‹ Liber memorialisChapitre 161 sur 336 · NAM · texte numérisé non relu

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du jury iniemational de l'Exposition universelle de Paris, pabliés soas ta direction de M. Michel Chevalier.

52« Flore exotique qu'il convient de cultiver dans les serres d'un jardin botanique, par M. Adalbert Schnizlein, directenr du Jardin botanique d*Erlangen. Edition française, publiée par M. Ed. Morren. Gand, 1867, in-8.

Extr. du Bulietin de la Fédération^ etc. (no 49), vol. de i866, p. 333 et suiv.

55<» Auguste Roger^ sa vie et ses œuvres. Gand, 1867, in-8<» (avec port).

£xtr. du même Bull., vol. de i867, p. i07 et suiv.

54<^ Seconde notice sur la duplication des fleurs et la panachure du feuillage, à propos du Camellia japonica L. var.

François Wiot. Gand, 4868, in-S» avec une pi.

^'^ Marie^Anne Libert, deMalmedy, sa vie et ses œuvres. Gand, 1868, in-8, (avec portrait).

Extr. de la Belgique horUeoki p. V, 4868.

Wamar (PaRFAIT-JosEPH), ]g[ , né à

Thuin le Sa février 1815 , a fait sespre- Bières études au Collège de cette ville, établissement dès lors très-fréquenté et jouissant d*un certain renom. ~- Il prit ses inscriptions en 1835 à rUniversité de Bruxelles, et y suivit pendant trois ans les cours de pbilosopbie (sous M.

Ihrens) et de droit. Il fut reçu docteur eu droit par le Jury central (septembre 1838), avec la plus grande distinction^ ce qui le rendit titulaire d une bourse de voyage. Il en proflta pour aller compléter ses études en France et en Allemagne. De retour en Belgique, il adressa an gouvernement, sur renseignement du droit à Paris et à Heidelberff, un Bapport qui fiit inséré, sur Favis favorable de la Faculté de droit de Liège, dans les Annales des Universités de Belgique (t. II). Il publia ensuite une dissertation en forme de thèse (v. ciaprès) pour obtenir le grade de docteur agrégé à TUniversité de Bruxelles. Ce grade lui fut conféré en Juillet 1842, après une épreuve publique qu'il subit également avec la plus grande tfuftnction. Sa carrière était désormais tra-

cée. Dès le mois d*octobre suivant, il débuta dans renseignement académique en ouvrant à Bruxelles un cours de droit civil élémentaire, auquel ne tarda pas à être acfjoint un cours de droit naturel. Un arrêté royal du 2â octobre 1849 enleva M. Namar à renseignement libre. Il fut nommé professeur extraordinaire à la Faculté de droit de Liège, chargé d'exposer les principes généraux du Code civH, et de faire, pour les élèves du doctorat, une partie du cours de droit civil approfondi.

Le 4 octobre 1850, il passa à TUniversité de Gand en qualité de professeur ordinaire, titulaire des cours d'Inslitutes et d'histoire du droit romain.

Lorsque M. Brasseur (jeune) quitta rUniversité flamande en mai 1855, H.

Namur fut chargé d'un troisième cours:

procédure civile, organisation et attributions judiciaires. Enfln, le 7 février 1867, un arrêté royal le rappela â Liège pour y remplacer feu le professeur Fr. Kupfferschlaeger, c'est-â-dire pour y ensei^er les Institutes et l'histoire du droit romain, ainsi que l'encyclopédie du droit. — M. Namur est cbevalier de l'Ordre de Lèopold depuis le 15 décembre 1858; le § 5 de l'art. 9 de la loi organique de 1849 sur l'enseignement supérieur lui a en outre été appliqué (26 mars 1866) â titre de récompense. — M. Namur a publié :

1« Rapport au gouvernement sur renseignement du droit à la Faculté de Paris et à rUniversité de Ueidelberg, Brux., LesIgne, 1845, in-8o. — M. Namur commence par analyser sommairement les cours de MM. Valette, Demante, Bupet et Duranton. 11 regrette qu'on semble n*attacher aucune importance, à Paris, à suivre un ordre systématique dans l'exposé des principes.

L'enseignement du droit civil y est, à son sens , trop exclusivement exégétlque et utilitaire. Le cours de droit criminel de M. Ortolan, tout savant et ingénieux qu'il est, laisse à désirer sous le rapport de l'ordre et de la métbode. 11 en est autrement de M. Rossi (professeur de droit public), qui sait ramener tout à une idée fondamentale (la capacité doit être la mesure des droits politiques). — En Allemagne,

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Tensemble des matières enseignées est plus complet; les leçons se distingaent plus particulièrement par leur méthode et leur solidité. M. Namur s*est surtout attaché à MM. Zacharise, Mittermaier, Vangerow, Zôpfl et Rœder. Il préfère la théorie de ce dernier (en matière de droit pénal) à celle de &i. Mittermaier. La peine, selon M. Rœder (partisan des idéesde Krause), ne peut essentiellement consister dans un mal; le christianisme et la raison désavouent la doctrine d*après laquelle il serait permis d'user de représailles, de commettre une injustice nouvelle pour en réparer une autre. L*ouvrage de M. Mittermaier sur l'instruction criminelle est, en revanche, sans rival en son genre. M Namur combat le positivisme des étudiants, qui ne songent qu'à leurs examens. H insiste sur la nécessité de relier plus étroitement renseignement du droit à celui de la philosophie, et finit par formuler son idéal d*un bon covrs,

2o Dissertation en forme de thèse sur la question suivante : Jusqu'à quel point riiénlier véritable est-il obligé, soit d'après les principes du droit ro* main, soit diaprés ceux du droit civil moderne, de respecter les actes faits par riiéntier putatif ou apparent avec des tiers de bonne foi? (Uevue des re\'u<-s du droit, 1842).

5*» Cours dlnstitutes et dlnstoire du droit romain, Gand, 4865-84, 3 vol.

in-S**. — S'adressant aux élèves qui se préparent à l'examen de candidat en droit, M. Namur s'est efforcé, dans cet ouvrage, de prendre le milieu entre les manuels allemands, généralement un peu secs, et les ouvrages français, péchant d'habitude par trop de prolixité ; avant tout il a voulu être clair, au risque de paraître quelquefois familier (v. sa préface).

4® Cours de droit commercial, contenant l'exposé des principes généraux ; la discussion des controverses, avec renvoi à la doctrine et à la jurisprudence, et rexplication des lois belges qui ont modifié le Code de commerce français. Gand, 1865-66, 2 vol in-S^", — Ce livre est destiné non seulement

aux étudiants, mais encore aux commerçants et à toutes les personnçsquls'occupentde la pratique du droit, aux avocats comme aux magistrats. Dans l'exposé des controverses, l'auteur a mis un soin particulier à indiquer, sur chaque question, les arrêts rendus par des Cours belges, afin de combler uie lacune qui n'est que trop fréquente dans les ouvrages français.

5^ Conseils aux pécheurs à la ligne (Trois articles publiés sous le voile de Tanonyme, en juin 1866, dans le Journal deCharleroi). — C'est une critique humoristique de la législation en ligueur concernant la pêche fluviale.

IVypel* (JeAN-SeRVAIS-GuILLAIHE),

0. ^ , est né à Maestricht le 14 messidor an XI (5 juillet 1805). Il entra au Collège de cette ville dès 1811; mais le goût de l'étude ne s'empara un peu sérieusement de son esprit que quand il fut en troisième. Â ce moment même il eut le malheur de perdre son père, et ce ne fut pas seulement pour la famille une perte cruelle, ce fut pour le jeune Guillaume une rude épreuve à subir. M«« V« Nypels se voyait à la tête d'une famille de six enfants dont celui-ci était i'ainé, et dans robligatlon de foire honneur à une livrance considérable de fournitures aux armées françaises, adjugée au défunt quelques semaines avant sa mort. 11 fallait dire adieu au Collège, travailler d'arrache-pied, dresser des comptes, avoir l'œil à tout. La courageuse mère donnait l'exemple et passait, avec son grand garçon de onze ans, les nuits à écrire. Cela dura tout un an ; la barque atteignit le port, et quelques mois plus tard, un nouveau pensionnaire entra dans rinstitulion Coquilhat, à Bruxelles. L'excellent directeur de cette maison sut gagner la confiance de son élève et lui inspirer un beau zèle. Ce fut là que Ch. Froment, esprit littéraire très-distineué, initia M. Nypels à la littérature française du XYll'' siècle. La vie de Froment, on le sait, ressemblait fort à ce qu'on appellerait aujourd'hui une vie de bohème; mais son enseignement était remarquable et lais-

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sait des traees profondes. Aussi M. Nypels arriva-t-îl fort bien préparé au seuil de la rhéloriqne de TAthénée de Bruxelles,où il acheva ses hamanités sous un autre maitre éniinent, Pii. Lesbroussart, son futur collègue. Il prit dès cette époque non seulement le goût de Tétude, mais le goût des livres, qui lui coûta cher plus tard, et qui néanmoins lui devint foK utile, comme on va s*en assurer.

Rentré à Maestricht, il fut installé dans rétude d'un notaire. Que d'illusions déçues! QuMIs étalent loin, Homère, Virgile et Racine ! A tout prendre, M. Nypels apprit là beaucoup de choses judiciaires qu'il se félicita de connaître quand il fut à TUniversité. Il faisait de la musique pour se distraire et se mettait au courant de la méthode Jacotot, dont un ancien maître de la pension Coquilhat lui avait parlé avec enthousiasme. Il obtint enfin de sa mère d'aller à Louvain, où enseignait le fondateur. Nouvelle déception ! Le néophyte reconnut cependant que la méthode pouvait être avantageusement appliquée à l'étude des langues ; et en effet , au bout de quelques mois , il se trouva d*uneassez jolie force en anglais, lise fit alors inscrire dans la Faculté des lettres, entendit Bekker (v, ce nom) commenter Homère et Térence, et s'attacha au cours d'histoire de Dumbeck, qui lui dévoilait font un nouveau monde d'idées. L'enseignement de Reiffenberg (v. ce nom) ne lui plut pas ; il essaya d'étudier la philosophie par lui-même.

Sans guide et n'ayant aucune idée de Thistoirodeh science, il se jeta sur les Éléments d'idéologie de Destutt Tracy et sur le systhne de la nature du baron d'Holbach, qu'il avait trouvés chez un bouquiniste. Le premier le sédui<%it; il en fut tout autrement du second*

Sa raison lui dit plus tard qu'il était entré dans une détestable voie. En tous cas il fut reçu candidat, au bout de Tannée, egregià cum lande. Après bien des tergiversations, sur le conseil de quelques amis de sa famille, il prit enfin le parti de renoncer à poursuivre Tétude des lettres, qui lui semblait pourtant répondre à sa vocation; il s'enrôla donc parmi les jurisconsultes, et nous ne |)ensons pas qu'il ait jamais eu à se repentir de cette détermination. 11 fit de bonnes et solides études juridiques, surtout en droit romain et en droit criminel, soutint sa thèse le 16 juillet 18â8 (Disserlatio historico-juridica de delictis recidivis) et fut proclamé docteur summû cum laude (*). Au mois d'août suivant, bien décidé à suivre la carrière du barreau, il revint s'installer dans sa ville natale.

L'opposition contre le Gouvernement était devenue plus redoutable que jaroais,depuis que les catholiques et les libéraua: avaient scellé leur fameuse union, dont Fr. Claes, ami intime de Nypels, avait été l'un des plus zélés propagateurs. Ils firent ensemble, dans ce but, un voyage à Liège, où ils virent successivement P. Kersten, du Courrier de la Meuse, Lebeau et M. Rogier, du Mathieu Laensberg. De son côté, M. Jaminé venait de créera Maestricht, avec Weustenraad, un nouvel organe de l'opposition. Lié d'amitié avec les deux fondateurs, M. Nypels se joignit à eux ; cependant il ne prit qu'une part relativement modeste k la rédaction de VEclaireur. Mais son attitude était assez dessinée pour le rendre suspect lorsque, le lendemain de la Révolution, Maestricht fut mis en état de siège.

Une circonstance insignifiante vint décider de son avenir. Il eut à s'absenter pour affaires de famille : c'é-

( ^ ) La fête qu'il donna {iicuti mos erat) k cette occasion est restée célèbre dans le souvenir des anciens de Louvain, par la présence, alors fort remarquée , de quelques hommes, dès lors distingués, qui venaient de s'associer avec Claes, écrivain spirituel et plein de verve, pour rajeunir la rédaction du Courrier des Payn-Bas, devenu depuis l'organe le plus formidable de l'opposition. C'étaient MM. Van Meenen , Van de Weyer,

iottrand, Ducpéliaux, Mascart, Vleminckx, Maeck (un charmant poète, mort jeune), etc. — Claes était un esprit fort distiftgué, nourri de la lecture des ouvrages de philosophie anciens et modernes; son influence contribua beaucoup à faire reconnaître k M. Nypels qu'il faisait fausse roule en philosophie. Claes est mort prématurément en -1831 , greffier en chef lie la cour de BruxeU(^s.

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tait le jour même où Ton se battait au Parc, à Bruxelles. Grâce à une recommandation puissante, ii obtint du général commandant une permission écrite de sortir de Maestricht, à charge (Ty être rentré dans les six jours suivants. Sa mission terminée, Tenvie lui prit d*aller voircequi se^assail à Bruxelles.

Il y resta trois fois vingt-quatre heures. Quand II se présenta aux portes de Maestricht, le a* jour de sa permission^ il fut repoussé comme un homme désormais dangereux et menacé de la prison, s'il faisait de nouvelles tentatives pour rentrer.

Quoique fort contrarié, il eut bientôt pris son parti. A Bruxelles, il comptait des amis parmi les dispensateurs des faveurs gouvernementales : il se rendit donc en cette ville, où Claes, alors secrétaire du Comité de la justice , lui offrit en effet plusieurs belles places. Il commença par refuser , attendant toujours le moment de rentrer, triomphant c«tte fois, dans Maestricht. Les semaines s*écoulalent et Maestricht restait aux Hollandais. De guerre lasse, il accepta provisoirement une place de substitut du procureur du roi à Mons (16 octobre 1850).

