‹ Le̕xpédition au pôle nordChapitre 10 sur 17 · PROJET FRANÇAIS · texte numérisé non relu

PROJET FRANÇAIS

La carte que vous avez sous les yeux porte le tracé des routes indiquées pour atteindre le polo Nord, suivant les trois projets successivenaent proposés.

Je me hâte de dire que cette carte n'est point un doçument de circonstance, dans lequel on aurait profité d'un artifice de dessin pour surprendre la bonne foi des opi*nions. Les marques des glaces sont extraites de la carte allemande de Bergbaus et Stulpnagel, carte éditée par Justus Pertbes, de Gotha.

Un simple coup d'œil permet de juger le plus ou moins de chances de succès que peuvent présenter les trois directions préconisées.

Je résume chacun des projeta en quelques phrases aussi précises que possible,

Sberard Qsborn reprend la voie du détroit de Smith oa canal de Kennedy ; il laisse un navire à l'entrée de ce détroit, ou. vers les lieux d'hivernage de Kane et de Bayes, comme base de ravixaillement ei comme appui moral en cas d'accident.; il pénètre avec un second navire jusqu'au bout du détroit, daos la mer libre de Kane, mer qu'il croit être simplement une brisure dans le glacier général qui doit recouvrir,. Belon lui, toute la calotte polaire; il g^ne le pôle en traineau, ce qui nécessite, aller et retour» garante-cinq jours de maccbe au moins, à raison de dix lieues par jonr, avec nu lourd bagage dlnstruments et surtout de («rpvisipns.aKmentoires; puis les explorateurs se cabaUent sur le premier navire, et de là sur le second*

PeteifwâiiiO; croît >à une mef libre polaire, et, par couséf^

quent, à la débâcle des glaces à la saison favorable ; suivant lui, on ne pourra pas gagner le pôle en traîneau ; on sera arrêté par les mêmes difficultés qui ont entravé Parry dans sa tentative de 1827; il faut suivre la direction du Gulf-Stream, vaste courant d'eau chaude qui contourne le nord de l'Europe, et qui doit se continuer entre le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble.

Le projet français s'appuie également sur le fait d'une mer libre polaire; l'existence d'une vaste étendue d'eau est affirmée par les considérations relatives aux courants et aux glaces plates de mer ; cet océan circumpolaire est vraisemblablement figé sur toute sa surface pendant la saison d'hiver; mais la quantité de chaleur versée par le soleil au pôle, d'après les lois de rinsolation, permet aussi d'affirmer qu'une débâcle générale doit s'effectuer en juin et juillet ; après avoir franchi le détroit de Behring, au plus tôt en juillet, on se dirige vers l'ouest; on dépasse le cap Serdze, puis le cap Nord de Cook, point extrême atteint par ce grand navigateur; on se trouve alors au milieu des débris meubles de banquise, entre lesquels on guide le navire, en faisant sauter avec de la poudre, ou en coupant avec des scies, quelque barrière plus étendue; on gagne laPolynîa, mer libre reconnue par Hedenstrom en 1810, par Wrangel et Anjou, de 1823 à 1825; on traverse précisément en navire les points où le traîneau de Wrangel était arrêté par les flaques d'eau libre qui séparaient les fragments de glaces minces et plates; de là, on gagne le pôle Nord, avec toutes les ressources accumulées sur le navire, tant au point de vue des instruments d'observation qu'au point de vue des provisions alimentaires et même du comfort.

Dès que Ton admet l'existence d'une mer libre pouvant être congelée entièrement en hiver, mais subissant l'effet de la débâcle en été, le projet de Sherard Osborn n'est

plus praticable que dans la saison froide. L'énergie humaine peut vaincre les difficultés d'exécution» même par les froids rigoureux qui sévissent alors; mais, si Ton peut satisfaire ainsi la curiosité humaine, en tant qu'accès du pôle, on ne peut guère recueillir qu'une très-maigre moisson d'observations scientifiques.

La direction recommandée par Augustus Petermann a contre elle la barrière énorme de glace qui* s' étage sur une profondeur immense jusqu'à la Polynia, et qui s'appuie sur le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble. L'insuccès des nombreuses tentatives essayées par cette voie, non moins que les montagnes de glaces accumulées dans ces parages, au milieu des banquises plates d'origine maritime, peut faire craindre un nouvel échec; suivant l'adage que j'ai cru devoir formuler : Fuir les terres doit être la devise du marin polaire. Aussi les marins anglais, l'amiral Ommaney, entre autres, qui partage l'opinion générale du savant allemand, désirent-ils plutôt reprendre le chemin de Parry en 1827, sans abandonner le navire toutefois, et après l'établissement d'un centre important de ravitaillement au nord du Spitzberg.

