‹ Liberté, autorité, Église considérations sur les grands problèmes de notre époque (volume 2)Chapitre 54 sur 71 · LE FOND ET LÀ FORME · texte numérisé non relu

LE FOND ET LÀ FORME

qui est une des autres faces obscures de l'histoire du monde.

n faut donc, en toutes choses, pour qu'il y ait prospérité et succès, que des idées vraies remplissent les formes dans lesquelles se meul; la vie humaine , et que ces formes se plient aux lois qui ont leur fondement dans la nature de Dieu et dans la nature des choses.

Le principe que nous venons de formuler s*applique également à toutes les affaires de la politique et du droit. Sur ce point aussi, le vrai succès dépend tout entier du rapport exact entre l'idée et la forme dans laquelle l'idée se réalise. Toutes les relations civiles et politiques reposent sur des idées dont elles poursuivent l'application, idées qui ont leur source en Dieu et dont nous avons la conscience dans la partie la plus élevée de notre âme. Or si ces idées tendent à s'appliquer en dehors de leur forme légitime, sans égards pour l'histoire, pour les droits traditionnels, pour les voies et les desseins de la Providence, pour la volonté de Dieu et ses commandements, elles deviennent des torrents dévastateurs. Ce qui n^est pas moins pernicieux, c'est que les formes du droit, les institutions civiles et politiques, après avoir perdu les idées qu'elles* renfermaient , continuent d'affecter des prétentions qu'elles ne pourraient faire valoir que si elles étaient la réalisation d'une idée émanée de Dieu. Arrivé là, un

6 l'Allemagne après la guerjeœ de 1866.

Etat dépérit tout entier et marche à sa décadence : ce n'est plus qu'une fausseté, un mensonge , une contre-vérité. Ces formes sans les idées créatrices qui les avaient appelées à la vie, les Etats nous en ont offert de nombreux exemples sur la fin du siècle dernier. C'étaient des formes sans idées, ces monarchies qui, après avoir été édifiées sur les sublimes idées du christianisme, perdirent l'esprit chrétien et firent servir à leur intérêt exclusif ce qui n'avait été créé que pour la gloire de Dieu et le salut des hommes : semblables à ces vastes temples où se dressaient autrefois des autels , où Ton célébrait l'office divin, et où trône maintenant un chef de fabrique qui revendique pour lui et pour ses métiers le respect qu'on y rendait jadis au Dieu vivant. Une forme sans idée, voilà encore ce qu'était devenu à bien des égards l'ancien empire romain. L'idée qui lui avait donné naissance subsistait encore, mais plusieurs princes de cet empire, ainsi que leurs sujets, Tavaient depuis longtemps abandonnée. Ce qui avait servi aux suprêmes intérêts de l'humanité, ne profitait plus, en bien des cas, qu'à un intérêt particulier. C'était aussi, plus ou moins, une forme dépourvue de son fond réel que la constitution donnée par la diète au peuple allemand. Ce sont des hommes de pure forme ces prétendus conservateurs qui, uniquement attachés à la lettre de la loi et insoucieux de son

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