‹ Libéraux et conservateurs [microforme]Chapitre 5 sur 6 · PERE ES · texte numérisé non relu

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La contralisation était toujours l'hydre dangereux qu'il fallait abattre. Avant 1837 le Bas-Canada était gouverné par une petite association de deux ou trois familles qui avaient su se donner du crédit auprès des gouverneurs. Ces familles se distribuaient les places lucratives, n’en donnaient qu’à leurs créatures, disposaient à leur gré de tout le patronage administratif, et tout leur système politique se réduisait à concentrer toute l'administration dans leurs mains. A cette époque, pour ouvrir un chemin nouveau ou un cours d’eau mitoyen à cent lienes de la capitale, il fallait l'intervention du Grand-Voyer nommé par le gouvernement.

Le pays s’est plaint pendant quarante années, et en 1837 justice ne lui avait pas encore été rendue.

Dans le Haut-Canada, le même système avait prévalu.

En 1839, Sir Poulett Thompson, depuis Lord Sydenham, fut nommé Gouverneur du Canada, et arriva avec la mission d'organiser l’Union et les institutions qu’elle rendait nécessaires. Quefit-il? Il octroya au pays un systême municipal copié du système français. Dans ce système la nomination des maires, celle des trésoriers et nous croyons, celles des secrétaires, étaient laissées au gouverneur ; les conseils ne pouvaient passer aucun règlement sans le soumettre à la sanction de l'exécutif ; en un mot la centralisation était, il est vrai, un peu plus déguisée qu'avant 1837, mais elle n’en existait pas moins en réalité.

Cependant les libéraux ne perdaient pas courage. Ils agitaient à chaque session la question de la décentralisation. Le ministère Draper, poussé dans ses derniers retranchements, donna Îles municipalités de paroisee ; c'était un pas important. Mais deux ans plus tard le système fut de nouveau modifié et ramené aux municipalités de comté, et encore on nullifiait leur action au

moyen d’un officier supérieur nommé par le gouvernement. Au reste, le monstre hideux de la centralisation gardait partout

les abords du pouvoir; dans la judicature, dans le systême

électoral, dans le système d'éducation, dans le système municipal ; partout il levait la tête et faisait la grimace au peuple.

C'est sous l’Union des deux Canadas que les nuances qui divisent les deux partis prirent un caractère décisif. Que de fois n’avez-vous pas entendu dire : “ Le parti libéral canadien, s’est formé sous les auspices de M. Papineau en haine des institutions anglaises et de l'acte constitutionnel de 1841 ; il divisa sans motif plausible le peuple du Bas-Canada” Cette accusation est gratuite. Les faits la détruisent. Examinons ce qu'elle vaut à la lumière de l’histoire. Ce n’est pas la faute du parti libéral si le Bas-Canada se divisa lorsqu'il avait tant besoin d'union. Ily a des concessions qu’un citoyen ne peut faire, des principes que la conscience réprouve à abandonner.

Lorsque l’Union fut imposée au Bas-Canada sans son consentement, la plus grande énergie fut déployée par la population pour résister à cette mesure dans les limites de l’ordre et de la légalité. Les représentants du Bas-Canada protestèrent dans un amendement proposé à l'adresse en réponse au discours du gouverneur général. Le mot d’ordre du parti libéral fut la modification des détails injustes de l’acte d'Union, sans quoi le rappel de cetie loi devait être immédiatement agité. La reconnaissance subséquente par la métropole des principes du gouvernement constitutionnel et la mise en pratique de ces principes sous le gouvernement de Sir Charles Bagot fit cesser l'agitation. Lorä Metcalfe voulut imprimer un mouvement rétrograde mais l'énergie des libéraux triomnha de son mauvais vouloir. Un