Quelques mois plus tard, le gouvernement provisoire, persuadé comme tout le monde que le chef-lieu du Limbourg finirait par nous arriver, organisa (in partibus infidelium , c'est bien le cas de le dire) le tribunal de Maestricht, qui devait siéger à Tongres jusqu'à nouvel ordre: il y est resté. M. Ny|)els

obtint d*y (tre attaché en qualité de juge (arr. du gouv.provis.du24février4851, confirmé par arr. roy.duioct. 4832 (*).

Les fonctions peu activesde jugefinirent par lui paraître monotones ; le 29 juin 4855, il rentra dans la magistrature debout, comme substitut du procureur du roi à Namur. C'est en cette ville qu'il épousa (août 1854) la sœur de M. Ad.

Borgnet (v. ce nom), qu'il devait plus tard retrouver à Liège comme il y retrouva Lesbroussart.

Une affaire criminelle très grave attira l'attention sur lui : il obtint en Cour d'assises un beau succès , si Ton peut dire ainsi à propos de sept condamnations à mort. On a lieu de croire que cette circonstance ne fut pas sans influence sur sa nomination à l'Université de Liège. En 1855, sur le conseil de son ancien maître Warnkœnig (v. ce nom), il avaitsollicité des fonctions dans l'enseignement supérieur; mais il s'y était pris un peu tard : M. De Theiix avait pourvu à toutes les chaires (arrêté du 5 décembre). Mais le professeur Dupret (v. ce nom) ayant déclaré qull ne pourrait se charger du cours d'organisation judiciaire, de compétence et de procédure civik, qui lui était attribué indépendamment du droit civil approfondi, M. Nypels fut nommé professeur extraordinaire le 51 décembre, et titulaire de ce cours, ainsi que de Vhistoire du droit coutumier et des queMions transitoires, 11 ouvrit le cours de procédure civile le 22 avril 1856 ; il n'eut pas l'occasion d'enseigner Vhistoire du droit

(*) A son sëjour à Tongres se rattache un ëvénemcnt qui fit alors quelque bruit. Par une belle matinée de mai (1833), comme il se promenait avec M. l'avocat Jaminé et trois autres amis sur la route de Maestricht, il ne put résister au désir de revoir d'aussi près que possible les clochers de St-Scrvais: son exil durait depuis quatre ans. On s'aventura 'Jonc jusqu'à l'ancien couvent de Slavante y qui touche prcf«qiie aux bastions du Fort St-Pierre. On s'attabla. Soudain retentissent à l'extérieur des coups de crosse de fusil, et le couvent est envahi par une compagnie de soldats armés. « Vous êtes mes » prisonniers. Messieurs, dit le commandant, «et vous allez me suivre.» H fallut aller passer la nuit au Fort St-Picrre, dans une casemate, assez agréablement du reste, en

compagnie d'un jeune officier , très- poli , quoique souriant sous cape. Le lendemain, le général Brade procéda lui-même à l'interrogatoire d^s cinq imprudents. H. Jaminé, ancien membre du Congrès, personnage considérable par conséquent, fut appelé le premier. Apres une longue enquête, nos accusés furent grandement surpris de s'entendre déclarer libres. Us curent le mot de Ténigme en rentrant à Tongres. La ^nouvelle de leur arrestation s'était répandue jusqu'à Liège avec la rapidité de Téclair, et là, de gr^nd matin , le procureur- généra I , jtar représaitle-s , avait fait garder à vue la fiUe d'un haut fonctionnaire de Maestricht, qui habitait une campagne sur le territoire belge. M. Nypels et ses amis étaient la rançon de cette demoiselle.

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coutumier , matière non obligatoire et qui a fini par disparaître du programme. Jusqu*en 1849, M. Nypels a toujours joint au cours de procédure un cours de notariat, comprenant Texplication de la loi du 25 ventôse an XI. La loi du 45 juillet 4849 ayant créé un cours spécial de science notariale , et M. Nypels ayant exprimé le désir de n*en être point chargé, ce cours a été attribué à M. F. Macors (v. ce nom). M. Nypels est professeur ordinaire depuis le 4 septembre 1859; un arrêté de la même date lui a confié le cours de Droit criminel^ en remplacement de Destriveaux (v. ce nom). Il a été admis au bénéfice de Part. 9, § 3, de la loi sur renseignement supérieur (arr. du 24 sept. i855 et du 26 août i8()7). En vertu de Tarrété royal du i6 août 1852, il a rempli les fonctions de recteur pendant la période triennale 1852-55 à 1854-55. Il est chevalier de rOrdre de Léopold depuis le 50 septembre 1851; officier du même Ordre depuis le 8 septembre 1865, et officier de la Couronne du chêne (1868). — En dehors de l'Université, le gouvernement lui a confié diverses missions importantes. C'est ainsi qu*il a fait partie (*) de la Commission instituée par arrêté royal du 1" mai 1848, pour rédiger un projet de révision du Code pénal de \SiO;'ï\ est encore membre (*) de la Commission chargée, le 5 mars 1850, de rédiger un projet de révision du Code d'instruction criminelle. Dans cette dernière Commission, M. Nypels est spécialement chargède préparer les avant-projets, etde dresser les Rapports ou Exposés des motifs, sur les parties de son travail adoptées par ses collègues.

C'est à ce titre quMl a rédigé V Exposé des motifs du projet sur la détention préventive et la mise en liberté provisoire, projet qui est devenu la loi du 18 février

M. Nypels est affilié aux Sociétés suivantes : Académie de législation de Toulouse (21 janvier 1852) ; Provinciaal

Utrechtscke Genootscluip van Kunsten en Wetenschappen (21 mars 1856); Oudheitskundig Genootschap in den Hertogdom Limburg (1864); Société des Sciences, des lettres et des arts du Ilainaut (1851); Société d'Émulation de Liège (1836); Académie royale des sciences , lettres et beaux arts de Belgique (membre correspondant 11 mai 1869).

11 ne sera pas inutile, avant d'énumérer les publications du professeur de droit criminel à TUniversité de Liège, de dire quelques mots de Tesprit de son cours. M. Nypels est partisan de Vécole historique: autant que le temps le lui permet, il remonte à l'origine de chaque institution ; il en indique au moins les précédents législatifs ou scientifiques. Il attache moins d'importance à la partie philosophique ^ ou pour mieux parler aux idées de Vécole qui prétend faire des lois et des institutions à priori. Cependant il considère comme capitale, en droit pénal, la question philosophique du fondement du droit de punir : le point de départ que choisit le législateur doit en effet influer logiquement sur les dispositions de son code.

Ici deux écoles sont en présence, comme en philosophie. A l'école sensualiste se rattachent les théories relatives du droit de punir, c'est-à-dire celles qui justifient la peine par le but que se propose le législateur ; à l'école spiritualiste se rattachent les lliéories absolues du droit de punir, c'est-à-dire celles qui justifient la peine par ellemême. Ces dernières théories sont dites aussi théoriesde la justice, parce qu'elles n'admettent que des peines intrinsèquement justes, c'est-à-dire infligées à raison de la violation d'un devoir moral, — Mais le domaine du droit pénal ne s'étend pas à toutes les violations de la loi morale. Le législateur ne doit réprimer que celles qui portent en même temps atteinte à l'ordre social, à la paix publique, comme on disait autrefois. Le droit de punir, basé sur la loi morale j

(*) Avec MM. de Peroelmont, conseiller à la Cour de cassation, président; Slas, conseiller ibid. ; Delebecqae , avocat -général ibid.; Haus, prof, à l'IIniversité de Gand, et Joly, secrétaire.

(*) Avec MM. Stas et de Cuyper, conseillers à la Coor de cassation, deBavay, procgënéral etKaieman, cons. à la Cour d'appel de Braxclles, et Haus, précité.

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est conséquemment limité par les besoins de Vordre social. Cette doctrine est celle de M. Nypels ; elle est celle de Rossi, de Mittermaier, etc., mais non celle des eriminalistes français et italiens. — M. Nypels regarde la peine de mort comme inutile en Belgique. A la grande rigueur, selon lui, Tapplicalion de cette peine est un droit social ; mais la société n'y peut recourir qu*en cas d'absolue nécessité, c*est-ik^\re quand elle n'a à sa disposition aucune autre peine qui soit efficace pour prévenir la multiplicité des crimes capitaux. Or, dans sa pensée , on peut abolir sans danger la peine de mort en Belgique ; se basant sur Texpérience faite, il croit fermement que la substitution de Tcmprisonnemcnt (dans les conditions requises) à la peine de mort n'aurait pas pour effet de rendre plus nombreux les crimes capitaux. —Chrétien, M. Nypels est partisan des peines modérées, La plupart des criminels sont des malheureux que la misère , le défaut d'éducation et d'instruction ont rendus malades moralement, et qu'il faut corriger avec commisération, en tâchant de les amender et de les ramener dans la bonne voie. — M. Nypels est convaincu de l'excellence du jury en matière criminelle. A ses yeux, cette institution est, avec la liberté de la presse , la seule garantie de la liberté ; seulement il estime que le Jury doit être organisé sur d'autres bases.

Bibliographie. — I. Ouvrages édités séparément,

\^ Dissertât io philosophico-historicojvridica de Delictis recidivis, quam..,.

publiée defendet J.-S.-G.Nypels, Mosœ- Trajectinus, die 46** ;«/« i828. Lovanii, in-8°.

S** Commentaire sur la Théorie du Code pénal de MM. Chauveau et Ilélie (Paris, 1834 et ann. suiv.,8 vol. in-8^), précédé {^ d'une Introduction historique sur les lois pénales publiées en Europe depuis la fin du XVIW siècle; î*» d'une Bibliographie du droit criminel, e^ suivi d'une Analyse des nouveaux Codes pénaux de Hesse-Uarmstadt, de Saxe (royale), de Wurtemberg, de Brunswick, de Hanovre et du Grand-Duché de Bade.

Bruxelles, 4845-185i, 3 vol.gr. ln-8'à deux col. (y compris l'ouvrage original annoté).

Ce Commentaire a été réimprimé eo Hollande sous le titre suivant : Annoiathni xur la Théorie du Code pénal de MM. Chaaveaa et Hélie, par 7.-5.- G. Nypet», eic, Ulrechl, E. Bosch et Als, 4846, in-S» de 580 pages. — Il a été traduit en italien, avec l'ouvrage original annoté, par Slringari. Naples, iSSi et ann. suiv.

— Deuxième édition , considérablement augmentée. Bruxelles 1859-1860, 2 vol. gr. in-S** {y compris le texte de l'ouvrage original). — Traduction italienne du Traité et du Commentait^, par P.-J. Mancini. Naples, i8G8 et ano.

suiv.). — A cette édition est joint un 3*" vol. supplémentaire, intitulé: Le droit pénal français progressif et comparé. — Code pénal de \M0, accompagné des sources, des discussions au Cmseil d'État, des Exposés de motifs et des rapports faits au Corps législatifs suivi i^ des lois modificatives rendues en France, en Belgique et dans les Pap- Bas depuis \SH jusqu'à ce jour (30 octobre 4863); 2*» de la traduction française complète du Code pénal prussien de 4854 et du Code pénal du royaume d'Italie du 20 novembre 4859, et précédé d'une Bibliothèque choisie du droit criminel (droit pénal et procédure crimnelle). Bruxelles, 4863, gr. in-8» de CLxix et 644 pages. — De ce volume ont été tirés à part :

a. Bibliothèque choisie du droit criminel (droit pénal et procédure criminelle), ou Notice des ouvrages utiles à connaître , publiés dans Us principales contrées de l'Europe et aux États-Unis d'Amérique, sur cette partie de la science du droit, avec Findicalion des sources du droit criminel , et des notes biographiques et critiques, par J.-S.-G. Nypels, etc. Bruxelles, 486i, gr.in-8'*de 170 p. à deux col.

Si l'on considère qu'il s'agit d'une bibliographie universelle, cosmopolite, ce répertoire est le plus complet et le plus riche qui existe sur la matière, de l'aveu des critiques les plus compétents de l'Allemagne et de la France. — V. les comptes rendus de M. von HoUzendorff» prof. & TUniv. de Berlin, dans VAllyemeine deutsche Strafrechtszeitung, 4864;; Vergé (dans le Recueil périod. de

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Dalloz, i863, liv. 42), et **• (dans le Rec, de Devilleneuve, 4863, liv. 42).

b. Code pénal prussien du ià avril 1851, avec la loi sur la mise en vigueur de ce code, et les lois rendues jusqu'à ce jour pour le compléter ou le modifier ; le tout précédé d'une introduction et traduit pour la première fois en français parJ.S.'G. Nypels. Paris, A. Durand, Jibr.-éditeur, et Bruxelles, BruyJant- Chrislophe et Cie, in- 18 de 258 p.

L'intpod action, divisée en deux sections, comprend i^ l'histoire de la confection du Code pénal ; S» un tableau de l'organisation judiciaire de la Prusse. — M. von HoltzendorflT a fait le plus grand éloge de cette traduction dans VAllgemeim deuische Strafrechtszeitung , 4864, p. 46; H. Valette, prof, à l'Ecole de droit de Paris, n'avait pas été moins explicite dans la Bévue histor. du droit français. Paris, 4862, t. VIII, p. 613.

5* Notes sur les tomes II et III du Traité de Finstruction criminelle de M.

F. Hélie. Bruxelles, 1855, gr. in-8^

Les volumes IV à IX du Traité de M. Hélie ont été annotés par MM. L. Hanssens, avocat à Liège, et L.-C. Casier , conseiller k la Cour d'appel de Bruxelles.

l*» Code pénal belge, avec la conférence des articles; accompagné du texte des articles correspondants du Code de 1840 et des autres lois pénales particulières comprises dans le nouveau Code ; suivi d'une table méthodique et d'une table alphabétique des matières , et précédé d'un tableau de la correspondance des articles du Code de 4840 avec ceux du Code belge, Bruxelles, Bruylant- Chrislophe et Cie, 48C7, un vol. in-8°, imprimé en gros caractères.

5» Législation criminelle de la Belgique, ou commentaire et complément du Code pénal belge, tirés, savoir : le Comtnentaire, des Exposés des motifs, des Rapports faits à la Chambre des représentants et au Sénat, et des discussions du projet aux deux Chambres ; le complément, des iuïs qui se rapportent directement au Code et le complètent.

Bruxelles, Bruylant, 1867 et suiv.

L'ouvrage comprendra 4 vol. gr. in-S^. Les tomes I et II (ensemble 4684 pages) ont seuls paru aujourd'hui (mai 4869).

