‹ L’Hémato-ThérapieChapitre 6 sur 11 · CP AS M PEN TC PAPE ON EE · texte numérisé non relu

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ètre encore ignorées comme le laisserait supposer l'in-

constance de certains phénomènes dans des mêmes expériences, faites par les mêmes expérimentateurs habiles.

D'un autre côté, dès qu'on arrive à des animaux plus élevés en organisation, la difficulté est encore plus considérable de trouver et faire une différenciation exacte des thyroïdes et des parathyroïdes, et même il y à parfois impossibilité de les enlever séparément, les parathyroïdes étant incluses dans le corps thyroïde. En réalité, il semble que la glande thyroïde fournit à l’organisme un produit qui neutralise ou détruit un poison fabriqué par l'organisme lui-même et vraisemblablement un produit de déchet (F. Franck), constituant une véritable toxine.

Or on peut supposer que la glande malade ne sécrète plus vraisemblablement le produit en quantité sulfisante et la toxine non neutralisée va produire une action nocive sur les différentes glandes à sécrétion interne et sur les centres nerveux, amenant ainsi l'apparition du syndrome basedowien.

Ceci du reste n’est nullement opposé à l'idée d'hppersécrétion. I peut y avoir hypersécrétion (quoique les lois de la pathologie générale veuillent cependant qu'un organe malade travaille moins), mais d'un produit vicié, soit que les rapports entre les éléments soient changés, soit que ces différents éléments soient altérés. Le résultat final n'en est pas moins une insuffisance de la glande

quant à la fonction antitoxique.

Une affection générale survient-elle, touchant tout l'organisme et plus où moins pour des raisons spéciales la glande, 11 y a réaction dans le corps thyroïde comme il s'en produit chaque fois que celui-ci est atteint par un phénomène biologique (grossesse, règles) ou pathologique de l'organisme (augmentalion de volume dans les pyrexies), il y a hyperplasie, néoformation voulue par la plus grande nécessité de la fonction antitoxique jusqu'au moment où à celle achvité succède la déchéance, la viciation, le retour aux dimensions primitives (comme pour d'autres organes, foie) étant impossible.

Dans la maladie de Basedow, nous nous trouvons donc plus que probablement en présence d’une msuffisance thyroïdienne quant à la fonction antiloxique, avec sécrétion viciée.

Or, toujours nous avons trouvé à cette déchéance thyroïdienne une cause. Tous les Basedowiens que nous avons examiné élaient atteints d'une autre affection et toujours antérieure à l’éclosion de la maladie de Basedow : insuffisance ovarienne, dystrophie ovarienne, infeclions antérieures ayant retenti fortement sur la thy-

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roïde, tuberculose, diabète, mal de Bright, sont parmi les plus fréquentes.

Aussi de la théorie de la maladie de Basedow que nous avons énoncée plus haut ressortissait pour nous l'idée que tout d'abord dans le traitement de celte affection, chaque fois que cela était possible, il fallait s’attaquer en prenuer lieu à la lésion causale, puis, cela fait, agir sur la sécrétion viciée du corps thyroïde, de facon à permettre à l'organisme de reprendre son état d'équilibre et secondairement permettre ainsi une véritable régénération de la fonction thyroïdienne.

Pour cette 2° action il fallait donc supprimer en grande partie la fonction thyroïdienne en agissant sur la glande, sans cependant agir avec trop d'énergie et amener une destruction complète de la glande, chose dont ne semblent pas s'être préoccupés les différents auteurs qui ont essayé des sérums thyrotoxiques, à l'exceplion peut-être de Beebe et Rogers.

Les glandes, et ceci est démontré pour la glande hépatique dans le travail si documenté de notre maitre le D' Léon Kahn, sont susceptibles de régénération. I} suffit pour cela qu'il reste suffisamment de parenchyme pour une renaissance d'éléments normaux.

Il est hors de doute qu'il est possible d'obtenir des cytotoxines spécifiques, capables d'agir au choix sur n'importe quel système cellulaire (Metchnikoff, Revue générale des Sciences, 1901). Cela, non seulement pour une même espèce animale, mais d'une espèce sur une

autre: « En fait, la spécificité de l’anticorps ne se tra-

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duit point par une action rigoureusement exclusive, mais bien par une action prépondérante sur les éléments visà-vis desquels on l’a préparé (Hallhon). »

C'est ce mode d'action sur la thyroïde et les recherches diverses que nous avons été appelé à faire qui constitue la partie originale de notre travail. Avant de l'exposer, nous passerons en revue les différentes méthodes hématothérapiques (sang total ou sérum) qui ont été employées.

