ANNEXE IL
Traités de cession des territoires du Nord-Ouest à la république de Libéria.
N° 1. — 23 mai 1849. — Territoire de Manna.
Convention faite le 23 mai de l'an de Notre-Seigneur 1849, entre le roi Robbin de Manna, d'une part, et J. J. Roberts, Président de la république de Libéria, d'autre part :
Je déclare qu'en considération de la somme de 100 dollars payée en mes mains et en conséquence de la protection qui m'est offerte d'une alliance et par la suite de l'incorporation de ma personne et de mon peuple dans la république de Libéria, Moi, le susdit roi Robbin, héritier et représentant légal du territoire de Manna, J'ai vendu, donné et cédé et, par la présente, vends, donne et cède à la république de Libéria, lorsque la République le requerra, une quantité suffisante de terre du territoire de Manna pour y établir une colonie de commerce et d'agriculture. Et Je, susdit roi Robbin, ensuite de la présente, cède au gouvernement de Libéria, à perpétuité, la juridiction et le contrôle sur les personnes et les propriétés de toute la contrée reconnue comme territoire de Manna, qui est délimitée comme suit : — Commence à l'angle N.-O. du territoire de
Manna-Rock et suit la côte jusqu'à l'extrémité S.-E. du territoire des Gallinas appartenant à la famille Rodgers.
Ladite description des frontières comprend tout le territoire nommé Manna, y compris les ports, lacs, rivières qui s'y trouvent. Et jusqu'où, Moi, Robbin, légitime possesseur, ai droit et légale autorité de céder la juridiction politique du susdit territoire, Je promets pour Moi et Mes successeurs de défendre le gouvernement de Libéria contre telle personne, ou personnes, ou gouvernement réclamant la juridiction sur les susdits territoires. Il est entendu que Moi et Mon peuple nous jouirons du bénéfice des lois du gouvernement de Libéria tel qu'il est accordé aux autres citoyens de la République.
En foi de quoi, Je signe de Ma main et scelle de Mon sceau les jours et an que dessus (').
Roi Robbin + (la marque).
Signé et délivré en présence de :
(Signé) S. Benedict, David Moobe, J. W. Prouï.
N° 2. — 27 mars 1850. — Territoire de Manna-Rock.
Que chacun sache par les présentes que Nous, George Gole, Tom Cole, Jim Cole, Mammorah (alias Jim Cole), George Tucker, roi et chef de Manna-Rock, en considération de la somme de 600 dollars que Nous a payée
(') Le territoire de Manna était donc compris entre les embouchures des deux rivières de Manna et de Gallinas, sans que sa délimitation intérieure fût établie." Manna, sur la rive droite et à l'embouchure de la Manna, était la résidence du roi Robbin.
J. J. Roberts, président de la république de Libéria, dont Nous donnons acquit, Nous avons vendu et donné et par les présentes, vendons et donnons audit J. J. Roberts, président susdit, et aux successeurs dans son office, à perpétuité, une certaine étendue du territoire nommé Manna- Rock, situé, sis et existant dans le pays de Vey et limité comme suit : — Commence à l'angle N.-O. du territoire de Suguree (Sahworo) et suit la côte vers le N.-O. jusqu'au centre de Manna-river, puis suit vers l'intérieur le cours de ladite Marina- River sur environ 15 milles, suit ensuite la limite intérieure de ladite contrée de Manna-Rock sur 10 milles, plus ou moins, jusqu'au territoire de Suguree, puis rejoint vers l'ouest le point où elle commence, et comprend tout le territoire de Manna-Rock. Cédons et abandonnons, en outre, des territoires cédés et vendus, les ports, îles, lacs, bois, chemins, eaux et cours d'eau, mines, minerais qui s'y trouvent, et spécialement les constructions, cultures et appartenances qui y existent, audit J. J. Roberts, président susdit, et aux successeurs dans son office. Et Nous susdits, George Cole, Tom Cole, Jim Cole, Mammorah (alias Jim Cole), George Tucker, roi et chef du territoire de Manna-Rock susdit, déclarons audit J. J. Roberts, président susdit, que naguère et jusqu'à la présente nous étions légitimes seigneurs et possesseurs des susdites propriétés et que Nous avons droit et autorité légitime pour céder ces propriétés libres de tous droits. Et que Nous, Roi et Chef, susdit, pour Nous, Nos héritiers et successeurs, promettons de garantir à perpétuité et de défendre ledit J. J. Roberts, président susdit, et les successeurs dans son office contre toute personne ou personnes réclamant une part ou une portion du territoire susnommé.
En foi de quoi Nous avons signé et scellé de Notre sceau le 27 mars A. D. 1850 (').
