‹ Liberté d'enseignement: Examen de la question au point de vue constitutionnel et socialChapitre 25 sur 26 · L'EVEQUE DE LANGRES · texte numérisé non relu

L'EVEQUE DE LANGRES

A M. ILE HVC HE MUMUI.

iaiigr«s, le SU avrU iSU.

Monsieur le Duc,

On a dît que les amendements faits par la commission au projet de loi de M. Villemain ëtaient insignifiants 5 nous sommes loin d'admettre ce jugement sans reslriction^ et nous avons besoin de faire ici une distinction essentielle»

Il est bien vrai que, en ce qui concerne la Liberté d'enseignement, telle qu'elle est due toute entière aux établissements privés, les amendements delà commission sont tout à fait sans portée , puisque le monopole est maintenu avec toutes ses prescriptions préalables, avec totues ses conditions rigoureusement exclusives, et puisque , d'après la commission, comme d'après le minisire, il ouvrirait et fermerait â son gré aux institutions particulières les sources de la vie. Bien loin donc que la Liberté d'enseignement soit accordée par les amendements, elle est positivement refusée : Nous verrons plus

tard en quels termes et par quels motifs ce refus est exprimé. Qu'il nous suffise aujourd'hui de constaler que, sur ce point majeur et le premier de tous, il n'y a rien d*ol)tcnu.

Mais il n'en est pas ainsi de Tlnstruclion publique. En appU«uinit k renaeigm^mcut donné p»r TEliit quelqUei itU^i AQi dkpQSiliând indûment pK»posëc$ pnr la commission pour li'S établissements particuliers , on y trouve au moins déjà les germes d'une loi seVieuse.

Ainsi, ( art. 5.) le comîld spcVial propose pour la délivrance des certificats de moralité est incomparablement plus dijjne de confiance que ne peuvent Têire, par leur tilre^ les maires de «ampugne^t^ti même ceux des villes. Ainsi, f art. 10. ) le jury d'examen, tel que le conçoit la commission, au lieu de ne représenter qu'une corporation dcoillalit danA.sa cause, offre au moins quelque garantie au pays, en prenant la majorité des membres en dehors du corps privilégié.

Ainsi, (au môme article,) la nomination directe par l'évéque dioçéstiin ou par lautoritë consistoriale de Tecclésiastique catholique ou du ministre dissident qui doit faire partie du jury d'examen, établit au moins la disHnction de$ deax t>Ottvi)!rs, et contredit cette maxime impie que les prêtres ne sont que des fonctionnaires publics.

^ipaicnQn, (arl, id), les limites pesées à la matière des e^iupenai quoique b^ucoup trop vagues encore, laitsen. au moina (entrevoir que Ton a compris eombien il est împomible et dang^eux, même pour l'thstruction pubtique, que ee4 ptrogrammes soient laissa k l'arbîtraire de mi^ nistre^ Q<^ de membrei du Conaeil Royal , qui , pouvani elfe chois» sans aucun égard à leurs eveyances a à leura sy&tèmes, n-offrent absolument aur ce point peur ravemr aucune garantie qufUe' qu'elle soît«-

L'art 69 veut que riuatructioii publique soit soualratle a Varbitraire dit pouvoir admitristralif et réglée pa¥ uae

