‹ L’Hygiène dans les Livres SacrésChapitre 13 sur 15 · RON · texte numérisé non relu

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de fête où l’on cessait tout travail (1), les chrétiens doi-: vent s'abstenir d'œuvre servile à certains jours :

« Les fêtes tu sanctifieras

« Qui te sont de commandement ».

Quoique sur ce point, la loi musulmane insiste peu, elle imite les lois juive et chrétienne en ordonnant un Jour de repos par semaine :

« Lorsque l’on fait l’appel à la prière le jour du vendredi, courez entendre la mention de Dieu el laissez de côté votre négoce ». (Coran, XLIT, 9).

Si Mahomet à fait du vendredi le jour du repos hebdomadaire, c’est que bien avant lui les Arabes avaient coutume de s’assembler en ce jour pour la prière. Il est d’ailleurs plein de respect pour le Sabbat des Juifs :

« Vous connaissez ceux d’entre vous qui ont transgressé le sabbat. Nous les transformerons en vils singes » (TT, (61).

Bien qu’il mette partout et avant tout un souci religieux, les préceptes de Mahomet relatifs au repos sont pleins de sagesse :

« C’est Dieu qui à établi la nuit pour le repos et le jour lumineux pour votre travail ». (X, 68).

Il interdit encore la guerre pendant quatre mois de l’année réputés sacrés bien avant lui.

Cette modération, si rare dans les religions, se rencontre encore, à notre grand étonnement, dans les Lois de Manou où il est recommandé au Brahmane de s’abstenir de tout travail inutile : on y voit sans doute un excès comme les autres et, à ce titre, il est répréhensible.

(4) Ge sont le jour du Pardon, le 44° et le 15e jour du premier mois en l'honneur de la Pâque, le 4er et le 40e jour du septième mois, le ter et le 8 jour de la fête des Tabernacles.

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Vêtement -- Habitation -- Voirie Péèlerinages

Nous terminerons ce travail en examinant quelles étaient les prescriptions des Livres Sacrés relatives au vêtement, à l’habitation, à la voirie et nous dirons un mot rapide des pèlerinages.

Dans les religions où le rituel est très minutieux on accorde au vêtement une certaine importance. Pour les cérémonies, telles que la Pâque des Juifs, il n’est pas permis de se vêtir comme on veut :

« Vous ceindrez vos reins. Vous aurez des souliers aux pieds et un bâton à Ia main ». (Exode, XII, 11).

Cette tenue de voyage était un symbole qui rappelait la hâte avec laquelle les Israëlites avaient quitté la terre d'Egypte.

Moïse s’oceupe encore de la réglementation du costume des Lévites qui, dans le Temple, sont vêtus de lin blane en signe de pureté.

Donc, dans la Bible, le vêtement est un symbole : il exprime un état d’âme ou rappelle quelque événement important de l’histoire. Lui-même n'échappe pas à la loi des tabous qui Ss'infiltre partout. C'est le {abou des mélanges qui inspire à Moïse celle curieuse loi qui n’a rien à voir avec l'hygiène :

« Tu ne t’habilleras pas d'un tissu mêlé de laine et de lin ». (Deutérenome), comme c’est à ce même tabou que les Juifs doivent la défense religieuse qui leur fut faite de mélanger les cépages dans leurs vignes.

La preuve que toutes ces mesures relatives aux vêtements ont une origine mystique, c’est que la religion

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chrétienne, plus dégagée des superstitions au début, les rejette toutes avec mépris. Jésus-Christ dit à la foule assemblée autour de lui :

« Ne vous dites) pas : Que mangerons-nous, que boïronsnous, de quoi nous vêtirons-nous ? Voyez les lis des champs : Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu comme l’un d'eux ».

Il n’accorde pas plus de considération aux eurieuses prescriptions mosaiques relatives à la « lèpre des vêtements » et qui semblent. dictées par un souei d’hygiène — qui Ont au moins pour origine probable la répugnance physique et morale inspirée par ce mal redoutable. Nous voyons aussi combien singulières sont ces mesures d'hygiène et combien elles cadrent peu avec nos connaissances et nos pratiques actuelles ! La lèpre des vêtements est une chose inconnue de nos jours; mais le prêtre hébreu, plus habile clinicren, la reconnaissait aisément à ses taches blanches ou rousses. Si ces taches sont crues, il n'y a pas de remède et le vêtement doit être brûlé. Mais si elles ne sont pas crues, on doit essayer la désinfection au moyen de lavages successifs et d’isolement de plusieurs fois sept jours.