Dans la direction que nous devons suivre, et que j'ai pu étudier pratiquement, il n'a jamais été fait qu'une seule tentative, celle de Cook. Ce grand Anglais avait jugé prudent, à cause des brouillards et des coups de vent de septembre, de revenir hiverner aux Sandwich, pour renouveler sa campagne l'année suivante; il fut tué parles Kanaks. Cette fin regrettable l'a seule empêché, à mon sens, d'arriver au pôle Nord, quoique son but fût seulement d'essayer de longer les côtes de la Sibérie. Les explorations de Wrangel et d'Anjou ont précisé quelques limites de la Polynia, mtvYihvt^ constamment môme, diton, et qui sert de principale base à notre projet.

J'ai dû reporter aux diverses parties spéciales de l'examen scientifique qui va suivre, les quelques développements que j'avais à fournir sur les raisons invoquées, et que j'ai seulement indiquées à cette place, pour ne pas faire double emploi.

La seule objection qui m'ait été faite consiste dans la nécessité d'effectuer au préalable un long trajet maritime pour atteindre Behring, en doublant le cap Horn ou le cap de Bonne-Espérance, La voie par le cap Horn est un peu moins longue, et elle peut être parcourue en quatre mois, avec une très-courte relâche aux îles Hawaï.

Cette partie du voyage pouvait offrir quelque difficulté ou même avoir quelque prestige il y a deux siècles; aujourd'hui ce n'est plus qu'une promenade maritime dont le seul inconvénient consiste dans une perte de temps et dans un surcroît de dépenses. Au point de vue spécial de notre campagne, cet inconvénient est racheté par le fait qu'il donne l'occasion de bien connaître l'équipage, et de pouvoir débarquer aux Sandwich, en les rapatriant, tous ceux qui ne seraient pas assez sûrs d'eux-mêmes pour lutter contre les obstacles ultérieurs.

Ainsi, en partant de France au mois de février, on peut arriver en juillet à l'entrée en quelque sorte de la Polynia, et l'on doit être en août au pôle Nord. C'est pour ce motif surtout que j'ai pu profondément regretter que les préoccupations extérieures aient entravé notre souscription, et qu'elles n'aient pas permis de commencer l'armement vers le milieu de novembre. Deux mois de retard nous ont fait perdre un an, et ce n'©5t plus qu'en août 1869 que nous verrons le pôle.

rajoute qu'en partant an mois d'août ou de septen>brBy on aurait le temps alors d'effectuer de nombreuses relâches sur divers points de la route, et de colliger des obeervations

variées, entre autres pendulaires, d'un haut intérêt. Je serais fort heureux, messieurs, si j'avaia déjà pu vous convaincre de la certitude du succès en ce qui concerne le but géographique à atteindre; j'espère corroborer cette conviction, et au besoin la faire naître, en répondant à diverses questions qui m'ont été adressées.

Ces questions se résument toutes dans les deux suivantes : Que va-t-oB faire au pôle Nord? Quelle est l'utilité ou l'importance d'une pareille exploitation?

En essayant de répondre, en procédant à l'examen méthodique et sommaire de tout ce que la science doit recueillir d'enseignements dans ces lieux encore ignorés, il me faut vaincre ou tourner les difficultés et les écueils d'une revue scientifique rapide et trop superficielle. Je n'écris point ici pour les savants dont la conviction est faite et favorable. Peut-être que les hommes du monde auquel je dois m'adresser trouveront cette lecture parfois un peu épineuse, malgré le soin que j'ai pris d'éviter les expressions techniques autant que cela m'a été possible. A eux» et à tous, je demande b^mcoup d'indulgence.

§ 5. T- DES PÔXJSS ET E£ XEUBi DÉtBBMIliATION.

Messieurs,

Lat terre, vous le savez, est uo ellipsoïde de révolution doué d'un mouvement de rotation mathématiquement régulier. Ladurée de ce mouvementest le joursîdéral. Depuis que l'homme peut et sait oberver, cette durée n'a pas subi é» naeà£catâons.

L'axe ott ligm idéak autour de laquelle £* accomplit la rotation, perce la terre en dewx pomt», qui «oui lot deux pôles, l'un Nord, Septentrional, Arctique, Boréail; l'autre

Sud, Méridional, Antarctique, Austral. Les plans perpendiculaires à cet axe découpent sur la surface des parallèles de latitude ; celui de ces plans qui passe par le centre, et qui s'appelle équateur, partage la terre en deux hémisphères qui portent le nom de leurs pôles. Les cercles dont les plans passent par l'axe s'appellent plus habituellement méridiens.