lot. M. ViUeiiMin n^a eu aucun égkrà k oejetèaiier point* Il a laissa son Uaiversilë franchement libre de toute dé* pemlanee Ic^gale, et transposant par tin contre-sens iucpeiv stilutlonnel les termes de la Charte, il a réglé par une loi l'enseignement prlyc; qui doit être enlièreroent librei et a donné la Hberlo entière à rinslruction publique qui doit é\ni rég\ée par la loi. Vons^ monsieur le Duc* sans précisément remettre ces deux points à leur vraie placer vous poses nu moins quelques principes qui pourraient entrer avantageusement dans la composition de la loi à laquelle la Charte veut que boii S04imise riu«iruetîon donnée pa|f rÉlat ; et c'est en cela, et en cela seulement que les amendements de la commission ont st'ricusement amélioré I4 projet. Mais, comme malheureusement vous avi*z conserva datis tout le travail un élément d'aixsolutisme entièrement opposé à tout le système, il en résulte dç toutes parts de^ répulsions violentes et des impossibilités insurniontablesyi Voua voua en êtes aperçu vous même, monsieur le Duc ; dans la série si franche et si lumineuse de vos raisonne-monts, voua avas^ rencontré des dilemmes contre lesquels TOUS avej avoué qu'il n'y avait pas de réponse, vous ave» veisonnu et si uialé dans voire projet des difficultés théoriquement insolubles* Certes on a droit de se df mauder comment un esprit si élevé a pu se décider à poursuivra une voie pu il voyait clairement qu'on marchait à l'absuvde. Voqs avee; cru échapper i ces difficultés thtk>riquement; insolubles en prétendant que pratiquement dles ne l'é-*. turent pas. Il ait bien sûr que tout est possible pratique^ meut en œ ges^ro, On p^ui praiiq^uement commettrt} def folies et des crimes» mais «lors pratiqnement aussi ^% tbém*iq veinent ou lesfc condamné p»p la raison eiU yerfu^ Quand (li^ns un^ loi iUo rencontre des dilScnllés tliéprîf<» quemeat insolublest c'est qu'elles sont contraires à U raison et à la justice, et alors on ne peut y échapper priitique^r mei^t qw psr U violieticfi ot J'iniq^iité , c'est ipalJbeureHSc-

B9€Dt ce qai résulterait du projet de la oommissioa. Il est grfiodement à regretter , monsieur le Duc, que les préoccupatioDS d'un parti pr's ne yous aient pas permis de voir ces odieuses conséquences.

D ailleurs , voici d'autres impossibilités que vous ombles ne pas avoir distinctement aperçues*

Impossibilité de satisfaire et de rassurer les familles Yraiment religieuses ; «— impossibilité d'éviter d'avoir avec leclei^é des débats désastreux; — impossibilité de ne pas amener par le monopole la servitude de renseignement et par suite tous les genres de servitude.

1*. Après avoir dit que les collèges de TÉtat sont de plein droit et par la force des choses ouverts aux enfants de toutes les communions , vous reconnaissez qu'un tel régime ne peut é Ire imposé d'autorité à personne : « Tous « les caractères, ajoutez- vous, ne sont pas assez fermes « pour le supporter. Il est juste que les parents, s'ils en « conçoivent quelques alarmes, puissent y soustraire Tob- « jet de leur sollicitude. » Et plus loin vous reprochez au projet, « de ne pas réserver aux parents le droit de faire « instruire leurs enfants dans les établissements privés ou « publics par des ministres de leur choix : droit précieux « pour tous les parents et qui ne pourrait être refusé sans « injustice. »

Voilà bien encore le droit de famille mis en première ligne, et reconnu sans rival sur le point en effet le plus essentiel , sur la liberté -de conscience : or , comme la conscience se mêle â tout dans l'éducation , il devait en résulter celte conséquence naturelle déjà tant de fois exprimée sous toutes les formes , que si les consciences sont libres, l'éducation doit être libre au même degré. Mais vous ne vouliez pas accorder la liberté à l'enseignement , et votre délicatesse ne vous permettait pas de la refuser aux consciences. Que faire donc?

Vous nous avouez. Monsieur le Duc, que devant cette

Ji^ticttUë 1(*9 avis Ae la cbrrimUs'ion ont éié partages , et enfin vous vous êtes arrêtés à l'idée de séparer rédocation eu deux ; de distinguer Tinstruction religieuse de tous les autres enseignements; de laisser pour Tune la liberté aux fiimilles et de tenir les autres dans les fers : tellennent que les familles pourront envoyer à leurs enfants dans les éta* blissenients publics ou privés un ecclésiastique ou un ministre à leur cboix pour les instruire de leur religion. Cette idée n'a pu être conçue que par un homme de bieOf et même que par un homme religieux. Mais, sans parler de son insuffisance , sans dire combien un ecclésiastique qui viendrait quelques heures dans ta semaine serait impuissant à contrebalancer les discours et les exemples des autres maîtres ^ qui devront tous comme précédemment être jetés, si l'on peut le dire, dans le monde universitaire avec obligation de soutenir à leurs examens le panthéisme ou l'éclectinne si les examhiatenrs sont éclectiques ou pantliéistes ^ sans parler ,de cette circonstance et de beaucoup d'autres qui laissent subsister tous les dangers pour la foi, il y a une légère difficulté dans ce projet, c'est qu'il est sinon théoriquement, du moins pratiquement tout-à^fait inexécutable. C'est une impossibilité complète sous toutes les &ces.

