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et le plus aimé qae l'on puisse rencontrer. »

A part son Voyage scientifique rédigé avec M. Perdonnet, il n*a presque rien publié. M. Ul. Capitaine cite de lui :

i» Une Notice sur les mines de houilh de Saarbrûck (en collaboration avec M.

Armand Nagelmackers). Liège, Oudart, 4842, in-8<>, avec 2 planches. (Tiré à part des Mém. de la Société royale des sciences de Liége^ t. i, p. 75-84).

S"" Rapport sur les égoûts à établir dans la ville de Liège (en collaboration avec M. Chandelon), inséré dans le Moniteur belge, n° du 28 mai 1849.

De la forme et de la capacité qu'oo doit donner aux égoûts; des matériaux k employer pour leur construction ; des moyens propres à empêcher le dégagement des émanations dans les rues et dans les habitations.

Les leçons de métallurgie de Lesoinne forment un recueil scientifique très-remarquable , dont la première partie a été livrée au public par les soins de M. A. Gillon« après la mort de son ancien maître. IS'ous renvoyons le lecteur à l'observation consignée au D'' 2 de la bibliographie, dans la notice que nous consacrons à Tédlteur des œuvres posthumes de Lesoinne.

Lcvy (Aaron), né à Paris en 1794, y mourut en i84i, «sans avoir pu payer » aux sciences, dit M. Quetelet, le tribut » qu'on était en droit d'attendre de ses » talents véritablement distingués. » il s'appliqua de bonne heure aux sciences exactes, entra en 181 2 à l'École normale et, deux ans plus tard, fut nommé répétiteur de mathématiques dans ce célèbre établissement. L'intolérance de la restauration brisa inopinément sa carrière : on ne lui pardonna pas d'être né Juif. Une destitution n'était pas justifiable : on l'envoya continuer ses cours an Collège royal de l'Ile Bourbon. Il s'embarqua à Rochefort et fut jeté par la tempête sur les côtes d'Angleterre, non loin de Plymouth,à cequ'on croit.

11 tomba en bonnes mains, vit son mérite apprécié, et se décida finalement à ne point repasser la Manche. Ses connaissances variées lui procurèrent des relations avec des hommes tels que Wollaston et Brewster. Il prit part à la rédaction de l'Encyclopédie anglaise, et trouva le moyen d'employer fructueusement le reste de son temps , en acceptant la mission de rédiger le catalogue raisonné d'un cabinet considérable de minéralogie. Ce travail , qui vit le jour en 1857, lui fit beaucoup d'honneur et consolida la réputation qu'il s'était ac^ quise par son talent de cristallographe (*). — Lévy s'était attaclié à l'Angleterre, dès 1822, par un lien plus étroit. Les circonstances qui se rattachent à son mariage ont quelque chose de romanesque et mettent en évidence tout ce qu'il y avait de générosité dans son caractère (*). « II devint amoureux » d'ilarrlet Drewet , en la voyant au » spectacle : elle avait alors 17 ans. » Fille d'un fermier de l'Yorkshire, elle » avait peu d'éducation et point de for- » tune. Lévy la fit mettre pendant deux » ans dans un des premiers pensionnats » de l'Angleterre, se chargea de toutes » les dépenses nécessaires à son éducan tion, et ne cessa de lui témoigner le » plus grand respect». — Cependant la famille arriva, et avec elle l'inquiétude de l'avenir. Le professeur Baron avait formé un pensionnat à Bruxelles ; il pressa son ancien ami et condisciple Lévy d'en reprendre la direction (1828). Celui-ci se laissa persuader ; mais sa qualité d'Israélite mit encore une fois obstacle à ses succès. Enfin le Gouvernement des Pays-Bas, se plaçant audessus du préjugé, nomma Lévy lecteur h la Faculté des sciences de l'Université de Liège. Il commença ses cours au mois d'octobre 1828. Il enseignait la mécanique analytique (Poisson), la mécanique céleste (de Pontécoulant), l'astronomie physique (Biot), la minéralogie, la cristallographie et la géologie ; il donnait en outre un cours de physique

( ^ ) En voici le litre exact : Description ifung collection de minéraux formée par M, Henri Heuland, et appartenant à M, Charte» Hampden Tumer, de Booknea, dans le comté

de Surrey en Angleterre; par A. Lévy, Londres, A. Richter, 1837, 3 vol. in-Soet atlas in-4« de 83 planches.

(') Qaetelet, Notice, etc. p. 139.

