DRAP VAR
Il existe des cas de salpingites métastatiques au cours d'infections générales ; on connaît également des cas de salpingo-ovarites d’origine intestinale ; la voie de pénétration des microbes est dans ces cas soit la voie sanguine, soit la voie de contiguité. Ces modes d'infection sont fort rares et le plus souvent l’infection se fait par la voie vaginale d’où le microbe remonte dans tout l'appareil génital. Dans l’immense majorité des cas cliniques, ce sont le gonocoque ou le streptocoque aidés ultérieurement d’associations microbiennes le plus souvent anaérobies qui sont les auteurs de l'infection de l’appareil génital. En pratique, les malades atteintes de salpingite souffrent toutes de métrite, et cela depuis un temps plus ou moins long; si elles sont soignées médicalement, ces malades sont améliorées mais elles gardent le plus souvent de la métrite chronique qui constitue un danger perpétuel de poussées d’annexite de plus en plus graves à mesure qu’ellles se produisent à nouveau.
On voit l’avantage qu’il y aurait au cours d’une opération pour lésions annexielles bi-latérales à agir sur la métrite chronique, puisque c’est d’elle que provient l'infection des trompes et des ovaires. Nous possédons aujourd’hui, grâce à l’hystérectomie fundique, le moyen d’agir sur la métrite chronique. È
Des travaux récents (Lecène) ont montré que Îles lésions d’endométrite même polypeuse étaient souvent prédominantes dans le fond de l’utérus, d’où l'intérêt considérable de pouvoir enlever cette source de poussées inflammatoires futures.
Indications de l’hystérectomie fundique.
L'hystérectomie fundique telle que nous venons de la définir nous semble s'appliquer tout spécialement
1° Aux annexites bi-latérales, kystiques et adhérentes, rebelles au traitement médical ;
2 Aux fibromes du fond de l’utérus non énucléables ;
3° Aux métrorragies graves dues à une endométrite hémorragique sans lésions annexielles inflammatoires ;
4° A certains cas plus rares, par exemple grossesse extrautérine, etc. et, d’une façon générale, les lésions inflammatoires étant bien refroidies à toutes les lésions qui nécessitent une hystérectomie par les méthodes classiques. Nous pensons toutefois que poser exactement les indications de cette méthode opératoire constitue une des parties les plus délicates de l'intervention.
Il est rare que l’on puisse, avant l'opération, décider de façon formelle que l’on va pratiquer une hystérectomie fundique. Deux facteurs seulement nous semblent à ce moment-là pouvoir influencer le chirurgien en faveur de l'hystérectomie fundique. L’âge de la malade et sa situation sociale.
1°. — L’äge de la malade.
Les opérations conservatrices, cela va de soi, n’ont leur raison d’être que pendant la période active de la vie génitale. À partir de 40 ans, l'approche de la ménopause physiologique enlève beaucoup de son intérêt à la conservation des fonctions de menstruation et de corrélation ovarienne. V. Bonney estime que l’on a tort de dire : « Elle a 40 ans et ses ovaires ne lui serviront plus », et il ajoute avec
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humour : « Quand vous appelez le plombier pour réparer un tuyau brisé, vous n’attendez pas de lui qu’il enlève toute la distribution d’eau sous prétexte que vous ne prendrez probablement jamais de bains ».
Nous pensons néanmoins qu'après 40 ans il n’y a pas intérêt à pratiquer l’hystérectomie fundique, et cela parce que : 1° les troubles produits par une ménopause anticipée sont d'autant moins sérieux que la malade approche davantage de la ménopause physiologique, et 2° parce que les risques inhérents à une hystérectomie fundique (opération plus délicate, possibilité d’avoir à intervenir à nouveau), pour faibles qu’ils soient, ne nous semblent plus contrebalancés par des avantages suffisants.
20, — La condition sociale de la malade.
Quant une malade appartenant à la classe ouvrière vient trouver un chirurgien, elle lui demande de la débarrasser de ses souffrances qui l’empêchent de travailler ; c’est là pour elle le point capital et cela se conçoit aisément ; or il ne semble pas que l’on puisse garantir à une femme à qui l’on fait une hystérectomie fundique qu’elle pourra se livrer à des travaux pénibles sans jamais souffrir; bien au contraire, plusieurs des malades qui ont fait l’objet des observations que nous rapportons nous ont dit qu’elles ne souffrent, légèrement d’ailleurs pour la plupart, que les jours où elles se sont particulièrement fatiguées. De plus, il semble que les troubles psychiques consécutifs à une castration prématurée sont plus rares et moins intenses chez les femmes qui travaillent et ont à se défendre dans la rude lutte pour la vie. Cela pourrait s’expliquer par le fait que leur émotivité est peut-être moins grande, que leur imagination dispose de moins de loisirs pour quelquefois vagabonder, et qu’enfin les soucis de leur vie génésique sont parfois relégués au second plan par les soucis de leur vie matérielle,