6» Le Code pénal belge interprêté, principalement au point de vue de la pratique, par ses motifs, par la comparaison des nouveaux textes avec ceux du Code de 1840; et, pour les textes anciens conservés , par la doctrine et par la jurisprudence des cours de Belgique et de France. Bruxelles, 1867 et suiv.

L'ouvrage complet formera 3 vol. in-8».

Les deux premières livraisons du t. I ont seules paru. — Il est inutile de faire remarquer que les publications n" 3, 4 ellî tirent une importance particulière de la circonstance que M. Nypels a été l'un des membres de la Commission chargée par le Gouvernement de rédiger le projet de révision du Code pénal.

70 Notes de législation et de jurisprudence belges, sur les traités de Mangin: De l'instruction écrite et du règlement de la compétence. —Des procès-verbaux en matière de délits et de contraventions. Bruxelles, 1848, 2 vol.

in-8° (y compris les Traités annotés.)

8« Système répremfdu nouveau Code pénal belge. Discours prononcé à la Salle académique le 14 octobre 1855.

Liège, in-8°.

9* Histoire du droit belge, — - Les ordonnances criminelles de Philippe II, des 5 et 9 juillet 1570. Discours lu à ta Salle académique le 16 octobre 1855.

Bruxelles, 1856, in-8°.

Imprimé dans la Belgique judiciaire (t.

XIV), reproduit (*) dans les Annales des Universités de Belgique, 2« série, t. I, et en grande partie dans le Moniteur des cours publics ^Paris, 4857, n<» des 9 et 23 avril).

10» Notice sur la vie et les travaux de E. V. Godet, professeur à rUniversité de Liège. Liège, 1844, in-8^

Ext. de la Bévue de Liège, t. I, p. 288 et suiv.

11» Notice sur la vie et les travaux de V, A, G. Dupret, lue à la séance du Conseil académique du 12 janvier 1852.

Liège 1852, in-8^

La même brochure contient la notice de M. Loomans sur E. Tandel (v. ces noms). M. Nypels a publié plusieurs autres notices, discours, etc. sur des collègues défunts ;

( * ) Modifié dans quelques passages par l'auteur.

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nous les menlionnons aux articles où nous en avons profllé. Les biographies de Godet et de Dopret mdriiaieoi une mention particulière, k cause de Tappréciaiion qu'elles renferment des travaux de ces jurisconsultes.

1 4® Aux Sederlandsehejaarboeken voor Begitgeleerdheid eu Wetgeimig, door C. A.den Tex en J. vnn Hall (Amsterdam, 1859 «850), plus tard Meuwe BijdragenvoorRegtsgekerdheiten Weigeving^ door M' L. de Geer en If^ van Boneval'Faure ijimsi. 1851-1807):

a. Notices ou comptes rendus annuels des ouvra^^es sur la science du droit et les S4:iences morales et (M)Utiques, publiés en Belgique depuis 1850 jusqu'en 1867 (t. I k XXIX).

b. Notes pour servir à Thistoire du jury d*examen en Belgique (iV. Bijdr, L Vi, p. 417).

c. Observations sur le projet de Code de procédure criminelle présenté aux Etats-généraux des Pays-Bas, dans la séance du 10 novembre 1865 (Ihid.

t. XIY, p. 245).

15** A la Belgique judiciaire :

a. Notice sur la vie et les travaux de Henri et François de Kinschot, jurisconsultes belges du XVI* siècle.

b. Notice sur la vie et les ouvrages de M. Mittermaier, prof, à TUniversité de Hedelberg (t. XV, p. 787).

c Une fête en ThonneurdelUittermaier (jubilé de 50 ans d'enseignement académique). T. XVIi, p. 846.

(2. Un document pour servira rhisloire des tribunaux militaires en Belgique (1676). T. XVI, p 402.

e. Tromperie au jeu. Caractère de ce fait au. point de vue du Code pénal de 1810it. XIX, p. 569).

f. Comptes rendus des ouvrages suivants: 1. Revue historique du droit fronçais, t. 1-lV (t. XV, p. 594, et t. XVI, p. 254) ; 2. Rapport sur le duel, préparé en 1851, pour être soumis à l'Assemblée nationale, au nom d'une Commission spéciale, par M. A. Valette, prof, à la Fac. de droit de Paris (t. XVI, p. 959) ; 5. Le droit administratif belge, par J. H. n: de Fooz, t. ! (t. XVII, p. 875) ; 4. On foreign juridiction and Ihc extradition ofcriminals, by the R.

H, sir G. Cornwall Lewis, London

1859 (t. XVIII, p. 114); 5. Die Todesstrafe nach den Ergebnissen der uisseï^ schaftlichen Forschungen, etc. von D' Miltermaier (t. XX, p. 1111), etc.

16*^ A la Revue des revues du droit (Bruxelles, 1858 à 1852):

Revue critiquée! méthodique des décisions de la Cour de Cassation de Belgique, en matière criminelle, depuis son origine jusqu'à ce jour (1844). T. V, p. 258, et t. VI, p. 52.

1 1"* Articles divers, analyses, sommaires d'ouvrages de droit, etc., dans des journaux et recueils périodiques.

IL Articles fournis à des recueils périodiques :

12» A la Zeitschrift fur Rechtswissenscluift uud Gesetzgebufig des Auslandes (Heidelberg, 1829-1856).

a. Die richterliche Gewalt und ihr Verhâltuiss zu den Befugnissen der Verwaltung nach der belgischen Constitution von 1851 (t. XIV, p. 505).

b. Die neueste belgische Gesetzgebungueber Pensionen,vom21 julil844 (t. XVII, p. 82).

c. Der belgische Geselzenlwurf uber Slreitigkeiten zwischen Verwaltung und Rechtspflege (L XVIII, p. 1).

d. Uber die jûngsten legislativen Erscheinuugen in Belgien, die Criminalgesetzgebung belrefleud. — Deux articles (t. XXII, p. 162 et p. 591).

1 5» A la Revue du droit français et étranger y de MM. Fœilx, Duverçier et Valelte. Paris, in-8<» 1844-1849.

a. Du nouveau projet de Code pénal pour les Etals prussiens (de 1845).

b. Des institutions politiques de la Belgique (t. V, p. 546).

c. Observations sur le Code |)énal belge (l. VII, p. 655).

d. Analyses ou comptes rendus des projets de loi et des ouvrages suivants : 1. Laferrière, Hist. du droit civil de Rome et du droit français ; t. VI, p. 861 (Compte-rendu des t. I, II et III; M. Nypels s'estoccupé dest. IV, Vei VI, dans la Beifue critique de lémslntion, t. V et XV; ; 2. Projet de loi sur les conflits, présenté aux Chambres belges en 1845 (t. II, p. 474); 5. Compte ren-

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du de radniiuistralion de la justice criminelle pendant les années i836 à i859, présenté au Roi par le ministre de la justice (l. I, p. 577) ; Id, pendant les années i840-i845 (t. VU, p. 609); 4. Compte rendu de radroinistration de la justice civile en Belgique, pendant les années judiciaires 18ô9-i840 et iU^'iUô (t. IV, p. i03 et 715); 5.

Mémoire à Tappui du projet de loi sur les prisons, présenté aux Chambres en I8ii (T. H, p. 956); C. Ancien droit bel^ique, etc., par M. de Facqz (t. lll, p. 946).

i><M*urci (Louis-Prosper), né à Liège le 9 juillet i825, a eu pour premier instituteur son père, dont les entretiens influèrent sur sa vocation, en le rendant attentif, dès sa plus tendre enfance, aux grands mouvements sidéraux et en général aux phénomènes de ta nature.

Envoyé ensuite à rexcelfenle école Stapper, puis à Tinstitution Frenay, enOn au Collège communal de Liège, dans la section dite française, il s*éprit dans ce dernier établissement, en écoutant les leçons de Cbênedollé (v. ce nom), d*une belle passion pour les langues anciennes, dont il aborda Fétude sahs avoir recours à un maître. Virgile, Horace, Cicéron, Pline et Lucrèce devinrent les compagnons de ses loisirs à Paris, où il fil un assez long séjour, s'occupani d'ailleurs spécialement ûe mathématiques sous la direction de M.

Vincent, professeur au Collège Saint- Louis. Ses forces ayant tphi son courage, il revint à Liège. L'oisiveté forcée à laquelle il se trouva condamné le Gt hésiter quelque temps sur le choix d'une carrière : il songea un instant au commerce, et son père lui enseigna la comptabiKté ; une occasion s'offrit d'entrer dans rindustrie, mais il fit un retour sur lui-même et ne se jugea pas assez inslruiL Enfln, les conseils paternels le décidèrent à prendre le diplôme de mécankieD. Malgré Tinterruption de ses

(' ) Liège compta trois lauréats en 1849 : MM. Oewalque, Legrand (Hi$t. de la poésie élégiaqUe chez les Grecs; v. coU 639) et Pérard,

études, il fut reçu premier ; le professeur Noël (V. ce nom) lui reconnut de Tapti* tude et rengagea si vivement à étendre le cercle de ses connaissances, qu'il résolut d'entrer dans la section des mines. Il prit part au Concours universitaire eu 1848 et fut couronné. Son Mémoire est intitulé : De rutilité du calcul fwur Vinterprétatim des phénomènes naturels et pour la recherche des lois qui les régissent (Bruxelles, Lesigue, 1851 , in- 8<^, et Ann. des Universités de Belgique , t. VII). La santé de M. Pérard, qui s'était raffermie à l'Université, se trouva de nouveau compromise avant l'époque fixée pour les dernières épreuves du Concours. Comme il s'tail mis en route avec André Dumont pour une excursion géologique, une violente hémorrhagie se déclara , et ses camarades eurent toute ta peine du monde à le ramener à Liège. C'était pendant les vacances de Pâques ; le bruit de sa mort avait couru parmi les étudiants; des listes de souscription circulaient môme pour son enterrement.

On juge des inquiétudes de la famille:

les livres et les études furent impitoyablement condamnés, pour la seconde fois. Rien n'y fit : l'espoir d'être proclamé premier rendit de l'énergie au malade et bientôt le jury du Concours, par l'organe de Pagani, « ut à féliciter un nouveau lauréat de l'Université de Liège (•). — En 1850, M. Pérard retourna à Paris avec le titre d'ingénieur des mines, sorti \epremicr de TEcole O. L'illustre physicien Lamé (de l'Institut) le prit en affection et lui donna même des leçons particulières. Il fréquenta les cours de Cauchy,de Liouville, deSturm, de Duhamel, de Leverrier, de Delaunay, de Regnault et de Morin, et ne laissa point que d'aller entendre à la Sorbonne et au Collège de France les littérateurs et les philosophes. Cependant, les sciences ne lui offrant pas immédiatement une issue, il se dirigea vers l'industrie, se réservant de consacrer ses loisirs à la continuation de ses études. En 1854, il fonda à Long- Ci II avtit ftiit, en uAo seule annëet Ids études des doux dernières anhées de tÈeo\% spé(9ial0.

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doz, lez-Liége, un vaste atelier pour la construction des machines. Ses produits furent recherchés par les gouvernements étrangers; en 48Câ, il obtînt une médaille à TExposition de Londres.

Cependant la carrière moins lucrative de renseignement n'avait pas cessé d*étre l'objet de ses plus chères aspirations. Dès 185i, il avait obtenu le titre de professeur suppléant à TEcole industrielle de Liège. Trois ans plus tard, il y fut nommé professeur de physique en remplacement de M. E. Bède, dont il était destiné à devenir également le successeur à TUniversilé. Il fit en outre pendant deux ans, à TËcole industrielle, un cours spécial (et sans précédent) sur le chauffage et la conduite des machines, cours dont le succès a été constaté par le Rapport de 1858 sur V administration de la ville. En 1858, M.

Pérard fut attaché aux Ecoles spéciales des mines, etc.) en qualité de répétiteur de mécanique appliquée et de physique industrielle. Après le départ de M. E. Bède (v. ce nom), il eut mission de faire à TUniversilé, pendant Tannée 18G1-1862, les cours de physique générale et de physique industrielle. En 1865, cette autorisation fit place à une nomination définitive par arrêté royal ; un nouveau répétiteur fut chargé des fonctions qu il avait jusque là remplies aux Ecoles spéciales. En 1866, il renonça définitivement à Tindustrie. Enfin, un arrêté royal du 31 novembre 1868 a promu M. Pérard au grade de professeur extraordinaire. — Le cours de physique générale fait par M. Pérard à TUniversité de Liège est conçu dans le sens du système moderne de Tunité et de la valeur constante des forces naturelles (v. ci-après, bibliogr , n»» 16 et 19). Cette idée, appuyée sur tes célèbres travaux de J.-6. Mayer, (de Ileilbronn) et de Helmholtz (de Heidelberg), domine toutes les leçons et prend son expression la plus catégorique dans la dernière partie, où le professeur traite de réleclricité. — Les leçons de physique industrielle ne forment qu'un cours trimestriel, principalement destiné à faire connaître les procédés par lesquels on peut utiliser la chaleur comme force motrice. M. Pé-

rard s'efforce de maintenir l'accord de la théorie et de la pratique, en mettant toujours en évidence les rapports qui existent entre les principes de la science et les règles établies par rexpérience.— Indépendamment de ses fonctions universitaires, il s'est acquitté de diverses missions d'utilité publique. C'est ainsi que sur Tinvitation de la Commission administrative des Hospices civils de Liège, il a organisé, d'après des calculs nouveaux, les appareils de ventilation de la Maternité et de l'Hospice des Hommes incurables. 11 est membre du Comité de Salubrité de la province.

En 1866, ilainitié un public nombreux, au moyen d'un appareil spécial et de projections agrandies, aux mystères compliqués du télégraphe électrique, etc. — Depuis 1860 il fait partie de la Société royale des sciences. Il a publié :

1*^ Son Mémoire couronné (v. ci-dessus). — Il y démontre à priori, et eusuite par des faits scientifiques, les relations essentielles qui doivent exister entre les lois des nombres et les lois naturelles. « L'univers, selon lui, » est une vaste conception mathéma- » tique, le résultatdun grand calcul.»

Celte phrase, empruntée à ses conclusions, lui a servi d'épigraphe.

â"" Traduction du mémoire latin de M. (;auss, intitulé : Disquisitiones générales circa superficies curvas (1851).