La distance d'un point au pôle est le complément de la latitude ou distance à l'équateur; un point est déterminé par cette latitude et par la longitude, ou angle que fait le méridien du lieu avec un premier méridien choisi comme méridien de départ. Les divers amours-propres nationaux n'ont pas cru pouvoir s'effacer devant le choix d'un premier méridien unique, et chaque nation compte ses longi< tudes à partir du méridien de son observatoire principal. Dans la pratique, les méridiens de Greenwich et de Paris sont seuls utilisés (1).

La latitude d'un lieu est mathématiquement invariable, c'est-à-dire que l'axe de rotation est semblable à une barre rigide faisant corps avec notre planète, et les deux pôles sont absolument immuables sur la surface du sphéroïde terrestre.

Il convient d'autant plus d'insister sur ce point que quelques littérateurs scientifiques, dans des écrits distin-

(i) Malgré Tincontestable utilité que présenterait le choix d'un méridien unique, il ne faudrait pas attribuer à cette réforme désirable un caractère aussi précieux qu'à la réforme relative à l'unité de poids et de mesures. Ce dernier et très-grand progrès, en voie d'accomplissement, supprimera des entraves techniques de tous genres, tandis que l'unité de méridien ne donnera que le bénéfice d'une légère addition ou soustraction. Les observatoires -où ne passerait pas un premier méridien auraient d'ailleurs quelques corrections supplémentaires à effectuer sur leurs observations, pour les ramener au .méridien type.

gués, lus et appréciés, pour expliquer certains grands phénomènes naturels, ont paru admettre que que les pôles pouvaient se déplacer sur la terre, en changeant la situation de l'équateur qui suivrait nécessairement leur mouvement, et en devenant ainsi une raison modificatrice des climats.

On a paru ainsi confondre ce qui se passe sur la terre avec le chemin sidéral des pôles sur la voûte céleste.

Notre sphéroïde est légèrement aplati, ayant un axe de rotation plus court que le rayon équatorial, et présentant en conséquence un renflement à Téquateur. Ce renflement est la cause de la précession des équinoxes, et il influe sur le mouvement lunaire dans des conditions telles que l'astronome peut calculer l'aplatissement de la terre sans recourir à des mesures directes. Le chiffre adopté pour cet aplatissement est de 1/300 environ , c'est-à-dire qu'un sphéroïde de 300 millimètres de rayon, représenlant la terre, aurait un petit axe de rotation de 299 millimètres, différence inappréciable à l'œil.

Or, si l'axe de la terre pouvait se déplacer dans son sein, si les pôles changeaient, le renflement équatorial changerait aussi de situation par rapport à l'axe; à moins d'admettre un état de demi-fluidité, et une dislocation graduelle qui conserverait le renflement symétrique aux pôles ou à Taxe; alors l'aplatissement, le mouvement de précession, certaines constantes lunaires, et, qui plus est, le jour sidéral lui-même, seraient modifiés. D'autre part, la mesure directe des latitudes des divers observatoires, mesure effectuée avec toute la précision que comportent les grands instruments, ne permet pas de soupçonner la plus légèi'e tendance de changement dans leur latitude; tandis que, au contraire, le phénomène de précession, malgré son caractère séculaire, se mesure annuellement et journelle-

ment. Les latitudes des grafids cercles muraux sont con<*> nues, on peut le dire, à 4 ou 5 mètres près.

Je glisse sur tous ces points, et tout à l'heure je serai forcé d'y revenir encore à propos des glaces et d'une grande théorie du déluge qui a fait bruit dans ces dernières années.

Ces pôles étant immuables, comment les déterminer?

Nous observons les objets terrestres ou célestes en mesurant les directions relatives de nos rayons visuels ou distances angulaires, puis les distances rectUignes.

Pour instituer des procédés de calculs permettant d'uiw User les données d'observations, on convient d'une fiction : on imagine autour de l'œil une sphère astronomique idéal» d'un rayon arbitraire; et en prolongeant les rayons vlsuela qui aboutissent aux objets terrestres ou célestes, on coupai la surface de cette sphère céleste en un point qui est V équivalent astronomique de l'objet en vue. Tous les sujets d'ob^» servation sont ainsi remplacés par des points idéaux situés sm* une sphère abstraite, et formant des triangles dont les éléments se calculent par les procédés connus.

Ainsi le pôle Nord donne lieu au pôle boréal céleste, qui, Ini, se promène dans les cieux en 2i&000 ans^ pour décrire le cône de précession, avec un léger balancement de nutation autour des positioi^ moyennes, et en entraînant la terre inflexiblement liée à. tous ses mouvements.

