LA POLITIQUE ULTÉRIEURE
ministration corrupteur et revêtu d'apparences mensongèreSy ce n*est pas là le moyen de venir en aide à notre situation intérieure ; le mensonge ne peut ni nous soulager ni nous guérir.
Après avoir caractérisé les fausses doctrines qai tendent aujourd'hui à influencer la politique intérieure, nous allons leur opposer quelques principes de vérité. Notre dessein^ évidemment^ ne saurait être d'entrer dans le détail, et nous devons nous borner à quelques vues générales. La première demande que nous adressons à une saine politique , c'est qu'elle respecte la religion et les bases morales sur lesquelles reposent tontes les affaires humaines, car l'homme est avant tout un être religieux et moral. La vraie nature de ce que nous appelons machiavélisme, c'est une politique sans Dieu, une politique sans religion, une politique toute de calcul, qui ne voit que le but immédiat qu'il s'agit d'atteindre, et à laquelle tous les moyens sont bons pourvu qu'elle réussisse, même les moyens immoraux. Ce machiavélisme politique a toujours été dans le monde; mais il s'est accru à mesure que les hommes se sont détournés de Dieu. De nos jours , on l'a particulièrement reproché aux cours catholiques ; on l'a fait avec quelque apparence de raison, en ce sens que le machiavélisme se rattachait à un nom catholique, et que Machiavel avait écrit son livre il Principe pour des princes italiens, pour
les Médicis. Au surplus, il en est de ce mauvais système comme du principe : La fin justifie les moyens, qui a beaucoup d'affinité avec lui. Le moyen de s'en défsdre n'est pas de le reprocher aux autres, mais de reconnaître qu'il renferme de mauvais principes auxquels tous les gouvernements sont accessibles, à quelque religion qu'ils appartiennent, parce que tous sont sujets au péché et à l'erreur. Au lieu de nous renvoyer mutuellement ce reproche, unissons-nous pour l'éviter. Le machiavélisme peut régner dans toutes les cours, catholiques aussi bien que protestantes; de fait, il a régné dans un grand nombre, et dans les derniers siècles il n'a été que trop funeste à la politique intérieure des gouvernements. Ces calculs égoïstes qui ne s'élèvent pas au-dessus de l'étroitesse des vues humaines, qui dédaignent les éternels principes de la vérité, de la justice et de la morale, sont invariablement le partage des hommes d'Etat qui ont eux-mêmes divorcé avec la religion. L'absence de respect réel pour la religion, l'ignorance des baises morales et religieuses sur lesquelles reposent les relations politiques des hommes , telle est la cause véritable de tant d'embarras intérieurs où sont tombés les Etats modernes.
Mais tout en exigeant, comme première condition d'une politique saine et propre à fonder un ordre de choses durable, le respect de la religion et des
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convictions religieuses du peuple, puis la manifestation de ce respect; tout en reconnaissant que les fondements de Tordre civil ne sont point dans les ruses et les habiletés de la politique , mus dans les sentiments religieux et moraux du peuple, nous sommes loin de prétendre que l'Etat doive se faire auteur de religion. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet; nous ne voulons ici que protester énergiquement contre cette fausse interprétation. Tonte ingérance semblable, de la part d'un Etat, conduirait à une sorte de machiavélisme qui ne serait que plus dangereux. Gomme le machiavélisme n*est qu'un système habile de politique et de calcul qui vise à son but par tous les moyens , la religion, dans ce cas, risquerait fort de servir d'instrument à des fins politiques coupables. Machiavel lui-même en a fait l'aveu explicite lorsqu'il a dit que le souverain devait en présence du peuple se montrer religieux, mais que lui-même n'avait pas besoin de religion. Combien de princes ont abusé de la religion en ce sens ! Aussi, tout en exigeant, comme premier principe d'une bonne politique intérieure, le respect de la religion, à Dieu ne plaise que nous demandions à l'Etat de rien créer à cet égard. La religion n'est pas le but immédiat de l'Etat, mais de l'Eglise ; il doit donc se borner à la mission que Dieu lui a confiée. Ce qu'il doit à la religion, c'est le respect et la déférence; il doit
iOâ l'aIXJ£HâGNB APBÈS Ul GUERIUS DE 4866.
montrer les plus grands égards pour la foi de son peuple, })ien convaincu qu'avoir mis la religion au cœur du peuple, c'est avoir posé les bases morales saas lesquelles rien ne peut subsister.
