impliquant difficulté d'acquérir l’objet du désir et comprenant, selon Bossuet, l'audace, la crainte, l'espérance, le désespoir et la colère), et en concupiscible (comprenant nos désirs et nos inclinations : l'amour, la haine, le désir, l’aversion, la joie et la tristesse). Voilà les onze