3<^ Diverses traductions pour la Revue industrielle de M. de Cuyper, savoir : A. de Vanglais : Propulseurs héliçoïdes, par Edouard Powell (2« année, 1858, â art.) ; B. de ÏUalien : Rapport de la Commission instituée par le Gouvernement sarde pour l'examen de la machine inventée par MM. les ingénieurs Grandis, Graltoni et Sommelier pou r le percement du Mont-Cenis (!bid.)\ C. de Vallemand : Ecartement à donner aux essieux de waggons, par M. E.

Schmidt {Ib., 2*' et 5*» année, 4 art,); Construction des paliers et des tourillons des essieux de waggons, par Fischer, de Rotherstamm (/^., %,'^ année) ; Théorie élémentaire de la construction des poutres latices, de M. Schwedier (Ib, 4* année) ; Recherches théoriques sur les roues hydrauliques verticales,

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de Zeuner (Ib.) ; Volants en fer pour laminoirs, de M. Kauicelwitz (Ib.) ; Divers problèmes sur les laminoirs (Ib.); Calcul de reffet utile des marteaux à vapeur du système Daelen à expansion, par Herman Knop {Ib. 5' année) ; Description de la machine à colonne d*eau du puits Cenlrum, près d'Eschweiler (Ib )

¥" Etude comparative des différents systèmes de marteaux pilons, au point de vue de leur stabilité {Ib, 2* année).

Reproduit en allemand dans la Zeitschrijt des Vereim deuttcher Ingenieure.

5<^ Notice théorique sur le système de transmission du mouvement Minoilo (Ib. 5* année; lU Ann, des travaux publics de Belgique^ et Ann. de VAssoc.

des ingénieurs sortis de VEcok de Liège).

^^ Note sur un nouveau marteau inventé par M. Darrien (Revue univers.^ i*" année, 1860).

l"" Note sur un nouvel appareil broyeur, etc. (Ib,y et Ann, des Travaux publics de Belgique).

Application de la spirale de Bernoulli.

8« Invention et description d'une scie verticale à trait oblique (Rev, univ, 6« année, 186â).

La construcllon des navires en bois exige l'emploi de planches et madriers parfaitement en droit fil , de sorte que le débit à bras d'hommes était encore indispensable. La lenteur de ce travail , son prix élevé répondent mal aux besoins actuels ; aussi plusieurs maisons du Nord (de Dantzig, de Kiga, etc.), pressées de commandes et engagées dans d'importantes entreprises, proposent aux constructeurs le problème suivant: «Débiter V le bois en suivant le fil, par l'emploi simul- » tané d'un grand nombre de lames dans un » même châssis, et marchant obliquement de » manière à couper toutes les planches ou > tous les madriers , sans jamais traverser » les fibres. » C'est le problème , considéré comme difficile , que M. Pérard est parvenu à résoudre par un mécanisme assez simple et assez élégant, au dire des industriels qui s'en servent.

9" Description de la grande machine soufflante de M. Fossey , exposée à Londres en 18C2,dans une brochure intitulée : Machine soufflante à disques métalliques à mouvement rotatoire continu^ par M. E. Fossey, ingénieur-constructeur à La Sarte(Ëspagne), Paris, Claye,

i8C2, in-8«» (Extr. de la Publicalion industrielle de M.Armengaud, t. XIV). — La machine dont il s'agit a été construite par M. Pérard , dans son atelier de Longdoz.

«0« Traité du chauffage et de la conduite des machines fixes et locomobiles, Liège, 1864, in-8.

Résumé du cours donné en iShl à l'Ëcole industrielle de Liège.

11^ Note présentée à la Sociétéroyale des Sciences de Liège sur une nouvelle balance de torsion (1865).

Celte balance existe âi l'Université.

là*» Note sur des recherches expérimentales et théoriques faites en France, en Prusse et en Suisse, sur le tirage par Jet de vapeur (Revue univ,, iO' année, 1866).

Résumé d'une leçon faite k l'École des mines sur ce sujet important.

15^ Note sur la mesure des températures au moyen du pyromètre à air (Ibid. Il» année, 1867).

iV (En collaboration avec MM. Ch.

Béer et A. Devaux) Catéchisme des chauffeurs (Ann, de VAssoc, des ingénieurs, etc.). — Deux éditions.

15^" Collaboration (avec MM. J. G.

Macors, du Uoy de Blicquy, L'mé et Halkin) à un travail sur la reconstruction de ritôpital de Bavière (publié par la Commission des Hospices Civils de Liège, 1867, in-8«).

16® Que fera-t-on à Bavière ? Liège, Desoer, 1868, in-8^

1 7*' Métamorphoses et unité des forces (1"* partie : Revue universelle, Il^année, 1867).

Ce travail est la première partie d'une Introduction à la physique mathématique.

Jusqu'à présent, dit l'auteur, l'électricité n'a pas reçu de définition, comme la chaleur, la lumière , le magnétisme, la capillarité et le mouvement sensible. Or, les phénomènes électriques nous attestent très-explicitement la transformation des actions mécaniques, physiques et chimiques les unes dans les autres; celte transformation, qui est encore une hypothèse pourquelques savants, est un fait patent ; elle nous éblouit tous les jours, et c'est probablement pourquoi nous ne nous en étions pas doutés. — Dans la seconde partie de son étude , M. Pérard se propose

SAU

d*ajouter quelques nouveaux dëvcloppemenls à la discussion de ses prémisses, et ensuite do définir l'éleclricité de la manière suivante : c Propriété de la matière de conserver ou de » transmettre (conduire), avec plus ou moins » de Cacililé , et de transformer les actions > mécaniques, physiques et chimiques >. — Selon M. Pérard, le magnétisme n'est pas une action dépendante des phénomènes électriques, mais une action particulière analogue à la capillarité, physique, et suscepUble de se transformer comme toutes les autres et dans toutes les autres.

18"^ Un grand nombred^articles bibliographiques et critiques dans la Revue universelle,

iO^" Traduction du Mémoire de M.

Helmhoitz intitulé : Conservation de la force. Paris, Masson, 48G9. in«8''.

(') Deux flls de DD. Sauveur se sont appliqués à suivre ses traces. L'alné, Dieudonné-Jean-Josepb, né à Liège le 5 octobre i797, est mort dans la môme ville le i^** novembre 4869, après avoir fourni une carrière des plus brillantes comme administrateur et comme savant. Il avait fait ses premières études d'anatomie, de physiologie et de chirurgie sous Ansiaux et Comhaire ; trois années de séjour à Paris achevèrent de le former. Il revint prendre à Lidge ses grades universitaires (iSSO), puis s'occupa de se faire une clientèle (principalement en qualité de chirurgien et d'accoucheur). Son mariage avec Mii« Walter, fille de rinspecteur-général de l'instruction publique (v. ce nom) le décida ik quitter Uége pour Bruxelles, oii il abandonna peu k peu la pratique de l'art pour embrasser la carrière administrative. Il fut nommé, le 27 août 4831, secrétaire du Conseil supérieur de santé, en même temps que premier commis au Ministère de l'intérieur (â« division) ; en 4838, il fut promu chef do bureau; deux ans plus tard, il devint Commissaire du service de santé, au môme département. Les attributions du Conseil supérieur de santé ayant été tranférées à l'Académie royale de médecine (1841), il fut nommé membre et secrétaire de cette compagnie (il conserva ces fonctions jusqu'à sa mort). En 1846, il devint chef de la nouvelle division des afftiires médicales et d'hy- Înène publique; en 1850, le gouvernement e déchargea de ces fonctions pour lui confier celles d'inspecteur-général du êervice médical civil^ mission des plus importantes, en présence de la ft*équence des épidémies et de l'intdrèt croissant qui s'attache asjonrd'hui aux questions de salubrité. Sau-

Mauvear (J.-T-HyACINTHE), 0- ®,

néà Liège le i9 septembre 4804, a fait ses études humanitaires au Lycée impérial de cette ville, et ses éludes médicales à rUniversité, sous les yeux d'un père (v.Tarl.DD. Salyeur) qui fut k h fin son maître et son modèle ('). Il soutint sa thèse inaugurale en 48^5 {De Scarlatinâ), fut proclamé docteur le 5 août, et se rendit sans retard à Paris, où il reçut les leçons et les conseils des Laênnec, des Fouquier, des Broassais, des Guersent et d'autres professeurs ou praticiens illustres. H rentra dans son pays dûment préparé ù monter dans une chaire académique et mûri par une expérience précoce. La Facuitéde médecine de Liège ne tarda pas à réclamer

veur fit partie de la Commission centrale de statistique (1841), du Conseil supérieur d'hygiène publique (1849), de la Commission permanente d'inspection et de surveillance générale des établissements d'aliénés (1853), et des établissements dangereux et insalubres (1855), ainsi que d'un grand nombre de Commissions spéciales. Partout il rendit les services qu'on pouvait attendre de son activité et de son expérience, il contribua bean coup, entr'aotres, aux progrès des Instituts de sourds-muets et d'aveugles, qu'il fut chargé d'inspecter à partir de 1839. En 183â, il se rendit à IHiris pour y étudier de près le choléra; son dévouement fut utile plus tard à différentes villes, qui lui votèrent les adresses les plus flatteuses, notamment celle d'Anvers, en 1850. Il appartenait à l'Académie royale de Bruxelles (depuis 18i9) et à un grand nombre de Sociétés savantes; mais il tenait surtout à l'Académie de médecine, qu'il contribua beaucoup à consolider. On lui doit un grand nombre de notices et de comptes rendus insérés dans les BuUeiint de celte compagnie, dans ceux do la Commission centrale de statistique , dans ceux de VAcad. royale de Belgique, dans l'Annuaire de l'observation de Bruxelles et dans le journal lu Santé. Il fut on des principaux collaborateurs de la nouvelle Pharmacopée belge (1854). — M. Cl. Capitaine a dressé la liste complète de ses travaux dans le Kécrologe liégeois pour 186S (c'est il sa notice que nous empruntons les renseignements qui précèdent). Sauveur était chevalier de l'ordre de Léopold (4844)» comnandeurde la couronne de Chènc (185S), chevalier de l'Ordre du Christ de Portugal (4855) et décoré de la médaille d'or des épidémies (1860).

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son concours. Nommé lecteur le IGdéc.

i850, il fut chargé de faire des leçons sur les maladies des femmes et des enfants et sur les maladies syphilitiques, matières qui jusqu'alors n'avaient point été enseignées ù l'Université. Promu à l'extraordinariat le 2 mai 1858, ù l'ordînariat le 20 août 1 84i, il a vu plusieurs fois SOS attributions modifiées. M. Sauveur a été successivement chargé des cours suivants : i" Maladies des femmes et des enfants; ^ maladies syphilitiques (théorie et clinique) ; 5^ médecine légale ; i<^ pathologie et thérapeutique spéciales des maladies internes ; 5° clinique médicale. Il fait encore aujourd'hui ce dernier cours à l'hôpital de Bavière. Il a rempli en 48ii-i842 les fonctions desecrétaireacadémique.Ilest chevalier de l'ordre de Léopold depuis le 2 juillet \ 850 ; le 50 décembre 4866, il a été élevé au rang d'officier, à raison des services quMl a rendus à l'enseignement.U. Sauveur est membre honoraire de l'Académie royale de médecine depuis le 26 décembre 4862; il est en outre affilié à la Société médicale de Bruges. 11 fait partie de la Commission médicale de la province de Liège depuis le 44 Juin 4858; il est actuellement le président de ce corps. H est médecin des hospices civils de Liège depuis 4854, et depuis 4852 membre du Comité de surveillance des établissements d*aliénés de l'arrondissement ; en 4848 et en 4855, il a été chargé du service médical des hôpitaux de cholériques. Les devoirs inhérents à des fonctions absorbantes et les soins d'une clientèle considérable ont laissé à IL Sauveur peu de temps à consacrer à des publications scientiliquos ; on lui doit cependant, outre sa thèse, quelques discours académiques, des rapports scientifiques sur divers sujets cl un certain nombre d'articles insérés dans des journaux spéciaux.

fetoiimit (Jean-Pierre), né à Luxembourg le 4" mai 4847, ancien élève de l'Athénée de cette ville (v. l'art. Noël) et de l'Université de Liège, a manifesté de bonne heure des aptitudes spéciales qui lui valurent d'être attaché, dès le 47 octobre 4856 ('), aux Ecoles des arts, des manufactures et des mines, en qualité de répétiteur et maître de dessin. Sans son goût prononcé pour l'enseignement, il aurait suivi la carrière de son frère aîné, qui se distingua comme architecte (•): plusieurs constructions, exécutées d'après ses plans et par ses soins, permettent du moins de le conjecturer. Quoiqu'il en soit, le chef des travaux graphiques des Ecoles, bien que depuis 52 ans en contact avec les élèves pendant 24 heures en minimum par semaine ('), a trouvé le temps, non seulement de se charger de plusieurs cours en rapport avec ses études spéciales sur l'art de bâtir, mais de rendre de nombreux services à diverses administrations, en dehors de ses fonctions professorales, dans le domaine des travaux publics. De 4850 à 4866, il a répété les deux cours de géométrie descriptive et procédé aux interrogations relatives à ces cours, sur une moyenne annuelle de plus de 400 élèves ; de 4840 à 1862, il a fait un cours de topographie (*) et dirigé les exercices des élèves sur le terrain. En 4842, de retour d'un voyage en Bavière, il ouvre une série de leçons publiques sur l'histoire de l'architecture ; les élèves des diflerentes Facultés se groupent autour de sa chaire, et le gouvernement donne au jeune professeur un témoignage de satisfaction, en l'envoyant faire le tour de l'Italie Uentré à Liège, il reprend et continue pendant plusieurs années son cours d'histoire de l'art, lequel au reste n'était qu'un appendice de celui d'architecture civile, confié à M. Schmlt depuis 4840. En 4847, il fallut y renoncer : le cours d'architecture civile

( * ) Il 8 été nommé, le 90 novembre 4844, agrégé k la Faculté des sciences.

(* y Schmit, aine , mourut archileclo de la ville de BruxeUas. Son fils, geodre de M. J. P. Schmit, est actuellement professeur de hantes mathématiques à TU Diversité libre de

la capitale.

(*) Les tâches ont été depuis divisées, à raison de l'accroissement considérable de la popuUition des Écoles.

