LA LIBERTÉ EN GÉNÉRAL
qu'en partie ou lui échappent totalement. La naissance, la mort, les faits les plus importants de la vie ne sont pas soumis à la volonté individuelle. Il n'est pas jusqu'au but suprême de l'existence de l'homme qui ne soit soustrait à la liberté de son choix. Comme il n'a pas été libre de naître, il n'est pas libre non plus de ne pas aspirer au bonheur. La liberté de l'homme s'exerce surtout dans le choix des moyens par lesquels il cherche à se rendre heureux.
Après ces considérations générales, nous voulons entrer dans le détail et examiner la question de la liberté sous ses principaux aspects.
La liberté morale*
Suivant la doctrine catholique, la liberté morale consiste ici-bas dans la faculté de choisir librement le bien sans se déterminer par une auti'e cause que soi-même : elle implique la liberté du choix et en particulier celle de choisir le mal. Cette définition exclut toute contrainte physique, tout moyen purement extérieur pour porter l'homme au bien. Elle exclut en outre toute nécessité intérieure en vertu de laquelle la volonté se déciderait par un mouvement invincible, sans qu'il lui fût possible de prendre une détermination contraire. Un acte libre et un acte volontaire ne sont donc pas identiques. Enfin, la liberté morale suppose, tant que dure la vie humaine, la possibilité du mal ; là est la condition de notre mérite, et, par conséquent, celle de l'accomplissement de notre tâche sur cette terre, où nous devons mériter le ciel.
Sur cette notion de la liberté, notion sublime et qui