homme, un illustre vieillard qui jusqu'alors avait été l'idole du parti libéral, qui toute sa vie n’eut que le mot de liberté sur les lèvres, crut sauver la liberté constitutionnelle quand il ne faisait que satisfaire son ambition personnelle. L'histoire a de ces caprices, elle imprime un stigmate sur la carrière jusqu'alors si honorable de Denis B. Viger. En 1848 les libéraux avaient la certitude que deux vices radicaux de l’acte constitutionnel, et indiqués dans le programme libéral de 1841, allaient enfin disparaître : la proscription de la langue française du parlement et la permanence de la liste civile. Maisle parti réclamait encore : 10. la réforme électorale, la plus grande inégalité politique étant le résultat de l'insuffisance et de l’inégalité de la représentation et de l’influence indue accordée à de petites localités sujettes à l’intimidation ; 20. la mise en pratique des: principes constitutionnels reconnus par les résolutions de 1841 (1); 30. le libre échange avec les pays étrangers et la libre navigation du Saint-Laurent ; 40. l'amortissement progressif de

LIPÉRAUX ET CONSERVATEURS.

(1) Les résolutions adoptées par l’assemblée législative le 3 septembre 1841, contiennent un exposé de ces principes ; elles font époque dans nos annales parlementaires et sont conçues dans les termes suivants :

“ 1o Résolu ‘‘ que le plus important et le plus incontestable des droits “ politiques du peuple de cette province est celui d’avoir un parlement «“ provincial pour la protection de ses libertés pour exercer une influence ‘“ constitutionnelle sur les départements exécutifs de son gouvernement, et “ pour législater sur toutes les matières de gouvernement intérieur.”

20 Résolu ‘ que le chef du gouvernement exécutif de la province étant «“ dans les limites de son gouvernement le représentant de son Souverain, “ est responsable aux autorités impériales seulement, mais que néanmoins ‘“ nos affaires locales ne peuvent être conduites par lui qu'avec l'assistance “ et au moyen, par l’avis et d’après les informations d'officiers subordonnés ‘“ dans la province.

30 Résolu ‘‘ que pour maintenir entre les différentes branches du parle. “ ment provincial l'harmonie qui est essentielle à la paix, au bien-être et au “ bon gouvernement de la province, les principaux aviseurs du représentant «“ du Souverain, constituant sous lui une administration provinciale, doivent ‘“ être des hommes jouissant de la confiance des représentants du peuple,

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la dette publique ; 50 la concession des terres de la Couronne à des taux moins élevés et à des conditions de paiement plus faciles; 60 La réforme du département des postes. 7o La popularisation de l’ éducation ; 80 La décentralisation du pouvoir C'est dans le but de faire passer ces mesures dans la législation que l'Association de la Réforme et du Progrès fut fondée en 1847, et le Club national Démocratique à Montréal en 1848. Il n'y a là assurément rien qui pût effrayer la population. Et tout ceci n’était pas fait en haine de l'Angleterre et de l’acte d'Union comme on l’a dit. Seulement ces hommes, comme nous aurions fait à leur place, voulaient améliorer la condition de leur province, voilà tout! C’est parceque ces réformes ont été lentes à venir que leslibéranx du Bas-Canada, qu i venaient d’élire des hommes de talent en 1854, s’allièrent aux clear grits du Haut-Canada pour combattre l'alliance hybride qui s’appela McNab-Morin. Ce nouveau parti aurait manqué à sa mission s’il n'avait pas fétri, dévoilé, combattu toutes les hontes et toutes les turpitudes de l'administration Hinck-Morin, notoire par la corruption et la spéculation employée comme moyen de gouvernement ; il aurait manqué à son devoir s’il n’avait pas dénoncé l’alliance scandaleuse des prétendus libéraux du Bas-Canada avec les tories du Haut Canada ; s'ils n'avaient pas soutenu les bons combats pendant vingt ans dans l'opposition.

Tout alla donc assez bien jusqu’à 1854. Le grand parti national qui nous valut les libertés de 1837 ne se scinda qu'a partir de cette date.

“ offrant ainsi une garantie que les intérêts bien entendus du peuple, que “ Notre Gracieuse Souveraine a déclaré devoir être en toute occasion la règle ‘“ du gouvernement provincial seront fidèlement représentés et défendus.”