( * ) Aujourd'hui confié à 11. A. Habcts (v. Tart. NoEL).

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fut réuni au cours de constructions industrielles, sous le nom d'architecture industrielle (cours annuel) : M. Scbmit en est encore titulaire. Depuis 1867, il expose publiquement à la Salle académique Tintéressante théorie de VaxonottuHrie, quMl vient d'enrichir de nouveaux développements et dont il a considérablement étendu les applications (v. ci-après). Un arrêté du 5 septembre i868 lui a conflé le cours de géométrie descriptive, délaissé par Brasseur (v.ce nom), et Ta déchargé en même temps de la direction des travaux graphiques.

— En dehors de rUniversité, M Schmil s*est particulièrement fait remarquer par la part active qu*il a prise aux travaux du Conseil de salubrité publique de la province de Liège (v. les Rapports annuels deM.Spring, président). — En i8i8, M. RogiiT, ministre de Tintérieur, adressa, sous la date du 8 avril, une circulaire aux gouverneurs des provinces, pour les engager à étudier la grave question des engrais des villes, doublement importante au point de vue de rhygièneetdesflnances communales.

Le Conseil de salubrité de Liège, depuis longtemps sous Tempire des mêmes préoccupations, nomma aussitôt une Commission spéciale, et celle-ci jugea indispensable, avant tout, de recueillir en faisant étudier de près les établissements le plus en renom , des données précises pouvant servir à Tintroduction, dans le pays,d'un système régulier de récolte et de distribution des engrais. M.

Schmil fut envoyé à Lyon, cité dont la situation topographique oppose, ù la réalisation d*un tel projet, des diflicultés analogues à celles qui se présentent dans la ville de Liège. La Société générale des engrais de France (dite ^^ironnet) avait dès lors établi à Villeurbanne, près de Lyon, un service d'exploitation modèle. M. Schmit Tétudia dans le plus grand détail, et publia en 4850, dans les Annales du Conseil de salubrité, un rapport explicite, qui fut distribué par le gouvernement aux principales administrations du royaume et exerça par-

tout une légitime influence. M. Piercot, bourgmestre de Liège, fit en quelque sorte ji Tauteur un devoir de mettre lui-même ses conclusions en pratique : M. Schmit accepta cette mission temporaire et, dans la période de i852 k i858, ouvrit le marché de la Campine aux engrais de Liège, activant ainsi le défrichement des bruyères tout en assainissant la ville. 11 eut bientôt Voccasion d'étendre au dehors l'influence de ses idées; déjà en 4851, le ministre de l'intérieur l'avait chargé de procéder à une enquête sur les taxes d'octroi dont les engrais d'Anvers étaient frappés à la sortie; en 485â, le ministre de la justice mit sous sa direction les travaux d'assainissement des prisons de TElat à Vilvorde, à Gand et à Uoogstraelen (*) ; en 4853 enfin, M. Rogier l'envoya de ville en ville étudier le système des engrais, avec mission de rédiger un rapport circonstancié, qui fut communiqué l'année suivante aux Chambres législatives et inséré dans les Annales parlementaires. Libre enfin, après 4858, de se consacrer entièrement à ses travaux ordinaires, M. Schmit s'est particulièrement occupé, depuis lors, des applications de la géométrie descriptive. On conçoit que ses occupations multiples ne lui aient guère laissé le loisir, pendant longtemps, de publier de nombreux ouvrages. Nous avons cependant à mentionner de lui les travaux suivants :

4» ^"otice (en anglais) sur la Théotèque de réglise de LinUfourg (prov. de Liège). Londres, Wells, 4842, in-folio, avec une planche lith. à 2 teintes (dessinée par M. Schmit).

2» Extrait d'un Mémoire sur Varchitecture en Italie (Mém. de la Société royale des sciences de Liège, mai 4845 , in-8*».)

M. Schmil fait partie, depuis l'origine, de la Société royale des sciences.

3*» Atlas d' épures de géométrif descriptive et des applications de cette science Liège, 4850-4860, in-foL

Cet allas se compose de ^4 planches com-

( * ) L'accomplissement de cette mission biles de M. Scbmit ont été adoptés par le dura quatre ans. Les appareils de fosses mo- Conseil supérieur du royaume.

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posées par M. Schmil poar les cours de travaux graphiques à l'Ecole des mines, et gravées par lui-même.

i<^ Moyens de recueillir et d'utiliser les engrais qui se perdent dans les grand* centres de population au détriment de la salubrité publique et de VagricuUure, Liège, 1850, un vol. in-8''.

C'est le rapport rédigé k la suite du voyage à Lyon. Il comprend tout le 4* volume des Annales du Conseil de salubrité de Liège, Le gouvernement en a fait distribuer 800 exemplaires aux administrations communales.

5** Rapport sur Vexploitation des engrais de ville à Anvers (adressé au ministre de rintérieur). Bruxelles, Lesigne, i851, in'8^

6« Enquête sur les engrais des villes (Rapport transmis à la Chambre des représentants dans la séance du 30 janvier 1854, et inséré dans les Documents parlementaires, sous le n» 121).

7° Traité d'axonométrie (sous presse).

L'axonométrie est an système des projections permettant de figurer les objets, datts une seule image, de telle manière que les trois dimensions principales, nécessaires à la construction, y soient mesurables directement, sur des échelles connues. L'objet est incliné sur le plan de projection ; mais les projetantes sont orthogonales , tandis que la théorie des projections obliques admet une position orthogonale de Tobjet par rapport ao plan de projection, mais exige des projetantes obliques à ce plan. — L'axooomtitrio comprend les perspectives ca valières et les projections dites militaires, Monge n'avait enseigné que les projections orthogonales sur deux plans de projections, et les projections polaires ou perspectives. Les premières exigent, dans la lecture de l'épure, une synthèse fatigante des deux projections ; elles ne font pas image. Les autres font image, mais ne peuvent servir k la construction. Les projections axonomdtriques et les projections obliques réunissent les deux avantages et évitent la synthèse : elles sont aujourd'hui enseignées k l'Ecole polytechnique de Paris et dans toutes les écoles spéciales d'Allemagne ; M. Schmit est le premier et le seul qui, jusqu'à ce jour, ait enseigné cette doctrine en Belgique. 11 l'a introduite dans ses cours de TEcole des

mines depuis 1840. Rien n'avait encore paru sur cette science. Le traité de Weissbach, imprimé à Freiberg, ne date que de 1844. Le premier dessin axonomélrique publié en Belgique par M. Schmil est la vue perspective de l'établissement de Ruysselede, insérée dans on rapport de M. Ducpétiaux à la Chambre des représentants. En ouvrant un COMTS public d'axonoroétrie (1867), M. Schrait a voulu rendre celte découverte accessible à des élèves qui ne connaîtraient que les premiers éléments de la géométrie. Il expose une théorie nouvelle des ombres axonométriques qui simplifie les applications de la science; dans son cours de 1868, il développe les projections obliques , d'après une théorie qui lui appartient également.

8» Rapport sur les ouvrages de M, le docteur Varrentrapp (Drainage des villes. Berlin, 1868) et de M. Vingénieur Rurckly (Canalisation des villes. Zurich, 1866), suivi d'une Note sur le déversement des eaux chaudes dans les égoûts. Liège, 1868, in-8°.

Extr. des Annales du Conseil de salubrité de la province de Liège,

9** Cours de géométrie descriptive- — Point, droite, plan. — Livre I : Projections cotées. Liège, Desoer, 1868, 51 p. in-8° et i pi. in-4*».

La science du dessin, selon M. Schmit, peut se réduire k cinq systèmes de représentations graphiques des corps : le système orthogonal sur un plan, combiné avec \ei cotes de hauteur chiffrées ou les rabattements qui ne sont encore que des ombres portées ; le système orthogonal sur deux plans rectangulaires , constituant la géométrie descriptive de Monge; le système orthogonal sur un plan , combiné avec des projections sur trois plans rectangulaires j et formant l'axonométrie de Weissbach ; le système par rayons projetants obliques aux plans de Timage, connu sous le nom de projections obliques ; enfin, le système central ou polaire, que l'on désigne sous le nom de perspective,

M. Schmit met en relief (parag. 148 et suiv.) l'importance du procédé d'application de la théorie des projections cotées à la représentation des couches de houille, employé pour la première fois par M. J. van Scherpenzeel-Thim , chargé de la confection do la Carte générale des mines de la Belgique ( ' ). La pi. IV de l'atlas représente un spécimen de carte minière qui ne laisse rien à désirer.

Dans un second volume, l'auteur traitera

(*) V. l'art. DuvORT, col. 931 ei S39.

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des courbes et des surfaces courbes employées dans les arls^ des questions de contact et d'intersection des surfaces, de l'application de la théorie des ombres et de la perspective aérienne à la représentation des coiirbures et des positions de ces surfaces ; mais en choisissant, pour chaque cas donné, le système de projection le plus approprié (v. la Rcvut de t Instruction publique en Belgique, t. XI, 1869, p. 413-415).

10« Programme détaillé du cours de géométrie descriptive fait à VUniversité de Liège en 1868-1809 par J.-P. Schmit, Liège. Ch. Jaspar et flls, 1869, in-8*» {autographié).

Promibre piKie (cours du semestre d'hiver) : PrQjectiois cotées et projections or* tbogonates sur deux plans rectangulaires.— â« partie (cours du semestre d'été) : Projections axonomélriques orthogonales ; id. obliques ; projections polaires ou perspective linéaires; projections stéréographiques.etc.; théorie des ombres, appliquée aux différents systèmes de projections; perspective aérienne, avec les mêmes applications, coupe des pierres et charpente.

Le 8 janvier 1868, M. Schmit a reçu de S. M. le roi des Pays-Bas la croix de chevalier de l'Ordre de la Couronne de chêne.

Hehwitnn (Thëodore), 0. $t, né à Neuss« près Dusseldorf, le 7 décembre 1810, commença ses humanités au progymnase de sa ville natale et les acheva au gymnase de Cologne (ancien collège des Jésuites). Il manifesta de très-bonne heure une aptitude marquée pour tes sciences physiques et mathématiques, mais ne s'en distingua pas moins dans l'étude des langues, si bien ({u'en quittant les études moyenne», il était encore indécis sur le choix d'une carrière. L'Université de Bonn brillait alors du plus vif éclat : ce fut là quil prit ses inscriptions, au mois d'octobre lSâ9, comme étudiant en philosophie. Van Calker (logique), Bobrik (psychologie), Hermès (introduction philosophique à la théolo-

gie catholique), Delbnick (liltéiitlure latine), Plucker (algèbre supérieure), Diesterweg (de rébus positivi^ et negatiris), Treviranus (botanique), Nées von Esenbeck (pharmacologie) , Goldfuss (zoologie), Nœggerath (minéralogie), Miinchow (physique) et Bischof (chimie expérimentale) furent ses preraiei^ maîtres (*). Insensiblement les prédilections de son adolescence devinrent dominantes ; il résolut enfin d'associer Tétude de la médecine à celle des sciences naturelles. Llllustre physiologiste Jean Mùller, alors simple privatdccent à Bonn, mais déjà renommé dans tonte lEurope, lui enseigna l'encyclopédie médicale, l'analomie comparée, la physiologie et la pathologie générale; Weber et Meyer, l'anatomie générale et spéciale, ainsi que l'art des dissections; Uarless, l'hygiène et la diététique; Naumann, la pathologie spéciale. Jean Millier surtout exerça sur lui une grande influence, en l'associant à ses travaux: M. Schvvann l'assista dans tontes ses expériences sur la différence des racines sensitives et motrices des nerfs, sur le sang, etc. On sait que la méthode expérimentale, introduite dans la physiologie par Magendie, fui cultivée par Mùller avec cette rigueur consciencieuse qui c^iraclérise la nation allcmamld, et avec un succès qui marque dans l'histoire de la science. Le jeune étudiant ne ponvait tomber en meilleures mains : le maiure, d'autre part, apprécia en lui un disciple destiné à en fortner d'autres à son tour; dès celte époque, il l'engagea vivement ii poursuivre ses éludes de manière à pouvoir ambitionner, plus tard, une chaire académique.

Après avoir subi à Bonn, le i août 1851 , l'examen dit philesophique cl scievlifique, qui donne droit au litre de bachelier en philosophie, M. Schwann se rendit à l'Université de ^Vurzhourg, célèbre par son enseignement médirai; il y fréquenta pendant un an et demi les cours du doctorat en médecine (*) et la

( * ) Nous extrayons ces détails du Curriculum vitœ annexé, selon l'usage, à la thèse de doctorat de notre eoUëgue.

( * ) Mûnz fanatomie spéciale et anatomie pathologique), Rumpf (matière médicale),

Textorf chirurgie etakiurgie), Schœnlein(pâthûlogie et thérapeutique spéciales). d'Outrepont (art obstétrical). Il assista égalemeot aux leçons de Wagner (phitts. praliiiae et philos, naturelle).

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clinique médicale du célèbre Schœnlein, puis celle de Marcus, la clinique chirurgicale et ophlhalmologique de Textor et de JîPger, enfin la clinique des accouchements de d'Oulrepont. Au mois d'avril 1855, il se transporta à Berlin pour achever ses études (*) et passer SCS derniers examens. Le litre scientifique de docteur en médecine lui fut délivré par la Faculté de cette ville le 51 mai 185i, après un examen rigorosum.

Sa thèse inaugurale est intitulée: De necessitate aëris atmospherici ad evolutionem jmlli in ovo incubito (Berlin, 1854, iu-'i''). 11 prouva, dans ce travail expérimental, que Tœuf de poule ne se développe ni dans Tazote, ni dans Thydrogène pure, ni dans Tacide carbonique, ni dans le vide, mais que Toxygène est indispensable pour faire naître les premières traces de Tembryon.

Pendant l'hiver de 185*5- 1834, M.

Schwann subit Texamen d'Ef ni (Stnats- Examen) qui donne accès à ia pratique médicale et dure ordinairement quatre mois. Son brevet de médecin et de chirurgien porte la date du 26 juillet 1854.

Sur ces enlrefaiies, Jean Mûller avait accepté, à Berlin, la chaire d'anatomie et de physiologie, devenue vacante par le décès de Rudolphi. C'était une bonne fortune pour l'ancien élève de Bonn.

