‹ Libéraux et conservateurs [microforme]Chapitre 3 sur 6 · PE · texte numérisé non relu

PE

tree)

agp no ms ns

L fl sl

k ë Hi

politique, siégeaient de plein droit dans le conseil présidé par le juge en chef lui-même. Ils étaient même éligibles aux com. munes. Vous connaissez cette maxime constitutionnelle qui veut que les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire soint indé. pendants les uns des autres. Et bien le parti conservateur l'a combattue de toutes ses forces en favorisant ce despotisme et cette confusion des pouvoirs jusqu’en 1811, époque à laquelle le gouverneur Craig fut forcé de sanctionner cet usage reconnu dans tous les pays civilisés. Mais ce ne fut pas sans résistence de sa part, car il cassa deux fois «e parlement plutôt que de se rendre aux désirs de la chambre. Ce ne fut qu’en 1832 que les juges furent excius des deux conseils.

Je ne cite ici que les faits importants. Je ne parle pas de tous ces moyens de ruse et d’hypocrisie mis au service des bases passions de l’oligarchie ; je ne parle pas du régime de la terreur, des emprisonnements illégaux, des destitutions arbitraires, des ambûches tendues aux chefs du parti national. Pendant une longue période de temps il n’y eu plus de liberté civile ou politique dans ce pays. Les gouverneurs dissolvaient la chambre à leur gré, et pour le moindre prétexte suspendaient l’Acte d’Habeas corpus.

Le peuple du Canada voulait des réformes ; l'Angleterre fit la sourde oreille, l'orage de 1837 éclata.

La charte de 1840 changea les conditions politiques du pays. Cet acte opérait l’Union des deux Canadas. Dans le Bas-Canada on se plaignait de cette constitution parce qu’elle décrétait : 10. l'égalité de la représentation alors que nous étions plus populeux que nos alliés ; 20. l'exclusion de la langue française au sein du parlement; 30. le partage de la dette publique des

pays.

nada tait :

plus çaise } des

LIBÉRAUX ET CONSERVATEURS. ÿ 25

deux provinces alors que la nôtre était insignifiante. En outre, les amis de la liberté constitutionnelle étaient unanimes à se plaindre : 10. de la clause qui donnait aux membres de l'exécutif l'initiative dans les votes d'argent; 20. de celle qui imposait une liste civile de £75,000 sans le consentement des représentants du peuple. Ce fut l’œuvre des libéraux de faire disparaître les aspérités choquantes de la nouvelle constitution. Ils adoptèrent d’une manière définitive le principe de la responsabilité ministérielle, et l’on vit, chose remarquable, un ministre convaincu de cette féconde doctrine remettre son portefeuille entre les mains du gouverneur parceque ce dernier s’était arrogé le pouvoir de nommer à un emploi de peu d'importance. Ils rétablirent la langue française dans le parlement, rendirent le conseil législatif électif, abolirent la tenure seigneuriale, décidèrent dans son vrai sens la question épineuse des revenus du clergé protestant, décrétèrent le principe des écoles mixtes au milieu d’une population mixte, et favorisèrent l'établissement et le fonctionnement du système municipal. Ils firent plus : ils obtinrent de la métropole l'adhésion tacite, parfois formelle, du droit que nous avions de façonner nos institutions comme nous l’entendions sans l’assentiment de la métropole. C’est à partir de ce moment que le Canada fut maître de ses destinées. Eh bien! ces victoires si longtemps disputées, ces luttes mémorables, ces conquêtes du sens commun sur l'esprit rétrograde, nous les devons à tous ceux qui, soucieux des intérêts sacrés de la patrie, prirent pour devise cette parole d’un homme d'état de la Grande-Bretagne : Eternal vigilence is the price of liberty.

L’abolition de la tenure seigneuriale et la sécularisation des réserves du clergé suffisent à elles seules pour jeter u : vif éclat sur le parti qui a accompli ces deux grandes réformes.

Jamais révolution ne s’opéra aussi pacifiquement que l’abolition de la tenure seigneuriale. Cette grande réforme eut pour

MEL es Pr A Lu Aa à 1 Lu os 22

D Lust CRE A LE Pre “

ann 17 Dai D

ba” Murs RDA À vie

Page 1