Mahomet, lui aussi, se préoccupe du vêtement des Croyants. Mais, à ce sujet, ses prescriptions sont assez incohérentes et ne paraissent être dictées par aucune idée déterminée, hygiénique ou autre :

« Dieu vous a donné des vêtements qui vous abritent contre les chaleurs et contre la violence des coups que vous vous portez les uns aux autres ». (XVI, 8).

Dans les Hadits, le Prophète s'attache à quantité de détails qui montrent combien rapidement le rituel s'était compliqué :

« Pendant le pèlerinage de la Mecque, ne mettez aucun vêtement qui ait touché du safran et du wars ». (Titre XXV, ADO |

Est-ce là une interdiction semblable à celle qui empêche la veuve de porter des vêtements teints ou de faire

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usage de parfums en signe de pénitence? (Titre 4, XVII}. Le Prophète dit encore qu’il n’y a pas de mal à changer de vêtements pendant le pèlerinage de la Mecque, sans doute pour prévenir le zèle de quelques-uns pour lesquels tous les moyens sont bons pour mortifier leur Corps. Avouons que ce n’est là qu’un léger correctif à la défense qui était faite aux fidèles de se livrer à la chasse, quelle qu’elie soit, durant le pèlerinage : il devait être au moins permis d'enlever un vêtement où le zèle religieux laissait pulluler un désagréable gibier !

C’est peut-être dans les Lois de Manou que l'hygiène du vêtement est le mieux comprise. Quoique l’anacherète et le dévot ascétique ne doivent pas plus s'occuper de leurs habits que de leur nourriture et qu'ils doivent rester indifférents à toutes les intempéries, le Brahmane qui n'appartient pas à ces deux classes est tenu d’ohserver à leur sujet toutes sortes de prescriptions. Cellesci sont très Judicieuses, hâtons-nous de le dire, mais motivées uniquement par un orgueil de caste. C’est ainsi que le Brahmane ne doit pas porter des habits vieux ou sales, ni des souliers, des vêtements qui ont servi à d’autres. C’est encore le même souci d’éviter à la caste la plus élevée tout contact, même indirect, avec les autres qui.inspire à Manou cette mesure admirable :

« Un blanchisseur ne doit pas mèler les vêlements d’une personne avec ceux d'une autre ou les faire porter à quelqu'un ». (Lois de Manou, VIIT, 396).

Nous avons déjà vu comment on purifie l'habitation ainsi que les ustensiles qui S'y trouvent dans certaines circonstances, notamment à la suite du séjour d’un cadavre : généralement ce rôle est joué par des substances ayant des vertus moralement purificatrices, bien suffisantes puisque l’impureté est morale, mais qui n’ont rien à voir avec nos antiseptiques actuels...

Manou donne de très singuliers conseils d'hygiène domestique

« On purifie le sol de cinq manières : en le baläyant, en l’enduisant de bouse de vache, en l'arrosant avec de l'urine de vache, en le grattant ou en y faisant séjourner des vaches un jour et une nuit ». (V, 124).

Cette simple citation ne peut nous laisser aucun doute sur la façon dont le législateur entendait la propreté des maisons, et si quelques-uns de ses précepies nous paraissent hygiéniques, c’est encore un effet du hasard. 11 donne ainsi d'excellents procédés pour le nettoyage des ustensiles ménagers : il préconise l’eau, le feu, les cendres, les acides mêmes pour les métaux. Tout cela est parfait ! Mais pourquoi faut-il qu'il glisse au milieu de ces lignes sages la formule d’une pâte souveraine formée de terre, d’urime et de bouse de vache !

C’est au respect de la Terre, élément sacré, que nous devons quelques recommandations, telle que celle de ne pas déposer d’impuretés directement sur le sol : il faut - auparavant le recouvrir de bois, de feuilles et d’herbes sèches. C’est pour la même raison qu'il dit encore :

« Celui qui a déposé ses ordures sur le chemin doit payer une amende et nettoyer la place ». (Lois de Manou, IX, 282).

