‹ L’Hystérectomie FundiqueChapitre 6 sur 15 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

L'intérêt des observations d’hystérectomie fundique résidant dans les résuitats un peu éloignés (au double point de vue de la guérison de l’affection pour laquelle on est intervenu, et de la conservation des règles), nous classons ci-dessous nos observations par ordre d'ancienneté en commençant par un résultat de plus de quatre ans jusqu’à des résultats malheureusement récents de trois ou quatre mois.

OBSERVATION N° 1 (Communiquée par M. le Professeur agrégé Papin.) Opérateur : M. Papin.

M" G.. est atteinte, à la suite d’un accouchement survenu il y a 8 ans et de 2 fausses-couches consécutives, de métroannexite évidente. Pendant des années elle a été soignée médicalement mais les douleurs pelviennes, loin de cesser, se sont accrues avec le temps et ont déterminé un état de neurasthénie et d’hypocondrie assez accentués. A l’examen, les lésions annexielles son nettes mais peu volumineuses. Etant donné ce pelit volume et d’autre part la tendance neurasthénique de la malade, j'hésite à intervenir. Mais le traitement médical que j'essaye n’a amené, au bout de quelques mois, aucune amélioration ; alors, comme les douleurs pelviennes sont très pénibles, que les lésions annexielles sont nettes, que l’étude de la malade semblent bien montrer qu’elles ont précédé chronolo-

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giquement les phénomènes nerveux, je décide d’opérer, mais avec l'intention de pratiquer, si les lésions s’y prêtent, une hystérectomie fundique.

Opération. — Elle a lieu en mai 1922. Le ventre ouvert, les annexes droites sont impossibles à conserver (trompes et ovaires très malades) ; à gauche, la trompe est également malade et oblitérée ; l’ovaire gauche est scléro-kystique, du volume d’un très gros marron. Je fais d’abord une résection partielle de l’ovaire gauche kystique, puis j’enlève en bloc les annexes droites, tout le fond utérin et la trompe gauche. Il reste done un fragment de l’ovaire gauche et un moignon de corps utérin qui est soigneusement refermé et péritonisé à l’aide du péritoine vésical.

Suites. — Guérison opératoire per primam.

Suites fonctionnelles. — Les règles ont réapparu le 6 juillet, elles sont de durée normale, aucun trouble vésical. En novembre 1922, la malade est revue: son aspect a tout à fait changé; elle ne souffre plus ou à peine, mêne une vie normale, active même, dont elle avait perdu l'habitude, et n’est plus le moins du monde neurasthénique. Depuis l'opération, les règles sont revenues tous les 24 ou 25 jours avec la même durée et presque la même abondance qu’autrefois.

Je la revois en 1925 et 1926. Les règles n’ont jamais manqué, sauf l’an dernier pendant deux mois, et cette malade se considérait tellement comme normale au point de vue génital que cette suppression lui fit penser qu’elle était enceinte : elle eut pendant ces deux mois des vomissements glaireux le matin et crut expulser au bout de ce temps un petit œuf ??? Depuis cette interruption passagère, les règles ont repris comme d'habitude. Le résultat, près de quatre ans après l’opération, s'affirme donc comme très bon, et la conservation de la menstruation due à l’hystérectomie fundique joue certainement un rôle important chez cette femme, de constitution psychique anxieuse,

A OQUES

(Service de M. le Professeur Bégouin.) Opérateur : M. Bégouin.

M": D..., 26 ans, ménagère, entre à l’hôpital le 1‘ août 1924 parce qu’elle souffre du bas-ventre et des reins. Le début remonte à 6 mois, en février 1923, à la suite d’un accouchement. La malade a des pertes blanches très abondantes; l’ensemble de ces troubles en font une demi-infirme.

Diagnostic clinique. — Métro-annexite post-partum; annexes douloureuses, non perceptibles.

Opération. — Le péritoine ouvert, on aperçoit un corps utérin gros, mou, flasque, en position à peu près normale. Les ovaires sont scléro-kystiques, inflammatoires; les trompes épaissies, oblitérées.

Devant ces lésions on décide, vu le jeune âge de la malade, de faire une hystérectomie fundique avec conservation de l’ovaire gauche. Après résection du fond utérin, on fait un curetage de la muqueuse et une application de teinture d’iode.

Suites. — Guérison per primam; sortie du service de M. le Professeur Bégouin le 24 août 1924.

