LE FOND ET LA FORME
sont le présage d'une vie future et étemelle, où rame trouvera cette plénitude de vérité, de vertu, de bonheur où elle aspire ici-bas. C'est également dans cet ordre d'idées que notre âme rencontre l'élément surnaturel, le christianisme, dont les doctrines, les grâces et les promesses satisfont, au delà de toute attente et de toute conception, l'idéal de notre esprit. Tel est le sens de cette profonde parole de saint Augustin : a Notre âme est inquiète et agitée tant qu'elle ne repose pas en Dieu, d C'est dans la lumière incréée de l'Etre étemel, et là seulement, que la lumière créée de notre esprit peut trouver son repos.
Cependant nous n'en sommes pas moins obligés, dès maintenant, de réaliser avec des éléments terrestres les grandes et éternelles idées de notre esprit , et pour le faire , nous sommes enchaînés à ces éléments et aux lois que Dieu lui a assignées. Aussi chaque idée est-elle à la poursuite d'une forme extérieure, d'un corps matériel. Sans un corps, les idées restent en quelque sorte indéterminées et à l'état de chaos ; elles sont pour nous comme si elles n'étaient pas. Mais les formes des idées ne sont pas quelque chose d'arbitraire, elles sont assujetties aux lois que Dieu leur a imposées. Cela est vrai, même de nos pensées : elles ne sont justes que lorsqu'elles répondent aux lois de la logique^ de même que notre parole, cette incor-
poration de la pensée, n*est correcte que lorsqa eUe est conforme aux lois du langage. Cela est vrad aussi de toutes les idées pratiques qui doivent se réaliser dans la vie politique et sociale du peuple. Partout il faut que l'un soit uni à Tautre, comme le corps est uni à Tàme ; il faut que des idées vraies s*allient à des formes qui leur soient appropriées.
L^absence de ce rapport, c*est le désordre. Des idées privées de leur véritable forme et détachées des lois que Dieu leur a fixées, se transforment en erreurs désastreuses ; elles sont comme un torrent sans lit, comme une flamme que rien ne contient : au lieu d'édifier elles renversent. Voilà le côté obscur de l'histoire du monde telle qu'elle s'est déroulée sous nos yeux avant la révolution française, et depuis la révolution française jusqu'à nos jours.
Non moins funestes, quoique moins rapides dans leurs effets destructeurs, sont les formes sans les idées. Des formes vides d'où se sont envolées les idées auxquelles elles devaient leur existence, des expressions destituées de leur pensée créatrice, un corps d'où l'âme s'est échappée, tout cela c'est la mort avec sa naturelle conséquence,. la corruption. Ces formes qui survivent aux idées sont en même temps un mensonge et une hypocrisie : autre phénomène que nous avons toujours vu sur la terre et