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populaire à FËcole industrielle. « Cette » énumération, ajoute M. Quetelet, doit » faire comprendre quelle était ractivité » de M. Lévy,et combien Forpnisation » universitaire était vicieuse, en plaçant » les professeurs dans une position qui » leur rendait impossible toute espèce » de travail pour l'avancement des 9 sciences». Lévy lutta si énergiquement contre ces désavantages , qu'il s'acquit à la fois la réputation d'un bon professeur et d'un savant sérieux. L'Académie royale de Bruxelles , en l'accueillant dans son sein (3 avril 1850), montra une fois de plus ( ' ) que la liberté de la conscience n'avait pas moins de prix à ses yeux que l'hommage dû au talent. La révolution éclata : le Gouvernement provisoire, loin de déposséder Lévy Je promutàl'ordinariat.Mais le souvenir des tracasseries qu'on lui avait autrefois suscitées ne pouvait s'effacer de Tesprit du professeur: il était devenu ombrageux, susceptible, perpétuellement inquietde l'avenir, etd'autant plus, qu'il se voyait père de famille et sans fortune. Il finit par céder aux sollicitations de quelques savants de Paris, entre autres de Poisson, qui le rappelaient à Paris et lui faisaient entrevoir de brillants avantages. Il rentra dans son pays natal en qualité de maître de conférences à l'École normale, professeur de mathématiques au Collège royal de Charlemagne et chargé de la répétition de plusieurs cours supérieurs.

L'aisance s'assit à son foyer; mais tout son temps se trouva absorbé par des labeurs pénibles. Le désir de reprendre ses études favorites lui fit prêter l'oreille à des propositions de M. Rogier, alors ministre de l'intérieur, désireux de le revoir en Belgique. M. Quetelet fut chargé (juillet 1852) de préparer la nomination de Lévy au poste de directeur du Musée de Bruxelles ; un changement de ministère fit tomber la négociation k néant. Vivement affecté de ce revirement, douloureusement éprouvé dans ses affections les plus chères par la perte successive de son épouse chérie et de plusieurs de ses enfants, Lévy tomba dans une sorte de découragement

qui, joiut aux fatigues du professorat, mina insensiblement sa santé. Il ploya sous le faix en 4841, à peine âgé de 45 ans. — Indépendamment du catalogue delà collection Turner, on lui doit quelques notices insérées dans la Correspondance mathématique et physique de Bruxelles^ savoir :

i. Mémoire sur différentes propriétés des surfaces du second ordre (t. IV, p. 18).

2. Note sur le théorème : si une droite divise l'un des côtés opposés d'un quadrilatère gauche en parties proportionnelles, toute droite qui la coupera, ainsi que les deux autres côtés du quadrilatère, sera divisée par elle dans le même rapport (t. IV, p. 5).

5. Sur une nouvelle manière de déterminer la pesanteur spéciûque des corps (t. VI, p. 208).— Il s'agissait de déterminer la pesanteur spécifique d'un corps solide plongé dans l'eau, sans le sortir île ce liquide.

4. Mémoire sur quelques propriétés du système des forces (t. VI, p. 201).

Le mémoire communiqué à l'Académie de Bruxelles sur quelques minéraux trouvés à la Vieille-Montagne à Moresnet, prùa d Aix-la-Chapelle, M retiré par son auteur, qui ne trouva jamais le temps de le revoir pour l'impression.

Les minéraux décrits dans ce travail appartiennent à des espèces dont on n'a découvert que fort peu d'échantillons.

Nous citerons entre autres un silicate anhydre de zinc qui reçut le nom de Willemite, en l'honneur du roi des Pays- Bas.— Les expériences de M. Chevreul sur l'eau de la Géronstère (lez-Spa) furent faites en présence de Lévy (Sur la polémique fi laquelle elles donnèrent lieu, V. DkKDo:s\iLLK, des eaux minérales de Spa, Liège, s. d., in-12).

La notice qu'on vient de lire est extraite, pour la plus grande partie, de celle de M. Quetelet (Ann. de l*Acad.de Bruxelles, 1844, p. 159 et suiv.).

i.ombnrdi (Lambert-Materne), naquit à Liège le 25 novembre 1795 et y mourut le 9 février 1855 Peu de car-

(*) Allusion à la réception, dans ce corps savant, du célèbre jurisconsulte Mayer.