« Les pères et mères peuvent faire instruire dans ces établissements (particuliers ou publics) leurs enfants par un ecclésiastique ou un ministre de leur choix. » Us le peuvent, mais où? Chea eux? Il faudra xlonc que les enfants sortent de leur collège ou de leur pension pour aller chez leurs parents recevoir des instructions religieuses? Imposable. Au collège ou à la pension? Il fendra donc que le chef de rétablissement admette dans sa -maison autant d'ecclésiastiquo» qu*il y aura de choix divers dans les familles des centaines d'enfants qui leur^sont confiés? //npoêsible. Les pères et mères peuvent !••• Mais pensezvous que quand les pères de deux ou trois élèves sur pins

Jf cent ii'aiuroàl pftt oonfiftnce dansTautiiAiiicr à% h mai* son , il« Iroureront uti prêtre qUi yeudrà s'en aller p^rlcf kl faillit dapi la moisson d'anlru'i, faire à rauoiôntcr une doncurretiee qniledkicrédiie* qui melle la* irision pnù les t'ières et le trotiblè dans rélablissement? £l quand même) ce c|ni ne sera jamais, le chef de celle tnaiitutioit y eonsentirait; un prêtre, ponr peu qu'il eût dedëiica* lésse, pourrait-il s'y prêter? D'ailleurs, sont ce donc les pères de famille qui donnent mission au prêtre? Quand méiiie un père pourrait appeler un ecrlésisslique pour instruire son fils à part dari! le sein in coll^, et quand même le principal s'y prêterait ^ si pour des raisons de sagesse qu'il est facile d'entrevoir> l evéquene le voulait pas, ^e prétendu pouvoir que vous donnez au père ne S6rait*4l pas toujours illusoire?

A\n%ï f vous le voyez , Monsieur le rapporteur, le pouvoir que vous al tribuez aux pères et mères et qui, de votre aveu , ne saurait leur^lre refuse sans in\usiice , ce pouvoir est d'une exécution tout*»â fait impossible dans le système du monopole ^ car, on ne trouvera cextainenient rien de mieux que ce que vous nous avez proposé : Or, on peut dire des propositions ce que le code civil (i 173) dit des conditions , dès lors qu*elies sont Impossibles elles sont nultê9 ; par conséquent hors de la liberté complète, o'esl-â*dire d'une liberté fiffranchie de toute mesure préventive, telle que nous la demandons, il nous est l'mpos*» sible d'accorder aux pères de famille le pouvoir de fliîre inhtruire religieusement leurs enfants selon leur eOn«* science t or^ vous aieadit,^t faime à it{|»ter avec viius que te dtoitpi'tcieux nesauraiUear étreréfusêéàne injus^ iicê* Donc^en restant daiis le m^ne syatênie^ en.h'arcordahtpasla liberté, votév loiêerà nécM^aif^meàé irijuête. ■ Pairs de France^ on vous dira peu(«^l re que >cela est ton^' jours />r(rz//^u^m<>2lj9ovs/6/<?i Oui SSII s douie, î| e^tlou« jmirs pratiquement possible a chacun ûé nous d^nfliger

i la propre mémoife une tncbe iaefliic^ibU : Or, il n'y ft pas au ihonde pour un l^islaleur de taehe plu» odieuse que de signer une loi qui cKavance a ^le dëolarëe injuste^ Il serait praiiquemenl libre à ehaeun de le feire , ittaiè aussi chacun serait théoriquement e\ praii^uemeni )Xkte de £1*^1 rir son nom.