Puis nous dirons pourquoi elles n'ont pas donné de résultats avant d'examiner les idées récentes sur l'obteaüon probable d'un sérum spécifique.

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Nous allons d'abord examiner les traitements avant pour but de neutraliser les effets nocifs de l'hypersécréüon de la glande thyroïde (méthodes différentes de celles ayant pour but de provoquer des phénomènes biologiques opposés aux actions pathologiques de la sécréton thyroïdienne et capables ainsi d’en prévenif les con-

‘séquences plus que de les combattre).

Ces méthodes sont basées sur cette idée que le goître exophtalmique est produit par une hypersécrétion de produit normal de la glande thyroïde.

L'observation capitale citée à l'appui de cette manière de voir est une observation unique de Béclère où une malade hysiérique, présentant certains symptômes pouvant être rattachés au myxædème, aurait été prise de svmplômes ressemblant à ceux du basedowisme, à la suite d'ingestion exagérée de corps thyroïde. Cette observation est unique en son genre et n'a Jamais pu ètre reproduite ni chez l'homme ni chez des animaux.

Les premiers essais sont de MM. Ballet et Enriquez et sont relatés dans la thèse de Pisanté.

Ces auteurs enlevèrent le corps thyroïde à des chiens

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el injectèrent le sérum de ces chiens à des Basedowiens. Les injections furent faites à des mtervalles de 3, 5 et 8 Jours. La dose de sérum a varié entre 4 et 15 ce., le nombre d'injections s'est élevé à une cinquantaine environ. Ces essais furent faits sur des malades qui parurent ou se sentirent améliorés. Cette amélioration a porté sur un ou deux symptômes. Il n'v eut pas de guérison.

Burghart et Blumenthal reprirent ces expériences et obtinrent aussi quelques améliorations : de guérison, il n'en est point question.

Otto Lanz eut l'idée de se servir de lait des chèvres thyroïdectomisées qui lui servaient à ses expériences. Les malades burent 1/2 litre de lait par jour. Améloralion de un ou plusieurs symptômes. Reprise souvent rapide des phénomènes antérieurs.

Ce lait fut, une fois desséché, donné aussi sous forme de poudre.

Mœbius, un des plus fervents délenseurs de l'hyperthyroïdation dans la maladie de Basedow, fit éthyroïder des moutons, en recueillit le sang en tubes de 5 gr. chaque. Il commenca par en faire des injections sous-cutanées d'un gramme chacune. Il y eut des accidents locaux. I se mit alors à le donner par la bouche à la dose de

o gr. tous les deux jours pris dans du vin. IT en obtint et publia de nombreuses améliorations (tour du cou no-

lanmment, lachycardie).

Ce sérum une fois desséché (appelé Rodagène), fut

donné aussi par la bouche, il parut sous cette forme moins actif.

Schultes, Adam, Rosenfeld, appliquèrent cette méthode avec des résultats variables.

MM. Hallion et Carrion, se basant sur ce fait qu'on ignore la substance médicamenteuse qui agit, qu'on ne sait si elle n'est pas en quantité plus considérable dans les éléments figurés du sang que dans le sérum, si elle ne prédomine pas, notamment dans les leucocytes qui sont les vecteurs habituels de tant de substances spécifiques, eurent l'idée de procéder différemment.

Ils employèrent un produit où toutes les parties conshituantes du sang étaient représentées et conservées intactes. Pour cela, se servant de glycérine comme excipient, MM. Hallion et Carrion extraient le sang de moutons éthyroïdés depuis plusieurs semaines, et le reçotvent dans de la glycérime à parties égales.

Après avoir macéré pendant plusieurs Jours et après avoir été mélangé à plusieurs reprises par des agitalions violentes, la masse obtenue est filtrée sur papier. Ces opérations sont conduites aseptiquement, du reste la présence de glycérine empêche le développement des bactéries.

Ce produit est mis ensuite en flacons, 1l a reçu le nom d'hémato-éthyroïdine. Il est à prendre par la bouche et par cuiller à calé.

Hertogh à employé ces derniers temps du sérum de

taureau éthyroïde.

Nous-même avons employé en injections sous-Cutanées du sérum de lapin thyroïdectomisé.

