UN ETUDIANT EN DROIT
Montréal, novembre 1S25,"
'• En mil huit cent vingt-six, dit encore M. David, MM. Duvernay, Viger et quelques autres citoyens éminents de Montréal, voulant avoir un organe puissant, digue de leur cause et de leur courage, fondèrent Ld 3fi**rv€% dont ils coufièrent la rédaction à \l. Morin."
On pourra se former une idée et du style de M. Morin et des opinions de cette époque, en lisant le prospectus de La Minerve écrit par son rédacteur de 23 ans.
M. Joseph Tassé a eu l'obligeance de nous faire tenir une copie de ce document.
il Un des plus célèbres écrivains du dernier siècle a prétendu que les sciences et les arts n'étaient pas favorables à la cause des mœurs, et que l'éducation était inutile et même dangereuse aux peuples. Si ce paradoxe était vrai, si une société humaine, privée du flambeau d"s sciences, pouvait être plus parfaite que celles qui marcheraient à leur lumière, ce ne serait que chez un peuple encore demi-barbare, qu'un sage législateur aurait prémuni contre une vaine curiosité, en lui créant des habitudes simples, en lui inspirant de l'aversion pour le luxe, et du goût pour les paisibles travaux de l'agriculture. Mais lorsque le luxe et la corruption se sont perpétués a travers ici siècles, lorsque la plupart des gouvernements, accoutumés à se faire obéir sans contrôle, mettent .à profit les vices et les préjugés pour conserver une prépondérance que le génie des temps veut leur ar-
— tj* —
radier, ce D'est qu'au moyen des sciences et des
arts que l'individu peut reconquérir ses droits sur les masses, qu'arme encore contre lui la force des habitudes.
Ce n'est pas qu'il mit donné à un grand nombre de personnes de se livrer aux sciences cont?mplatives et aux recherches abstraites, L'agriculture demande trop de bras, les arts trop d'adeptes. Ce ne sont pas des considérations philosophiques qu'il importe do répandre parmi le peuple, mais des connaissances pratiques à la portée de tout le monde. Philosophes ! Voulez-vous bien 'mériter de 1 humanité ? Cessez de parler aux peuples de leurs droits, sans leur apprendre leurs devoirs. N'essayez pas d'élever jusqu'à vos hautes conceptions l'intelligence du simple artisan ou du paisible laboureur. Apprenez-leur plutôt a aimer leurs semblables, a honorer la vieillesse, à obéir à leurs parent;», à respecter la religion et la morale. Adoucissez la misère du pauvre, en répandant dans son cœur le baume de la consolation : élaguez la route épineuse des arts, rendez-en le sanctuaire plus accessible ; enseignez au cultivateur à retourner plus faci'ement la glèbe que ses sueurs arrosent ; faites connaître et chérir à tous leurs libertés, leurs lois, leur gouvernement. Si les peuples vous écoutent, ils Feront assez justes, assez libres, et aimeront assez la patrie.
Si jamais on a eu lieu de s'applaudir du progrès 4es connaissances, et de l'accroissement des lu-
rr.ières, c'est sans doute clans notre siècle qui, par la régénération presque totale des institutions politiques du monde, et la naissance de tant de nouveaux états, fait une époque à jamais uiémora» ble dans l'histoire des âges. Quel tableau pour les siècle? futurs que la Grèce se relevant de ses ruines, la monarchie absolue miiigée en Europe {ar le gouvernement représentatif, et l'Amérique couverte de nouveaux états, et habitée par des peuples libres depuis l'embouchure de la Plata jusqu'aux glaces du Nord !
Heureux de vivre sous la protection d'un empire d'où sont sortis les germes de tant de liberté, c'eK dans ces < irconstances que nous entreprenons un journal.
Les Canadiens, imitant l'antique loyauté de leurs pèics, et vivant dans une paisible enfance, n'ont eu guères besoin d'éducation ou plutôt n'en ont pu faire usage, tant que des obstacles physiques, isolant toutes les parties de la province, en faisaient autant de petites sociétés étrangères les unes aux autres. Dés que leurs relations intérieures se sont agrandies, ils ont acquis des traits plus uniformes, un caractère plus frappant, et leurs facultés générales se sont développées davantage. C'est alors seulement qu'ils ont compris ce que c'était que la chose publique, et ^enti qu'il appartenait à l'éducation de lier toutes ces parties et de les intéresser a la cause commune. Aussi a-t-on vu. depuis quelques année?. sYiever un grand nombre d'étabhsse-
m nls destiné» à l'instruction île la jcuHcssej mais connu i on no connaît bien la nécessité des connaissances qu'à mesure qu'elles se répandent, il reste à ce sujet beaucoup à désirer. Puisse notre journal contribuer à remplir les vœux de nos coinpatriotes !