4o Résolu ‘ que le peuple de cette province a de plus le droit d’attendre “ de l'administration provinciale ainsi composée qu’elle emploiera tous ses « efforts à ce que l'autorité impériale dans ses limites constitutionnelles soit

«“ exercée “e le manière le nlus conforme à ses vœux ét à ses intéréts bien ‘ entendus.”

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Il y a bien les indices d'une scission vers 1852, à l’avénement du ministère Hinck-Morin qui succéda à Lafontaine-Baldwin, mais le parti libéral était décidé de donner à cette nouvelle administration le soin de développer son programme et de réaliser ses nromesses. Voici ce qu’en disait le Pays, organe de la nouvelle nuance, le 15 janvier 1852.

“ Espérons que les libéraux de la présente administration sentiront qu’en Amérique la démocratie seule est possible : que l’état social n'y peut se prêter à aucun autre systême: que pour faire franchement de la démocratie, il faut faire franchement de la décentralisation.

“ Espérons que l'administration actuelle comprendra—ce que n’a pas compris la dernière—qu'’en Canada les libéraux ne doivent jamais, s’ils sont honnêtes, monter les dégrés du pouvoir, sans avoir la détermination bien arrêtée de tuer le patrona:c sous quelque forme qu'il existe ; de consacrer et défendre en toute occasion les droits généraux du peuple : d'étendre les priviléges du corps qui le représente ; et d’étouffer, de couper dans sa racine tout ce qui ressemble de près ou de loin à une prérogative royale, à un privilége individuel, à un principe monarchique, à une pratique despotique.

“ Voilà comme nous entendons la démocratie, et voilà seulement commé nous croyons qu’elle peut être entendue.

“ Nous appuierons cordialement toute administration qui -adoptera ces principes comme base d'action: nous combattrons avec énergie toutè administration qui n’en voudra pas accepter franchement les conséquences.”

Miné par un mouvement spontané de répulsion publique, le ministère Hinck-Morin croula dans la honte sous le coup d’accusations de corruption et de péculat. Sur les débris de ce ministère se forma, en 1854, la fameuse coalition McNab-Morin, c’est-à-dire l’alli nce des tories du Haut-Canada avec l’élément

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modéré du parti libéral Bas-Canadien. Cette coalition était injustifiable. Elle fut une défection et un sacrifice des principes légués par Lafontaine-Baldwin. C’est une tache qui ternira toujours le nom si populaire de l’Hon. Aug. N. Morin. On lui fit des promesses; on lui dit, sans doute, que toutes les réformes réclamées par son parti seraient accordées : il s’est laissé tromper. La moitié du Bas-Canada le suivit; l’autre moitié entourra M. Dorion qui venait de rentrer en chambre avec le prestige d’un chef.

Qu’on juge de la coalition de 1854 par ses résultats ? Où sont les trompeurs, où les dupes ? Au profit de qui at-elle tourné ? Les prétendus libéraux qui la saluèrent furent bientôt effacés par l’ascendant de leurs alliés. Ce sont Sir Allan McNabbet J. A. McDonald, deux tories de la vieille école, qui dominèrent dans cette combinaison ministérielle. C'est l'esprit Draper, Sherwood, Badgley, etc. qui va maintenant dominer et inflüencer J. A. McDonald, G. E. Cartier, E. P. Taché, Hinck, Langevin, etc. jusqu’à notre époque. A McNabb-Morin succédèrent McNabb- Taché et la nuance libérale finit là. Les crédules s’apperçurent qu'ils avaient été joués. La comédie avait durée moins d’un an.