2^ OasVloonedeJa position de résistance et de guerre prise -par le Clergé. Monsieur le Diie^ au mois de janvier dernier, j'ai eu Thonneur de vous Ciirè remettre mes drui pretuiera examens sur la question. Vous ave? pu y voir ( premier Exaaiei\y ch. 7* «— ■ Deuxième Examen ^ 6* quei** lion ) que 4 dès cette époque, je prévoyais et j*ânnoneais la guerre telle qu^elle est maintenant décUrée entre l'£^ piscopat et le gouvernement. Je déclare hautement qu'a^ lors je ne connaissais pas sur ce point les intentions, de mes vénérables coliègtt(.*6. Je crois mftaie que^ jusques-lè^ aimant toujours^ malgré tant de dr«eptions , à se reposer sur les promesses du pouvoir, la plupart des évéqurs avaient conservé des dispositions très- pacifiques, et croyaient qtie tout se terminerait à laide do représenta^ tious confident ielles« En annonçant qu'il nVn serait pas ainsi, )e nVtaia nullement leur interprète» mais je raisonnais d'après la logique des friits. Je tirais d'avance les con*séquences qui devaient sortir des principes de guerre que l'on s obstine à poser et voil'i qu'cnefiet elieS en sortent plus rapi<lement encore et plus jmiverseUement que nous ne le pensions. :

L'Epîsi^opat « dont le caractère a toujours été comme oekiicdu divin pa3kur dts.âmes^ la Mansuétude, la prUr dençoU longniimilé, TEtHscopatia longtem|>SLdans ses relations inlimes» oonjuré le pouv^oin de satisftâre à ses oUig»iioi>s euvers Je9 libertins publiques et S(>écia]em0nt envers, la Liberté. d'enseifçnement. On la dit', et noOs sommes douloureux went contraints de le •. dire nou»mème^ ses observations y ses .pmèrast 6tn inatan^^ea mmt

âeiiieur<^3 sans rësiikat, et quand une feuille, qui a ks conGdeoces du miuistëre, a imprudemment dëclaré que les réclamations confidentielles des évêques étaient repu-iies non avenue*^ elle a dit un mot tristement mais rl-> gooreusement exact.

Alors l'Episcopat français qui sait de TEsprit-Saint que s'ily aun temps pour se taire ily a aussi un temps pour parler (Eccle. 111*7) vient de se lever comme un seul homme , et d^nne voix solennelle il demande au nom des familles, au nom de TEglise, au nom de la jusltce éternelle, rexécution des promesses et des engagemeiif s du pac^e social, déclarant que SI on rehise de satisfaire à cette dette sacrée , il ne ponrra pas plus longtemps ni s'associer à Tin justice ni coopérer k un système destructeur de la foL

 cette déclaration inexplicable pour les hommes terrestres mais très intelligible et très naturelle pour les chrétiens instruits et sincères, les peuples se sont émus. Les ennemis du pouvoir ont cru trouver en nous des auxilîai* res ou du moins ils se sont réjouis et ranimés en nous voyant résister à un système qu'ils attaquent pour des motifs bien différents des nôtres. Les bons fidèles se sont •serrés avec effroi autour de leurs pasteurs. D autre part lafoule inintelligente des choses de Dieu a reçu avec avidité toutes les préventions les plus irritantes contre le parii prêtre. Hélas! il est triste de le dire, la majorité des chambres les a protégées. Âjnsi les deux camps sont en présence et la guerre est ouverte.