En conséquence de ce principe, nous demandons que le gouvernement se rattache aux idées religieuses, morales et chrétiennes du peuple; nous rejetons ces connivences avec les habitudes corruptrices et impies du temps présent, dont plusieurs petits Etats nous ont offert jusqu'ici de si frappants exemples. Et en parlant des petits Etats, nous sommes loin d'absoudre complètement les grands; mais il y a de certains abus qui, dans les petits Etats sont beaucoup plus criants, car ils infectent toute la chose publique. Nous n'exagérons rien, à coup sûr, en affirmant qu'il s'est trouvé des Etats allemands où l'administration intérieure était dans l'opposition la plus hostile avec toute la vie morale et religieuse du peuple : on aurait été tenté de croire que PEtat n'avait proprement qu'un seul ennemi, la religion du peuple. Ces dispositions ont été souvent entretenues et affichées par la classe des fonctionnaires. Aucune classe, dans ces pays, ne s'est montrée vis-à-vis de la religion populaire aussi froide, aussi étrangère et antipathique que celle-là; aucune n'a fait si bon marché de ses devoirs religieux et ne les a plus négligés en public. S'agissaitil, au contraire, de rendre ostensiblement hommage
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aux idées du temps , on voyait aussitôt ces mtoies hommes y qui tous les jours affectaient de montrer au peuple leur mépris de la religion, accourir avec le plus servile empressement. Ces sentiments antichrétiens éclataient jusque dans ces infimes degrés de la hiérarchie des fonctionnaires, qui sont en contact direct avec le peuple. Quelque capable que fût un homme, s*il était franchement religieux, il n'était jamais nommé à aucun emploi communal, tandis qu'il n'était pas rare de voir élire des individus qui, au su de tout le peuple chrétien, étaient totalement étrangers, hostiles même à la religion. Très -souvent les choses en étaient venues à ce point que, dans la conviction du peuple, une attitude franchement religieuse et morale était une tache aux yeux de bien des fonctionnaires; aussi avait-on grand soin de ne manifester en leur présence aucun sentiment religieux. Dans un grand nombre de petites villes où l'influence des fonotionnaires était prépondérante, le degré d'irréligiosité se mesurait sur le nombre des employés. En règle générale, on pouvait dire sans plus d'examen : Plus il y a de fonctionnaires dans telle localité, plus l'indifférence religieuse et ses tristes suites sont répandues dans la bourgeoisie. Il n'est donc pas surprenant que la classe des employés ait si peu résisté au mouvement révolutionnaire. U n'y a pas de classes où les souverains comptent moins de véri-
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tables amis, malgré tous les simulacres de soumission. Rien peutr^tre n'a aussi profondément ébranlé dans l'esprit du peuple les bases morales de l'Etat que ce mépris dédaigneux pour les sentiments religieux du peuple^ que cette déférence et ce respect des fonctionnaires pour les plus funestes engouements du siècle. Voici les paroles que le ministre des cultes faisait entendre l'année dernière dans l'assemblée des délégués prussiens : a C'est uniquement dans la foi au Dieu vivant, telle qu'elle est proclamée par les saintes Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament, et dans l'observation de ses préceptes, que le gouvernement place la sûre garantie de la prospérité de la nation. C'est dans la profession de cette croyance qu'il trouvera la mesure et la règle de ses travaux législatif. » Ce sont là des paroles que le peuple d'Allemagne n'avait plus entendu prononcer depuis longtemps par des ministres allemands, et qu'un ministre n'oserait même plus prononcer dans bien des chambres allemandes. Un tel langage éveillerait les clameurs d'une grande partie de la presse, et serût un scandale comparable au crime de haute trahison. Un Etat où ces paroles du ministre deviendraient une vérité, où les fonctionnaires seraient animés de cet esprit, trouverait pour alliées toutes les forces morales et religieuses du peuple.