Ces hommes ne sont donc pas les héritiers naturels des tendances politiques de Lafontaine-Baldwin. Où sont-ils? Où est l’anneau qui relie la chaîne libérale commencée dans l'ancienne chambre d’assemblée et continuée sous l’Union ? Laissez faire lo peuple, il connait ses amis; il élit le groupe libéral de 1854 avec l’Hon. A. A. Dorion à sa tête. Voilà les continuateurs de l’œvre entreprise par le grand parti libéral

canadien d'avant 1837. Ces hommes, on s'en souvient, ne

voulurent point accepter le joug conservateur. Ils repoussèrent toute alliance dégradante, parcequ'ils savaientque toute coalition comporte un sacrifice d'opinion. C’est ce qu'ils ont fait en 1856 ; c’est ce qu'ils firent en 1864, et plus tard en 1867 ; c’est ce qu'ils feront toujours nous l’espérons !

Qu’advint-il de cette fraction du parti libéral qui se prêta si complaisamment aux désirs de leurs ennemis d’hier, de leurs

‘alliés d'aujourd'hui, Ge leurs maîtres de demain ? Ce parti au

lieu de venir se ranger sous le drapeau qu'il avait déserté sous Lafontaine, plutôt que d’essayer à réformer avec ses anciens amis l’union qu'il avait brisée, plutôt que de se rallier à ceux qu'une communauté d’idées et de passé rapprochait le plus de ses tendances, il appela au pouvoir les vieux débris du parti qui l'aurait en “38” escorté avec joie à l’échafaud. De peur d’avoir à concéder des reformes, à détruire des abus devenus chers, à aimer sincérement la liberté, à faire fonctionner honnêtement des institutions populaires, il se jeta dans les bras du' parti tory en oubliant ou en méprisant l’histoire, les luttes anciennes et récentes, les doctrines consacrées par cinquante ans de persécution. Il alla plus loin encore. Poussé par le zèle qui anime les néophytes, ambitieux des douceurs du pouvoir, il ne garda aucun ménagement contre ses anciens amis. Il contesta jusqu’à leur nom; c’était des libéraux comme il y en a en Angleterre et dans tout gouvernement

. constitutionnel, il en fit des révolutionnaires Rouges pour mieux

ruser l'opinion publique.

Pourquoi cette ridicule dénomination quand tout la dément dans la couduite et les principes du parti libéral canadien. Pourquoi? c’est qu'après tout les hommes qui veulent avant toute chose leur élévation et leur maintien au pouvoir, qui recherchent à tout prix la ruine d’un parti qu'ils ne peuvent combattre en face et honorablement, n’ont jamais hesité devant la moralité des moyens pour parvenir à lours fins ; c’est que le préjugé est une arme bien puissante auprès d’une population

naturellement bonne, confiante, encore peu éclairée ; c'est qu’en donnant au parti dont nous défendons la cause, le nom de celui qui, en Europe, a conduit à de déplorables exagérations et à de coupables excès, l'on a vonlu lui préparer la même impopularité en venant, plus tard, lui prêter les mêmes doctrines. L'on a commencé par une guerre äe mots pour ouvrir plus sûrement la porte au fanatisme.

Et puis, des hauteurs du pouvoir ces hommes, convertis d'hier à la crèche conservatrice, jetant un regard de mépris sur la factieuse opposition comme on l’appelait, s’écriaient : Où sont vos doctrines, où sont vos actes ? ‘Nos doctrines, répondait la presse libérale du temps, sont celles du parti qui a combattu de tont ternps pour la conquête des quelques libertés politiques dort nous jouissons. Nous voulons que la responsabilité du pouvoir au peuple ne soit pas un vain mot, une moquerie ; nous réclamons des institutions libérales, nous demandons la reconnaissance et l'application dn système électif à mesure que l'instruction et les lumières prennent plus d'extension parmi nous, et pour cela, nous désirons surtout une éducation populaire universellement répandue chez les masses, nons voulons que chaque citoyen puisse lire et comprendre les affaires publiques, afin qu’il soit en état d'exercer avec discernement le droit de contrôle qu’il possède sur les actes et les hommes du pouvoir. Notre parti appelle à lui tous ceux qni portent le culte de la patrie dans leur cœur; il veutunir les citoyens, sans distinction d’origine et de croyance, dans un même sentiment de fraternité ; il tend une main amie à toutes les nationalités ei il a surtout en vue de faire disparaître toutes les regrettables divisions, nées du fanatisme religieux et national qui nous a déjà causé tant de mal et coûté tant de sang dans le passé» il exige, enfin, des réformes demandées depuis longtemps par l'opinion publique et qu'il cherche à faire triompher par toutes les voies constitutionnelles, seule arme qu’il reconnaisse et qu’il emploie.