Certes c^e^t bien là un des c6tés les plus sérieux et les pins effrayants de la question. D-ou vient , Monsieur le Duc, que vous ne Tavex pas abordé? D'où vient qne dans votre long et lumineux rapport , dans ce rapport complet même sur les petits d<Haiis, il n'y a pas un mot de spécial sur les réclamations si graves, si fondées, si solides des Evèques. Auriez vous craint de rencontrer encore ici des diflScultés et théoriquement et même prali-

qii^in^rtt insoUibloâ? ou bien scriez-vous , Moiisletir le Dac, du nombre de ceux qui prétenâeni que les Craintes des EWéquc'S sont sans fondement el que les faits allégués contre l'université ne sont que des^ écarts accidentels ou des exagérations mensongères? Mais comment supposer que quatre-vingts Evéques , qui ont étudié longuement et attentivement une si importante aifaire, qui en écrivent séparément et successivement , ne soient que les échos ir« réfléchis de quelques feuilles publiques taxées de fànatts* me. Quoi I ceux qui sont établis les chefs et les premiers oi^anes de la doctrine révélée proclament unâiûmement que l'université n'est pas catholique, que par cela même elle ne peut pas avoir leur confiance, et que, obliger les cathoKques à se soumettre à ses examens ^ c'est violenter , c'est tyranniser les consciences , et parce que, d autre part. Monsieur Villemain affirme au contraire que son université est fort orthodoxe, on dira que le riipport des Evéqùes n'est pas< digne de quelque considération! Quoi quatre vingts-Evêques seraient en fait d'orthodoxie des imposteurs et des aveugles et c'est M. Vilmain qui se trouverait infaillible! Non, en fait 1 université da^s son ensemble n'est pas catholique. Mais , je vais. bien plus loin et me bornant , comme toujours , au point de vue du droit , je dis et je maintiens que l'Université comme corps ne peut pas être catholique , et que par conséquent étant conservée comme souveraine de toute éducation elle rend inévitable la guerre avec le clergé*

Vous avez gémi. Monsieur le rapporteur, de ce que le nombre d'heures consacrées dans les collèges à IHnstruG* tion religieuse y n'était pas suffisant^ vous avez ensuite ex* primé des craintes infiniment respectables sur les dangers immenses que présentent à des auditeurs de quinze ou seize ans, tant de questions de philosophie ou mémo d'histoire, agitées par plusieurs centaines de professeurs, jeunes éux^^némes, H débutant dans la carrière de l'ensei-

— iO —

gnemcDi* MbtU q«if l reteède mv^z vous apporta à ca laaai^ quel pri-aervalif à ces dan^ra? «ucu0. Voua $léi*)ares inènHS po^tivement ^e vou^u^n appQrtei*fz pas^ et ?oua concluez par cclie phrase qui ailriftte profolnlëoieiii la loi* «( Mal|^é la furce el rà-pro|>os cle Ci\s ar§umeuU , la coaimÎMioii n^i pia cru qu'il fût de soti devcûr de a'y ar* râler* » Je u^ veux pi\9 m'ari-âUr m>n plus à (ouïes Ica pensées qu'iiupirf celle ûiquitUiiable pbrase^ je n>e borne à pt'Aser (f ue ai la comiiikssk>u a'a paa cru qu'il fut de son devoir de s'arrèler à cet argument « c'est qu'elle ncn a P9S €Oiii|>ris (ottle U porlce Nous aUooa donc tâcher de le metlre dans sou vrui jour.

L'UuiveraUtS cVst rEt»t.; or, VEtat eat, par sa nature ^t dans aon essence eoiistilatîonndle« indifl^»rent k tonte religion conme à tout ayslème. L'Etat ne s'orcope pas de la croyanoede ceux qu'il appâUe aux. divers postes do la sociélé , il en est ainsi de rÛnmrsité posr ses diveft emplois. Elle admet avec uae égile indifférence dans ses chaires et à la t£te de ses ^lé^es^ les jliifs comme les cbn'tiens , les lurotestsnls comme les'catlioEques. L'Etat, dans ses actes de souveraineté fait ahstraotion de ce qui se rattache aux questions religieuses. Elles ne sont pas de son doiAaine« Ainsi^poor partioulartser cette pensée dans oe (^*elle peut svoir de plus^^aisissable , il n^y a^certaine^* ment pas un membre catholique d<i rUiiîverf ité qui ne lut blessé siy avant dele filtre parvenir- ^.ou.giiide supé-» ricur^ le graud-^maitre lui demandait sUl*a*£iittsfs Pâques^ Noua sommes bien sur que jamais M. ViUemaih n'a £iit cette question k pcrsottne^jétsi, le miaistoe se la permet^ tait jitmais, ledemter mattre d'ét^desiciieirait pouvmr lui répondre que cela tie le regarde pas« nonUtne jurons pas oe^ état de.ehpses^ nous ne demandons pas a ie changer. IVlaia pous «ous priciûs , Monsieur Je »Duc , d'examiner a'd n'eat pase^ réalité tel que «ous. venons de le^ décrire et s'il ne noua a pas mis «H droit de diroaillasva( Prennier

