BIEN
agissant conformément à sa loi.
« Le bien naturel, dit Leibniz, devient le bien moral quand il est réalisé par la volonté. »
Les anciens distinguaient encore les biens extérieurs, la santé, les honneurs, la richesse; mais les stoïciens niaient qu'ils fussent des biens et les rangeaient parmi les choses préférables. Kant soutient qu’il n’y a de bien ou de bon que la bonne volonté et que l'intention fait tout le mérite de l’action : il faut, dit-il, obéir à la loi uniquement par respect pour la loi el d'une manière absolument désintéressée, c’est-à-dire dégagée de tout motif sensible.
Le souverain bien, chez les anciens moralistes, est le bien suprême que tous les autres supposent et qui n’a besoin d'aucun autre bien, le terme où aboutit tout progrès moral, c’est-à-dire à la fois le bonheur et la perfection. « Le souverain bien, dit Descartes, consiste en la possession de toutesles perfections dont l’acquisition dépend de notre libre arbitre. La félicité est la satisfaction d'esprit qui suit cette acquisition. »
Le mot bien, outre sa signification, morale, en a une autre plus spécialement métaphysique :
l’idée du bien, chez Platon, est l’idée suprême où aboutit la dialectique, l'idée des idées : elle brille," dit-il, d'un éclat incomparable ; c'est Dieu même. Dans ce sens platonicien, le bien se confond
ANT RSS
BIOL
donc avec l’ordre, la perfection et la plénitude de l'être.
Quand on résume l’oplimisme de Leibniz par la formule connue tout est bien, il faut s'entendre :
Leibniz admet parfaitement l’exis- {ence du mal sous ses trois formes, le mal métaphysique (l'imperfection des créatures), le mal physique (la douleur) et le mal moral (le péché); mais il soutient que le mal n’a rien de réel en lui-même, qu'il n’est que la négation d’un bien et n’a pas une cause efficiente, mais déficiente, selon l’expression qu’il emprunte aux scolastiques. Il est la condition d’un plus grand bien : « Dieu veut antécédemment le bien et conséquemment le mal. » Il faudrait donc traduire : Le tout est bien, c'est-à-dire contient le maximum de bien mélangé du minimum de mal. Dans ce sens, le bien se confond avec la réalité ou la perfection.
BIOLOGIE (Bic, vie; Adyos, science). Science des phénomènes de la vie. L'emploi de ce mot ne remonte pas au delà de 4805 : il se trouve à cette date chez Lamarck. La biologie, dans la classification d’Auguste Comte, est l’avant-dernière des sciences et vient immédiatement avant la sociologie.
Le mot physiologie exprime un sens analogue, sinon identique à celui du mot biologie, et il semble bien que les trois parties de la physiologie (générale, parlicu-
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lière, comparée) comprennent tout ce que l’on entend par lepremier mot. Celui-ci toutefois est plus général (la vie est dans les plantes et peut être, selon l’'hylozoïsme, dans les derniers éléments de la matière) et offre un sens moins technique et plus philosophique.
BIRANISME. On désigne quelquefois par ce mot la philosophie de Maine de Biran, spiritualisme fondé, non sur le raisonnement, mais sur un fait posilif, celui que Maine de Birau appelle le fait primitif de conscience, c'est-à-dire l'effort musculaire. L'âme se connait comme force, énergie, vouloir, chaque fois que pour penser ou pour mouvoir elle agit sur le corps propre. C'est une force hyperorganique qui prend conscience d'elle-même par son conflit avec d'autres forces qui cons'ituent l'organisme et lui fournissent un « terme de déploiement ».
BONHEUR. Le mot bonheur dit moins que béatitude, et plus que plaisir : la béatitude est un bonheur sans mélange et immuable ; le plaisir est un bonheur partiel, relalif et passager.
De même que l’on peut définir le plaisir, avec Aristote, le « complément de l'acte », puisqu'il résulte toujours de quelque activité déployée, de même on peut dire que le bonheur est la perfection