S POUVOIR CIVIL, AUTORITÉ POLITIQUE
relions de la vie politique des multitades innoDibrablea d*iiidividii8. n y a d'abord rhomme proprement dit, puis toutes les personnes morales, selon la belle exprès^ mm de la langue du droit, puis les diverses organisa-^ tions où se meut la vie bumaine, et enfin Toi^anisatioa suprême où TEtat dépliée sa puissance et réunit toutes les individualités en un seul &isceau. Or, si oe dernier et suprême organe franchit ses bornes légitimes, s*il absorbe et dévore les autres membres du corps politique et social, il ne conservera plus qu'une apparence de vie et ressemblera au malade dont la vie aboutit à la mort. Plus l'Etat usera de sa puissance dans cette direction, plus aussi il abandonnera son domaine propre et manquera à sa véritable mission, au grand détriment de tous*
Le pouvoir qui appartient en propre à l'Etat s'exerce dans trois régions principales :
Dans la première région, nous trouvons la plus magnifique prérogative de la puissance temporelle, celle qui concerne l'administration de la justice. Que ne pourrait -on pas faire ici pour le bonbenr de l'humanité I Je me bornerai à quelques courtes observations.
L'Etat doit user de sa puissance pour protéger les droits de tous et pour faire rendre la justice promptement et à peu de frais. Que de choses nous manquent encore pour jouir de ces premiers biens de la vie civile I Parmi les exigences de notre temps, aucune n'est plus légitime que celle de demander que tout droit rencontre un tribunal qui le protège. C'est un des points 8ur4es-> quels la presse catholique ne saurait insister avec trop
d^énergie. La protection d'un droit méconnu a toujours été conÂdérée dans le christianisme comme une vertu morale du premier ordre.
L'administration de la justice comprend en outre la confection des lois : c'est là aussi un des grand» privilèges de l'autorité souveraine. Ici encore le systènxe de nos Etats modernes offre bien des lacunes et des inconvénients, n ne suffît pas que les lois soient justes, il faut encore qu'elles soient simples. Quelle difiërence entre le temps passé et le temps présent! Avant le Vieux Miroir des Saxons, l'Allemagne n'avait point de lois écrites : est-ce à dire qu'on aimait moins la justice? Au contraire 9 le sentiment de l'équité et de la droiture était profondément gravé dans les consciences^ et l'on possédait sur toutes les questions de droit des règles infiniment respectables. Le droit était incarné dans les traditions , dans les usages et dans les mœurs, et avec un pareil ordre de choses l'individu ne perdait ni son autonomie ni sa liberté d'appréciatiou. Quel ma* gnifique spectacle que celui d'un tribunal où siégeaient des hommes qui portaient la loi gravée dans leur conscience, et où chacun était en état de suivre et de comprendre les débats, d'apprécier la sentence qui était prononcée I Comme tout est changé depuis que le romanisme païen nous a envahis! Chose remarquable! l'esprit moderne proteste contre la Rome chrétienne, et il adore la Rome du vieux paganisme ! H nous injurie, nous autres ultramontains, parce que nous vénérons le Pontife de Rome comme le centre de l'Eglise, et lui, poussant jusqu'à l'excès le culte de l'ultramontanisme païen, ne connaît point de but plus élevé que celui