Nous aurons pour la Religion le respect que lui assure son caractère diviu et les- sublimes vérités qu'elle enseigne aux hommes.
Nous suivrons avec attention la politique du pays. Ardents à soutenir les intérêts des Canadiens, nous leur enseignerons à résister à toute usurpation de leurs droits, en même temps que nous tâcherons de leur faire apprécier et chérir les bienfaits et le gouvernement de la mère-patrie. Nous donnerons les débats de la Chambre d'Assemblée avec un précis des lois qui y seront proposées. Le peuple a un^intérêt majeur à connaître la conduite de ses représentants pour motiver son choix et faire respecter l'opinion publique à ceux qu'il charge de le défendre.
L'histoire de notre pays sera aussi un des objets principaux de nos recherches. Nous prions ceux qui connais ;ent d'anciennes productions canadiennes, de vouloir bien nous les communiquer, afin de les soumettre a la criti me avant que les monuments qui peuvent servir à leur examen disparaissent entièrement, Tout écrit qui aura rapport à l'histoire naturelle du pays, ou à l'état de l'industrie et de? arts parmi no.is, sera reçu avec une vj-
vc reconnaissance. Nous insérerons aussi toutes les conimuuications qui entreront dans le plan de ce journal, lorsqu'elles seront de nature à y être admises, et qu'elles seront signées de l'auteur, lorsque les circoostances l'exigeront.
Enfin La Minerve s'occupera de l'Agriculture, de la Littérature et de la politique étrangère ; elle contiendra aus'i les nouvelles récentes, les ventes par décret, et en général on n'y oubliera rien de ce qui peut intéresser ou plaire.
Xous recommandons notre entreprise aux amis de leur pays ; c'est de leur zelc que nous attendons notre succès."
u J'ai trouvé avec plaisir, dit M. David, le prospectus de Lj Af'rii-rrr, dans un petit journal que M. le juge Charles Mondelet, alors avocat aux Trois-Riviéres, avait fondé sous le nom symbolique à' Argus, et qu'il rédigeait avec une vivacité et une vigueur redoutables. L'Argué, qui avait salué avec joie, comme tout le pays, la naissance de La Miuervê% annonçait, quelques semaine:-; après, son propre trépas, dans une curieuse pièce de vers qui se terminait par ces mots :
u Adieu donc, mes chers compagno:
Jusqu'à la résurrection."
" Un peu plus tard, pendant l'élection de M. l'a-
pineau et de M. MagiU, dans Montréal-Est, V Argus,
mort aux Trois-Rivières, ressuscitait à Montréal
C ces mots en I B rexit sicut dixit."
C'est M. Morin qui rendit à son ami, M. Moiulelet, le fils qu'il aimait tant.
M. Morin fut reçu avocat en mil huit cent vingthuit (1828).
Lors des violentes élections de mil huit cent trente (1830), le comté de Bellechaise, fier de la renommée du jeune Morin, (1) qui était un enfant <h P endroit, l'envoya siéger dans la chambre d'assemblée.
La lutte était alors vive, acharnée, l'horizon politique s'assombrissait de plus ea plus ; la résistance a l'oligarchie devenait plus énergique. M. Morin se jeta en plein dans la mêlée et combattit vaillamment, par la plume et la parole, les ennemis de son pays, les abus du pouvoir.
Il était le secrétaire de la majorité de la chambre d'assemblée et de M. Papineau, qui lui portait beaucoup de considération. Il rédigeait les motions, les manifestes et tous les principaux documents du temps. C'est lui qui condensa les quatre-vingt-douze résolutions d'un énorme volume de griefs que M, Papineau avait préparé."
[1] Il avait alor* 27 ans. Pendant les discussions orageuses de i'anuée suivante au sujet de l'état oligarchique de la province, on voit M. Morin proposer, pour rétablir la concorde, de rendre élective la chambre haute. •' Cette proposition, dit notre historien national, tut écartée par une majorité de 24 contre 18, division qui annonçait déjà un fort parti en faveur du principe électif."
