INTRODUCTION*. LI
réalité, H avait fini par descendre à ce niveau, ce qui «rendait très- » difiScile et parfois impossible la représentation des sciences, entre- » tenait Tesprit de rivalité et de suspicion, et constituait les membres o du jury en avocats de leurs élèves, alors qu'ils ne devaient eu être » que les juges impartiaux et sévères » ( ' ).
D'autres inconvénients plus graves encore se révélèrent avec le temps. Le personnel des Universités était peu connu, en général, des membres de la législature; il en résulta que les mômes professeurs furent appelés plusieurs années de suite à faire partie du jury. Or cette permanetice, comme le faisait très-justement remarquer en 184*2 la Faculté des sciences de Liège, établissait un véritable monopole pour les opinions scientifiques des élus. Tous les professeurs qui n'étaient point membres du jury se voyaient forcés, dans l'intérêt le plus immédiat de leurs élèves, de diriger leur enseignement d'après les opiniong de leurs confrères plus favorisés, alors même qu'il leur était impossible de les adopter et de les soutenir. Quoiqu'ils en eussent , ils pouvaient être amenés à se faire complices du maintien de quelque système suranné et condamné par la science. Que devenait alors la liberté des éludes? Le jury pouvait à son gré enrayer dans le pays tout mouvement scientifique. De plus, le renouvellement du mandat d'un professeur-examinateur signalait son cours au public comme le plus profitable à suivre : c'était une prime en faveur de l'Université qui le comptait parmi ses membres. Avait-il composé un Manuel, les étudiants, dans tout le pays, n'en voulaient plus d'autre. Sa manière d'interroger ne tardait pas à être connue partout; on était sûr d'avoir affaire à lui ; on se disait que le plus pressant étant d'obtenir un diplôme, ce serait une duperie que d'étudier la science pour elle-même ou seulement de prendre pour guide un professeur étranger au jury. Il existait, paraît-il (c'est H.Nothombqui nous l'apprend), des recueils de toutes les questions posées depuis 1836; on se contentait d'apprendre par cœur les réponses qui rentraient dans le cadre de ce formulaire (* ).
Enfin, les élèves ayant le droit de choisir les leçons qu'ils voulaient fréquenter, il arrivait que les cours qui n'étaient pas directement
(*) Spbimg, p. i6.
(*) V. ÏExpoêé deê motif ê du projet de loi de 4844, dans le recueil ioUtulé : Discuêsion de la loi iur Vemeignement iupérieur, etc., p. 905.