— it —

exâAien ^ V. ) que le privilège excruâif de iliriger TëducA^ iioh ptM ^wore mcriti» appartenir à TEtât qu'ib de» in^ dtrtfius»

Mfitntctiant qu'en résiliiez» t il? If en résulte surfotlldeUA efaoaes, la première^ c'est qu'une institution e^etitidleu ment indifférente à toutes !< s religions doit nëeessai renient - communiquer plus ou moins (!elte indift^érence k tous ses ^ membres et surtout à teîus ses élèves qui^â rfiison de leur }euneâge, reçoivent pkis facilement el phis prompte-* ment l'impression de tout ce qui les entoure et les ibrtne* La deuxième^ c'est que, par suite de Tobllgation où est l'EUat de n'avoir aucun égard à la croyance de chacun j les hommes religieux, se trouvent « sous la domin^ition universitaire, exposés à subir Tinfluenee forcée desopi-* nions le» plus directement contraires à leur foi. Cir, sans parler des collèges où Ton est sans cesse eu danger de se voir imposer tout à coup un Principal luthiVien, un pro-4 fessenr panthéiste, un maître d'études mécréant ^ etr;, sans que personne puisse ou veuille y rien voir, pas même lemiiiistre, une seule considération suffira pour faire sen* tir que ce système est destructeur de la foi même pour les établissements privés et que par'cela même l'Episeopat doit le repousser»

Vous voulez que les grades soient obligatoires pour renseignement el que res grades soient donnés par l'JEtat. Cela posé; les grades deviendront comme le poini de mire de tous les étudiants ; c'est pour les grades., et cî'est par le» grades qu'il» seront tcms exercés et formés. Le bàccft-^ lauréat se!ralebutde iont leur-) efforts ^ et l'acquisittoïKlef toute& les connaissances enigées parles progratnmes d'ei&a^^' mfn sera l'objet de toute letinapplication^ Or,*parmi ceâf eonnaissanoea solnt compriâes nécessairement Qt souvent en premit^e ligne là philosophie ft 1 histoire. Vous aveU teccmnlt vous*mènte, monaieur le rappoHeur^ qu'eti prar tique il est impossible* que ces deàx Sciences ne soient fké

— ta —

MHS cesse en coulacl avec les quesitoiis religieuses* Mais cecottlact peut être ou1rés*utile ou très-préjudiciable à la religion. Avec Thistoire et avec la pliilosopliie on peut développer et fortifier la foi , maïs aussi on peut, buoiainement parlant, Tébrauler et la miner, suiiout dans de jeunes Ame?.

Si le progranme ou Tin terroga leur, ou si Tun et l'autre eiigent ces deux sciences sous un poînl vue dangereux pour la foi des candidats, les voilà tous exposés à ne se procurer un drplônie que par la peHc de leurs croyances et que pour la ruine spirituelle des générations qu^ils se* ront plus tard chargés de former : or, le programme sera ^toujours dressé pat* une Université sans croyance , l'in-* terrogateur sera presque toujours un membre de TUni* versité,el, même en dehors de TUniversité, iuge au tribunal ou maire de la ville, il pourra être mécréanU Le programme ou Tinterrogateur , ou tods les deux , pourront donc se trouver ou hérétiques ou sceptiques ou directement irréligieux. Nous regardons cette chance comme très-probable dans l'hypothèse du projet acioplé, et tous sont obligés de la regarder au moins comme possible* Or, vous voulez que les (:vèques consentent a livrer toutes ces jeunes générations* dont ils sont les premiers pères spirituels, à des hasards aussi terribles pour leur {alut et leur bonheur !