M. David omet un fait imnoitant de la vis? parlementaire du jeune député de Bellechasse : c'est que, dès 1831, il fut chargé de l'impression de l'Histoire de Labrie.
" Labric (Jacqu aud, jeune, célèbre
patriote, in t publiciste canadien, docteur
en médecine ei membre du parlement, ne eo 1783, fit ses études classiques au séminaire de Québec, puis ses études médicales à Edimbourg, où il fut gradué. Un des preniiets zélateurs de l'éducation, en Canada, il fonda sur un grand pied, à St-Ï tache, des -s ou académies pour les
deux sexes, et les sur veilla sans cesse, li établit et rédigea Le Courrier de Québec, en 1807. Député au parlement vingt ans après, il s'y montra laborieux, et donna au public : Les premiers rudiment de la constitution nique, traduits de l'anglais de Brooke,précédés d'un précis historique, et suivis d'observations sur la constitution du Bas- Canada. Il fit plus : il écrivit la première Histoire du Canada ; mais il mourut à St-Eustache de la rivière du Chêne, le 26 octobre IS31, avant que d'avoir pu la publier. Dès le 30 novembre, M. A.- N. Morin proposa à la législature d'ail pour cette publication de 3 ou j tolumea in-8vo,en observant que, depuis Charlevoix, plus d'un s: s'était éco'i qne le Canada eût eu véritablement un historien ; il fut chargé de publier bette histoire, m - troubles politiques survinrent, et le manuscrit a déflorablement péri cl .M.
Girouard, au sac et à l'incendie de St-Benoît. 11 Beureusement, disait Isidore Lebrun, M. Morin écrit avec goût le français."
Mettons ici en regard de ce jugement de M. Isidore Lebrun, écrivain français distingué, le jugement que M. L.-N. Carrier a eu le courage de porter sur le style de M. Morin, dans un ouvrage intitulé ■. " Les Evénements de 1837-38," où la grammaire et le style ne sauraient être donnés comme modèles du genre.
En parlant des 92 résolutions, M. Carrier dit que 11 le style en est vicieux ; la rédaction de ces 92 résolutions est diffuse et sans ordre," et " ne fait certainement pis honneur ni à leur père putatif, M. Bédard, ni à leur père réel, M. Morin, qui les avait rédigées sur des notes fournies par M. Tapineau."
Le lecteur pourra, quant au style de M. Morin, choisir entre l'appréciation qu'en a faite M Lebrun et celle de M. Carrier, qui commet une erreur grammaticale grossière (trois négations : ve, jvis et nt)t tout en voulant critiquer les écrits de cet homme si remarquable par ses vastes connaissances. Il n'y a peut-être pas un seul autre écrivain, dans le pays, qui voudrait endosser cette opinion gratuite de M, Carrier au sujet de M. Morin.
Pour ce qui est de ces 92 résolutions, elles furent présentées à la chambre par M. Charles-Antoine Taschereau, qui était le président du comité préposé à l'examen de l'état de la province. M. Elzéar Bédard et M. Morin proposèrent l'adoption de ces
résolutions à la chambre, qui les vota à une grande majorité.
C'est eneore vers le môme temps que M. Morin fournit à Isidore Lebrun, de Paris (celui que nous avons déjà nommé), des données pour son Tableau des Canadas.
Nous avons encore à citer M. David.
44 Son influence (l'influence de M. Morin) était si grande, en mil huit cent trente quatre { 1 834), [1] son patriotisme et soo intelligence, inspiraient tant de confiance au pays, qu'il fat chargé d'aller a
Londres porter à M. Viger le résultat des derniers événements, et une requête au gouvernement anglais basée sur les quatre-vingt-douze résolutions. Mais rien ne put ébranler l'entêtement du bureau colonial, qui resta sourd à loutes les remontrances.
MM. Viger et Morin revinrent en Canada bien décidés à laisser faire la tempête." [2]
Il existait une scission, dans le parti canadien,
depuis mil huit cent treute-quatre ; cette scission devint plus tranchée, en mi! huit cent trente-six :
r l | ;. jeune, -lit : l -
[3] Le oomité nommé en Angleterre pour s'enquérir <i« la valeur de- le nos compatriotes, interr James Kempt, ci- levant gouverneur <lu pays, MM. Viger, Morin, etc. Garneau 'lit que '4 M. Morin une cm. e d'une heure et demie avec M. Stanley et sir Jamei Qraham, et ils avaient di.-cuté :nt>le la question dei fini' elle d'un conseil législatif électif."
