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VIII INTRODUCTION

et à y rattacher renseignement des lettres et des sciences ('). Ce que Tours était pour la France, ce que Fulde était pour rAlIemagne, Liège le devint bientôt pour les contrées intermédiaires. L'école de St-Lambert s'éleva même au premier rang (*) sous Notger (997-1008), qui y importa les traditions savantes de son couvent de St-Gall et en fit une pépinière de professeurs : la France, la Germanie et jusqu'aux pays slaves en ressentirent l'influence. Pour la première fois, des cours spéciaux furent institués à Fusage des laïcs et l'instruction se donna en langue vulgaire ('). Notger enseigna lui-même; son activité politique et militaire ne lui laissa jamais oublier ses chers élèves : dans ses excursions, si longues qu'elles fussent, il en emmenait toujours quelques-uns avec lui ; leurs études achevées, il restait leur ami et leur protecteur dévoué ; il était leur hôte affectueux, comme celui des lettrés étrangers qui affluaient à sa cour. Par contre, il tenait à recueillir je fruit de ses efforts. « Hubold, chanoine de notre cathédrale, après avoir enseigné à Paris et avoir formé, en peu de temps, une foule de disciples, fut, sous peine (Texcommunicatianj obligé de venir professer dans sa patrie : Notger ne voulait pas laisser perdre pour elle des talents qui devaient l'enorgueillir » (^ ).

Wazon, monté sur le trône épiscopal en 1042, resta fidèle aux traditions de ses prédécesseurs. On lui doit, entr'autres, la fondation de l'école de St-Barthélemy, où se distingua plus tard Âlgerus, l'adversaire de Bérenger de Tours. Le zèle de Wazon était sans bornes : non seulement il voulut que l'enseignement fût gratuit à St-Lambert, mais il fournit des éléments de subsistance aux étudiants pauvres. Il visitait assidûment les classes, interrogeait sur les Ecritures saintes les élèves avancés, les plus jeunes sur Donat et Priscien, engageait volontiers des discussions avec les uns et les autres et professsait la maxime : que mieux vaut être vaincu rationnellement que vaincre arbitrairement. Âdelman, célèbre avant Âlgerus par ses écrits sur

( * ) Tout le pays se couvrit d'écoles -. les maîtres faisant défaut , Eracle imagina un système qui ressemble beaucoup k notre enseignement mutuel, — Eracle était un de« hommes les plus instruits de son temps ; il connaissait les auteurs anciens et les citait volontiers ; on vante en outre ses connaissances en mathématiques et en astronomie.

(*) Leodium, Lolbaringise civitas, studiis etiam litterariis prœ cœteris famosa^ dit Tabbé d'Ursperg.

( ' ) Vulgari pkhem, clerum scrmone laiino

Erudit et satiat, magnà dulcedine verbi,

Lac teneris prsebens, solidamque valentibus escam.

(*) De Villenfagno, Rech. sur thist, de Liège, Liège, 4817, in-8o, t. Il, p. 207.

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