Dans l’Avesta, nous lisons le même souci d'éviter toute souillure aux éléments sacrés donnés par Ormuz aux hommes :

« Celui qui jette de la matière morte dans l'eau ou dans le feu mérite la mort ».

Aussi cette défense, toute religieuse, n’est-elle pas en accord avec nos connaissances modernes : la matière morte qui, jetée dans Feau, peut la rendre des plus nutsibles, ne peut pas souiller le feu qui détruit et purifie tout...

Dans la Bible aussi se retrouve ce souci de ne pas souiller le sol :

« Vous aurez un lieu hors du camp où vous irez pour vos

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besoins naturels. Et, portant un bälon pointu à votre ceinture, lorsque vous voudrez vous soulager, vous ferez dans le sol un trou en rond que vous recouvrirez ensuite avec la terre sortie du trou ». (Deutéronome, XIII, 12-13).

Tout imprégnée de mysticisme aussi est la législation touchant la lèpre des maisons. (Lévitique, XIV). Quoique de nos jours il ne nous soit plus possible d’affirmer qu’une maison est frappée de la lèpre lorsque ses murailles « présentent des taches pâles ou rougeâtres, des petits creux », ont un aspect lépreux, en un mot, le prêtre hébreu paraît s’être admirablement entendu à formuler ce diagnostic. Aussitôt done que le mal est reconnu, on remplace par d’autres les matériaux lépreux, on recrépit la maison et on en interdit l’accès jusqu’au Jour où elle est purifiée « tant par le sang d’un passereau qui aura été immolé, que par les eaux vives et par le passereau vivant, par les bois de cèdre, par l’hysope et par l’écarlate ». (Lévitique, XIV, 54).

Nous voyons que le passereau jouit d’une grande réputation parmi les Lévites guérisseurs de lèpre... Mais Si, malgré tous ces soins, la maladie persiste, on se résione à brüler la maison.

Très peu brillantes aussi sont les notions de Mahomet sur l’hygiène de l'habitation. Dans les Hadits, il permet aux fidèles d’uriner dans les mosquées, à condition qu’on y verse ensuite de l’eau. (Titre IV, ch. LVIIT.

S'il ne tombe pas dans les grossières Superstitions de Manou et de Zoroastre, le souci du confort le tracasse fort peu :

« Dieu vous à donné des ombrages et des montagnes pour retraites ». (Coran, XVI, 84).

& C’est Dieu qui vous a donné la terre pour lit ». (KI, 20).

Le verset suivant indique un léger progrès :

(CIT vous à procuré des peaux de bestiaux pour vos tentes que vous pouvez porter facilement quand vous vous mettez en marche ef quand vous vous arrêtez ». (XVI, 82),

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Mais là se borne l’idéal du Prophète en ce qui concerne l'habitation...

Pour le philosophe chinois, Meng-Tseu, l’emplacement des constructions est uniquement subordonné à leur importance. Peu lui importe la salubrité du lieu où elles s’élèveront :

« Si vous voulez construire un monument qui domine, vous devez en poser les fondations sur une montagne ou un plateau élevé. Si vous voulez construire un édifice sans apparence, vous devez en poser les fondations sur un sol bas et humide, le long des rivières el des Clangs ».

Rien n’est plus simple que cette règle générale qui ignore superbement toutes les conditions climatériques et géologiques dont nous tenons aujourd’hui un si grand compte.

Les plus sages en tout cela sont encore ceux qui ne s'occupent pas de la question : s’ils ne risquent pas de prendre quelques mesures que l'hygiène approuve, ils ne risquent pas non plus de commettre les grossières erreurs qu’elle condamne. Buddha et Jésus-Christ ne se préoccupent pas plus de leur logement que des autres questions purement matérielles. Dieu v pourvoira ! Au cours de leurs prédications, 1ls campent où ils se trouvent, sans même s’embarrasser de tentes, témoin la scène de la Transfiguration dans laquelle les apôtres proposent timidement au Christ de dresser trois tentes dans le lieu où ils se trouvent : une pour lui, une pour Moïse et une pour Elie.

Nous insisterons peu sur les Pèlerinages parce qu'il en a déjà été beaucoup parlé et parce que leur caractère essentiellement anti-hygiénique n’est généralement pas

contesté.

Le Pèlerinage de la Mecque est formellement

ordonné par le Coran :

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