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dant sepl jours el elle demeurera encore trente-trois jours pour être puriliée de la suite de ses couches.
« Elle ne touchera à rien qui soit saint et elle n'entrera pas dans le sanctuaire jusqu'à ce que les jours de là purificalion soient accomplis.
« Si elle enfante une fille, elle sera impure pendant deux semaines et elle demeurera soixante-dix jours pour être purifiée de la suite de ses couches ». (XI, 2).
Si la souillure est toute physique, pourquoi cette différence dans la durée de l’impureté ? Au contraire, si elle est morale, elle s’explique par le mépris que toutes les religions manifestent pour la femme. Enfin cette purification imposée par Moïse consiste uniquement en cffrandes au temple, proportionnées à Ia richesse des parents et destinés à « racheter le péché ! ». Jamais il n’a songé à préserver la femme de l’infection puerpérale comme on l’a prétendu... Cela est mieux ainsi, car nous ne voyons pas comment cette réelusion et cette offrande au temple, sans la moindre ablution, y eussent réussi...
C'est aussi en raison de la souillure morale qué Mahomet, dans ses Hadits, interdit à la nouvelle accouchée la tournée processionnelle autour du temple de Ia Mecque. Que des esprits Uop modernistes n'y voient pas surtout une brenveillante sollicitude envers la jeune mère dont les forces demandent à être ménagées !
Ici, comme toujours, nous sommes frappés de la conformité des vues des religions anciennes et de celles des sauvages actuels : Pour ces derniers, la femme en couches est tabou au même degré que celle qui a ses règles : dans les deux cas, le corps de la femme est le théâtre d’un phénomène mystérieux... et peut-être bien diabolique. À ee titre elle est redoutable, et il est bon de la maintenir dans une prudente réclusion à la fin de laquelle on la désensorcelera.
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Le Culte des Morts
MESURES PRISES À L'ÉGARD DES CADAVRES, DES MAISONS OÙ ILS ONT SÉJOURNÉ, DES INDIVIDUS QUI LES ONT APPROCHÉS. — INMUMATION.
C’est à la suite de cette étude des prétendus moyens que mettent en œuvre les religions pour écarter les maladies, qu’il nous semble judicieux de placer celle-ei elle se rapporte aux prescriptions minutieuses que renferment les Livres Sacrés sur les soins à donner aux cadavres, la purification des lieux où ils ont séjourné, des personnes qui les ont approchés, de ceux mêmes qui leur sont simplement unis par quelque lien.
Comme toujours, le bain est la purification la plus simple et la plus courante :
« Celui qui à touché un corps mort doit se purifier en se baignant », dit Manou.
Mais le législateur ordonne encore d’autres purifications pour les parents du mort, plus ou moins longues ou compliquées suivant le degré de parenté :
« Qu'ils se nourrissent de riz non assaisonné de sel, qu'ils se baignent pendant trois jours, qu'ils s'abstiennent de viande et se couchent à part sur la terre ». (Lois de Manou, V, 73).
Nous reconnaissons bien vite que quelques-unes de ces mesures peuvent jouer un rôle utile dans la prophylaxie des maladies contagieuses. Mais ce qui nous semble moins judicieux c’est qu’elles soient exigées
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même de ceux qui n'ont eu aucun contact avec le mort, c’est qu’elles croissent en raison du degré de parenté ou du lien moral quelconque qui unit le vivant au défunt. C’est bien dire, comme nous le verrons dans la suite, que cette impureté est avant tout spirituelle…
Une autre mesure accidentellement hygiénique imposée par Manou est la destruction des cadavres par le feu sacré, l'élément purificateur par excellence :
« Tout Dwidja connaissant la loi qui voit mourir son épouse vertueuse et appartenant à la même classe que lui doit la brüler avec les feux consacrés et les ustensiles du sacri- MES ONAEMIEUE
Buddha a hérité de cette tradition brahmanique puisqu'il ordonne au moine de prendre sa nourriture partout où il la trouve, même dans les « lieux de crémation ».
Si Manou considère que la pureté du feu détruit l’impureté du cadavre, sa sainteté même défend à Zoroastre de le souiller par quoi que ce soit... Pour ne profaner ni la terre, ni l’eau, ni le feu les Mazdéens exposent les morts dans un endroit appelé Dakma, à la fois élevé et isolé où les dépouilles humaïnes deviennent la proie des animaux carnassiers. Cette coutume a persisté dans l’Inde : les cadavres des Parsis sont exposés au sommet de la Tour du Silence, au point eulminant de Malabar Hill à Bombay. Tandis que les uns trouvent à cette curieuse coutume un avantage hygiénique, les vautours étant prétendus réfractaires à la peste, d’autres la réprouvent complètement : ils allèguent le danger que présente la dissémination par les oiseaux de proie de ces débris humains souvent putréfiés et porteurs de germes morbides.