MM. Nelson, Cuvillierct Quesnel, que secondaient le talent et l'influence de M. Parent, dans Le Ca?i rdien, essayaient de calmer l'effervescence et d'arrêter la majorité sur la pente de l'insurrection.
" M. Morin fut envoyé à Québec, dit M. David, pour encourager et rallier autour du même drapeau ceux qui étaient restés fidèles à M. Papinean. Mais M. Morin n'avait pas le caractère et le talent qui soulèvent les masses. Il avait plutôt l'air d'un missionnaire que d'un conspirateur ; il paraissait plutôt fait pour porter la croix que l'épée. Les gens de Québec restèrent froids, lorsqu'ils apprirent la nouvelle de l'insurrection dans le district de Montréal."
D'un autre côté, voici ce qu'a écrit Garneau sur le même sujet : " M. Morin fut nommé chef de l'association de Québec, qui faisait peu de progrès. On ne pouvait plus mal choisir ; car, si M. Morin était excellent pour agir sous la direction de volontés supérieures, il valait bien peu comme chef : c'était un homme doux, poli, d'un goût simple et studieux, ayant plutôt la suavité d^ manières d'un ecclésiastique que l'ardeur emportée d'uu conspirateur."'
Cependant, l'association des " Fils de la liberté," formée à Montréal, publia un manifeste rempii de menaces. Les assemblées publiques se multi pliaient dans les paroisses do la rivière Richelieu et dans quelques-unes du nord de Montréal. Nous étions en 1837, et tout annonçait un recours pro-
chaiu aux armes, dans les paroisses venons d'indiquer.
Le district de Québec était resté comparativement indifférent, sauf une manifestation qui avait eu lieu à Québec, mais de peu d'importance quant à ses résultats.
Nous avons déjà vu que M. Morin avait été envoyé à Québec pour rallier ceux qui étaient restés fidèles au drapeau arboré par M. Papineau ; m qui n'était pas encore le drapeau de l'insurrection à main armée. Ce fut vers la fin de l'année i E
M. Morin vint se fixer dans la capitale, sous prétexte d'y pratiquer comme avocat
Jusqu'à cette année, M. Morin avait partagé honnêtement presque toutes les vues du chef, M. Papîneau, dont l'opposition au parti de l'oligarchie ;it maintenue dans les voies constitutionnelles. Au couri de la session de cette année (1^6], on voit le jeune député de Bel'echasse appuyer de se» vote? et de ses discours le grand tribun populaire du Bas-Canada, et surtout dans la dernière lutte entre le cons-il ex et l'assemblée au
sujet des subsides. " Les déb its, dit Garneau, du- La plupart des membres prirent la parole. M. Morin proposa d'accorder des subsides pour six stois. M. Vanfelson [proposa en amendement douze mois avec les arrérages. MM.
Papîneau, I a Fontaine, Taschereau, Drolet, Rodier, Bcrthelot parlèrent contre l'amendement :
mm. Powefj C
La proposition de M. Morin passa dans l'affirmative par un vote de 40 contre 27 ; mais elle fut rejetée par le conseil, dont les membres, à cotte époque et plus que jamais, méritaient le nom de Vieillard* malfaisants. Cette affaire amena }• que aussitôt la prorogation du parlement.
s avons vu, p. us haut, que M. Morin vint se fixer à Québec fers la fin de 1836, sou? prétexte d'y pratiquer comme avocat. "Aussitôt les partisans de M. Fapineau crurent voir quelque dessein dans cette démarche de son disciple le plus dévoué ; ils se réunirent autour de lui, ils s'organisèrent et se mirent en rapport avec les libéraux de Montréal et des autres parties du pays, pour réfuter l'association constitutionnelle, qui, parlant au nom du parti anglais, priait le roi de maintenir le conseil législatif pour tenir en échec l'influence de l'assemblée ; de diviser les comtés de manière à diminuer les représentants canadiens-français, de rappeler lord Gosford et de réunir les deux Canadas. Elle s'adressait en même temps au Haut-Canada pour l'engager à se déclarer contre les Canadiens-Français eux-mêmes." [1]
Le 4 de juin, il y eut, à Québec, une assemblée publique [sur le marché Saint-Paul] des personnes favorables aux 92 résolutions, ainsi qu'aux demandes de justice et de redressement de griefs faites par le pays. Ce fut M. Morin qui expliqua le but
[1] Garneau.