George Cole. -f-
Tom Cole. -f-
Jim Cole. -f
Mammorah (alias Jim Cole). -f-
George Tucker. -f-
Signé, scellé et dressé en présence de :
(Signé) W. S. Hall.
George Carroll.
A. Blackford.
Lenis.
N° 3. — 6 avril 1850. — Territoire de Gumbo.
Que chacun sache par les présentes que Nous, One Par, William Bier, Tua Ganga et Banna Sama, roi et chefs du du territoire de Gumbo, en considération de la somme de 500 dollars que Nous a payée J. J. Roberts, président de la république de Libéria, dont Nous donnons acquit, Nous avons donné, vendu et cédé et par les présentes donnons, vendons et cédons audit J. J. Roberts, président susindiqué,
(J) Le territoire de Manna-Rock était délimité par la côte depuis la crique de Bomo jusqu'à la rivière de Manna ; à l'ouest par Manna-river et à Test par le territoire de Sahworo, qui régnait en avant de Marfi-river et restait distincte de Manna- Rock. Ces deux territoires n'appartenaient pas à la nation des Gallinas, mais à la nation des Yey.
et aux successeurs dans son office, à perpétuité, une portion du pays ou partie de terre située, sise et étant dans le pays de Kittum (Kittamj, et qui est connue sous le nom de Gambo alias Gumbo et limitée comme suit : — Commence à l'angle N.-O. du territoire de Cassa et suit la côte dans la direction ouest sur la distance de 15 milles jusqu'à la frontière S.-E. du territoire de Muttu, puis se dirige vers l'intérieur sur environ 60 milles, puis suit la limite intérieure du territoire de Gumbo jusqu'à ce qu'elle joigne le territoire de Cassa, enfin rejoint à l'ouest le commencement et comprend le territoire entier de Gumbo. Cédons et abandonnons le susdit territoire vendu et donné avec ses ports, îles, lacs, bois, chemins, cours d'eau, mines, minerais y existant ou y appartenant au susdit J. J. Roberts, président précité, et les successeurs dans son office. Et Nous, dits One Par, William Bier, Tua Gango et Banna Sama, roi et chefs précités, déclarons que, actuellement et jusqu'à la cession ci-dessus, nous étions légalement propriétaires et possesseurs dudit territoire et avons bon droit et légitime autorité de céder le susdit territoire libre de tous droits. Et Nous, Roi et chefs, pour nous-mêmes, nos héritiers et successeurs, voulons garantir à perpétuité et défendre J. J. Roberts et les successeurs dans son office contre toute personne ou personnes réclamant une part ou parcelle du territoire donné ci-dessus. ( )
(') Cette délimitation est moins précise que les précédentes; elle paraît s'étendre entre Wanga-river et Sew-river, qui se jette dans le lac Big-Boom, au point où celui-ci reçoit également les eaux du lac Kittan. Cette contrée n'appartenait plus à la nation des Gallinas, mais à la nation voisine de Kittam.
En foi de quoi, Nous avons signé et scelle le 6 avril A. D. 1850.
One Par. 4- William Bier. 4- Tua Gangue, -f- Banna Sama. -{- Scellé, signé et délivré en présence de : (Signé) T. S. Gordon.
J. N. Lewis.
Insar Rodgers. 4-
N° 4. — 9 avril 1850. — Territoire de Muttru.
Que chacun sache, par les présentes, que Nous, Da Farma, Banna Sarvice, Sol man et Stephen Benmarch, roi et chefs du territoire de Muttru, en considération de la somme de 500 dollars que nous a payée J. J. Roberts, président de la république de Libéria, dont nous donnons acquit, nous avons donné, vendu et cédé et par les présentes donnons, vendons et cédons audit J. J. Roberts, président susindiqué, et aux successeurs dans son office, à perpétuité une portion de pays ou partie de terre située et étant dans le pays de Kittum (Kittam) qui est nommé Muttru, et délimitée comme suit : — Commence à l'angle N.-O. du territoire de Gumbo et suit la côte au N.-O. sur la distance d'environ jusqu'à la limite du territoire habité par les Tuckers, puis se dirige vers l'intérieur sur environ 60 milles, puis suit la limite intérieure du territoire de Muttru et celle du territoire de Gumbo précité, jusqu'au commencement. Cette description comprend le territoire entier de Muttru. Cédons et abandonnons le territoire ci-dessus concédé et vendu avec
ses ports, îles, lacs, bois, chemins, eaux, rivières, mines, minerais et spécialement constructions, cultures et appartenances, au susdit J. J. Roberts, président précité, et les successeurs dans son office. Et Nous, susdits Do Farma, Banna Sarvice, Sol man et Stephen Benmarch, roi et chefs susdits, garantissons à ce sujet, que Nous avons le droit légitime et légal de céder les territoires susdits libres de tous droits. Et que Nous, le roi et les chefs susdits, pour Nous-même, Nos héritiers et successeurs, voulons garantir et défendre le susdit J. J. Roberts, président précité, et les successeurs dans son office contre toute personne ou personnes réclamant une part ou parcelle des territoires susnommés.