Un lieu terrestre correspond à son zénith, pendant qu'un astre observé se trouve également remplacé par le point da la sphère céleste qui est dans le même alignement.

On obtient aJmsi un triangle dit parallactiquey00i^\jRViB3X\ trois angles et trois côtés^ qui permet de calculer trois éJ4mants quaxul on en connaît trois autres, et qui forme le foDd. complet de toutes les méthodies de calcul et d'obserr* vatioAS* L'un des angles, ^ilb^aite^ est précisément c^ui qui permet de calculer ou de mesurer les longitudes oa

toigles des méridiens des deux lienx, au moyen du temps employé' par un astre pour passer de Tuti à Tautre méridien (1).

Les mesures directement obtenues sont d'ailleurs assujetties à des corrections diverses, dont Tune, entre autres, de parailnwe, permet de rapporter les observations à ce qu'elles seraient si Tœil avait été placé au centre de la terre; nulle pour les étoiles, très-faible pour le soleil, celte confection est assesî forte pour la lune.

Ce triangle s'annule ou disparaît quaiid tm astre est a\i méridien, et cela permet, à ce moment, d* abréger certains procédés de calculs.

(1) A ce propos^, je crois, opportun de si^^aler rune dea réfejoaes les piui^ désirables à accoinplir, au point de vue des marins et des calculaleurs. Sous son humble apparence» cette réforme soulève des difficultés énormes; elle rentre dans le groupe général relatif aux poids et mesures ; et son adoption abrégerait des tîeux titsrs, sans exagération, le temps consacré aux calctds de mer et d'obsertatoire».

On sait que lefcmr est partagé en 24 heures avec. il«« snbdhrisionsjexagésimales ;4'atttre part, la cireo^férencc^ identique avec le jour, est partie* en 360 degrés.

Les réformateurs de la Convention avaient proposé la division en 400 gra^ âesy avec subdivisions ttécimales ; c'était là une faute grave ; ou bien il Mlait ûon cdrt'élathMmeiil ^«riagcr le je«riBâ 4, oa 40 grandes disions.

Le ij'ottr «uift^cifWM/ÏHmQe, wiilif avec ses nubdinsUns. déoanaAes^ est le setol moyea^de sim^^cMioa ; et si l'an reculait devant l'adoptioa 4e Vheure décimale^ il fendrait tout au moins supprimer la division en degrés comme superflue^ et compter les angles par leurs équivalents en temps,

Xn mer» la graduation des cartes en longftùde doit être en lemps^ seule nesnreréeUetiient utilisèMe. Atr Heu de dke 1€^ degrés, il ert teut aesn lÉnpIiB lAe lèhre S 1 hBort». Je tne. qttilleBai< 4ïeiteiiiemBat i^sxla itUM > «veut d'avoir soumis à la Société de géographie un travail résumé sur teve rtae afant<i\ges jde l'unité de mesure pour le temps et Ta^glc. Si les SeciétéA savantes s'unissaient pour provoquer uue agitation salutaire en vue d'obtenir i;eUe reforme Importante, elles rendraient un immense semce immédiat pour trti fjprvgtiés (fui 'é^a(5eiiM|llnt tét^ut UiWà*

Ce triangle s'aDDule encore et disparaît quand le zénith se confond avec le pôle céleste, ou quand robsenrateur se trouve an p61e de la terre. Alors il n'y a plus d'observations générales possibles; la hauteur d'un astre se confond avec sa déclinaison, et les angles horaires ne sont plus que des azimuths. On est à la fois par tons les méridiens du monde; il n'y a plus de longitudes, et en pivotant sur soimême, on parachève le tour entier du monde.

Ce sersût sortir de mon sujet que de vous décrire le spectacle que doivent présenter les cieux pour un observateur sitoé au pôle. Vous savez que les étoiles ne se lèvent ni ne se couchent, et qu'elles décrivent au-dessus de l'horizon des cercles qui lui sont parallèles, que le soleil reste six mois au-dessus de l'horizon et six mois au-dessous, que la lune est en vue durant quinze jours par mois et invisible pendant quinze autres jours, puis que les planètes apparaissent suivant leurs déclinaisons, ou distances à l'équateur, quand ces déclinaisons deviennent boréales.

Si le pôle Nord, au sein de la mer qui l'entoure, se trouve situé sur un îlot, on pourra vérifier sa situation précise en observant la hauteur d'une étoile dans tous les azimuths. Si cette hauteur reste constante, on est au pôle; si elle varie légèrement, un calcul de parallaxe renversé permettra de rectifier l'erreur. Après quelques tâtonnements, on pourra planter en terre une tige de fer, portant pavillon de France, dans le prolongement même de l'axe terrestre.