Cette dame, revue par nous le 27 juin 1927, nous a dit qu’elle était réglée de façon régulière; toutefois, ses règles sont moins abondantes qu'avant l’opération. Etant de situation modeste, elle travaille à faire des ménages; ce travail la fatigue et elle souffre assez souvent de son bas-ventre; elle a remarqué que ces poussées douloureuses, d’ailleurs supportables, coïncidaient avec ses journées de plus grande fatigue. L'aspect général de cette opérée est très bon et elle ne présente aucun signe de ménopause anticipée.

OBSERVATION N°3 (Recueillie dans le Service de M. le Professeur Bégouin.) Opérateur : M. Bégouin.

M": R..., âgée de 24 ans, a été réglée à 16 ans. Règles très abondantes. Elle s’est mariée en janvier 1921 ; de juin au

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4 septembre, absence de règles ; on pense à une grossesse. Le 4 septembre, cette malade a de grosses pertes qui font croire à une fausse-couche ? De septembre 1921 à juillet 1922, suppression totale des règles. Traitement au Gynocrinol (24 piqûres en un an). Les règles réapparaissent tous les deux ou trois mois. Cette malade fait une saison à Salies-de-Béarn. A 12 ans, cette dame a eu une crise d’appendicite soignée médicalement. En 1913, elle a fait une pleurésie (durée 18 mois). Vers le mois de mai 1921, elle a eu des douleurs dans la fosse iliaque droite ; son médecin diagnostique une appendicite. Depuis, elle souffre toujours du côté droit du ventre : pas de vomissements, pas de dyspnée, pas de constipation, n’a pas maigri.

Examen clinique. — Douleur au point de Mac Burney, gros ovaire sensible à droite; corps utérin repoussé à gauche.

Diagnostic clinique. — Double pyosalpinx.

Opération. — En décembre 1924, on décide de pratiquer si c’est possible une hystérectomie fundique avec conservation de tout ou partie de l’ovaire gauche.

Après incision de la paroi, on voit un double pyosalpinx, gros comme un très petit doigt, à gauche, du volume d’une très grosse racine, du pouce, à droite. Le pus, qui ne semble pas tuberculeux, est envoyé au laboratoire. Appendicectomie complémentaire d’un appendice qui semble sain macroscopiquement. Drain sus-pubien. Le laboratoire fait savoir que le pus est de nature indéterminée, probablement tuberculeux.

Suites, — Guérison après poussée de légère pelvi-péritonite. En mars 1924 : les règles de janvier, février, mars, sont revenues fort régulièrement, mais peu abondantes. Très bon état général ; la malade, qui a engraissé, a un bon teint et ne souffre plus.

En avril 1927 : l’opérée se porte très bien ef continue a être réglée régulièrement de façon peu abondante. Elle ne présente aucun signe de ménopause anticipée.

ans

OBSERVATION N° 4 (Due à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Papin.) Opérateur : M. Papin. |

M"° R.., âgée de 25 ans, entre à l’hôpital le 2 janvier 1925 parce qu’elle souffre du bas-ventre depuis deux ans et a présenté des pertes jaune sale.

Début le 5 janvier 1923. Elle a été d’abord soignée au moyen d’ovules médicamenteux et d’injections antiseptiques. Depuis deux ans, la malade se plaint de crises douloureuses continuelles exacerbées par la marche, la fatigue, et la forçant à interrompre son service de femme de chambre le 27 mai 1924. A ce moment, elle a depuis 5 mois des pertes blanc jaunâtre assez peu abondantes et irrégulières. Le 24 décembre 1925, crise très douloureuse avec douleurs très vives dans le basventre et la région lombaire; pertes plus abondantes qu’auparavant et, pour la première fois, état fébrile. La malade s’alite et est traitée au moyen de cataplasmes laudanisés. Elle entre à l’hôpital ie 2 janvier 1925. Les pertes ont cessé depuis le 28 décembre et les douleurs ont bien diminué d'intensité. A son arrivée à l’hôpital, la malade a 38° de température. Elle est traitée par la glace sur la région annexielle droite, mais elle ne peut pas la supporter. La température tombe au bout de 24 heures. Depuis, injections de permanganate et repos au lit.

Examen clinique. — Ta palpation de la région abdominale provoque une douleur assez vive aux deux points ovariens, surtout à droite et au point de Mac Burney. Le toucher montre un utérus antéfléchi, le corps est augmenté de volume. Annexes à peine augmentées de volume, mais douloureuses à la pression et à la mobilisation.