En foi de quoi, Nous avons signé et scellé le 9 avril A. D. 1850 (»).
. Da Farma. -f- Banna Sarvice. 4- Sol man. -j- Stephen Benmarch. -f-
Signé, scellé et délivré en présence de :
(Signé) J. N. Lewis.
A. Blackford.
Témoin des signatures ci-dessus et de celles da roi et des chefs.
T. S. Gordon, interprète.
(*) Cette délimitation du territoire de Muttru est encore moins précise que la précédente n° 3 ; ce territoire paraît s'étendre du Sewé-river au Mangroo-river. Comme le Gumbo, ce territoire appartenait à la nation de Kittam.
N° o. — 30 avril 1850. — Territoire des Gallinas.
Convention faite le 30 avril A. D. 1850 entre J. J. Roberts, président de la république de Libéria, d'une part, et Lucena Rodgers, John Shofah Rodgers, Prince Mannah, James Weston Rodgers et James Rodgers, roi et chefs du territoire des Gallinas, d'autre part, déclarant qu'en considération de la protection du gouvernement libérien, et pour autant que nécessaire, prévenir les guerres et les différends existant actuellement dans le pays, et autres avantages que Nous procure l'incorporation dans l'État de Libéria, Nous avons cédé et par les présentes cédons au gouvernement libérien la juridiction politique sur le territoire des Gallinas, et Nous reconnaissons comme incorporé ainsi que nos peuples dans le gouvernement de Libéria. Il est entendu que les cédants n'ont ni cédé, ni vendu leurs droits sur le sol, excepté sur une faible portion pour établir les factoreries que le gouvernement libérien a l'intention d'établir sur ce territoire et que les chefs ont consenti à céder à un prix raisonnable.
En foi de quoi nous avons signé et scellé les jours et année inscrits ci-dessus à Minah et Gallinas (l).
(Signé) Roberts J. J.
Lucena Rodgers. -f John Shofah Rodgers. -f Prince Mannah. -f- James Weston Rodgers. -f- James Rodgers. 4-
(') La délimitation du territoire des Gallinas nest pas indiquée; elle résulte des actes nos 1 et 6. Cette cession a d'ailleurs un
Signé en présence de :
W. M. A. Parker J. L. Benedict.
T. S. Gordon.
N° 6. — 4 mai 1850. — Territoire de Cassa.
Convention faite le 4 mai de l'an de Notre-Seigneur 1850, entre le roi Serrée Wee et les chefs Kemmo, Bannah Bango, Old Joe, Mah-ya-Bee et Tah Williams, dune part, considérant que, pour et à cause de la somme de 800 dollars payée en Nos mains par J. J. Roberts, dont Nous, Roi et chefs, lui donnons acquit, Nous avons vendu, cédé et donné, vendons, cédons et donnons par les présentes au gouvernement de la république de Libéria, toute la portion de territoire dénommée le territoire de Cassa sur la côte occidentale de l'Afrique délimité comme suit : — Commence à l'angle N.-O. du territoire des Gallinas en s' étendant le long de la côte à l'ouest suivant 10 milles pins ou moins jusqu'à la limite S.-E. du territoire de Gumbo, puis se dirige vers l'intérieur jusqu'à 45 milles, suit ensuite la limite extérieure dudit territoire de Cassa jusqu'au territoire des Gallinas, enfin suit la frontière N.-O. des Gallinas jusqu'au commencement.
La description susdite des frontières renferme tout le
caractère différent des précédentes ; elle fut gratuite et conclue probablement à la suite dune action militaire de la milice libérienne, intervenue pour rétablir l'ordre sur le territoire des Gallinas après la destruction de la factorerie de Pedro Blanco. Ce fut une conquête suivie d'un traité.
territoire du nom de Cassa, y compris les ports, havres, bois et forêts, chemins, cours d'eaux, mines, minerais.
Et Nous, susdits Roi et chefs, déclarons audit gouvernement de Libéria que Nous possédons à bon droit et légitime autorité et le cédons libre de toute charge et que Nous, Roi et chefs, Nous engageons Nous-mêmes, nos héritiers, à perpétuité, à garantir et à défendre ledit gouvernement de Libéria contre les réclamations de toute personne qui réclamerait une part de ce territoire.
En foi de quoi, Nous avons signé et scellé de Notre sceau les jours et an que dessus.
