‹ Liberté, autorité, église considerations sur les grands problèmes de notre époqueChapitre 26 sur 52 · DE L'AUTONOMIE · texte numérisé non relu

DE L'AUTONOMIE

Mais ce droit de se déterminer librement n'est point, il est aisé de le comprendre, une indépendance souveraine et illimitée. Il implique nécessairement le devoir de se borner soi-même, de se soumettre à la loi de Dieu et à Tordre de choses établi , de respecter les droits de tous ceux avec qui l'homme se trouve en contact.

Ainsi , loin d'exclure l'obéissance , la liberté lui est intimement liée , et c'est d'elle qu'elle emprunte sa dignité et sa vraie grandeur. Dieu a voulu, en donnant l'existence aux différents êtres de la création , qu'ils fussent tous assujettis aux lois de l'ordre, de la subordination et de la variété; plus ils s'efforcent d'entrer dans la place qui leur est assignée. Plus ils réalisent cette belle ordonnance de l'univers dans laquelle toutes les créatures atteignent leur destination et leur félicité suprême. Le prix de la liberté que l'homme a reçue comme être raisonnable consiste précisément en ce qu'elle permet à l'homme de concourir à la réalisation du plan divin dans l'univers , de chercher la place que Dieu lui a marquée, et de la remplir selon les desseins du Créateur.

Ce que nous disons là s'applique à tous les actes que l'homme accomplit soit dans l'Etat soit au sein de la famille ; et voilà pourquoi sa liberté se transforme partout en obéissance et en subordination.

Si dans un corps quelconque l'un des membres tendait à s'enrichir aux dépens des autres, Tordre en serait infailliblement troublé, et le corps lui-même menacé de dissolution et de mort. Cet égoîsme des membres s'appelle, dans la vie sociale, l'esprit de la révolution. L'égoïsme , selon l'idée que nous en donne la morale chrétienne, vient principalement de ce que l'homme, préférant sa volonté , ses avantages , sa gloire , à la volonté, aux intérêts et à la gloire d'autrui, s'efforce de revendiquer ce qu'il croit être son bien propre en violant les droits de ses semblables.

Il nous suffira d'appliquer cette notion aux affaires de la vie politique pour montrer le vrai et essentiel caractère de la révolution. La liberté qui puise ses inspirations et ses conseils dans la loi de Dieu et dans le sentiment de la justice à l'égard de tous; la volonté qui sait se tracer des limites à elle-même et accepter de

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