‹ Liberté, autorité, Église considérations sur les grands problèmes de notre époque (volume 2)Chapitre 27 sur 71 · POUVOIR CIVIL, AUTORITÉ POLITIQUE, ETC · texte numérisé non relu

POUVOIR CIVIL, AUTORITÉ POLITIQUE, ETC

lisatîoD. Un Etat qui entendrait et exercerait son autorité selon l'esprit du christianisme, offrirait le plus complet idéal de la puissance en ce monde. Là même où les représentants de ce pouvoir sont étrangers à l'esprit chrétien , comme cela arrive fréquemment depuis les derniers siècles, Fautorité publique est encore à un niveau incomparablement plus élevé que dans les Etats non chrétiens. Mais qu'on ne se fasse pas d'illusion : la dignité, la solidité et la vigueur de la puissance souveraine ne dépendent pas de son extension illimitée; elles ne consistent pas à penser pour tout le monde , à tout diriger, tout décider, tout gouverner : elles consistent surtout à éviter l'abus égoïste du pouvoir, à restreindre l'autorité dans les bornes que lui assignent la raison et la nature même des choses, et enfin à user aussi parfaitement que possible des moyens d'action qtii sont de son ressort.

Aucune erreur n'est plus funeste et à la fois plus généralement répandue que celle qui fait consister la force d'un Etat dans l'étendue de son pouvoir. Ce sentiment est aussi absurde que celui qui ferait dépendre la santé du corps humain de sa circonférence. Une loi divinement instituée et qui s'applique à toutes les choses humaines, loi admirable, mais tendre et délicate, c'est que partout l'autorité et la liberté doivent se contrebalancer réciproquement. Toute autorité, même l'autorité paternelle qui préside aux premiers développements de l'enfant, même l'autorité que le Christ a établie dans son Eglise , aurait de funestes effets si elle s'exerçait sans égard pour le sanctuaire de l'âme , pour la liberté que Dieu a accordée à toute créature. Il y a dans les

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