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rières ont été aussi bien remplies. Lombard a peu écrit : à part sa Dissertalion sur les avantages de Vallaitement maternel (Paris, Didot, jeune, 23 p. in-S"), présentée à la Faculté de Paris le 16 mars 1816 pour obtenir le diplôme de docteur en médecine, et quelques rapports à TAcadémie de médecine de Belgique, on ne cite sous son nom que la Gazette médicale belge , recueil éphémère fondé en 1854 avec iM. le docteur Boéns, gui en fut, de fait, le rédacteur unique. En revanche, Lombard réunit au plus haut degré les qualités du praticien et laissa une brillante réputation comme professeur de clinique médicale. Sa cx)nstiiution physique, sanguine et vigoureuse, son caractère généreux et enthousiaste, la promptitude de son coup d'œil et de son jugement, ainsi que se;» goilts d'homme du monde le disposaient plutôt à mener une vie active et pour ainsi dire tout extérieure, qu*à pâlir sur des livres ou à méditer assidûment dans le silence du cabinet. A force de volonté, quand il fut professeur, il compléta des études qu'il n'avait pas eu Toccasion d'approfondir suffisamment dans sa jeunesse ; mais il dut la meilleure part de ses brillants succès à ses talents naturels et, pour le dire en un mot. avec M. le D' Spring, à cette influence mystérieuse qu'on appelle le prestige. Si Lombard n'eût pas été médecin, il eût été soldat : il avait besoin d'agir et de se trouver en quelque sorte mis en demeure de remporter une victoire. Aussi bien les circonstances contribuèrent à fnvoriser le développement de ses dispositions innées. Orphelin de bonne heure, il fut élevé par son aïeul, qui exerçait la profession) de notaire; à l'âge de 15 ans, il songea à faire choix d'une carrière et entra comme élève à l'hôpital militaire de Liège. Dès Tannée suivante (1809), il reçut la nomination de chirurgien sous-aide : en 1811, il fut désigné pour les établissements hospitaliers de la 34* division militaire, à l'ile de Walchtren, et attaché à l'hôpital de Middelbourg en Zélande. Son aptitude, son zèle et son dévouement lui valurent, en 1812, d'être envoyé à l'hôpital d'instruction du Yalde-Grâce, pour y continuer ses études.

Il s'y appliqua surtout à l'art des dissections. Une place de prosecteur devint vacante : il prit part au concours et remporta la palme; mais presque aussitôt il fut mandé ù Tours, en qualité d'aide-major du 5" régiment des gardes d'honneur. Il reçut le baptême du feu le: 16 octobre 1815, devant Leipzig, où il eut un cheval tué sous lui dans une charge de cavalerie. Le 50 octobre, à la bataille de Hanau, toujours aux côtés du colonel de Salluste, qui l'avait pris en affection, une balle vint le frapper à la jambe gauche ; il fut proposé pour la Légion d'honneur, distinction qui ne lui parvint qu'en 1846, après 55 années d'oubli. Lombard suivit l'armée dans sa retraite vers la France; en janvier 1814, il tomba avec son colonel aux mains d'un parti de Cosaques : enivrer leurs gardiens, s'emparer des chevaux, sabrer le détachement ennemi et regagner ventre à terre le quartier général , ce fut l'affaire de quelques heures. Lombard fut ensuite chargé de la polic>e des hôpitaux de Nancy, puis du service médical de celui de Boisservilie. .Mais la guerre allait encore le réclamer. La nouvelle du débarquement de Napoléon si Cannes exalta son jeune enthousiasme ; il ne songea qu'au triomphe de l'aigle impériale et ne se demanda pas quel sort serait réservé aux provinces belges. Il assista, comme aidemajor du 12^ chasseurs, à la bataille de Waterloo, parvint à rejoindre l'armée de la Loire et fut enfin licencié à Narbonne, le 5 septembre 1815. Avec la carrière militaire, il abandonna la chirurgie : installé à Paris, il s'y fit proclamer docteur en médecine (27 avril 1816); rien nele retenant plusen France, il revint à Liège, où il s'acquit en peu de temps une clientèle et une renommée considérables. En 1821, il fut nommé membre de la Commission médicale de la province ; dix ans plus tard, il fut appelé à présider ce Corps, et conserva cette fonction jusqu'en 1855. Le 10 décembre de cette année, le roi Léopold I^*^ lui décerna la croix d'officier de son ordre. Sa nomination à l'Université, comme professeur ordinaire, est datée du 5 décembre 1855. Ainsi qu'on l'a indiqué plus haut, le gouvernement

