‹ Liberté d'enseignement: Examen de la question au point de vue constitutionnel et socialChapitre 3 sur 26 · SI · texte numérisé non relu

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On a (Ut an Ctergi& ufte poaitiaa fanaM et pariàe.

II se passe de nos jours mi lait bien étrange. D'une part, on reproche au olargé son immobilité au milieu en mouyement général ; on lui rappelle la puissance qu'il exerçait autrefois sur les peuples et on lui demande pourquoi il ne marche plus ainsi à la tête de la civilisation T

L' Ardie sainte est oMiette et ne rend pifis d'orades,

lut dit-<Mi avec un amer dédain. La couronne est vraiment tombée de votre tèle (Jérémie,

Thren. V, 16) : vous ne connaissez plus le monde au milieu duquel vous vivez; vous ne vous mêlez h aucun de ses intérêts, et vous nous avez mis en droit de vous adresser solennellement cette provocation hupailiante : Que font aujourd'hui les prêtres?

Voilà ce qtie Ton nous dit /et le souvenir de notre passé auquel on rend hommage n'est qu'un é loge insultant destiné à mieux faire ressortir les torts de notre position présente.

Mais, d'un autre côté, qu'arrive-t-il aussitôt que nous voulons mettre le pied dans le domaine des questions sociales? Il se fait dans le monde comme un soulèvement général : ceux qui prétendent diriger ou dominer la pensée publique jettent des cris d'épouvante, com^n^e s'il venait de se passer quelque; nionslioieux désordi^e, comme si nous nous fii^siqns rendus coupables d'une; usurpation qui mît en péril la société.

Ainsi, d'une part, on nous appelle, avefc une intention flétrissante, des hommes de sacristie, et puis, quand sk)us voulons montrer que nous n'en sommes pas moins Français, et quand nous voulons comme telsuser du droit de. publier nos opinions y on nous renvoie rudement k nos

sacristies et on nous menace, si nous en sortons, de faire application des lois

On cximprend, au premier coup d'oeil, tout ce qu'il y a d'înjusie, de cruel et de perfide dans ces deux attaques contradictoires: mais ce que l'on ne comfHrend pas aussi généralement, c'est le piège qu'on nous a tendu pour nous mettre tout^ à*fait en dehors de toutes les affaires sociales : chacun sait que la France est le seul pays du monde où le prêtre ai tune semblable position.

Or, on la lui a faite beaucoup moins en L'y jetant de vive force, qu'en Vy conduisant sous le prétexte de son propre intérêt. On lui a dit que pour obtenir le respect des peuples, il fallait qu'il restât inaperçu; à peu près, si l'on ose établir une telle comparaison, commeles athées pratiques avaient prétendu que Dieu était trop grand pour s'occuper des affaires de ce bas monde. C'est une manière polie d'exclure toute» les influences.

On a donc écarté les prêtres de la vie sociale , comme on avait précédemment écarté les fidèles de l'habitude des choses saintes, par l'exagéra-» tion perfide du respect dû à tout ce qui appartient à. la ReUgion. On a séparé ce respect de la confiance, et il n'est plus resté que la crainte.

— la — soûree inévitable de Féloignement et du dëgoût.

Cette application singulière de la morale rigo* rhhd à la vie puMique du clergé catholique a fini par doininèr tellement l'opinion, que Ton s'irrite dès qu'on entend un prèti^ dcnsner publiquen^nt son avis sur les matiares où tout le monde d'ailleurs est admis à donner le sien. Or, nous nous demandons sur quoi peut imposer la légitimité de cet étrange ostracisme?

Que nous restions éloignés des plaisirs et des salons du monde, c'est ce dont nous ne nous plaindrons pas ; car il nous a été dit : melius est ire in donmm luclûs quàm in domum convivii (Ecd. YII, 3), Que comme prêtres nous n'occupions aucune place, que nous n'ayions aucun droit dans la hiérarchie civile , c^est ce qui pour nous est très-peu regrettable, puisque l'Esprit Saint nous y invite : nemo miUlam Deo implicat se negotiis secularibm (Tim. II, 4 ) : maïs que nous ayions moins que les autres lé droit de parler de ce qui est livré à la libre discussion de chacun ; qu'il y ait pour nous imprudence ou témérité à entrer daiis des débats qui, sous des dehors par* lementaires, se rattachent aux intérêts et à l'avenir de la Religion, dont nous sommes établis les défenseurs, et que nous devons soutenir surtout

par la parole, c'est ce qu'il nous est impossible de comprendre.

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