Nous demandons, comme troisième condition
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d'nne saine politique, que Ton renonce entièrement à singer les formes du gouvernement français. Il faut que nos idées, nos vues, nos sentiments politiques redeviennent allemands. Nous devons reconstruire notre édifice politique sur des bases allemandes, en prenant pour modèle non les formes des derniers siècles, mais les principes qui constituaient l'essence de la vie politique des Germains. L'Allemagne des derniers siècles n'était plus, sous bien des rapports, l'Allemagne véritable. Le génie qui inspirait autrefois la vie politique et civile tout entière a disparu du peuple allemand à mesure que l'absolutisme monarcbique a tout envahi et absorbé, et qu'il a préparé les voies à l'absolutisme libéral. C'est la France qui a donné l'exemple de cette direction des esprits, et qui a été la source de cette moderne éducation politique. Nous n'arriverons jamais à unQ vie politique pacifiquement progressive, tant que nous irons chercher des modèles à l'étranger et que nous répéterons machinalement ce qu'on nous y aura soufflé à l'oreille. Un peuple qui abdique l'esprit que la Providence a mis dans son histoire, perd toute consistance et tombe en proie à toutes les fluctuations politiques.
Ainsi, nous voulons un gouvernement qui nous assure la liberté allemande, et non la liberté française; qui nous donne le fond même de la liberté, et non des formes vides; qui nous garantisse véri-
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tablement la liberté individuelle. Voici, en deux mots y comment nous entendons cette différence. Selon le droit germanique , il est loisible à tout homme libre de faire tout ce que lui permet sa conviction intérieure, dès qu*il n*est pas restreint par les droits légitimes d*autrui ou pour les droits tûstoriques du gouvernement. D'après le droit moderne des Français, le citoyen n*a aucune liberté vis-à-vis du pouvoir; il n'a d'autres droits que ceux que le gouvernement veut bien lui accorder journellement, ou que la majorité de la chambre, quand elle domine le pouvoir, consent à lui octroyer. Dans le sens de la liberté germanique, l'homme est tout ; dans le sens de la liberté française, l'Etat est tout et l'homme n'est rien. La liberté française est synonyme d'uniformité. Tous les esprits qui sont imbus de ce principe confondent sans cesse ces deux choses, l'uniformité et la liberté ; ils ne sauraient comprendre que l'uniformité peut exister dans le plus odieux esclavage. Où trouve-t-on plus d'uniformité que dans une maison de force? Jamais les descendants de nos ancêtres ne pourront s'aocommoder d'un pareil régime , quelques progrès qu'ils aient fait dans les idées modernes; jamais ils ne se résoudront à endosser l'uniforme français, que ce soit le bonnet des jacobins ou le frac constitutionnel. Ainsi, abandon complet de cette manie d'imitation française, telle est, pour notre politique
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intérieure y la condition nécessaire d'un ordre de choses solide et vigoureux. Cette notion exacte de la liberté allemande est contredite par toutes les formes de politique intérieure que nous avons vues plus haut et qui tendent à la restauration de Tabsolutisme royal ^ milit^re ou constitutionnel. Quiconque regrette ces temps de Tbistoire de la Prusse et voudrait y revenir, se tient en dehors du terrain allemand. Ce que nous demandons , c'est la liberté allemande, liberté réelle et complète, dont la plupart de nos fanfarons de liberté germanique n*ont plus ni ridée ni le pressentiment. Ils ne savent pas ce qu'est la liberté personnelle, parce qu'ils ne connaissent pas cette liberté intérieure et morale sans laquelle la liberté extérieure ne peut subsister et n'a point de valeur. C'est parce que nos ancêtres, élevés par le christianisme , jouissaient de la liberté morale, qu'ils connaissaient et aimaient aussi la liberté personnelle.