Roi Serrée Wee. 4- Kemmo. -f- Bannah Banco, 4- Old Joe. 4- Mah-ya-Bee. + Tah Williams. 4-
Signé en personne de :
(Signé) J. L. Benedict.
T. S. Gordon.
J. L. Bellarry.
N° 7. — 24 décembre 1830. — Territoires de, Manna-rwer et Sol 1/ ma h.
Convention faite le 24 décembre de l'an de Noire-Seigneur 1830 entre le roi George Robbin et son peuple, d'une part,
(') La délimitation du territoire de Cassa est également incertaine, mais résulte clairement des actes nos 3 et 5.
et J. J. Roberts, président de la république de Libéria, d'autre part.
Faisons savoir que Moi susdit, roi George Robbin, pour et en considération de la somme de 1,129.26 dollars payée dans mes mains par J. J. Roberts, président susdit, dont nous donnons acquit personnel, nous avons cédé, vendu, donné et aliéné et confirmons céder et aliéner audit J. J. Roberts toute la partie du pays connue sous le nom de Manna-river et Soloma (Solymah) limitée comme suit : — Commence à l'angle N.-O. du territoire de Manna-river (') et se prolonge suivant la côte à la distance de 15 milles, plus ou moins vers la frontière S.-E. du territoire de Gallinas, ensuite vers l'intérieur à 55, ensuite suivant la frontière intérieure dudit territoire de Manna-river et Soloma, puis dans la direction ouest jusqu'au commencement; ladite description des frontières comprend tout le territoire connu sous le nom de Manna-river et Soloma, y compris les ports, îles, lacs, bois, chemins, eaux, cours d'eau, mines, minerais et appartenances qui s'y trouvent et lui appartiennent, concédé audit J. J. Roberts susdit, et les successions en son office.
Et je déclare, Moi dit George Robbin, pour moi-môme et pour mon peuple du territoire de Manna-river et Soloma, affirmer au dit J. J. Roberts susdit que je possède bon droit et toute autorité pour céder ledit territoire libre de tout droit, et que Moi, dit roi George, du territoire susdit, pour moi-même, mes héritiers et successeurs, voulons à perpétuité garantir et défendre ledit J.-J. Roberts susdit et les successeurs dans son office, contre toute personne ou personnes réclamant une part ou portion du susdit territoire.
(') Sans doute de Manna-Rock.
En foi de quoi, Moi, dit roi George Robbin susdit, ai signé et scellé de mon sceau les jours et an que dessus (*).
George Robbin -f propriétaire de Mannariver et Soloma.
Signé, scellé et délivré en présence de :
(Signé) Rozel S. Me. Gill.
A. Curtes.
H. S. Johnston.
Win. M. Butter.
Thomas Amara.
George Cain. -j- Prince des Grand Cap Mount. Reuben Grey. + (Cap Mount.)
N° 8. — 19 février 1851. — Territoires des Gallinas.
Que chacun sache par les présentes que Nous soussignés, chefs des Gallinas, confirmons la convention passée entre Nous et le gouvernement de Libéria, le 30 avril 1850, par laquelle la juridiction de toute la contrée des Gallinas est cédée au gouvernement libérien. Et Nous, chef soussigné,
(') Cette cession est celle indiquée sous le n° 1 ; le territoire de Manna comprend, en effet, ceux de Solymah et de Manna-river (ainsi désigné pour le distinguer de Manna- Rock). Pourquoi cette nouvelle cession dun territoire déjà cédé? Nous ne pouvons faire, à ce sujet, que des conjectures. Il est probable que, pour s'assurer la possession du territoire de Solymah, déjà convoité par les Anglais (et où Harris s'établit plus tard], et ensuite des réclamations de George Robbin, qui n'avait reçu qu'un prix relativement minime pour son territoire, Roberts se décida à passer un nouveau traité, de manière à confirmer le premier.
qui avons tout pouvoir de faire cette cession, cédons en ce jour, et par les présentes, au gouvern ement libérien telle portion du territoire des Gallinas que ledit gouvernement peut, par la suite, requérir pour coloniser ledit territoire et ériger des factoreries.
Il est entendu que Nous réservons pour Nous-même et pour Notre peuple telle portion dudit territoire des Gallinas que Nous réclamons pour la culture. Et si Nous occupons des terres que le gouvernement désire pour coloniser ou établir des factoreries, Nous ne pourrons être déplacés sinon de Notre consentement et avec une indemnité convenable.
Signé et scellé à Mannah, le 19 février 1851 (M.
LlJCENA RODGERS. +
John Shofah Rodgers. + Prince Mannah. -f- James Weston Rodgers. -f- James Rodgers.
Signé et délivré en présence de :
(Signé) G. Moore.
T. S. Gordon.
J. L. Renedict.
Joseph Me Intosch.
(') Confirmation de l'acte n° 1.