Nous enlevions le corps thyroïde des animaux et les parathyroïdes, puis nous atiendions l'apparition des accidents convulsils dus à cette ablation. À ce moment nous sacrifions l'animal et prélevions aseptiquement la totalité de son sang.

Nous avons injecté (1, 2 et même 3 cc. par Injection) du sérum obtenu à des Basedowiens.

Dans un cas des accidents sérothérapiques nous ont obligé de cesser. Dans quelques cas, nous avons obtenu une amélioration semblable à celle que nous obtenions par les méthodes thérapeutiques précédentes, que toutes, sauf celles de Lanz, nous avons essavées.

Dans un cas cependant, l'amélioration fut très rapide (diminution en 4 jours de 3 cent. du tour du cou, pouls de 145 tombé à 100, moins de tremblements, disparition de la diarrhée), la malade fut obligée de nous quitter à ce moment pour des affaires de famille.

De nouveau aggravée, ellle revint demander nos soins. Nous lui fimes alors des injections de sérum de lapin normal non thyroïdectomisé, l'amélioration fut de nouveau très rapide, dura 2 mois environ. Puis il y eut reprise des accidents et aucune des méthodes thérapeutiques précédentes ne parvint à les enrayer.

I nous semble que toutes ces méthodes partent d’une idée théorique qui n'est rien moins que démontrée : l'hyperthyroïdisme dans la maladie de Basedow.

A côlé de certains auteurs enthousiastes de cette mé-

thode, on en trouve d'autres comme Hector Mackenzie, et un grand nombre de cliniciens français, qui n’accordent aucune valeur au sérum d'animal éthyroïdé (appelé du reste à tort sérum de Mœbius).

Les améliorations obtenues chez certains malades, les résultats nuls chez d’autres, où enfin les aggravations en certains cas ne proviennent-ils pas de ce fait, que le problème varie suivant les causes ayant engendré la maladie de Basedow, faits que nous examinerons plus loin en détail ?

Ceci nous amène à considérer les méthodes ayant pour but de produire l'immunité contre les sécrétions thyroïdiennes simples ou viciées, des sérums thyrotoxiques.

Ces méthodes partent des données fournies par l'école de l'Institut Pasteur sur les anticorps.

Les cytolysines sont des produits de réaction d'un organisme vis-à-vis des substances vivantes ou d’origine vivante d'espèce étrangère.

La maladie de Basedow étant un état d'intoxication causé par une glande malade, il était logique de chercher à annihiler l'action de cet organe, sans cependant, el nous insistons sur ce point, aller jusqu'à la destruclion complète de l'organe. Il s'agissait de produire un sérum thyrotoxique comme Metchnikoff et son école avaient produit des sérums néphrotoxiques, névrotoxiques, hépatotoxiques, pancréatotoxiques.

En 1901, Jean Lépine, de Lyon, commença des expériences qui avaient pour but d'immuniser des chiens et une chèvre contre l’action du produit thyroïdien.

Des corps thyroïdes de moutons ou de chèvres fraf-

chement abattus furent triturés aseptiquement et injectés aux animaux. Bientôl celte méthode fut abandonnée et on sen tint uniquement à l'ingestion de corps thyroïde.

Jean Lépine abandonne le projet d'immuniser les chiens, par suite de la difficulté qu'il y avait à conserver en bonne forme des chiens en captivité, et prépare seulement une chèvre.

Elle ingéra 4 lobes de corps thyroïde de mouton tous les deux ou trois jours en interrompant de temps en temps. Les petits accidents qui avaient marqué le début de cette médication disparurent peu à peu, et on arriva à faire ingérer à l'animal 100 grammes, soit de 20 à 25 lobes de corps thyroïde de mouton.

Cette dose fut maintenue pendant plusieurs mois, mais il avait fallu deux ans pour y parvenir.

À ce moment Lépine saigna la chèvre, 700 grammes

de sang lui furent enlevés. Son sérum fut injecté à des chiens.

- À la dose de 10 à 20 cc. chez le premier chien on remarqua une diminution considérable de lexcrétion de l’urée qui tomba à la moitié de ce qu'elle était avant, À 40 cc. on nota de la somnolence, du ralentissement des battements cardiaques, perte de l'appétit. Ces phénomènes sont à rapprocher de ceux observés dans lhypothyroïdie.

Après une injection intra-veineuse de 45 cc. la mort du chien survint au bout de 7 heures.

Le corps thyroïde examiné histologiquement ne per-

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