Huiler prit une vive part aux expériences de M. Schwann sur l'incubation des œufs dans les gaz irrespirables, et insista de nouveau pour le décider ù entrer dans l'enseignement. Ses conseils furent écoulés: bientôt, par son influence, notre collègue obtint une nomination d'aide-naturalistc au Musée d'anatomie humaine et comparée , à l'Université de Berlin. Mûller était directeur du Musée : M. Schwann troMva ainsi l'excellenle occasion de l'aider de nouveau dans toutes ses expériences, préparatoires à la publication de ce célèbre Traitéde physiologie humaine, qui éleva le professeur de Berlin au premier rang parmi les spécialités contemporaines.

Ces travaux n'empêchèrent pas M.

Schwann d'entreprendre des recherches

pour son propre compte. Le docteur Eberie, de Wurzbourg, dans un travail sur la digestion, venait de publier l'expérience suivante : « Si l'on ajoute à une membrane muqueuse préparée quelques gouttes d'acide chlorhydrique, et si l'on y met pendant quelques heures des morceaux d'albumine coagulée , à la température du corps, ces morceaux deviennent transparents et se dissolvent. » Mùller et son aide répétèrent et confirmèrent celle découverte, qui implique la digestion artificielle (Mûllefs Archiv, 1856, p. 66). Cependant M.

Schwann s'engagea plus avant, et seul, dans la nouvelle voie ouverte. 11 filtra celle substance pultacée et montra que le liquide aqueux filtré possède la même propriété dissolvante. Il prouva que c'est uniquement la muqueuse de l'es^ tomac qui produit cet effet, qu'il est dû à la présence d'une substance organique particulière, dont il détermina les réac lions principales et à laquelle il donna le nom de pepsine. 11 découvrit ainsi le principe essentiel de la digestion stomacale. Il démontra qu'en commun avec l'acide , la pepsine dissout aussi les autres substances albuminoîdes ; que cet effet a lieu quand même la pepsine est en quantité minime (par catalyse); enfin, il détermina le rôle que les acides jouent dans cette opération (Ueber das Wesen des Verdauungsprocesscs, Mùller's Archiv, 1856, p. 90). Il confirma, dans ce même travail, la découverte de Leuchs sur la transformation de la fécule en sucre par la salive.

Ces travaux chimiques furent suivis de recherches microscopiques. M.

Schwann examina la texture des muscles volontaires, indiqua une méthode d'isoler les fibres primitives et montra l'origine des stries transversales de leurs faisceaux primitifs {Physiologie de Mùller, t. U, p. 55). Il chercha la terminaison des nerfs dans les muscles, sans parvenir k la découvrir; il n'admit point la terminaison par anses, généralement adoptée à cette époque, aujourd'hui entièrement réfutée {Ibid., t. H, p. 54).

( ' ) U suivit à Berlin la clinique médicale de Barlets et de Wolf, la clinique chirurgicale de Rust, la clinique ophthalmiatriquc de

Jûngken et le cours d'histoire de la médecine de Uecker.

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Armé du microscope, il constata le premier l'existence de parois propres des vaisseaux capillaires (Ib., 1. 1, p. i75). 11 montra par des expi^riences physiologiques, au moyen d'eau froide, la contractililé musculaire des artères {Encycl. Wœrterbuch der Medic, Wissenschaft, art. Gefœsse ; PhysioL de Mùller, l. 1, p. 170).

Le tissu jaune élastique fut un autre objet de ses recherches microscopiques.

Lauth avait déjà démontré que ce tissu diffère radicalement du tissu fibreux ; M. Scimann en découvrit les propriétés microscopiques, d*un caractère trèstranché (EncycL, Wœrlerb,, vol. XIV.

p. 216, et Eulenbourg, De telà elasticù^ Berlin, 4836). 11 découvrit, dans le mésentère de la grenouille et dans la queue des têtards, la division d'une fibre primitive de nerfs, observation sans préttédent jusqu'alors {Pkyml, de Millier, t. L p. 524 ; t. Il, p. 55). Il prouva le premier, par l'examen microscopique et par le rétablissement de la fonction, la reproduction des nerfs coupés, et, le premier, il se servit de cette faculté pour résoudre la question de savoir si les fibres, sensitives ou motrices, irritées au milieu de leur trajet, propagent leur irritation vers le centre et la périphérie à la fois, ou seulement dans une de ces directions (Ibid.), — Se tournant alors vers un autre mystère physiologique important, il aborda parla voie expérimentale le problème de la génération spontanée.

Un flacon en verre fut à moitié rempli d'eau contenant des morceaux de viande.

Même après la coction, des infusoires se forment dans ce liquide au bout de quelques jours, si l'air peut y entrer, M. Schwann ferma le goulot au moyen d'un bouciion en liège, traversé de deux tubes en verre chauffes dans un bain de plomb fondu. Après une forte ébullition de l'eau du flacon , pour chasser l'air, il laissa refroidir. L'air extérieur ne pouvait s'introduire dans le flacon, pendant le refroidissement, qu'en passant par les tubes chauffés dans le bain. La fusion du plomb fut entretenue pendant plus d'un mois (en été), et un courant continuel d'air fut établi par les tubes et le flacon. Aucun in*usoire ne se forma dans Veau, Pour

plus de sûreté, l'air fut analysé après son passage par le flacon : la quantité ordinaire d'oxygène y fut reconnue. Les infusoires apparaissaient promptement, dès que les tubes n'étaient plus chauffés. Ces expériences sont sans contredit les plus concluantes qui aient encore été faites à propos de la génération spootanée : la cause de la formation d'infusoires existe dans l'air , et cette cause cesse d'agir si Tair est chauffe, tandis qu*à cette température l'oxygène et l'azote ne changent pas de proportion ; la conclusion « que ce sont des germes volant dans l'air » se présente d'ellemême (Annales de Poggendorf, 1857, vol. XLl, p. iU).

M. Schwann remarqua en même temps que la viande du flacon ne pourrissait pas. On connaissait bien déjà la méthode d'Appert, qui consiste à conserver la viande dans des vases clos, chauffée à 100''; mais on allribuait l'absence de putréfaction au défaut d'oxygène. Les expériences de notre physiologiste prouvèrent que la putréfaction n'a pas lieu, même quand l'air avec son oxygène arrive en abondance, pourvu que cet air soit chauffé suffisamment pour tuer les germes d'infusoires.

Les infusoires sont donc, se dit-il, la cause de la putréfaction : il prouva en effet par d'autres expériences que fout ce qui tue les infusoires eropê(*he également la putréfaction. Voulant alors faire la contre-épreuve et démontrer que, dans d'autres phénomènes où l'air Joue un rôle , il n*y a aucune différence entre l'air chauffé ou non chauffé , il fit des expériences sur la fermentation alcoolique. Contre toute attente, l'air chauffé ne produisit pas non plus la fermentation. Il conclut : de deux choses l'une, ou l'air* chauffé subit un changement inconnu, qui est la cause de la putréfaction et de la fermentation alcoolique , ou celle-ci est aussi produite par des êtres vivants, il exainioa donc la levure au microscope, et fut aussi étonné que ravi de trouver qu'elle est entièrement composée de champignons. Il observa l'accroissement de ces champignons pendant la fermentation et prouva que tout ce qui tue le champignon empêche la levure d'opé-

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rer la fermentation (Ànn. de Poggen- (lorf. 1837). Plus lard (Miscroscop, Untersuchungen^ p. 254), il démontra encore que Tacide carbonique de la fermentation alcoolique se forme autour des champignons. Une solution faible de sucre avec un peu de levure fut colorée en bleu par du tournesol et introduite dans un long tube en verre. Au milieu de ce tube se trouvait une tige transversale, sur laquelle une partie des champignous devaient se déposer.

La coloration en rouge, due à Tacide carbonique, commença effectivement à se produire au fond et autour de cette tige. Il appliqua donc sa théorie de la putréfaction à la fermentation alcoolique produite parles champignons de la levure. 11 inaugura ainsi celte série de travaux poursuivis depuis par beaucoup d'auteurset principalement par M. Pasteur, sur le rôle très-important que les germes d*aniraaux et de végétaux inférieurs suspendus dans T^irjouent dans la nature inerte el dans la nature vivante.

Dès le début de ses recherches , M. Schwann sVfforça dlntroduire en physiologie la méthode rigoureuse d*expérimentation qu'on n'avait précédemment appliquée qu'à l'élude de la nature inanimée, et qui est devenue depuis le cachet de la physiologie moderne. 11 choisit à cet effet la contraction musculaire, acte évidemment vital, et qui, à la différence d'autres actes vitaux tels que la sécrétion, offre l'avantage d'être exempt de changements qualitatifs.

A quelles lois la contraction musculaire est-elle soumise ? Pour résoudre cette question, il attacha le tendon d'une patte de grenouille à une balance d*une construction particulière, puis il iriita le nerf du muscle. La contraction fit descendre le fléau jusqu'à une certaine hauteur, qu'il marqua sur une échelle par 0. Ce point 0 indique le maximum de contraction du muscle sans charge. Un certain poids ayant ensuite été mis sur le plateau opposé de la balance, il irrita de nouveau le muscle. Celui-ci ne se contracta plus jusqu'au point 0, mais resta à une dis-

tance M de ce point. Le poids étant doublé, le muscle irrité se trouva arrêté à une distance â M du point 0, et ainsi de suite : c'est la loi des corps élastiques. Un muscle irrité se contracte donc comme un corps élastique ayant la longueur du muscle contracté au maximum, et allongé jusqu'à la longueur du muscle en repos. La modification qu'une irritation produit dans un muscle consiste donc dans un changement des molécules du muscle , qui est tel, que leur équilibre stable est établi seulement lorsque le muscle est contracté au maximum ; dans ce nouvel état moléculaire, le muscle est un corps élastique. Ces expériences furent faites publiquement à lena en 1830, à la réunion des naturalistes allemands. Elles furent publiées dans le compte rendu de cette réunion et dans la Physiologie de Mûller, t. H, p. 59. C'était, comme le fait remarquer M Dubois-Raymond ('), c'était la première fois qu'on examinait comme une force physique une force évidemment vitale, et que les lois de cette force étaient mathématiquement exprimées, en chiffres. Les expériences de AL Schwann n*attirèrent cependant pas l'attention publique autant qu'elles le méritaient : les esprits n'étaient pas assez préparés pour ce mode d'examen. Dix ans plus tard, Ed. Weber les reprit et poursuivit avec beaucoup d'éclat.

La tendance de notre collègue d'introduire dans la physiologie un mode d'explication plus exact que celui qui régnait alors sans contestation, l'explication par la force vitale, se dévoila de la manière la plus décisive dans le travail qu'il publia trois ans plus tard , sur le développement des tissus. Ce livre, d'une importance hors ligne, est intitulé : Mikroscopische Untersuchungen ûber die Ubereinsiimmung in der Structur unddem Wachsthumder Thiere und Pflanzen. BerWn, 1859, in-8°. On admettait généralement à cette époque, dans chaque être, l'existence d'une force unique particulière, dite force vitale.

On se figurait cette force réunissant les molécules en organisme, à peu près comme un architecte bâtit une mai-

{*, Notice nécrologique sur J. Mûller [tAé- Diom. de l'Âcad. de Berlin, 1859, p. 79.

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son, d'après une idée, sans cependant avoir conscience de cette idée. On ia considérait comme agissant dans chaque tissu et lui donnant ce que J. Mûtler appelait son énergie propre, La coniractilité , par exemple , était l'énergie propre des muscles, Tirrilabilité («Ile des nerfs, etc. D'après J. Mûller, les phénomènes de la vie se distinguent de ceux de la nature inerte, en ce que les agents qu'on applique sur un organe vivant ne font que provoquer l'énergie propre du tissu, si bien que l'effet est le même quel que soit l'agent appliqué, tandis que dans ta nature inerte l'effet produit est quelque chose d'intermédiaire enire l'agent appliqué et In substance à laquelle on l'applique. Ainsi , un muscle ne fait que se coniracter, que l'agent qu'on y appliiiue soit mécanique, chimique , électrique, etc. , tandis qu'un acide agissaiit sur une hase produit un sel, qui n'est ni acide ni base.

Les découvertes de M. Schwann changèrem radicalement cette manière de voir et jetèrent les fondements de la physiologie moderne , qui s'appuie sur le prhicipe opposé. Les phénomènes de la vie, dit-il, ne sont pas produits par une torce agissant d'après une idée, force qui serait donc plus ou moins analogue au principe immatériel et conscient de l'homme, mais par des forces essentiellement les mêmes que dans la nature inorganique, par des forcées agissant aveuglément et avec nécessité, comme les forces physiques. On pourrait admettre, ajoule-t-il, que les forces formatrices des organismes n'agissent pas dans la nature inerte, parce que les combinaisons des molécules qui les dégagent ne s'y rencontrent pas ; mais il ne s'ensuivrait pas encore qu'il fallût les dislingueressentiellementdes forces physiques ou chimiques. La finalité, continue-t-il , même un haut degré de finalité individuelle, dans chaque organisme , est incontestable ; mais celte finalité ne provient pas de ce que chaque organisme serait produit par une force individuelle agissant d'après une idée; elle est déterminée de la même manière que dans la nature inerte : il en faut chercher l'explication dans la création de là matière avec ses forces

aveugles par un être infiniment intelligent {Mikroscopische Untersnchnngen, p. 22i et suiv.). M. Schwann oppose donc rexplication physique à l'explication téléologique (explication par finalité). Celle-ci implique une personnification des forces de la nature , qui marque toujours l'enfance des sciences.

M. Schwann a été conduit à cette manière d'envisager les organismes par la découverte qu'il a faite, en 1857, de l'uniformité de la texture et de l'accroissement des animaux et des végétaux.

On connaissait depuis longtemps l'uniformité de la texture des plantes : elles ne se composent que de cellules. On en était déjà venu à inférer que l'être vivant dans une plante n'est que la cellule, et que la plante est une agrégation de cellules. Robert Brown, d'autre part, avait signalé dans beaucoup de cellules un corps caractéristique, ordinairement ovale et aplati, appelé noyau et renfermant lui-même un corpuscule appelé nucléole, Schleiden prouva que ce noyau existe dans toutes les cellules jeunes ; qu'il précède même la formation de la cellule, et que celle-ci. dans son origine, s'insère sur lui comme un verre de montre sur la montre. Schleiden communiqua verbalement le résultat de ses travaux à M.

