ARE TES
(Due à l’obligeance de M. le Professeur agrégé Papin.) Opérateur : M. Papin.
M"* L.., 26 ans, est une jeune femme n’ayant eu ni enfant, ni fausse-couche ; elle souffre du bas-ventre à droite depuis près de deux ans. Il y a six mois, on constatait une tuméfaction para-utérine droite du volume d'une mandarine, douloureuse, et qui semble être évidemment une annexite droite. Point appendiculaire très net.
On a attendu pour opérer, étant donné l’âge de la malade, bien que les symptômes datent de près de deux ans. En décembre, la malade continuant à souffrir et les symptômes physiques ayant le même volume malgré les traitements suivis, on intervient.
Opération. — Le 2 décembre 1926, après anesthésie au Scleich, on constate qu’il existe une adhérence importante de l’épiploon sur la face antérieure de l’utérus et sur le péritoine vésical qui semblent témoigner d’une infection encore récente. Après libération, la tumeur sentie apparaît être une tumeur utérine développée au niveau de la corne droite de celui-ci. La trompe droite est à peu près saine, mais l’ovaire droit présente un gros kyste hématique. Annexes gauches saines. On décide alors, à cause de l’âge de la malade, de faire simplement une hystérectomie fundique qui enlève les annexes droites, la partie supérieure de l’utérus avec le fibrome et la trompe gauche. Il reste l’ovaire gauche sain et un moignon de corps utérin qui est suturé et enfoui sous le péritoine vésical. Appendicectomie complémentaire d’un appendice macroscopiquement sain.
Suites. — Guérison sans incident. Cette dame a été revue par son médecin le 22 juin 1927; elle a eu ses premières règles un mois et demi après l'opération, en janvier 1927; depuis, ses règles se sont montrées à chaque époque régulièrement; elles ne sont pas aussi pénibles qu'avant l'intervention et n’obligent plus cette dame à s’aliter; elles durent de 4 à 5 jours et sont d'intensité moyenne. Cette dame n’a jamais présenté aucun
des troubles qui accompagnent ordinairement les hystérectomies; aussi est-elle heureuse de son sort en le comparant à celui d’autres opérées qui souffrent de troubles de ménopause anticipée.
OBSERVATION N° 10 (Service de M. le Professeur Bégouin.) Opérateur : M. Bégouin.
M”° C.., âgée de 34 ans, entre à l’hôpital le 3 janvier 1927 parce qu’elle souffre du bas-ventre et a eu une métrorragie.
Le début remonte à il y a 4 ans à la suite d’une grossesse. Trois semaines après un accouchement normal, en janvier 1923, épisode aigu caractérisé par un ventre ballonné, des pertes fétides, de la température, et des vomissements.
Traitement. — Repos, glace sur le ventre, injections ; la malade garde le lit dix mois avant de reprendre son métier. Ultérieurement elle a des règles d’abondance et de durée constantes, mais elle souffre pendant les deux jours qui précèdent ses règles. En décembre 1923 : métrorragie sans fièvre ni douleur, nécessitant un repos de 4 à 5 mois après hospitalisation au Tondu. Par la suite, les règles se montrent irrégulières comme date d’apparition ; des pertes bianches apparaissent. Toutefois, la malade peut faire son service sans souffrir de son bas-ventre. Bon état général, appétit conservé, pas de modification du caractère. En décembre 1926 : nouvelle métrorragie durant 15 jours et s’accompagnant de douleurs dans le basventre qui décide la malade à entrer à l’hôpital.
Examen clinique. — Col utérin normal, corps douloureux à la pression non augmenté de volume, un peu en latéro-position gauche, fixé à gauche. Annexes gauches non augmentées de volume mais fixées. Annexes droites non augmentées de volume mais douloureuses à la pression, semblant fixées.
Diagnostic clinique. — Métro-annexite.
On décide de faire une hystérectomie fundique si du moins les lésions le permettent. Le 7 janvier 1927, laparotomie