‹ Liber memorialisChapitre 129 sur 336 · LAV · texte numérisé non relu

LAV

vaient les précieux manuscrits d'ErnsI, curé (VAfden, l'un des auteurs de Y Art de vérifier les dates. Une copie de l*un de ces documents inédits, étant tombée entre les mains du baron de Reiffenberg (v. ce nom), celui-ci ne fit nulle difficulté de la publier sous son propre nom, ce qui fit grand scandale en 1857, quand M. Lavalleye édita lui-même le Mémoire sur les comtes de Louvain d'après Tautographe du véritable auteiir (▼. la France littéraire, de Quérard, t. XII). M. Lavalleye a mis successivement au Jour les principaux travaux d'Emst. notamment VHistoire du duché de Limbaurg, qu*il a enrichie de commentaires et de dissertations intéressantes sur des questions spéciales. Les premières productions de sa plume attirèrent l'attention du gouvernement, avant qu'il put mettre la dernière main aux ouvrages qui ont surtout contribué à sa notoriété. 11 fut attaché à TUniversité de iJége lors de la réorganisation de 1855 (sa nomination date du mois de novembre), chargé des cours d'histoire de Liège et d'histoire du duché de Limbourg. Le professeur Fuss ayant délaissé le cours d'archéologie , Il fit également quelques leçons sur ce sujet pendant l'hiver de 1842. L'année suivante, il donna sa démission, séjourna qiielque temps en France et revint définitivement au pays, pour s'y renfermer dans une retraite studieuse.

Il a donné, pendant plusieurs années, à l'Académie des beaux-arts de Liège, un cours spécial d'archéologie. — M. Lavalleye est membre de plusieurs Sociétés savantes de Liège, du Limbourg, du Luxembourg grand-ducal, etc. —Voici la liste de ses principales publications.

4* Notice sur le Pont-des- Arches, Gand, 1854, in-S» (2« édition,. Liège, in-18),

Extr. du Messager des Arts, etc. de Gand.

2® Mémoire sur les comtes de Durbuy et de La Roche, par M. S. P. Ernst, curé d'Afden (Edition annotée). Liège, 1836, in-8«.

y Mémoire sur les comtes de Louvain jusqu'à Godefroid' le -Barbu, ouvrage posthume du même auteur (Edition annotée). Liège, 1857, in-8''.

Qaelqaes passages de cet opnacoleavaient déjà figuré dans VÀrt de vérifier les dates. L'édition du baron de ReiSeoberg se trouve dans le t. fil des Nouveltes archives historiques dis Pays Bas, c Ui, dit M. Lavalleye, » cet écrivain a fait preuve de meilleure foi » que dans le livre qu'il a donné soos le titre » de : Supplément à fart de vérifier 'es dûtes 9 et aux divers recueils diplomatiques, inséré 9 dans le t. VIII des Mémoires de l'Académie

> de Bruxelles ; il dit en note que ce Mémoire » est tiré des papiers de M. Ernst. Cette in- » dication n'est pas tout-à-fait eiacte, et » pourrait (aire croire que notre savant Au- » gustin avait laissé quelques notas éparses, » quelques documents en lambeaux, quo M. » de ReiflTeiiberg se serait donné la peine de

> class^er et de coordonner ; mais que le pu- » blic se détrompe: le Mémoire sur les comtes » de Louvain était écrit tel qae je l'olTre ici, » et le seul travail qu'ail pu faire M. de Reif*

> fenberg est une copie plus fidèle et plus » propre que celle qui existe. »

4® Histoire du Limbourg , suivie de celle des Comtés de Daelhem et de Fauquemont et des annales de l'abbaye de Itolduc, par Ernst, curé d'Afden.

Liège, 1857-1852, 7 volumes in-8^

Edition annotée, avec des Mémoires supplémentaires sur diverses questions (sur la calamine, sur l'origine de la bouille, etc.). Le L VI, publié en 1840, contient le i'odex diplomaticuH Valkenburgensis et le Codex diptomaticuji Limttunjensis ; le t. VU (1859) est consacré aux Annales Rodenses (il doit être complété).

5** Petite dissertation sur les chanoines de St-Lambert en 1151, par E. L. A.

A. L. U. 0. L. (Ed. Lavalleye, agrégé à l'Université de Liège, 1859, in-8«.

0° Notice sur le Passage-Lemonnier, à Liège (Messager des arts, etc. de Gand, 1859).

7** Notice sur Véglise St-Nicolas en Glain, lez-Liège (Ibid,, 1859, avec une pi. représentant les ruines de cet intéressant monument de l'époque romane).

