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tion de la terre : elle n'a servi d*abord, disait-il, qu'à en ordonner et disposer toutes les parties; ensuite eile s'est montrée à l'extérieur en formant de nouveaux organismes, de petites terres, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui se détaciièrent delà terre primitive à laquelle elles devaient leur origine... On reconnaît ici l'influence de l'école de Schelling, à cette différence près, que toute tendance au panthéisme répugnait profondément à l'esprit de Gaëde. — Le Jardin botanique de Liège , créé en i817 , fut placé sous la direction du professeur d'histoire naturelle , qui en classa les plantes d'après le système de Jussieu et en publia le catalogue en 1828 , avec la coopération du sous-directeur Courtois, lequel à vrai dire, exécuta la plus grande partie de ce travail. Garde fut nommé, en 1850, président de la première Société d'horticulture établie à Liège. La même année, il ressentit le contre-coup des événements politiques , et ne vit pas sans un vif déplaisir sa chaire de botanique sollicitée par son disciple R.
Courtois, qui ne devait guère lui survivre. Sa position fut un instant compromise : le professeur de mathématiques Lemaire dut se charger provisoirement des leçons de botanique.
ËnGn Gaéde fut maintenu ; mais à partir de ce moment il devint de plus en plus rêveur et mélancolique, et il descendit à 39 ans dans une tombe prématurée. L'entomologie fut l'objet de ses dernières prédilections : sa collection d'insectes n'était guère moins inportante que son herbier ; ses minéraux ont été acquis par l'Université.
— A la liste de ses publications mentionnées ci-dessus, il faut ajouter deux articles sur YAreantkothorax longicome et sur la Calandra securifera (description et iconographie : insérés, l'un dans le recueil de Guérin (1802), l'autre dans les Ann, de la Soc- eulomol, (II, 458); quelques mots sur les vivisections et sur les tourments auxquels on expose souvent les animaux (Gaéde ne pouvait souffrir les dissections qui n'étalent pas impérieusement comman-
dées par l'intérêt de la science); enfln un recueil de pensées intimes {Stilleben aus dem innern Leben) publié à Kiel un an avant sa mort : son âme émue, pieuse et délicate s'y est peinte tout entière. — Gaéde pratiquait largement la charité ; quand il;nourut, on entendit les pauvres s'écrier qu'ils avaient perdu leur père. Il était en outre très-modeste et indifférent aux distinctions honorifiques.
Sources : H. M. Gaéde, sa vie et ses œuvres, par Edouard Morren. Gand, 1865, in-8% avec portrait. (Bulletin de rEj:positi4)n dlwrtic. à Liège, par Ch.
Horren. On y trouve, sous forme d'épitaphe, l'énumération des titres scientifiques de Gaéde et la liste des sociétés savantes dont il faisait partie). — Discours de M. Pagani (Ann. de Vens.
sup., t. V, p. -74). — Nécrologie van H. M, Gaede, door J. Van der Howen, in Tijdschrift voor natuurlijke Geschic* dénis, Amst., 1834, t. I, p. 197.
isnii (François-Pierhe), uaquItàSittard (duché de Limbourg) le 8 juin 1763 et mourut icLiége le 24 novembre 1841.
Il fit ses premières études à Cologne et ne quitta définitivement les écoles qu'après avoir reçu tour à tour les diplômes de docteur en philosophie, de docteur en droit et de docteur en médecine. C'était un esprit encyclopédique, dévoré de curiosité , doué de facultés et d'aptitudes qu'on trouve rarement réunies. Le comte de Nesseirode, le célèbre diplomate qui stipula plus tard les conditions du traité de Toeplitz et du traité de la quadruple Alliance ^ fut frappé du mérite du jeune Gall et l'admit chez lui en qualité de précepteur.
Ce fut une bonne fortune pour celui-ci : le comte était grand protecteur des sciences et des lettres ; la société la plus exquise de Dusseldorf se réunissait dans ses salons ; à un pareil contact, Gall dut sentir se développer en lui cette délicatesse de goût dont il fit preuve depuis, comme professeur de littérature ancienne ( * ). 11 passa plusieurs années dans ce milieu favo-
(' ) Dupret. Discours sur la tombe de Gall (Ann, des Univ. de Belgique, t. IV, p. 60S.)