Vous dites que Ton ne peut pas nous donner pleine et entière satisiàction^ qu'on ne peut pas nous imposer Iogt< quement silence, parce que nous sommes des esprits rigoureux* Vous avouez donc que vous avez contre vous la logique; la logique dont vous avez fiiit vous même , dans ce même rapport, un si légitime et si courageux éloge* « La logique , cette science selon vous trop méconnue de uos jours , qu'il importe désormais de replacer au rang qui lui appartient; la logique , cette science formelle de la pensée^ des règles de la démonstration. » Vous l'ayez

contre vous ! Mais la logique, c'e9t la raiâou y e'est le bon sen^, dans les questions législatives ^ la logique c'est Téquité, c'est le droit : Vous avez donc encore une fois la justice contre vous.

Vous ajoutez que nous sommes jnéfiauls» Mais, Mou-sieur le Duc, est-ce que nous n'avons pas des raisons pour rêlre? Est-ce qu'aujourd'hui même l'Université nt{ se pose pas, dans la personne de son chef, et dans presque tous ses membres, et dans ses discours et dans ses écrits, comme adversaire, \e pourrais dire comme ennemie do l'Eglise et de ses ministres? Est-ce que, k part tous les faits que nous connaissons , cetle attitude n'est pas de nature à nous inspirer de la méfiance? Quoi l nous voyons l'Université, malgré la réprobation unanime de 1 Episcopat, faire publiquement grâce aux horribles blasphèmes du Collée <le France ; nous la voyons applaudir avec une )oie bruyante aux sophismes surannés des rancunes jansénistes contre notre Eglise* Nous la voyons , comme nous l'avons vue toujours, sinon commander^ car elle ne le peut pas, au moins conseiller, favoriser,, propager des livres pernicieux et d'histoire et de philosophie ; nous voyons cela, toute la France le voit^ et vous voulez que nous consentions à confier à l'Université le soin de rédiger les {HTOgrammes d'histoire et de philosophie destinés à oos^ enfants, et à &ire passer eUe-méme notre chère jeu** nesse par le scrutin fatal d'interrogateurs qui pourront être et ^ùi, la plupart ^ seront certainement poui^eux des •tentateurs et des impies. ISon , nous n'y consentirons )amais. Vous comprenez bien vous même. Monsieur le Duc, que nous ne le pouvons pa^, que nous ne le devons pas, et quoique vcftis ne partagiez pas encore toutes nos opinion», TOUS avez l'âme assez haute pour sentir que si nous nous prêtions à un système qui doit amener la. perte éternelle des âmes» non- seulement nous mériterions les châtiments, du Ciel f lasiis nous n'aurions plus droit a votre esliine»

Nous résisttrioos dotio^ nau$ rémsiîerUms et par nMre parole, par tiotre (tifhienee et par nos <»|ivr€>s, et , iHmr r^p.'ter un mot i|ue nou» avotn (Mjà ^né , et Aoal on n mal à propos envmîmé le sens naturel, noua résÎ8terion< par notra refus de c^oneoura, et en cela vous le voyes bien, Monsieur le Duc, nous nVnTaliirious en aucune msLmèm le terrain temporel et politique; mais nous nons borne* rions à défendre le domaine de TEgUseel de la fui. Nous ne £*wons pas^ceUe dëcUration par jactance « cette ▼auîtd puérile ne nous convient h aucun titre. Nous la faisons au contraire malgré nous , parce que nous y sonimes contraints et avec une proibndc douleur. Nous savons très-» bien que nous sonomes humainement les plus faibles, et qu'on peut cil érieii rement nous opprimer de toutes les manière.; nous savons qu'il ne nous est pas permis de pro« voquer la perséeption qui est toujours un grand mal en sot 9 nous savons enfln que la guerre dont nous parlons et qui mnlbeureusem^nt est déjà commencée, ne peut être qu'un sujet de désastres pour la patrie et de deuil pour TEglise. C'est pour cela que nous élevons la vo'x pendant qu'il en est temps encore pour conjurer le pouvoir dVn détourner la cause. Nous croyons que cette guerre désastreuse ne peut être évitée que par la liberté d'enseignement. Nous le croyons rerniement, invincible^ ment j cependant nous sentons bien que nom ne pouvon» impoier nos convictions à personne. Mais puisqu'il est évident que la voie vers laquelle on se dirige doit conduire & des précipices, qous demc^idonsen grâce , au nom de la ' France comme au nom d0 la fol, qu'on hésite un peu et

