INTRODUCTION. XXXI
de 1825 vinrent jeter tout d'un coup le (rouble dans les esprits et allumer Tiucendie qui devait tout consumer.
On a mentionné plus haut l'ordonnance relative aux élèves qui avaient fait leurs études humanitaires à l'étranger ; l'arrêté du 14 juin, créant à Louvain le Collège philosophique, produisit dans le pays une impression plus vive encore. Ne devaient plus être admis à l'avenir dans les Séminaires épiscopaux, que les élèves qui auraient achevé leur cours d'études dans cet établissement. Il n*était plus possible dès lors de se méprendre sur le but du gouvernement. « Dans toute société de citoyens, mais surtout dans un État où la loi fondamentale adoptée le prescrit textuellement; il est du devoir du souverain de veiller à l'instruction publique dans toutes les classes de citoyens. Or il n'existe point de condition dans la société qui ait autant d'importance que celle des ministres de la religion, aucune qui exerce une plus grande influence sur l'esprit des citoyens. 11 est, par conséquent, trèsimportant que l'autorité civile surveille et prenne à cœur l'éducation de la jeunesse qui se destine au service du culte. Mais cette surveillance et cette sollicitude ne doivent pas s'étendre aux efforts concernant ce qui constitue proprement dit la doctrine de l'Église, mais seulement à ce que les futurs ecclésiastiques puissent acquérir convenablement la conviction qu'ils sont et resteront toujours des citoyens de l'État, et qu'ils connaissent bien leurs devoirs comme tels. y> Cette déclaration du ministre de l'instruction publique parut décisive au clergé, qui fît entendre son cri d'alarmie jusqu'à Rome. On ne pouvait prétendre à la rigueur que Guillaume voulût semer jusque dans les Séminaires des germes do protestantisme ; mais, comme nous l'avons dit, son joséphisme n'était pas douteux. Les évéques modifièrent tout d'un coup leur tactique : ils avaient repoussé la loi fondamentale en 1815 parce qu'elle proclamait la liberté absolue des cultes ; ils l'invoquèrent maintenant contre le roi , qui était le premier h porter atteinte h celte même liberté. Une fois sur ce terrain, leur mot de ralliement fut la revendication d'une autre liberté inséparable de la première : la liberté de l'enseignement (*).
Le gouvernement trouva des défenseurs dans la presse {*) et quel-
(*) V. Ad.BARTELS, Doc. hist. ttur la révointion belge, ^*^ édition, Bruxelles, 1836, in-S^. [*i V. Je recueil intitulé : Opinion de quelques publicistes sur le collège philosophique ^ etc. Bnuelles, i8â6, in-S».