8"* Ruines d'un vieux cloître à Liège (Ibid., 184G).

9^ Histoire de la Fête-Dieu, Liège, 1846, un vol. in-l2«>.

Publié à l'occasion du 6« jubilé séculaire de l'Institution due à S>«-JuUenne de Rétinnc. — Nous croyons savoir que la réimpression de l'ouvrage du P. Rerlholet sur la Fête-Dieu (Liège, Oudart, 1846) est également due au zèle de M. Lavalleye.

' SAI

10» Relation du sixième jubilé de la Fête-Dieu, Liège, 4846, in-42».

11° Le vieux Liège, ses monuments religieux et civils, etc., revue rétrospective publiée au profit de la Société de St'Vincent de Paul. Liège, 1857, in-12.

D'après un maoaftorit attribué à Henri Vandenberg. C'est le tableau de Liège en 1612 (avec commentaires, eto ). — Publié d'abord dans la Gazette de Uége,

i^o £c0ig ^ musique à Liège (Bull, de [Institut archéolog, liégeois, t. IV,

IS^" LesHamaLUé^e, I860,ln-12^

Extrait de V Annuaire de la Société d'Émulation pour 1860. — Étude sur une famille de musiciens liégeois.

14** Une perle archéologique, Liège, in-8^

15° Notice sur Véglise St-Jacques (de Liège). Liège, in-4°.

Avec planches (mesures et dessins de M. l'architecte Delsaux).

16** Notice sur Véglise Notre-Dame de Huy, Liège, 1854, un vol. in-tolio.

Monographie accompagnée de nombreuses planches (me;(ures et dessins do M. l'architecte Vierael-Godin).

17° Une quaiiiitè d articules de journaux {McHsafjer des art h, etc., de Gaud ; Gazette de Liège , etc.) et plusieurs notices dans la Biographie universelle,

fitainto-op»iivo (Ch.-Augustin), né le 2 nivôse an Xlll (23 décembre 1804) à Boulogne-sur-Mer, a èié deux fois, ^ dix-sept années de distance, nommé professeur de littérature française ^

(* j La première nomination de M. Sainte- Beuve comme professeur ordinaire de littérature française (comparée ou générale) porte la signature du Régent et la date du 31 mai 1831. Le 10 juin suivant, le nouveau titulaire notifia son acceptation ; le 4 septembre, il pria le gouvernement d'agréer sa dt^mission Mapp, de Al. Nothomb sur Cens, »up, en Belgique, t. I, p. CXVI.

( * : Serait-il resté longtemps fidèle à cette résolution? 11 est permis d'en douter, en présence de la déclaration suivante, que nous lisons dans la préface des Causeries du lundi : < i'étais revenu k Paris au mois de

lUoiversité de Liège ( * ). Il n*a guère passé plus de douze mois en Belgique; cependant peu s*en est fallu , nous le savons de bonne source, qu'il ne fixât chez nous sa destinée et qu*il n*y plantât sa tente, au moins pour quelques années (*), ainsi que Teût désiré M. Charles Rogier, ministre de rintèrieur en 1848.

— On n'attendra de nous ni une étude tant soi peu complète sur le prince des critiques français, ni même une rapide analyse de ses travaux littéraires. Ses œuvres sont dans toutes les mains; il figure dans nos bibliothèques au rang des dieux lares; nous en dirions trop pour un public qui le connaît, trop peu pour rendre dignement hommage à ses talents ; enfin, pour atteindre la juste mesure, en supposant que nous en fussions capable, il nous faudrait dépasser de beaucoup les limites du cadre où notre mission nous oblige de nous renfermer. On ne rencontre pas un tel maître sur son chemin, évidemment, sans le saluer au passage; mais la convenance est parfois dans la discrétion, plutôt que dans la longueur des harangues. Donc, traitons M. Sainte-Beuve comme un simple mortel, bien qu'il soit l'un des Quarante, et faisons scrupuleuse l>ebOgtie de fidèle narrateur, nous al. aciiaiu surtout à enregistrer des faits, laissant à d'autres le soin d'en tirer parti.

On a quelquefois voulu rattacher l'historien du jansénisme au docteur en théologie Jacques de Sainte-Beuve ('), qui perdit sa chaire de Sorbonne pour avoir refusé de souscrire à la censure contre Ârnauld (*). Ce point a été touché dans la dernière édition de Port-Royal, donnée en 1867, an tome IV, pag. 564.

septembre 1849, quittant la Belgique et Liège, où j'étais aUé être professeur un an. // me semble quelquefois qu'il serait bon pour Cesprit de faire tous les ans une chose nouvelle, et de le traiter comme les terres, quon ensemence tantôt dune façon tantôt d'une autre, »

(>) Né k Paris en 1613, mort en 166». Ses œuvres ont été recueillies et publiées par son frère Jérôme, connu sous le nom de Prieur de Sainte- *feuve.

