‹ Liberté, autorité, Église considérations sur les grands problèmes de notre époque (volume 2)Chapitre 59 sur 71 · LA FIN SANCTIFIE LES MOYENS · texte numérisé non relu

LA FIN SANCTIFIE LES MOYENS

patrie allemande. Ce n'est point en haine de la Prusse, c'est parce que nous Faimons sincèrement, que nous ne pourrons jamais nous consoler qu'elle ait profité des complications extrêmes où la révolution avait précipité rAutricbe, pour s'unir à la révolution et s^enrichir aux dépens de rAutriche. Cet aveu nous est pénible ; mais convaincu que nous sommes pleinement dans la vérité, nous devons et voulons la dire, car la vérité seule affranchit. Allemands, notre histoire nationale offre à nos regrets bien des événements déplorables ; mais nous ignorons s'il en est un seul qui soit comparable à celui-ci. Un peuple comme le peuple prussien, une armée comme l'armée prussienne, alliés à Yictor-Emmanuel, à Garibaldi, à EJapka, dans un combat contre l'Autriche 1

C*est là un des tristes effets de ce malheureux système qui enlève à la haute politique son véritable fondement. Si^ l'on applique aux relations des peuples et des gouvernements une mesure exceptionnelle, comme s'il y avait ici d'autres lois que celles de la morale et du droit ordinaire ; si l'on s'abandonne à cette ilhision que ce qui est mauvais, injuste et répréhensible dans la vie privée est bon, jaste^ nécessaire même dans la haute politique ; si, en un mot, on fait abstraction de la loi divine et qu'on invoque pour ces hautes questions d'autres commandements placés dans une sphère supérieure,

46 l'allebiagne apbès la guerre de 4866.

de pareilles difficultés se reproduiront nécessairement. La politique sera Uyrée à la sagesse humaine^ à l'arbitraire; elle deviendra une politique d'intérêt, une politique d^intrigues, une politique qui n*aura d'autre loi que Tégoîsme. Cette politique choisira à son gré les buts qu'elle voudra atteindre, des fins contraires à la volonté divine, et elle les poursuivra par toutes les voies, suivant ce principe : La fin sanctifie les moyens. Le monde se trompe grossièrement quand il impute cette maxime aux jésuites, comme si cette accusation injuste prouvait que luimême n'a jamais favorisé ce principe. Ce principe n'appartient pas à une condition, à une classe d'hommes particulière; né de la corruption de notre nature, il se révèle partout et en tout homme qui ne se soumet pas sans réserve à la loi morale. Il règne notamment d'une manière illimitée dans ce droit international qui a rompu avec la religion. Les relations des peuples reposent essentiellement sur les mêmes bases que les relations des hommes entre eux, sur l'application et la reconnaissance réciproques des lois morales que Dieu nous a imposées, sur les égards mutuels, sur ce principe que nous ne devons pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas cpi'on nous fit. Toutes ces lois qui président aux mutuelles relations des hommes et des peuples, et que Dieu à gravées dans notre conscience, trouvent leur explication la plus haute et

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