‹ Liber memorialisChapitre 10 sur 336 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

tait plus comme le faisceau un et indivisible de toutes les forces sociales ; où la puissance publique, lacérée en mille fragments, comptait autant de représentants que de propriétaires de ses lambeaux ; où les privilèges réguliers, inféodés à titre héréditaire, étaient disséminés cà et là suivant les bigarrures les plus diverses et les caprices les plus bizarres, il était tout au moins logique que FEglise conservât, comme son patrimoine exclusif, les écoles dans lesquelles venaient se former tous ceux qui aspiraient au titre de clerc et composaient son immense milice » (^).

Or, à Liège, il arriva que le pouvoir temporel échut aux chefs du diocèse. L'Etat s*y trouva donc maître de l'enseignement, par cela même que l'enseignement relevait du clergé. Aux X"" et XP siècles, aucune circonstance n'aurait pu favoriser plus efficacement le progrès des études ; plus tard, ce même régime devait l'enrayer et même y être hostile. A ce point de vue, l'histoire de l'instruction publique à Liège est exceptionnellement instructive : elle fïiit apprécier ce qu'il en coûte à une nation de rester trop longtemps en tutelle.

Berceau des Garlovingiens, notre pays fut toujours, de la part de leur plus illustre représentant, l'objet d'une affection vraiment filiale (*). Une lettre adressée à l'évéque Gerbalde (Garibaldus) témoigne de l'intérêt que portait Gharlemagne à la bonne éducation du clergé liégeois. Il est certain que, dès son temps, des écoles furent érigées à côté de la cathédrale de St-Lambert; mais somme toute, si elles répondirent jamais à l'attente du régénérateur des études, leur éclat fut singulièrement éphémère. L'évéque Francon de Tongres essaya do les relever : forcé de prendre l'épée pour combattre les pillards normands, il n'eut pas le temps d'achever son œuvre. Le règne d'Eracle fut au contraire le point de départ d'une ère brillante. Eracle trouva les clercs plongés dans une ignorance profonde et n'ayant nul moyen d'en sortir : il prit pour type de ses réformes la célèbre école de St-Hartin de Tours, qui avait possédé Alcuin, fit venir de l'étranger, à grands fhiis, les professeurs les plus distingués, et s'appliqua tout à la fois à fortifier les études ecclésiastiques

( * ; TropIODg, Dm pouvoir de VÊiat sur l'enseignement, Paris, 4844, in-8*, p. 58.

( ' ) Sar l'histoire des sncionnes écoles de Liëge, on peat coosulter Crahbr, Getch, der Eniehung vnd dee Unterrichu in den Niederlànden, Slrelsand, 4843, in-S»; Stallaeri et Valider Haeghen, De Cimtr, publique au moyen-âge, Brax., 4854, in-8<>, et Lebon, Hist, de f enseignement populaire en Belgique, Bmx., 4869« iD-8<>.

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