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LU INTRODUCTION

représentés dans le jury demeuraient déserts dans les Universités. Le législateur de 1835 s'était moins préoccupé de Yidée scientifique que de Yidée politique ; le but était manqué.

On finit par se demander : le jury a-t-il, oui ou non, le droit de juger des doctrines scientifiques? Si oui y nous retombons, sous une autre forme, dans le système du monopole reproché à Guillaume ; et le mal sera d'autant plus grave que, le jury dépendant du sort des élections, la vérité d'aujourd'hui sera proclamée erreur demain, toujours au nom de l'Etat (*). Si non, l'Etat n'a rien à voir dans la nomination d'un jury scientifique. — Ainsi commença à se faire jour l'opinion que soutient aujourd'hui l'Université de Liège, d'accord avec l'honorable M. Frère-Orban, à savoir qu'il est indispensable de laisser aux Universités la mission de délivrer, comme elles l'entendent et sous leur responsabilité, des diplômes scienti* liques ne conférant aucun droit dans l'État. Le jury natignal serait dès lors entièrement étranger à l'enseignement, et n'aurait d'autre pouvoir que d'exiger des garanties pratiques de capacité, pour l'exercice de certaines professions dont la liberté absolue serait réputée dangereuse.

Cette opinion fait insensiblement son chemin; mais le jour de son triomphe est peut-être bien éloigné encore. Elle est l'expression, disions-nous, des tendances qui régnent à Liège. Avant d'y revenir plus explicitement, il nous parait utile de montrer comment il se fait qu'elle ait germé chez nous plutôt qu'ailleurs. Autrement dit, nous allons essayer de caractériser Tattitude de notre Université depuis

Les Universités libres ont été instituées dans un but de propagande : les évoques belges ont voulu offrir à la jeunesse catholique un enseignement subordonné aux principes de la foi (•); l'Université de Bruxelles a été fondée au nom du libre examen. De part et d'autre on marche en rangs serrés : on s'appelle légion, on obéit à un mot d'ordre. C'est là une puissance, et une puissance d'autant plus réelle que de part et d'autre on a voix au Parlement. Les doctrines professées à

(M V. la brochure de Louis Duperron ( .M. Trasenstcr ) : Réforme de renseignement supérieur et du jury dtexamen, Liëge, 4848, in-8», p. H.

(•) Circulaire de l'archevêque et des évéques de Belgique au clergé de leurs diocèses, février d834.

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