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‘ Où sont nos actes ? Et d’abord, avec la magnifique interprétation que reçoit le système qui nous régit, l'opposition se voit contrainte en quelque sorte de demeurer forcément inactive. S'agit-il d’une mesure importante, les hommes du pouvoir l’arrêtent en réclamant l'initiative comme un droit qui leur appartient exclusivement. S'agit-il d’une mesure incontestablement utile, mais plus secondaire, elle devient mauvaise à leurs yeux par cela seul qu’elle est présentée par les mains de l'opposition.

Et cependant, malgré tous ces désavantages, qui oserait nier l'influence du parti libéral dans la Presse et au sein de la représentation ? Quand les journaux ministériels demeuraient muets sur la solution de la grande qnestion seigneuriale et bornaïient leur rôle à publier les procédés des assemblées des censitaires, il cherchait par des travaux nombreux, par dec études consciencieuses, un remède au mal existant en préparant un projet de loi destiné à faire disparaître cette sombre page du passé. IL pousse le pouvoir malgré lui à opérer l’œuvre de l'éligibilité du conseil législatif. Il peut réclamer l'initiative de la mesure de la libre circulation des journaux qu’il a demandée le premier. Lui seul encore parle de décentralisation dont l'heure paraît être ajournée à un temps indéfini. Il invoque la nécessité, l'urgence de réformes importantes dans nos lois judiciaires et d'éducation quand, pour toute réponse à ces justes réclamations, les hommes du pouvoir nous disent depuis bien des années qu’il faut auparavant parcourir les Etats-Unis et étudier les institutions du peuple qni nons avoisine. Est-il une réforme opérée par les dernières administrations qu'il n’ait pas suggérée le premier et dont il ne puisse se vanter d’avoir avancé l'heure et le triomphe ? Le froid mépris qu’affecte le pouvoir pour toutes les idées bonnes et généreuses émises par ,le parti libéral, n'est-il pas démenti par les mesures mêmes qn'il lui emprunte quelquefois ?

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M | ‘“ Au reproche de faction si souvent adressé au parti libéral | se par la presse ministérielle, nous répondons, nous : Cela n’est ki 1e. pas, l’histoire parlementaire des dernières années est là qui vous a ir dément. L'opposition a prêté franchement son concours aux È ur mesures présentées par l'administration, chaque fois qu’elles fi le- rencontraient ses vues et s'accordaient avec ses doctrines. (il 1r8 “ Les questions des réserves du clergé, de la tenure sei- | À de gneuriale, du conseil législatif, de la libre transmission des il journaux, de la réciprocité, votées par l'opposition tont entière, [1

ier en sont des exemples frappants et tout récents encore. C’est le ll la parti du pouvoir qui a montré de tout temps, an contraire, le (Ai nt plus regrettable esprit de faction et de duplicité dans les cir- (ll et constances où l'intérêt public était en question. C'est ainsi qu'il pe des repoussait avec indignation la mesure présentée par l'opposition 1 dec dans le but d'obtenir des rapports annuels des établissements ra ant d'éducation, et qu’il présentait ur mois plus tard cette même [4 du mesure que lopposition vota, alors comme autrefois, quoiqu’elle ji de vint de la main d'nn adversaire politique. À de “ Personne plus que nous ne regrette la division qui existe dée entre les Canadiens-Français ; mais lesquels sont à blâmer ? ont Sont-ce ceux qui, marchant sur les traces de leurs ancêtres, > la combattent avec eux pour obtenir des réformes qui deviennent ois de jour en jour plus urgentes ; la répression d'abus qui menacent il stes d’envahir tous les départements de l'administration publique ; ien ceux qui veulent l'extension les droits populaires, la décen-

et tralisation, la restriction du patronage, en un mot iout ce qui

6 peut nous acheminer à un gouvernement réellement démopas cratique, le seul rationel sur le sol Américain; ou ceux qui, ncé reniant tout notre passé, suivent en aveugles une politique oir étroite, mesquine qui aboutira plus sûrement et plus vite à arti notre anéantissement et à notre ruine ” ?