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. (0 I n'est pas question dans les Lois de Manou de la coutume qui voulait qu’une veuve soit brûlée vive sur le bûcher qui consumait le cadavre de son époux, F
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Donc, chez les Mazdéens, quand un homme est mort, on l’emporte bien vite hors de la maison dont les autres habitants se purifient aussitôt : ils se favent trois fois le corps, ils lavent trois fois leurs habits et ils récitent trois fois les Gâthas (2). Bien plus contaminés que les parents ou amis du défunt sont ceux qui ont transporté son cadavre jusqu’au Dakhma : ceux-ci sont attaqués, ainsi que nous l’avons vu, par la terrible Druje Naçus et ce n’est pas trop de toute une collection de sortilèges, renforcée de nombreuses prières, pour arriver à l’enfouir dans le sol. L’impureté s’étend aux animaux qui ont touché un cadavre d’homme ou de chien et ne peuvent être mangés avant un an. Elle s’étend même aux ustensiles de ménage qui ont été mis en contact avec ces mêmes cadavres : on les purifie avee du gomezâ, de la terre et de l’eau un certain nombre de fois selon la substance dont 1ls sont formés; mais S'ils sont de terre ou d’argile, ils sont impurs à Jamais. Nous avons déjà vu que le chemin même par lequel a passé le mort n’échappe pas à l’impureté et de quelle façon curieuse on le délivre de toute souillure…
Cette notion de l’impureté du cadavre est aussi exprimée très nettement dans la Bible; il souille également ceux qui l’approchent et même ceux qui assistent aux funérailles ! On chasse hors du camp, comme les lépreux, ceux qui sont « devenus impurs pour avoir touché un mort ». (Nombres, V, 2). Au bout de sept jours la personne impure lavait ses vêtements, se baignaït et pouvait revenir vivre de la vie commune. Le novice qui à assisté aux funérailles se purifie d’une façon beaucoup plus simple : il se fait raser immédiatement, supprimant d’un coup sa chevelure et les esprits malfaisants qui s’y réfugient si volontiers...
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Le cadavre, en raison de son impureté, est déposé hors du camp, dans une fosse :
« Ainsi vous aurez soin que votre camp soit saint et qu'il n'y paraisse rien qui le souille, de peur que le Seigneur vous
abandonne ». (Deutéronome, XIII, 14).
Les Israëlites ont certainement connu la. crémation, mais c'était un luxe réservé aux rois, ainsi que l’indiquent ces paroles de Jérémie à Sédécias, roi de Juda :
« Tu mourras en paix et on fera brûler sur toi des choses aromatiques, comme on en a brülé sur les pères, les rois précédents ».
Bien que Mahomet ne craigne pas autant que ses devanciers l’impureté qui émane du cadavre, 1l n’est pas exempt sur ce point de superstitions. Il pense que sitôt la cessation de la vie, le mort souffre d’autant plus qu’il tarde à être déposé dans la tombe où l’attendent les deux anges de la mort qui doivent l’interroger sur ses actions dans le monde. De là cette exhortation :
« Hàtez-vous d'inhumer vos morts afin qu'ils jouissent promptement de la félicité éternelle ».
Cette mesure, prise dans un but essentiellément religieux, peut présenter quelque avantage dans les pays chauds où Ia corruption des cadavres est rapide. Mais elle a aussi sa contre-partie, car cette hâte pieuse peut conduire en terre des individus qui ne sont morts qu’en apparence.
Confucius, qui est une sorte d'esprit fort, n’a pas toutes ces préoccupations. Le cadavre n’avait pour lui rien de mystérieux ni de dangereux; aussi le traitait-il avec une négligence qui pouvait constituer un danger social :
« Autrefois, dans les siècles de la plus haute antiquité, on jetait les cadavres dans les fossés; mais les enfants avaient
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trop de peine en voyant les leurs dévorés par les loups et les vers et ils les couvraient alors de terre ».
Ici encore, c’est le sentiment seul qui motive cette sommaire inhumation. Plus tard, par décence sans doute, on prit l’habitude de mettre les morts dans des cercueils et le législateur donne quelques conseils relaüifs à leur fabrication. Mais tout cela l’occupe peu : il accorde à ces détails moins d'importance que Manou, Zoroastre et Moïse pour lesquels le cadavre était spirituellement dangereux; il leur en accorde moins que nous aussi parce qu'il ignorait que le mort peut nuire à la santé des vivants.
Suivant l'habitude que nous avons prise, voyons si des croyances semblables à celles des Anciens ne sub- Sistent pas de nos Jours, ainsi que les pratiques que motivaient ces croyances.
Chez les Polynésiens, le mort est tabou; le sont aussi ses proches parents, le veuf ou la veuve, le guerrier lui-même qui tue pour défendre sa patrie. Tous sont plus ou moins redoutables : à ce titre, ils doivent se tenir asez longtemps à l'écart, en accomplissant des cérémonies compliquées ou grotesques destinées à les débarrasser du sortilège qui est en eux. Quelques-uns de ces tabous sont tenus de faire connaître leur état par quelque signe distinctif afin qu’on puisse les éviter;
eut-être même faut-il voir dans cette coutume l’origine des vêtements de deuil.
Chez les Lapons, la crainte du mort se manifeste plus mettement encore : Tout homme qui touche un cadavre reçoit d’un proche du défunt un anneau de bronze qu'il doit porter au bras droit jusqu’à ce que le corps soit définitivement mis au tombeau; l’anneau est une amulette qui protège celui qui en est porteur contre l’esprit du mort; une fois enterré 1l est moins dangereux et plus heureux : de là vient la coutume des inhumations rapides et la nécessité de ne laisser aucun