La hauteur du soleil, celle de la lune, en tenant compte du mouvement précis de la déclinaison inscrite dans la Contwissance des temps^ permettront aussi de vérifier la situation.

On observera sur un horizon à glace, ou bien sur du mercure ou sur l'huile dans la saison favorable. En hiver, Tun se congèle, l'autre se fige ; en supposant même que

Ton manque d'horizon à glace, on peut lever facilement cet obstacle de la congélation ou de la coagulation, obstacle dû au froid.

Avec quelle précision, peut-on espérer de marquer le point précis du 90* de latitude ?

Dans certains traités techniques, écrits par des hommes qui connaissent de réputation seulement la pratique des observations, on recommande des corrections portant des dixièmes de seconde, quand on n'est même pas sûr de la demi-minute. Les hommes pratiques se rebutent contre des calculs fastidieux et inutiles, et adoptent, par contre, des procédés souvent trop incorrects, tombant ainsi d'un excès dans l'autre. — Récemment, à propos de la Commission nommée pour la vérification de plusieurs longitudes, on a écrit dans divers journaux que l'on allait déterminer à un mètre près la position de certains points du globe l

En dehors des grands instruments d'observatoire, instruments considérables, coûteux, et établis à demeure, il ne paraît guère possible de dépasser la précision de 10 secondes dans la mesure des angles, et encore la lecture des verniers qui permettent cette précision laisse-t-^Ue souvent indécis sur le choix entre deux ou trois divisions voisines. Or, la seconde représente environ 800 mètres. En conséquence, si l'on arrive, à terre^ dans les meilleures circonstances, à placer le pôle à 300 ou 500 mètres de sa position réelle, oa aura bien opéré. Et l'on voit que pour déterminer une situation à 3 mètres près, il faut pouvoir déterminer les angles à un dixième de seconde !

Si, comme cela est plus probable, le pôle est en pleine eau, on pourra bien l'hiver, sur la glace fixée et solide comme la terre, marquer le point mathématique avec une égalé précision. Mais, tant que durera la saison favorable, c'est-à-dire tout l'été, et surtout l'automne, les observa-

tions seront essentiellement maritimes, et l'on aura trèsbien opéré si Von réussit à se placer à 1 ou 2 kilomètres du véritable point cherché.

Puis en mouillant une bouée armoiriée aux trois couleurs de France, avec toutes les précautions d'affourchage et d'empennelage, on aura le regret de savoir qu'au moment de la congélation de la mer, si cette congélation a toujours lieu, Thiver, dans ces parages, les glaces arracheront ou briseront la bouée.

Mais, au point de vue des recherches scientifiques, quelques milliers ou quelques cent milliers de mètres, ou un degré, ne sont d'aucune importance, et la précision, dans .ce cas, ne comporte qu'un caractère spéculatif.

Au point de vue de V heure et de la mesure du temps, quoique, à proprement parler, il n'y ait plus de longitude, le problème devient facile à résoudre à l'aide d'une tablea»tronomique calculée pour un lieu déterminé. Aind, l'obser- Tation de la hauteur de la lune, après quelques corrections* permettra de calculer l'heure de Paris, avec la déclinaison de la Connaissance des temps; la mesure de la distance lunaire à une grande étoile boréale sera de beaucoup préférable. On aura remarquablement obserré, si l'on obtient ITieure tte Paris, à une minute près, avec des instruments poftatifs. Si donc on oubliait un jour de remonta ses clironomètres, ce qm ne doit jamais arriver à un navigateur, on retrouverait facitemeut, à an mcnneot donné, leor étot absolu.

Toute ligne verticale^ û\ i. plomb, devient un gnomon i^â^tona/éont'ia'mareliedes ombres solaires lOU lunaires trace la route des temps. De nième^ le ikéodolithe bien tnrtaBé-^serma d- rfg t wrf ortm/.

€e tpi^il importe d6 p^u^foir observar aroc prédsk»^ €t^ la marokeémme iwdBmxtmr^èbteB; c€tte graudeiu:

s'obtiendra tous les jours où le ciel sera visible, eu observant le retour des diverses étoiles à travers une naire fixe placée n'importe comment; et cette quantité, la seule essentielle, pourra se mesurer avec autant de précision que dans un observatoire. Gela est d'une importance capitale pour la confrontation des observations pendulaires; on se servira alors du jour sidéral et non du jour moyen.

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