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sation et la sensibilité ; il y a quelque chose d’intellectuel dans la sensation et le sentiment du Beau (V. ce mot).
Il faut remarquer que Kant emploie ce mot dans un sens tout particulier : il appelle esthétique la théorie psychologique des sensalions et partieulièrement celle du temps et de l’espace, formes subjectives de la sensibilité.
Platon et Aristote sont les vrais fondateurs de l'esthétique, mais ils la rattachaiïent à la métaphysique et a la morale : aujourd’hui on la rattacherait plus volontiers à la psychologie. Elle étudie les lois qui dirigent la sensibilité dans la poursuite du Beau, comme la logique étudie les lois qui dirigent l'intelligence dans la recherche du vrai, et la morale les lois qui guident la volonté dans la réalisation du bien.
Kant et Hégel sont peut-être les plus célèbres esthéticiens del'Allemagne. Chez nous,le Père André, Joutfroy doivent être cités en premier lieu. La philosophie des Beaux-Arts ne saurait être absolumentthéorique : ilfaut qu’elle se fonde sur l’histoire même des Arts.
ESTIMATIVE. Les scolastiques appelaient « estimative » la faculté qui permet aux animaux de discerner ce qui leur est utile ou nuisible. C'était un des sens intérieurs. Nous l’appellerions aujourd'hui l'instinct. Dans l’homme,
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cette faculté prenait le nom de raison particulière, ou le nom de cogitative.
ÉTAT. Société politique, c’està-dire organisée et pourvue d’un gouvernement. L'idée de l'État est donc moins large que l’idée de société ou d'association et plus large que l’idée de gouvernement: celuiei n’est que l’ensemble des mandataires qui représentent l'État.
Ce que Rousseau appelait l'état de nature n’est pas, comme on l’a souvent répété,une période historique antérieure à toute société et à tout État : c’est une conception purement théorique destinée à mettre en relief les droits naturels de l’homme, droits qu’il conserve dans toute sociélé et sous tout gouvernement, parce qu'ils sont de son essence, inhérents à sa nature d'homme, « inaliénables et imprescriptibles ».
Cependant, dans la hote de Rousseau, l'individu semble les aliéner à l’État : c’est une expression que Rousseau a eu letort de ne pas éviter, car dans sa théorie même ces droits lui sont immédiatement rendus fortifiés et garantis.
La théorie de l’État est une partie essentielle de la science politique et se trouve dans Platon, Aristote, Montesquieu, Rousseau, etc.
ÉTENDUE (V. Espace). L’étendue est, pour Descartes, l’essence des corps. Leurs caractères parti-
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culiers naissent de l'étendue pat le mouvement; ils ne sont que de l'étendue modifiée par le mouvement et l'étendue est, pour ainsi dire, l’étoffe dont ils sont faits.
ÉTERNITÉ (V. Durée). L'éternité est indivisible et n’admet ni avant ni après, ni commencement ni fin : c’est, dit-on, un éternel présent. On connaît le mot de Platon :
« Le temps est l'image mobile de l’immobile éternité. »
L’éternité implique donc immutlabilité et ne peut être qu'un attribut de Dieu.
ÉTHÉLISME (io, je consens, je veux). Les Allemands désignent par ce mot toute doctrine qui fait de la volonté la forme fondamentale, l'essence de l'âme; par exemple, la doctrine de Schopenhauer. On dit aussi dans le même sens éhélématisme.
ÉTHIQUE (te, coutume, usage).
Le mot éthique est exactement synonyme de morale. Cependant l’'Éthique de Spinoza est un traité de métaphysique; mais, comme son dernier mot est la théorie de l'amour intellectuel de Dieu, but
suprème de l’homme, on com-.
prend que chez lui logique, métaphysique et morale s’identifient.
ETHNOLOGIE (éves, peuple; cyce, science). Partie de l'anthropologie qui traile des races et s’applique à déterminer le rôle qu’elles jouent
A. BERTRAND. — Lerique.
— si —