Schwann, qui fut frappé de la ressemblance de ce corps important, nous voulons dire du noyau des cellules des plantes, avec un corps déjà connu qu'il avait observé souvent chez des animaux, par exemple dans les corpuscules du cartilage, dans les cellules de Tepithelium, etc. Il reconnut immédiatement qu'un nouveau principe serait mis en lumière, s'il parvenait à prouver que ce corps se forme aussi , chez les animaux, avant la cellule épithéliale, avant le corpuscule du cartilage. Ce point établi, l'analogie complète entre le corps du règne animal et le noyau des cellules des plantes ne saurait être révoqué en doute II serait démontré qu'il existe chez les animaux des parties élémentaires se développant essentiellement de la même manière que les cellules végétales ; d'où l'on serait fondé à soutenir que la cause qui fait croître les parties animales doit

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êlrela même que celle qui fait crolf re les cellules végétales. Si donc la cause de raccroissement des cellules des végétaux réside en elles-mêmes et non pas dans la plante entière, les parties animales dont il s*agit doivent avoir aussi la cause de leur croissance en elles-mêmes, et non pas dans une force qui tiendrait à l'organisme entier. Mais s'il y a dans Torganisme animal des parties élémentaires qui se soustraient à faction de la force unique qui, selon Topinion commune, bâtit le corps d*après une idée, Texistenee de cette force même devient douteuse. Admettons par hypothèse sa non-existence : dès lors la force Inhérente aux molécules elles-mêmes peut seule rendre raison de raccroissement des parties élémentaires. Or les molécules ne différant pas essentiellement les unes des autres, les forces par lesquelles elles se réunissent doivent être aussi partout essentiellement les mêmes, et par conséquent aussi le mode de réunion, le mode de croissance doit être le même. Dans le règne végétal, le mode de réunion consiste Incontestablementdans leur assemblage en cellules à noyau préexistant ; le même mode de réunion doit exister aussi dans la formation et le développement de toutes les parties élémentaires de ranimai : toutes doivent être des cellules à noyau, plus ou moins transformées.

M. Schwann entrevit d'un coup d'œil toutes ces conséquences et se mit à chercher par le microscope, d'abord pour un seul tissu, les cartilages, Tidentité du noyau des corpuscules du cartilage avec le noyau dos cellules végétales, la nature ceilulairedeces corpuscules, la préexistence de ce noyau avant les corpuscules , la formation de jeunes cellules dans une cellule mère : bref, tout ce qui peut prouver l'identité de la compo sitlon et du développement des cellules du cartilage avec les cellules végétales.

Ayant acquis, non sans peine , celte certitude, il se tint pour assuré de trouver le même mode de développement dans tous les tissus des animaux, précisément parce que pour lui Une s'agissait pas de la simple généralisation d'un fait. Il avait reconnu le principe qui est au fond du fait, c'est-à-dire que deux

tissus radicalement différents se développent de la même manière, proposition difficilement compatible avec l'explication de la croissance par une force commune, réunissant les molécules d'après une idée. Les molécules se réunissent par leurs propres forces , qui sont partout essentiellement les mêmes.

L'examen du développement de tous les tissus a pleinement confirmé la théorie de M. Schwann. Il a démontré que l'œuf est une simple cellule k noyau; que 4es vaisseaux, les os, les muscles, les nerfs, les globules de ganglions, bref , les éléments de tous les tissus, ne sont, dans l'origine, que des cellules à noyaux, qui subissent plus tard diiEérentes transformations. La formation de cellules est la loi générale de l'accroissement de tout ce qui vit, du règne animal aussi bien que du règne végétal : partout où un organe, partout où un être tout entier doit se former, il y a un noyau qui se forme d'abord, puis une cellule qui vient l'entourer ; celle-ci peut se multiplier de la même manière, c'est-à-dire par la formation d'un noyau, etc., et toutes les cellules peuvent se transformer ultérieurement.

La confirmation de prévisions atteintes en vertu d'un principe donnait à ce principe une grande autorité, ou plutôt elle en devenait la véritable preuve.

L'hypothèse de la vie individuelle des cellules végétales,avancée par quelques botanistes, n'était soutenable, même pour les plantes seules, qu'aussi longtemps qu'on séparait complètement le règne végétal du règne animal , comme on le faisait à cette époque ; elle perdait sa base, du moment que les deux règnes étaient considérés comme formant un seul tout. Or, la découverte de M.

Schwann, que tout ce qui vit, est cellule, établit cette hypothèse comme loi générale de la nature vivante. M. Schwann fit encore un pas déplus, en établissant, à raison de son principe , que la vie individuelle des cellules a sa cause dans les forces qui sont inhérentes à chaque molécule.

Le champ des observations étant ainsi étendu à toute la nature vivante, le mot de <^//»/f, adopté pour le règne végétal,

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perdit sa significallon étymolo^que de cavité entourée d'une membrane : it devintun terme physiologique désignant cette forme primitive commune, sous laquelle apparaissent, dans leur origine, toutes les parties élémentaires des organismes. M. Schwann chercha k reconnaître ce qu1l y a d*essentiel dans cet élément primitif de tout ce qui vit. Ce n'est pas l'existence d'une cavité entourée d'une membrane, mais Texistence d'une couche autour d'un noyau.

Il définit la cellule : un corps composé de plusieurs couches superposées , qui se développent de telle manière, que la coucheinterne précède la couche externe. Ordinairement, il y a trois de ces cx)uches : nucléole, noyau, cellule ; quelquefois deux seulement : dans chaque couche, la surface peut se condenser en membrane ou la couche peut rester solide. Cette définition est vraie encore dans l'état actuel de la science.

M. Schwann publia ses recherches au fur et à mesure de ses découvertes, à partir du commencement de Tannée 1858, dans les Notices de Froriep, n"" 91, i03 et 112. Le travail complet, cité plus haut, parut en 1859.— L'auteur était remonté jusqu'au phénomène fondamental de l'accroissement, c'est-àdire du seul acte essentiel de la vie: on appelle vivants des êtres qui ne présentent que ce phénomène, et il existe chez tous. Dès lors il put comparer cet acte vital essentiel avec le phénomène le plus analogue de la nature inerte, la cristallisation. îl établit donc un parallèle entre la formation des cellules et la formation des cristaux, en notant avec soin les concordances rt les différences.

Immense fut l'effet produit dans tous les pays |)ar la publication de l'ouvrage de l'infatigable investigateur.

« Nous doutons, dit un auteur anglais ( *) dans un aperçu historique des progrès de la médecine, nous doutons que l'histoire des sciences naturelles puisse fournir l'exemple d*une révolution plus radicale dans la direction et le caractère des travaux scientifiques, que celle qui a été opérée en 1858 et 1859 par

la mise en lumière de la théorie histogénétlque de M. Schwann. » Aussi les sociétés savantes s^empressèrent-elles d'adresser de toutes parts au jcane physiologiste des témoignages éclatants de sympathie. La Société Senckenbergienne de Francfort lui décerna la médaille de Sœmmering (1841); la Société royale de Londres, celle de Copley (1^ décembre 1845), deux distinctions qui sont accordées, sans concours, à l'ouvrage le plus important publié dans le cours d'une longue période. La Syàenham Society fit traduire le livre de M. Schwann en anglais ; nombre d'autres Sociétés voulurent compter l'auteur parmi leurs membres : nous en donnerons la liste ci-après.

Pendant qu'il se livrait aux travaux qui devaient ainsi étendre sa réputation au dehors, il occupait toujours sa position d'aide-naturaliste au musée de Berlin, sauf à donner de temps i autre dos cours privés sur l'histologfie. Comme il préparait sa demande pour être nommé professeur extraordinaire il l'Université de Berlin, la chaire d'anatoroie générale et descriptive devint vacante à TUniversité de Lou>'ain, par suite du déc^s de Windiscbmann. Elle lui fut offerte et il l'accepta au mois de décembre 183S. il dut hâter la publication de son ouvrage et même en retrancher une partie de sa théorie, |)onr que l'impression pût être terminée avant son départ <le Berlin. Il commença ses leçons à Louvain en avril 1859. Le 14 décembre 1845, le roi Léopold le décora de son Ordre; le 15 novembre 1848, le gouvernement belge rappela en qualité de professeur ordinaire â l'Université de Liège, pour y faire les mêmes cours dont îl avait été titulaire Jl Louvain. Par arrêté royal du 24 août 1858, il fut déchargé du cours d'anatomie descriptive et obtint en échange la chaire de physiologie, qu'il occupe encore aujourd'hui, tout en conservant le cours d'anatomie générale. H est officier de l'Ordre de Léopold depuis le 15 novembre 1859.

Depuis son arrivée en Belgique, M.

Schwann s'est livré à un grand nombre

(* ) Simon,Oii /A« Thymutgland, Londres, 4845, p. i 6.

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d*expériences sur le rôle que la bile joue dans Téconomie animale. Il a démontré que les animaux périssent d1nanition, après un temps plus ou moins long, si la bile, au lieu de pénétrer dans rintestin, s'écoule au dehors par une fistule. Ces expériences ont ouvert une nouvelle voie dans un des domaines les plus importants de la physiologie des fonctions végétatives (Nom. Mém, de l*Acad. royale de Belgique^ t. XVIIÏ, 48U)(*).

Voulant prêter son concours au système de travaux associés, inauguré sous le patronage derAcadémie belge, et auquel Fobservation des phénomènes périodiques avait servi de point de départ, il s*est occupé d'établir la mesure des principaux organes internes du corps humain et d'en constater le poids, ainsi que celui des tissus, par Texamen comparatif de plusieurs cadavres d'individus morts par accident (/Md ,t. XVI et XVIII).

Une autre série de recherches intéressantes fut entreprise par M. Schwann vers 1852. Une catastrophe arrivée dans une houillère avait déridé l'Académie à mettre au concours le problème suivant : « Trouver le moyen de vivre dans un gaz irrespirable, de s'y mouvoir librement et de s'y éclairer. » Il est possible de vivre en respirant toujours le même air, se dit le professeur de Liège, si l'on parvient à absorber l'acide carbonique dégagé par la respiration, et k remplacer Toxygène absorbé. Or il suffit de faire passer l'air expiré sur du peroxyde de baryte, pour obtenir œ double avantage au moyen d'une seule et même substance. Cependant il est nécessaire d'ajouter encore de l'oxygène : M.

Schwann atteignit ce résultât en faisant tomber de l'acide acétique sur une autre quantité de peroxyde de baryte. Telle fut la première idée de son apiKireil; mais il la modifia bientôt. Comme les vases en cuivre ne résistent pas longtemps k l'acide et à l'oxygène, il substitua au dégagement de ce dernier gaz l'oxygène comprimé k cinq atmosphères L'écoulement uniforme de l'oxygène comprimé

fut assuré, grâce à une sorte de robinet de construction nouvelle. Le prix élevé et les qualités vénéneuses de la baryte lui firent préférer à cette substance la chaux, imprégnée d'une solution de potasse. D'après ses principes fut définitivement construit un appareil de la dimension d'un sac de soldat et destiné à être porté sur le dos. La lampe d'éclairage consiste en un fil de platine chauffé à blanc au moyen d'un couple de Bunsen, et enfermé dans un tube de verre. Ne voulant pas concourir, M. Schwann déposa sous pli cacheté sa description à l'Académie (v. le t. XXI-2 du Bulletin) et invita en même temps ses collègues MM. Glœsener, de Koninck, Si)ring et feu Brasseur, comme lui membres de ce corps savant, à être témoins de ses expériences. Aucun Mémoire ne fut envoyé au concours. Dans la suite, M. Schwann perfectionna son appareil dans les détails. II permet de vivre sous l'eau, sans aucune communication avec l'air, pendant plus de deux heures.

On doit encore à notre Inventeur une étuve, destinée à entretenir une température constante pour l'incubation des œufs, pour Tévaporation au-dessous de la température où l'albumine se coagule, et pour d'autres usages. Cette étuve a déjà trouvé son emploi dans plusieurs laboratoires de physiologie.

Elle se compose de deux vases emboîtés l'un dans l'autre, et entre lesquels il y a de l'eau. Le vase intérieur, où sont les œufs, renferme un thermomètre métallique, composé de deux lamelles de zinc et d'acier, tournées en spirale et soudées ensemble. Le spirale renferme un axe vertical, qui descend audessous de l'étuve, et porte là une tige horizontale, garnie à son autre extrémité d'une cheminée. La tige (avec la cheminée) est fixée sur l'axe par frottement, et on la place de telle manière, qu'à la température qu'on veut conserver, la cheminée se tourne au-dessus de la flamme et conduit la chaleur à côté de l'étuve. La chaleur, à l'intérieur, ne peut donc pas dépasser la limite

{*) Pour la continaation des dites expë- p. 837. rieoces, v. la Physiologie de Wagner, t. III,

SGH

voulue. Si la température diminne, la cheminée se retire et permet de nouveau Inaction de la flamme.

Cédant aux instances pressantes de M. Quetelet , M. Scbwann a encore trouvé le temps de rédiger, pour VEncyclopédiii poputnire publiée par M. Jamar, un Traité élémentaire d^Anatomie^ (2 vol. in-i2*). — Quant à ses grands travaux scientiflques, il les a poursuivis, sans se mOler à la discussion provoquée par la publication de ses Recherches microscopiques , discussion qui continue encore. Ha cru pouvoir abandonner à la force de la vérité la défense des résultats auxquels il est parvenu.

Selon lui, le microscope, en atteignant les cellules, a fourni tout ce qu'il pouvait fournir, dans le sens de la profondeur des observations. Non pas que cet instrument n'ait conduit depuis et ne puisse encore conduire les savants à des découvertes très-importantes (les magniûques travaux de Kôlliker, Vircbow, Ilenle, M . Schuize, Brûcke, Leydig et d'autres hommes distingués en fourniraient la preuve, si une preuve était nécessaire); mais M. Schwann veut dire qu'au-delà des couches qui composent une cellule, il n'y a que les molécules, comme au-delà des lamelles, d'un cristal il n'y a plus que les molécules. Ces molécules, le microscope a été jusqu'Ici impuissant à les saisir ( * ). En revanche, la chimie et la physique moléculaire s'en occupent ; c'est donc dans c^îtte direction que la physiologie , de l'avis de notre collègue, doit continuer ses recherches, si elle veut avancer en profondeur. Les contemporains s'engagent du reste dans cette voie : il suffit de citer les travaux de LIebig, de Dumas, de Dubois-Raymond, de Meyer, de Helmholtz, de Pflùger et de tant d'autres dont le nom restera dans la science.