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lui confia la clinique médicale. Il eût été diflicilede faire un meillenrchoix.o Lom- » bard, dit M. le docteur Didot , était » avant tout clinicien, clinicien éclec>- » tique, admirateur des travaux hippo- » cratiques. Comme diagnosticien , il » put être égalé ; Il ne fut surpassé par » personne. Son coup d'œil était en » quelque sorte divinatoire. Que de fois, » en entrant dans les salles de clinique. » Il se procura Tinnocente satisfaction n d'établir un diagnostic différentiel , » avant même d*avoir questionné lema- » lade, et d'après les seules indications » de l*habilude extérieure! Pendantré- » pidémie cholérique de 1849 , une » femme est apportée à Thôpital, en proie » à des vomissements incessants et à » des crampes très-manifestes. La dou- » leur crispait sa face, qui du reste pré- » sentait une teinte voisine delà cyanose. » Le mot de choléra circule, et chacun » s'arrête à Tidée que cette malheureuse » est victime de Tépidémie. — Non , » Messieurs, dit Lombard, c^tte femme » n'est point cholérique ; elle souffre » d'un obstacle intestinal, hernie, volvu- » lus ou autre. — En effet, on reconnut » bientôt Texislence d'une hernie cru- » raie étranglée depuis la veille, et dont » on ne soupçonnait pas l'existence. »

Il serait facile d'énumérer une foule de faits du même genre; il suffit d'ajouter que la renommée du professeur Lombard s'étendait jusque dans les pays étrangers. Lombard ne s'exprimait pas seulement avec une facilité remarquable : il avait des convictions franches et profondes, et son grand art était de savoir les communiquer à ses auditeurs, et entretenir en eux le feu sacré de la science. Il avait recours à des comparaisons ingénieuses, rapprochait des faits dissemblables en apparence, et, toujours dominé par l'amour sincère de la vérité, prémunissait les jeunes esprits contre les théories trop absolues et contre les systèmes de circonstance. Il ne faisait point étalage d'érudition, mais se montrait pénétré de l'esprit des grands classiques et surtout s'attachait à former des observateurs.

Mais aussi comme l'exemple du praiicien venait en aide aux enseignements du professeur! Lombard déchiffrait

une affection en paraissant à peine s'en occuper ; il rassérénait son malade , il le distrayait par sa parole aimable et sympalhi(}ue ; il forçait l'espérance, pour ainsi dire, à reprendre place dans les cœurs. Ses formes aimables le firent chérir dans les familles opulentes, en même temps que la sûreté de ses jugements le fit rechercher comme médecin consultant chaque fois qu'il se présentait un cas difficile. Réputation , honneurs, richesses, il eut tout, et il faut dire qu'en l'élevant sur un piédestal, l'opinion publique ne Gt que reconnaître en lui des qualités qu'il possédait réellement. Il était l'idole des |)auvres comme des riches. Sa mort fat le signal d'un deuil général : une foule immense, où étaient représentées toutes les classes de la population, accompagna son corps jusqu'.'^ plus d'une lieue de la ville, au cimetière de Grâce-Berleur. — Lombard revêtit la toge rectorale en 1859-1840. En dehors de l'Université, il remplit pendant plusieurs années des fonctions électives. Il appartenait à l'opinion catholique. La part active qu'il avait prise aux événements de 1830 lui valut la Croix de fer. Il fut membre du Comité de sûreté publique institué le 27 août 1830; le â septembre suivant,il entra au Conseil de régonce,où Il siégea jusqu'en 1834. Quatre ans plus tard, les électeurs du canton de Hollogne-aux-Pierres lui confièrent le mandat de conseiller provincial : il le conserva jusqu'en 1848. — - .\mateur passionné de tableaux, il avait formé une collection qui devint célèbre : elle est malheureusement dispersée aujourd'hui. On y remarquait nombre de bonnes toiles anciennes, et parmi les modernes, le premier Patrocle de Wiertz, qu'il découvrit par hasard, roulé et couvert de poussière, dans un coin du musée St-André. Lombard fit rentoiler cette œuvre remarquable, et construire tout exprès, pour l'y placer, une vaste galerie. — Dans une biographie trèscirconstanciée, lue en séance de l'Académie royale de médecine de Belgique et insérée au t. IV des Mémoires de ce corps savant, M. le docteur Didot a exposé les opinions de Lombard sur un certain nombre de questions pra-

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