* Diagnostic clinique. — Métro-annexite sans gros signes physiques. Etant donné que le traitement médical pratiqué depuis plus d’un an n’a pas donné de résultats appréciables, on décide de pratiquer, en raison de l’âge de la malade, une opération conservatrice ; l’hystérectomie fundique si possible.

Opération. — Le 12 janvier 1925, après laparotomie médiane, on voit que tout le petit bassin a des adhérences de

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pelvi-péritonite ; double salpingite évidente, plus marquée à droite. Le fond de l’utérus, légèrement adhérent à l'intestin, est rouge, congestionné et recouvert de voiles rouges de pelvipéritonite. On décide de faire une hystérectomie fundique, qui enlève : ;

1° Toutes les annexes droites, les plus malades ;

2° Le fond utérin ;

3° La trompe gauche.

Il reste un moignon de corps utérin qui est enfoui sous le péritoine vésical, et l’ovaire gauche dont une partie a été d’ailleurs réséquée. L'opération s’est poursuivie dans un petit bassin qui semble en poussée encore récente de pelvi-péritonite. C’est pourquoi on ne fait pas d’appendicectomie complémentaire.

Suites. — Guérison per primam; la malade est sortie de la clinique le 8 février 1926.

Il nous a été donné de revoir cette dame le 25 juin 1927. Elle nous a dit qu’elle avait eu ses premières règles le 28 janvier 1925, c’est-à-dire 16 jours après son opération ; depuis, elle est régulièrement réglée ; ses règles sont moins abondantes qu’autrefois; de plus, deux jours avant leur venue, elle souffre de la région ovarienne; cette douleur est calmée par le flux sanguin.

Par ailleurs elle est très bien et se félicite hautement du résultat de son opération; elle peut faire son métier de domestique. Quant elle a fait des travaux particulièrement pénibles, elle ressent simplement un peu de pesanteur de son basventre, mais un peu de repos la guérit. Avant son opération elle était chroniquement constipée ; depuis, elle ne l’est plus. Cette dame ne ressent aucun trouble de ménopause anticipée.

OBSERVATION N° 5 (Due à l’obligeance de M. le Professeur Bégouin.) Opérateur : M. Bégouin.

M"*° A... a eu un enfant et trois fausses-couches. Elle est

âgée de 34 ans. Depuis 5 ou 6 ans cette dame souffre du basventre et à droite, mais très énergique ne s’arrête jamais et ne

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s’alite pas. Elle a fait plusieurs saisons à Saint-Sauveur qui ne la soulagent que momentanément. Règles abondantes, bon état général, mais la malade est lasse de souffrir.

Diagnostic clinique. -— Annexite droite et appendicite probable.

Opération. — L'intervention a lieu le 13 février 1924. On

pratique une hystérectomie fundique avec conservation du tiers de l’ovaire gauche. Ablation du fond utérin qui est très gros; de plus, curetage de la muqueuse très exubérante. À ppendicectomie complémentaire.

Avant l’opération on pensait à un pyosalpinx droit et rien à gauche; or, on a trouvé un gros corps utérin brun et jaune avec de l’ovarite scléro-kystique bi-latérale aussi marquée à gauche qu’à droite, mais non douloureuse à gauche.

Suites. —- À sa sortie de la Maison de Santé, cette dame n’a pas pu se reposer. Revue le 29 avril 1924, elle souffre beaucoup moins qu'avant l’opération, cependant elle se plaint encore de la région annexielle droite (adhérences); la région annexielle gauche est indolente, mais l’ovaire est gros comme un œuf de dinde. Vue à nouveau en juillet 1924, la malade se plaint dans tout le côté droit du ventre, à la fosse iliaque et à la cuisse :

1° D’une chaleur constante ; 2° d’élancements assez fré- . quents.

A l’examen, la malade est pâle, fatiguée, et localement l’utérus reste en antéflexion; il est gros et douloureux à la pression et à la mobilisation.

En juillet 1925, la malade est réglée de façon régulière; elle. ne souffre plus dans ses rapports conjugaux, ni à la mobilisation qui est facile. A Ia palpation, on ne ferait pas le diagnostic d’hystérectomie fundique ; l’utérus semble de volume normal. Toutefois cette opérée se plaint toujours du côté droit. En effet, tout le cœcum est douloureux à la pression.

En mai 1926, la malade souffre toujours et assez vivement de sa fosse iliaque droite. A l’examen direct, on détermine de la douleur au niveau du cœcum ; quant à l’utérus et aux annexes, mobilité et indolence parfaites. Cette dame n’a pas de troubles de ménopause anticipée et sa menstruation est normale,

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