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XXVIII INTRODUCTION

ce documeat , qui d'ailleurs a servi de base à nos institutions actuelles, en ce qui concerne la constitution intérieure des Universités. Celles-ci devaient comprendre cinq Facultés ; mais la Faculté de théologie catholique, la seule qui aurait pu porter directement ombrage au clergé, n'y fut jamais organisée. Le règlement portait la contre- signature du ministre Falck, qu'on a surnommé le ban génie de Guillaume I : cela encore devait inspirer confiance (M* En somme, une opposition systématique pouvait seule à l'origine, suspecter les intentions royales.

Tout allait dépendre, il est vrai, du premier choix des professeurs. Le gouvernement fit tout ce qu'il put pour trouver dans le pays des hommes capables; il s'en rencontra quelques-uns, mais pas assez

pour satisfaire aux conditions du programme. Il ne suffisait pas d'avoir été premier de Louvain pour être en état d'enseigner le droit romain à une époque où les Hugo, les Thibaut et les Savigny transformaient la science. L'histoire philosophique, les sciences économiques étaient chez nous de mystérieuses inconnues ; la philologie ne comptait pas un représentant sérieux; en sciences naturelles, on aurait eu à peine un nom à citer; en médecine, nous possédions Ansiaux, Gomhaire et Sauveur ; mais la Faculté devait être complétée. On fil venir de Bruxelles J.-G.-J. Ernst, pour le droit civil ; Delvaux eut mission d'enseigner la physique et la chimie ; partout enfin où il fut possible de trouver des professeurs belges, on alla les chercher. Cependant, sous peine de tout compromettre, il fallait, dès le commencement, ofiîrir à la jeunesse un ensemble de moyens d'instruction. Le gouvernement ne fit que remplir un devoir en recrutant à l'étranger quelques hommes d'avenir, capables de pourvoir aux nécessités du moment. Ces hommes arrivèrent à Liège, jeunes encore, inexpérimentés peut-être, mais dans tous les cas à la hauteur de leur mis-

{i ) Malheureusement la modération de ce digne conseiller ne tarda pas à déplaire au roi. Lorsque Guillaume prit ses arrêtés concernant la langue hollandaise, le ministre de l'intruction publique, après avoir fait vainement tout son possible pour dctourner le roi de son dessein, résolut du moins d'apporter un retarda Texécution des nouvelles mesures. M. Juste rapporte à ce sujet (p. 303) l'anecdote suivante : < Le professeur de littérature hollandaise de VAthénée de Bruxelles s'étant présenté un jour à l'audience du roi, celui-ci lui demanda comment allait la langue tiationale depuis les derniers arrêtés. Le professeur, qui était un Batave fanatique, répondit que le ministre tenait encore les arrêtés dans son portefeuille. A la suite de celte audience, Guillaume eut une explication avec M. Falck ; et le fidèle ministre fut envoyé à Londres. » — M. Quetelet a publié une intéressante biographie de Falck dans V Annuaire de FAcad. royale de Bruxelles ^ année 48 i4, p. 79>107.

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