Non-seulement nous demandons la liberté dans le sens du droit germanique, nous demandons encore pour toute la vie civile et politique des formes qui répondent à cette liberté. Nous demandons non pas une machine, mais une organisation; non pas la centralisation, mais le gouvernement de nousmêmes par nous-mêmes dans sa plus complète extension, sans préjudice toutefois des droits légitimement acquis ; nous demandons la participation
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du peuple à la vie publique^ en tant qu'elle ne nuit point à Tunité de gouvernement et au principe monarchique, qui n'est point, selon nous, l'absolutisme. Ce gouvernement de nous-mêmes par nous-mêmes, cette participation à la vie publique, nous demandons qu'ils soient réalisés dans les formes allemandes, dans les liens naturels et nécessaires où se meut toute la vie politique, et non pas seulement dans ce cercle d'argent tracé par le recensement et la taxe des fortunes; en un mot, nous voulons la nature au lieu de l'art, l'œuvre de Dieu et non l'œuvre de l'homme. On dit qu'il n'y a plus parmi les hommes d'autre lien que celui des fortunes et du chiffre, que tous les autres liens, notamment celui des corporations, ont disparu. Le mouvement de la classe ouvrière démontre la fausseté de cette opinion. Dans cette classe, il y a un mot que nous entendons souvent prononcer, et toujours avec satisfaction, car il prouve, en dépit de tous les préjugés où s'agite le monde contemporain, que la nature reparaît toujours et finit par s'imposer. Ce mot, c'est la conscience de soi-même. Les chefs qui dirigent le mouvement de la classe ouvrière se croient les plus modernes de tous les modernes, et ib ne le cèdent à aucun des membres du grand parti libéral dans l'horreur qu'ils éprouvent pour les corporations, et cependant ils sont naturellement enclins à considérer la classe ouvrière comme une
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classe distincte y et à revendiquer pour elle des institutions civiles particulières. Eh bien, voilà sous un nom étranger le fond même des corporations. Ce qu*il y a de vrai en tout ceci y c*est qu*on peut bien anéantir la forme précise que les corporations revêtent dans la vie civile et politique, mais quant au fond lui-même, il est impérissable. Il y a parmi les hommes un lien extérieur et un lien intérieur; le premier ne se compose que des relations purement externes; le second se compose des éléments internes et moraux, qui affectent les sentiments mêmes et qui viennent s'ajouter aux relations extérieures. Dans un Etat, les institutions mécaniques se rattachent au lien extérieur, et les institutions organiques au lien intérieur, qui est en même temps un lien moral. De même qu'il y a pour la pensée humaine ceilaînes grandes formes logiques qui peuvent servir de cadre à toutes les pensées imaginables, il y a pour la vie politique et civile de grandes formes sociales dans lesquelles se rencontrent, se groupent et s'unissent toutes les tendances sociales qui se peuvent concevoir. Ces grandes formes sociales sont aussi indépendantes de la volonté de l'homme que les formes générales de la logique; elles sont imposées à l'homme par une puissance supérieure ; ce sont des lois divines, des principes de vie sociale et politique qui sont comme innés en nous et que nous sentons le besoin
de réaliser. Ce sont eux qui ont donné naissance aux anciennes corporations. Pour les apprécier équitablementy ne perdons pas de vue que les idées, toujours en lutte avec de nombreux obstacles, ne se réalisent jamais qu'approximativement. Dans Tétat présent de notre vie politique et sociale, ces anciennes formes ne seraient plus suffisantes; des idées nouvelles les transformeraient nécessairement. Selon Tancien droit germanique, l'homme libre était seul en pleine possession de tous les droits civils ; et cependant, dès les premières origines de l'histoire allemande, des mœurs juridiques avaient prévalu qui ravissaient à l'homme libre une grande partie de ses droits. Toutes ces restrictions ont maintenant disparu, et