de l'assemblée. UII fut suivi par MM. U.-S.-M. Bouchette, Charles Hunier, Edouard Rousseau, L.-J. Besserer, M. P.P., Jean Blanchet, M. P.P., M. Bardy, M.P.P., Charles Drolet, M. P.P., quiadres-
sèrent successivement la parole." [1 1
A titre de souvenir m nous ici
quelques-uns des noms de ceux qui prirent part à cette assemblée et qui furent les auteurs de résolutions formant, par leur modération, un contraste frappant avec celles qui avaient été adoptées dans le district de Montréal : José; h Légaré, Ignace Gagnon, X.-F Belleau [aujourd'hui : sir Narcisse], Barthélemi Lachance, [. Teed, McVeigh, P.-G. Tourangeau [aujourd'hui : le directeur de la poste, H.-V„ Québec], J. Légaré, J. Picard, [2] Eugène Trudeau, J.-D. Lépine, le Dr. Rousseau, R. M loin, Michel Patry, T. Chabot, etc.
L'agitation se continuait dans plusieurs couv et surtout dans quelques paroisses du sud et du nord de Montréal. •• L'agitation, dit Garneau, devenait sérieuse dans beaucoup de comtés ; elle finit par inquiéter le gouverneur, qui publia une proclamation dans le mois de juin, pour mettre le peuple en garde contre les écrits et les discours propres à le séduire. 1 re aux milices assemblées. Sans se laisser intimider par cet averti.sse-
[lj Les Evénement* d ■[. L-N.Cfcnier.
P [2] Probablement h- Etichmond et
Wolfe, à la chambre
ment, M. Papineau descendit jusqu'à tCamou en compagnie ' U La Fontaine et
in ; il fit d in Saint Thè-
me , où le Dr Taché, [1] • ; artisan exalté, avait monté quelqu< parmi lei cultivât -urs."
M. ( .11,1, déjà< 1 M. U i Fontaine
et Girouard traver .amour i Ma'
i . située en Eau ne fui
elui qu'ils avaient obtenu sut la ■ du su.:
D'un autn on tenait d mbléesà Mie-
mi, à l'A m, à Lachenaic, à Descham-
bault, à \ adie, où l'on - -ta contre ies injus-
do la mé lu Canada
fronçai
I > c" i . idUn du 2\ juillot et du 28 d'août 1S37,
lisait les paroles ou lurties des discours des
:s à cc> blées. "Tout le monde, dans la
colonie, est mécontent, s t M. La Fontaine ;
on demande des réformes. 11 est temps d'en venir
.i une conclusion."
•• L'assemblée de Peschanibault est convoquée, disait de son côté M. Morin, pour protester solennellement contre Mutions de lord John ltussell, qui a introduit, dans le parlement impérial, des mesures coercitives pour s'emparer de nos finances contre notre volonté. Cette mesure du mi-
fl] Depuis, sir Etienne-Pascal.
nistrc est une violation, une spoliation de nos droits les plus sacrés, un acte insigne de tyrannie et d'oppression, que les Canadiens ne doivent pas endurer, qu'ils doivent combattre de toutes leurs forces et par toub les moyens. D'après ce qui vient de se passer en Angleterre, il est clair que le peuple anglais n'a aucune sympathie pour nous, et que nous devons en chercher ailleurs. On nous méprise, on veut nous opprimer, nous anéantir. On veut nous tenir sous le joug d'une infâme oppression. Il n'y a plus de liberté pour nous ; l'esclavage va devenir notre partage. Cet état de choses ne doit durer que tant que nous ne pourrons pas le repousser."
Afin de rendre justice à tous, il est bon de remarquer ici, en passant, que quelques voix éloquentes s'élevèrent du sein du parlement anglais pour défendre la cause de nos compatriotes, auxquels la " marâtre Angleterre" voulait arracher les droits les plus sacrés.
Citons à ce sujet une partie du discours de lord Grenville.
"On a appelé préjugé, dit-il, l'attachement des Canadiens a leurs coutumes, à leurs lois, à leurs usages, qu'ils préfèrent aux lots anglaises. Je crois qu'un pareil attachement mérice un autre nom ; car, suivant moi, il est fondé sur la raison et sur quelque chose de mieux que la raison : il est fondé sur les sentiments les plus nobles du cœur humain.'
Voici quelques lignes d'un discours de M.Labou-