( * ) 11 revint plus tard à d'autres sentiments et adbéra au formulaire d'Alexandre

SAÎ

Le ftft est que M. Sâiate-Beuve n'a rien de certain sur cette parenté : il n'en sait absolument rien. Au surplus, peu importe: il n*y aurait là qn*uii rapprochement plus ou moins piquaht, et la couronne de notre contemporain n'en compterait pas un fleuron de plus.

son père, contrôleur principal des droits réunis de l'arrondissement et directeur de i'octroi de Boulogne, s*était marié en f 804 et était mort même année, six semaines atant la naissance de Cliaries-Angustin. L'enfant fut élevé par sa mère ('), de concert avec une belle-sceiur (■). Né dans l'honnête bourgeoisie, mais dans la pins modeste des conditions, il acheva toutes ses classes k Boulogne, y compris la rhétorique, dans la pension laïque de M. Blériot, soDs un bon humaniste, natif de Montdidler, appelé M. Clouët. Ayant achevé sa rhétorique à treize ans et demi, il aspirait ft venir à Paris recommencer en partie et fortifier ses études. Le fils unique n'eut pas de peine à décider sa mère, toute dévouée à son avenir.

Charles-Augustin arriva donc dans la capitale en septembre 1818, entra aussitôt à l'institution Landry, rue de la Cerisaie, au Marais, et suivit les cours du Collège Charlemagne, à partir de la troisième. Dès la première année, an concours général de 1819, il obtint le premier prix d'histoire (l'histoire était one Faculté tout nouvellement introduite dans les Collèges). En 1821 , rinstitution de M. Landry ayant changé de quartier et s'étant transportée rue Blanche (Chaussée d'Antin), le Jeune Sainte-Beuve fréquenta le Collège Bourbon, où il fit sa rhétorique et sa philosophie, ainsi que des mathématiques.

11 obtint, au concours de 1822, le premier prix de vers latins , parmi les vétérans. On le voit ensuite se livrer à des étodes de science et de médecine ; il cominaa ces dernières jusqu'en 1827, c'est-à-dire pendaht près de quatre ans. Il fit pendant une année le service d'ex* terne à l'hôpital Safait-Louis, et en général il profita beaucoup de tout l'enseignement médical, anatomiqne et

physiologique, à cette date. Déjà, dit l'un de ses biographes, « tous les démons de la littérature lui avaient soufflé dans le cœur la passion d'écrire » :

mais... /irimàm vivere, deindè philosopkari. n poursuivit courageusement un but professionnel Jusqu'au jour où l'accueil fait à ses premiers essais l'entraina irrésistiblement à quitter, une fois pour toutes, le scalpel pour la plume.

La nature et l'étendue des connaissances acquises influent moins sur le développement du talent et sur la qualité même de l'érudition, que la manière dont on a été amené à les acquériir On a fait remarquer plus d'une fois, et, croyons-nous fort à propos, que l'habitude de l'analyse et la pratique de l'observation physiologique ont puissamment contribué à imprimer à la critique de M. Sainte-Beuve le cachet tout particulier qui la distingue.

La lecture assidue des œuvres des encyclopédistes, surtout des pages brûlantes de leur grand artiste, Diderot ; l'influence de la méthode condillacienne; la circonstance, enfin, qu'un esprit naturellement poétique et rêveur s'est trouvé, au moment de prendre son élan, forcé par raison de chercher, dans les faits extérieurs, l'image de cette Minerve qui était tout armée dans son cerveau et avec laquelle il eût voulu directement converser, tout cela y a été aussi pour quelque chose, et, en présence de tout cela, l'écho inattendu de la note nouvelle que le romantisme commençait à faire vibrer et qui renversait les vieilles murailles, comme la trompette de Jéricho. La tête du jeune homme bouillonnait ; tiraillé en sens divers, entre la froide et patiente dissection et l'inspiration sentimentale» poète intime fourvoyé dans la clinique, M. S*«- Beuve nous fait penser involontairement au bronze de Corinthe, dont un mélange d'éléments incompatibles en apparence, mais fortuitement bien proportionnés, a composé un métal sui generis des plus précieux. Nous expliquerions de la sorte ses enthousiasmes successifs,

( * ) W^ SaîDte-Beuve était fille d'un marin de Boulogne et d'une Angliisp.

(*) Une sœur do père.

Page 1