nous y voyons un progrès. Aujourd'hui tout homme non interdit devrait, dans sa condition, participer à tous les droits de l'homme Ubre. Gela seul suffirait pour changer essentiellement la position de tous. Ce classement par corporations, ou pour prendre l'idée dans son acception plus large, ces liens qui résultent naturellement de Tensemble de la vie humaine (car elle renferme, outre les corporations, la famille, la commune, la province, l'Etat et l'Eglise), constitueraient le vrai gouvernement de soi-même par soi-même, la vraie représentation du peuple, la participation la plus idéale tout ensemble et la plus pratique de la vie publique. Nous ne croyons pas qu'on puisse revenir
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d'an bond à cet enchaînement organique de la vie politique et sociale et la réglementer par des lois définitives; mais nous croyons qu'une situation durable n'est possible que par une politique extérieure qui tendra à ce but, qui fortifiera et afiermira toutes les associations organiques encore existantes, et qui donnera ensuite un lien extérieur à celles qui n'en ont pins. Cette tâche, loin de nous paraître difficile, nous semble aisée à remplir. Déjà la corporation des marchands est organisée. Que l'on donne aussi aux manœuvres, aux ouvriers, aux paysans, à la noblesse, du moins à celle qui possède de grandes propriétés foncières, l'occasion de grouper leurs intérêts sous une forme commune, et à coup sûr l'on verra bientôt au moins des débuts sérieux. 11 est aisé de comprendre combien une pareille tentative , toujours inspirée par de hautes pensées morales et religieuses, fortifierait la vie intérieure des Etats allemands. Le génie de la révolution , qui n'a de force que parce qu'il peut séduire facilement les masses populaires, serait enchaîné, et l'influence des démagogues disparaîtrait insensiblement. Il est évident que. l'Etat ne perdrait rien en accordant à chaque cx)rporation une très-grande dose de liberté et en permettant à la corporation des ouvriers ainsi organisés de se donner une représentation complète dans l'assemblée de l'empire. Une assemblée où les travailleurs siégeraient à côté des hautes classes lui
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serait plus utile qu*une assemblée où ne paraissent que quelques chefs de partis escortés d'une légion d'alliés qui leur obéissent aveuglément. Dans Tancienne Allemagne , le paysan de Tempire et k bourgmestre d'une petite ville impériale siégeaient sur les mêmes bancs que les premières classes de l'empire. C'était allemand : qu'on revienne à ces usages. Ce qui n'appartenait autrefois qu'à quelques paysans, qu'on l'accorde à toutes les corporations; ce qui n'était donné qu^à l'homme libre, qu'on Toffire à tous, et l'on verra se développer, sur une base allemande, une nouvelle existence politique pleine de sève et de vigueur.
Enfin, nous demandons pour les a£Eaires intérieures entendues à la façon allemande, une autorité à la fois juste et énergique. Energique, elle le deviendra sans affciia^ifeute, si elle s'appuie sur la conscience religieuse et morale du peuple ; car c'est là véritablement, pour un Etat, la source vivante de la force. Mais il faut .aussi qu'elle soit juste. C'est parce que, dans plusieurs pays, les serviteurs de l'Etat ont été non-seulement indifférents mais hostiles à la vie religieuse et morale, que l'autorité souveraine y est devenue si souvent injuste; elles été injuste, parce qu'elle ne s'est inspirée que de ses sympathies ou de ses aversions. Nous ne faisons point allusion à des pays situés dans la lune quand nous disons que l'action principale du pouvoir a en
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souvent pour effet de comprimer tout ce qui était religieux, moral, vertueux. — Un tel ordre de choses ne saurait conduire à la paix. Que l'autorité soit forte, mais qu'elle soit juste aussi. Qu'elle ouvre un vaste champ à la liberté ; mais s'il lui faut intervenir, qu'elle s'arme non pour empêcher le bien, mais pour mettre un frein à la corruption et à l'immoralité.