qu'onaltendeavantd yentrer.-^^^ousdemandonsquWne s'y précipité pas en aveugle dans un moment %'efferves^ oence et de passion. C'est toujours la sagesse et la vérité qui gagnent à l'f \amen. Si nous soqinies dans Merreur, un au de plus en eoiivatncra la France et nous en eonvaincra nouannémef ^ et ai alors le GouverueuMut powfsiit uoiia

- iÔ —

dooner, pour assurer dans rëducation la pureté de nos saintes croyances j un autre moyen que celui que nous proposons, nous laisserions les législateurs se débattre entre eux dans Tarène des intérêts ttnnpariAs et nous dé'poserions les armes; mais si nous sommes dans le vrai, quel intérêt le Gouvernement peut il avoir à se jeter dans une voie fausse ^ pleine d'orages ^ de dangers et de

ruines?

Nous examinerons sommairement les motifs d'après lesquels on cherche, à justifier cette déplorable déterminanation^ dans une troisième lettre qui sera sans doute la dernière et que nous terminerons par l'exposé de la troisième impossibilité énoncée au commencement de celle-ci que, sa longueur imprévue nons oblige à terminer avant d'y avoir rempli toute notre tâche.

Veuillez toujours. Monsieur le Duc, accueillir mes observations avec indulgence, excuser ce qui pourrait se rencontrer d'un peu rude dans ma rédaction pn'cipitée faite sous l'influence d'une conviction profonde, et agréer de nouveau l'assurance de ma haute considération et de mon profond respect,

ÉTéque de Langres.

hlPUMEIUE D'A. SIROU^ RUE DES NOYERS, 37.

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KKTTn> BB MOHSBIGVSUR L'ZTÎIQUS DE CBABTHES , sur la position faite au Clergé dans la question de la Liberti! d^'useignemenl , brocbureln^v Prix: 15 cent. ; le lOi) , 10 tr.

SnCOUBS DE M. KB COMTE Us MDNTALENBEHT, |iair de France, sur la Question de lk LibëNtë ul l'ëclese, 33 pugts in-H' atec couierlure iinpriint«. Prix : 10 ccut.

TBAIxi COMFI.ET SUH LA LIBEBTÉ S'£d1TOATIOH , considérée dans ses rapports avec le droit naturel el social , par M. l'abbé Chabtùiie , directeur d'une maison d'études , ancien professeur de Philosophie. 1 vol, in-S* de 400 pages. Prix : S fr.

Ce traité ne fait qu'une partie d'un cours de droit sociai , et sera immédiatement suivi d'un Traité sur la Liberté religieuse et sui' la Liberté nationale.

XXFOSinOV SOGMATIQirB DE XA DOCTRINE CBxà- TIUIKE, Ouvrage utile à tous ceux qui reçoivent un Enseignement supérieur, el qui veulent se faire une idée claire et complète de la croyance catholique , par le même autour, une feuille in-lS, sur grand raisin , couvert, broché, rogné, Prix : &0 c.( le 100 S3 fr.) Ce petit ouvrage convient aux maisons d'éducation où l'on donne des conférences religieuses, et aux catéchismes de pereévérance des pa-

&BOUIDIS0 JEUNE PaftTBB, dans sa vie privée, et dans ses différents rapports avec le monde , par M. l'abbé Rëuwe. ^ fort vol. in-(2. Prix ■ i fr.

Le but de cet ouvrage , qui compte déjà de nombreu.'s souscripteurs , est d'instruire le jeune prêtre de sa position dans le monde , de l'esprit du monde , etde lui exposer par quelles vertus , d'abord , et par quelles qualités il s'attirera l'estime et la confiance de ceux qui auront avec lui quelques rapports.

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