OBSERVATION N
(Due à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Papin.) Opérateur : M. Papin.
M"*° D..., âgée de 30 ans, vient consulter le 25 janvier 1925 parce que depuis son premier accouchement, il y a 6 ou 7 ans, elle souffre du bas-ventre et des reins; ses douleurs sont exacerbées par la marche, les travaux pénibles et les rapports. Il y a un an, elle a eu un second accouchement.
A l'examen, on constate que cette malade a un périnée nettement insuffisant et, de plus, elle a des signes formels d’annexite gauche importants.
On lui conseille une cure à Saint-Sauveur, tout en lui faisant remarquer que si cette cure ne suffit pas il lui faudra se faire opérer. Onze jours après c’est-à-dire le 6 février, la malade revient en disant que puisque la cure thermale ne la guérira pas de façon certaine, elle préfère se faire opérer et être une fois pour toutes débarrassée de ses souffrances qui lui rendent la vie impossible. Avant l’opération, on avertit la malade qu’on devra probablement lui faire une hystérectomie totale qu’elle accepte; toutefois, si la chose est Pl on ne fera qu’une opération conservatrice.
Opération. — L'opération a lieu le 8 février 1926. On fait d’abord une colpo-périnéorraphie. Ensuite on pratique une laparotomie et l’on voit un gros utérus très rétrofléchi, marbré, présentant bien les caractères d’un utérus anciennement infecté ; les deux trompes sont saines, à pavillon ouvert. Les deux ovaires sont scléro-kystiques, surtout le gauche, qui est très gros et très altéré. Le droit, à la rigueur, est presque normal. Vu l’âge de la malade, on décide de faire une hystérectomie fundique en conservant l’ovaire droit. Le moignon utérin est péritonisé au moyen du péritoine vésical, puis il est fixé aux ligaments ronds ou du moins à ce qui en reste. Appendicectomie complémentaire.
Suites. — Guérison per primam. Les résultats fonctionnels éloignés sont très bons, la menstruation est conservée et la malade ne souffre d’aucun malaise de ménopause anticipée.
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Revue plus d’un an après, cette malade mêne une existence très active; elle fait de l’auto, ne souffre plus du bas-ventre et est heureuse de la conservation de ses règles.
(Prise dans le Service de M. le Professeur Bégouin.)
Opérateur: M. Bégouin.
M'"° L.…, couturière, âgée de 23 ans, entre à l’hôpital le 26 octobre 1923 parce qu’elle souffre du bas-ventre. Il y a 5 ans, à la suite d’un accouchement, elle fait une poussée de température, ce qui nécessite un curage digital. Un an après, elle fait une crise douloureuse du bas-ventre nécessitant un repos au lit de 1 mois à. En 1921, nouvelle crise, présentant les mêmes caractères. En 1922, crise plus marquée que la précédente avec vomissements. En 1923, crise légère. Entre
les crises, la malade jouissait d’une bonne santé. Diagnostic clinique. — Annexite.
Opération. — Le 1” novembre 1923, après laparotomie, on voit un ovaire gauche petit, ratatiné, adhérent; l’ovaire droit renferme un kyste hématique, il ne semble pas trop malade. On décide de pratiquer une hystérectomie fundique. On conserve le tiers inférieur de lutérus et le tiers environ de l’ovaire droit; on fait de plus un curetage de la muqueuse utérine conservée. Appendicectomie complémentaire.
Suites. — Guérison per primam. La malade est sortie de l’hôpital le 23 novembre 1923.
Il nous a été impossible de rejoindre cette ancienne opérée. Toutefois, sa mère nous a dit que durant l’année qu’elle a passé auprès d’elle après son opération, sa fille a été régulièrement réglée; ses règles étaient un peu douloureuses et diminuées d'importance. Par ailleurs, elle ne présentait aucun signe de ménopause anticipée et ne se plaignait de rien.
= doue—
(Due à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Papin.)
Opérateur : M. Papin.
M'* T.., 27 ans, vient consulter le 9 janvier 1926 pour des pertes de sang noirâtres qu’elle a dans l'intervalle des règles et dont l'abondance la gêne beaucoup. Ges pertes ont commencé presque depuis qu’elle est réglée et se reproduisent chaque mois dans l'intervalle des règles normales. C’est du sang très noir que la malade compare à de l’encre. Aucun traitement n’a jamais pu faire disparaître ces pertes qui durent actuellement une huitaine de jours dans l'intervalle de chaque période menstruelle. Pas de douleurs, pas d'infection génitale, pas d’accouchement ni de fausse-couche. A l’examen, il semble qu’on sente sur le côté gauche de l’utérus une petite tumeur, soit annexite, soit fibrome. Le traitement ordonné n’ayant apporté aucune modification, on pense que le petit fibrome constaté doit s'accompagner de fibrome sous-muqueux du fond, et on décide une laparotomie.
Opération. — Celle-ci est pratiquée fin janvier 1926 : ïl existe bien une tumeur latéro-utérine gauche, maïs celle-ci est formée par un second corps utérin qui vient se réunir au premier au niveau de l’isthme, Les annexes à droite et à gauche sont saines; on enlève les annexes gauches et Te corps utérin gauche et on fait une hystérectomie fundique de l’autre corps utérin en supprimant aussi la trompe droite.
Suites. — Guérison sans incident. La malade est revue plusieurs mois après l’opération. Il existe encore quelques pertes noirâtres dans l’intervalle des règles, mais elles ont consiäérablement diminué et la malade se trouve bien mieux. On lui propose une hystérectomie totale si la gêne s’accentue. La malade n’a pas été revue depuis; il est permis d’en conclure qu’elle se trouve bien. Aucun trouble de ménopause anticipée.