Depuis sa découverte , M. Schwann s'est occupé de mettre sa théorie à lépreuve dans toutes les parties de la physiologie; de l'appliquer à Texplica-

{* ) H. Schwann n fait lui-même quelques tentatives pour découvrir les molécules au moyen du microscope, en observant la cristallisation de substances organiques ayant un très-grand poids atomique. Les résultats

tion des fonctions animales, végétatives et génératrices ;ent)n, de la poursuivre dans ses dernières conséquences philosophiques. Nous attendons de lui une Théorie des organismes, qui doit comprendre aussi les fonctions psychiques des animaux , dont M. Scjiwann n*a point parlé dans son premier travail.

M. Schwann est membre de la Société des amis de la nature, de Berlin (6 août 1839); de la Société médicale de Lisbonne (5 décembre 1840); de la Société Seuckenbergienne de Francfort (7 avril I84i); de la Société philomatique de Paris (5i juillet 4841); de l'Académie royale de Belgique (associé de la classe des siences , 16 décembre 1841) ; de la Société royale des sciences de Liège (16 juin 1848) ; de l'Académie royale de médecine de Belgique (corresp. le 16 novembre 1845, membre honoraire le 51 décembre 1865); de la Société médicale de Copenhague (5 octobre 1844); de la Société du Bas- Rhin pour les sciences naturelles et médicales (Bonn, 1<^ avril 1845); de la Société de médecine d'Anvers (10 janvier 1848); de l'Académie de Boston (15 novembre 1849); de la Société de biologie de Paris (19 juillet 1851); de la Société royale des sciences de Gectlingue (29 octobre 1855); de l'Académie royale des sciences de Berlin (27 avril 1854) ; de V American philosophicaî Society de Philadelphie (16 janvier 1863); enfin, de la Société des sciences médicales de Luxembourg (5 septembre 1867). — La liste complète de ses publications, sauf quelques rapports et notes insérés dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique, a été donnée ci-dessus avec l'analyse de ses découvertes.

*liwartae (NICOLAS- JosEPH), oé à

S(;herpenzeel (Prusse) en 1805 (*), commença ses études à Liège et .se flt recevoir docteur en philosophie à l'Université de Louvain en 1850, époqoe

n'ont pas répondu à son alkmte : les molécules sont restées jusqu'ici inaccessibles à nos instruments optiques.

(*) M. Schwariz est naturalisé belge.

SPR

oà la FacuHé 4e Liège ftit supprimée eC remplacée, jusqu'en 1835, par une Facullé likre. M. Schwartz n'avait pas attendu son diplôme pour se frayer une carrière : il avait débuté dans renseignement moyen dès 4823, au Collège royal de Tongres. Deux ans plus tard, il passa au Collège royal de Ruremonde en qualité de professeur de poésie ; enin il occupa au Collège royal de Diest„ de 1829 k 4853, la chaire de rhétorique. Désireux d'agrandir sa sphère d'activité, il prit alors la résolution de revenir à Liège, pour suivre les cours de la Faculté de médecine. Les circonstances le ramenèrent à l'enseignement, mais cette fois sur un plus grand théâtre. Ses études médicales à peine terminées (4837), il fut nommé agrégé à l'Université de Liège, chargé des cours d'histoire de la philosophie et de géographie physique et ethnographique. Ce dernier cours, porté au programme de la Faculté des lettres en 1835, fut supprimé par la loi de 48i9. M. Schwartz resta et est encore aujourd'hui titulaire de Yhùtoire de la philosophie ancienne et modemey étude primllivemeiit exigée des candidats en philosopliie,mais désormais réservée, en vertu de la loi qui est encore en vigueur, aux seuls élèves du doctorat. M. Schwartz a été en outre chargé, pendant la maladie deTandel (v. ce nom) des cours de métaphysique et d*esthètique, et après la Biori de ee professeur, du cours de logique, à titre de suppléant de M. Loomans. Ces trois cours ont été dans la suite attribués à M. A. Le Roy (v. ce nom). La promotion de M. Schwartz k Textraordinariat date de 4839; il est professeur ordinaire depuis 4863. Il a £iit partie, pendant plusieurs années, do jury central institué par la loi du 27 septembre 4i35.

M. Schwartz a publié :

4« De genio Socratis (Levan. 4830), dissertation inaugurale pour le docto* rat.

2^ De verdedigina van Sokrates door Platon, uit het grieksch in het nederduUsehe vertaela, met eene inleiding,

3* Sur rimportance des études clossignes^ trad. de l'allemand de Fr.

Tbtersch (avec des notes critiques). — Ce travail a paru dans le Journal historique et littéraire de P. Kersten.

4* Manuel d'histoire de la phiioêo* ^hie ancienne. Liège, Oudart, un vol.

in-8^ (Deux éditions : la dernière, tirée à 2000 exemplaires, est presque épuisée). — L'auteur a particulièrement mis it profit les travaux de M. lienri Ritter.

5*^ Des Universités et de Forganisme des sciences universitaires , tra<l. de l'allemand de Staudenmaier et précédé d'une introduction sur les rapports de la philosophie et de son histoire avec les antres sciences, surtout avec tes sciences naturelles. Liège, Oudart, 4845, un vol.

in-8o. — Le traducteur se place, aînsf que l'auteur, au point de vue de l'école théologique.

6^ Discours d'ouverture du cours de logique (34 février 4854), inséré dans le Moniteur de rEnseignementt t. tV (première série).

7** Les derniers hishriens de Henri ée Gand, travail inséré dans la Collection des Mémoires de V Académie royale de Belgique (4859).

•prinu (Joseph-Antoine), 0. :^, né à Geroldsbach, royaume de Bavière, lo 8 avril 4814, a été naturalisé Belge par la loi du 30 janvier \%(il(grande naturalisation conférée conformément au § 4 de l'art. 2 de la loi du 27 septembre 4835.)— Il a fait ses éludes moyennes, d'abord au Gymnase de Ste-Ânne à Augsbourg, puis à celui de S*-Étienne (même ville). A l'examen d'État exigé en Bavière pour passer aux études supérieures, il reçut laqualiÛcationd'^ménent. L'Université de Munich brillait alors du plus vif éclat; le roi Louis I, alors au début de son règne, ne se contentait pas de rassembler autour de lui les erands artistes et d'embellir sa capitale, mais stimulait de tout son pouvoir le zèle des savants et faisait consister sa gloire à inaugurer, pour l'Allemagne du midi, un nouveau siècle de Péridès. La philosophie était en grand honneur, et 1 école de Schelling révélait son double caractère en passionnant

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d^une pari la jeunesse pour les plus hautes manifestations de Tesprlt , de Tautre en poussant à une investigation assidue et approfondie de la nature, dont les merveilles et les harmonies n'étaient pour elle qu'une autre expression, une expression sensible du principe unique et étemel. Cest dans ce milieu favorable au développement de toutes les facultés humaines que M.

Spring se trouva transporté en quittant Augsbourg ; il eut la chance heureuse de s'initier à la science sous des maîtres qui savaient la vivifler et Téclairer du flambeau de la philosophie. Le grand penseur Schelling, le philologue Thiersch, Thistorien Buchner, le physisienSieber, Tastronome Gruithuysen, les minéralogistes Fuchs et von Kobell, les botanistes von Martius et Zuccarini, les zoologistes G. U. von Schubert et André Wagner, les chimistes A. Yogel et Buchner, le jurisconsulte von Bayer trouvèrent en lui un auditeur zélé. Ayant pris part au concours pour une question de philosophie et de sciences naturelles, il remporta la palme et fut ensuite, après avoir passé les examens réglementaires, proclamé docteur lauréat en philosophie et en sciences naturelles (1835). Dans la Faculté de médecine, il étudia Tanatoniie et la physiologie sous la direction spéclal<i de Dôllinger, la médecine interne sous les professeurs von Ringseis et von Loc, la chirurgie sous Ph. von Walther, les accouchements sous Weissbrod. S'étant de nouveau présenté au concours universitaire pour la question de médecine, il fut une seconde fois déclaré premier et reçut le diplôme de docteur en médecine^ en chirurgie et en accouchements avec la qualification lauro coronatus (1856). II visita ensuite les Universités étrangères et fit, en 1839, un séjour de six mois à Paris pour visiter les hôpitaux, suivre les cours du Collège de France et se livrer à des travaux particuliers au Muséum d'histoire naturelle.

Il avait eu roccasion, dès Tépoque de son séjour à Munich , de remplir différentes fonctions rentrant dans la spécialité de ses études. De 1835 à 1837, il avait été attaché , en qualité d'aidenaturaliste, aux collections botaniques

de TEtat et au jardin botanique de la capitale, sous la direction de M. de Martius: la science des plantes resta plus tard l'objet de l'une de ses études de prédilection. Pendant l'épidémie de 183G-1837, il fut médecin-adjoint pour le service du choléra. Il reçut le titre de médecin assistant à l'hôpital général et à la clinique du professeur von Loé, qu'il suppléa pendant sa maladie et après sa mort, jusqu'à la nomination de son successeur. IJne nouvelle vie allait bientôt commencer pour lui; il devait trouver dans la Belgique une patrie d'adoption. Par arrêté royal du 5 octobre 1839, il fut nommé professeur ordinaire à l'Université de Liège , chargé des cours de physiologie humaine et comparée, et d'anatomie générale et descriptive. H a changé d'attributions depuis la nomination de M. Schvirann (v. ce nom) ; il figure aujourd'hui au programme pour les cours de pathologie générale et de clinique médicale.

M. Spring a pris une très-grande part à la discussion et à la solution des questions soulevées depuis quelques années, en Belgique, à propos du régime des Universités. U a été appelé à siéger au Conseil de perfectionnement de l'enseignement supérieur ; il a fait partie des Commissions spéciales chargées, en 1853 et en 1861, de préparer un projet de loi sur les jurys d*examen. Il est l'auteur d'un système de jury qui a reçu l'approbation unanime de TUniversité de Liège, et qui ne peut manquer d'attirer l'attention sérieuse du parlement , lorsqu'on se décidera enfin à sortir du provisoire. Il a revêtu l'hermine rectorale pendant le triennium 1861-1862, 1862-1863 et 1863-1864; il a dû la reprendre en 1866-1867, à titre de pro-recteur, après la mort de Fr. Kupfferschiaeger (v. ce nom).

M. Spring préside, depuis 1815, le Conseil de salubrité publique de la province de Liège ; de 1852 à 1857, il a été membre du Comité d'inspection des établissements d'aliénés des asiles provisoires et de passage dans l'arrondissement de Liège; de 1853 à 1856, président de V Association générale des médecins de la province de Liège, institution d'une haute utilité pratique, et

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à laquelle il a rendu de grands services (*). Dès 1841, il est entré dans l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique à titre d'associé; l'arrêté qui lui confère la grande natiu*alisation ayant fait disparaître l'obstacle qui l'empêchait d'être nommé membre titulaire de ce corps savant, l'Académie lui a conféré cette qualité le 15 décembre 1864. En 1843, il a été nommé membre correspondant, et en 1859, membre honoraire de l'Académie royale de médecine de Belgique. Il est en outre membre étranger de l'Académie royale des sciences et des lettres de Munich ; membre de l'Académie impériale allemande Léopoldo- Caroline des curieux de la nature, cognamine Heracîides; correspondant de la Société médico-physique de Florence; id., de la Société royale des médecins suédois, à Stockholm ; memde la Société royale des sciences de Liège ; id. de la Société royale belge de botanique; correspondant étranger de. la Société de biologie de Paris; id. de la Société royale de botanique de Ratisbonne; àeYAntwerpsch Hruidkundig genootschap; de la Société phytologique d'Anvers; de la Société des sciences naturelles et médicales de Bruxelles ; de la Société impériale d'Emulation d'AbbevilIe; de la Société Senckenberg des naturalistes, à Francfort s/m ; de la Société des médecins badois pour l'avancement de la médecine publique et légale , de l'Académie d'archéologie de Belgique, etc.— Chevalier de l'Ordre de Léopold depuis le 50 septembre 1851, il a été promu au grade d'officier du même ordre national le 21 novembre 1862. — Malgré ses occupations multiples et les soins incessants que réclame une des clientèles médicales les plus considérables de Liège (*), M. Spring a publié un grand nombre de travaux scientiflques dont l'Importance est généralement appréciée. Nous donnons la liste exacte et aussi complète que possible de ses

( ' ) V. les ADDëes corr esp. du Scaipel, journal médical publié k Liège par M. le docteur Festraerte.

(*) M. Spring s eu l'honneur d'être dési-

principaux ouvrages, ne mentionnant que pour mémoire un nombre Inflni de notes, articles de revues, discours, rappoKs, correspondances, analyses bibliographiques, etc., dispersés dans divers recueils périodiques et académiques de l'Allemagne, de la Belgique et de la France.

L Médecine clinique.

1° Dediversisptteumophthi8eos8j}ecie' bus (Diss. inaug.). Monachii, 1858, br.

ln-8*.

2" Ueber Ursprung, Wesen utid Verbreitung der wandernden Choiera. Mit Beziehungen auf die Epidémie in Mûnchen 1856-1857. Munich, 1857, un vol. in-8».

5*^ Note sur le traitement du choléra asiatique (Bulletin dei'Acad. de médecine de Belgique, t. VllI), 1849.

Les idées de l'auteur oui rallié de plus en plus la majorité des praticiens.

4« Note sur deux observations de dislocation du cœur (Ibid., 2* série, t. Il, n« 10. 1858).

5° Note sur des larves d'œstrc développées dans la peau d^un enfant (Ibid., 2« série, t. IV, n^ 5, 1861).

6^ Note sur un cas d'aphasie^ symptomatique d'une hémorrhagie du lobe frontal gauclie du cerveau (Ibid., 2" série, t. VllI, n» 8, 1865).

Il s'agit d'une question d'une haute importance psychologique.

IL Pathologie générale.

7® Sur une mucédinée développée dans la poche aérienne abdominale d'un pluvier doré (Bull, de VAcad. royale des sciences^ etc. de Belgique, t. XV, 1848).

8** Des champignons qui se développent dans les œufs de poule (Ibid. t.

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