‹ Liberté, autorité, Église considérations sur les grands problèmes de notre époque (volume 2)Chapitre 17 sur 71 · LA LIBERTÉ MORALE · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ MORALE

marque si bien l'excellence et la dignité de Thomme, l'Eglise catholique élève tout l'édifice de sa doctrine concernant la vie chrétienne. Tous les maîtres qui enseignent dans TËglise la morale de Jésus-Christ commencent d'abord par distinguer entre les actions de rhomme qui sont libres dans le sens que nous avons indiqué, et celles qui ne le sont pas. Suivant le procédé général de toute la science catholique, ils n'attribuent la qualité d'actions proprement humaines qu'aux actes libres, c'est-à-dire à ceux qui répondent à la vraie dignité de la nature humaine. C'est uniquement de ces sortes d'actions, disent-ils, que s^occupe la morale chrétienne. Celles qui ne sont pas libres, qui sont com-* munes à l'homme et aux êtres privés de raison, lui sont complètement étrangères. Ils établissent ensuite trois conditions essentielles d'une action morale : le jugement de la conscience, précédant l'action et en appréciant la valeur, le consentement libre et volontaire, qui est comme la source d'où jaillit l'action, et enfin la possibilité de prendre une détermination contraire.

Une autre doctrine qui se rattache étroitement à celle-là, c'est celle de la conscience humaine. Ici encore, éclate dans toute son évidence ce que je nommerais volontiers le profond respect que TEglise témoigne pour le sanctuaire de l'homme, la liberté morale. Suivant l'enseignement catholique, la conscience est un jugement intérieur par lequel l'homme, après mûre réflexion, décide qu'une chose est bonne ou mauvaise dans la circonstance où il se propose d'agir. Cette opération admirable de l'âme, en vertu de la-

Page 1