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Telle était l'opposition faite à une partie importante de la population du Canada. Ces hommes, ambitieux de faire fonctionner le véritable gouvernement responsable, avec toutes ses conséquences devaient naturellement s’aliéner les défenseurs de l’idée conservatrice. [ls réclamaient des réformes; on leur refusait. Sont-ils coupables d’avoir voulu faire passer dans la législation des doctrines que leurs adversaires ont fini par concéder au peuple ? Ils avaient donc raison et l’opiniatreté des conservateurs constituait donc un tort, une erreur et une injustice puisqu'ils ont fini eux-mêmes par accorder ce qu'ils avaient d’abord refusé. Ceux qui ont ét“ dans l'erreur ne sont donc pas les libéraux mais bien les conservateurs puisque les premiers n'ont pas variés et que les seconds ont fait passer dans le domaine des faits des théories empruntées au domaine des idées libérales. Le parti libéral a-til besoin d’nne autre justification que celle-là, puisque c’est le parti opposé qui se charge de faire son éloge en empruntant ses mesures. d

Les hommes qui ont un peu vieilli, ceux qui s’occupent d’affaires publiques, savent que les conser ateurs ont gardé le pouvoir presque sans interruption de 1854 à 1873. Ils avaient charge de faire fonctionner la chose publique. On sait que L parti au pouvoir à l'initiative des grandes mesures ; il imprime le mouvement à la législation. Il est maître de sa politique ; il en est responsable devant le peuple. Le rôle de l’opposition consiste plutôt à surveiller l'administration, qu'a faire passer dans la législation les principes qui font la bâse de son existence politique. C'est un rôle forcément négatif; celui du parti ministériel est plus positif; il est actif et agissant, justement

parcequ'il est appuyé par une majorité qui a foi en l’administration.

Donc le parti conservateur, au pouvoir pendant de si longues années, à dû accomplir de grandes choses. Hélas ! si nous ouvrons l’histoire, qu'il nous faudra peu de temps pour se persuader du contraire ! Car, ilne faut pas donner à ce parti le bénéfice des réformes réclamées par l’apposition libérale. Ila pu se rendre à ces réformes quand il étaitsur le point de perdre le pouvoir. Mais alors, c’est plutôt le parti libéral qui a tout le bénéfice et la gloire de ces réformes puisqu'il a lutté pour les faire passer dans la législation.

Voyons! N'est-ce pas là le cas pour la réforme électorale ? N'’en est-il pas ainsi pour les réformes apportées dans l’administration des ‘erres de la Couronne dans la province de Québec ? L’abolition du double mandat n'est-elle pas une conquête des libéraux, quoique sanctionnée en définitive par un ministère conservateur ? On ne prétendra pas que la décentralisation judiciaire a été l’œvre unique de M. Cartier. Toutle monde sait que c'était là un des articles du programme libéral imprimé dans l'Avenir. Il n’y a pas jusqu’au règlement de la question de l'arbitrage provincial, que l'opposition n'ait suggéré ou règlé pratiquement pour le ministère conservateur. Donc, le peu que le parti conservateur a fait dans le sens de la liberté civile et politique, n’a été de leur part qu’une concession déguisée, faite à regret. L'’ambition du pouvoir a été plus forte que leurs convictions ; ils ont cédé en certains cas, en faisant violence à leurs principes.

D'où l’on voit que le mouvement libéral inauguré en 1852 lors de la formation du ministère Hinck-Morin, accentué en 1854 avec le ministère de coalition McNab-Morin, mouvement qui compta en chambre une phalange d'hommes distingués se donnant l’Hon. A. A. Dorion pour chef et le "Pays pour organe;

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