‹ Liberté d'enseignement (volume 2)Chapitre 35 sur 76 · TOUT MOYEN TERME IMPOSSIBLE · texte numérisé non relu

TOUT MOYEN TERME IMPOSSIBLE

Nous avons dit qu'on ne pourrait échapper à cet énorme inconvénient qu'en donnant la liberté de l'enseignement dans les mômes conditions que l'on a donné la liberté de conscience , parce que ces deux li inertes sont inséparables, et toutes deux essentiellement individuelles.

On nous a répondu dédaigneusement que nous étions trop absolu , cl des hommes modérés nous assurent (]u'il doit y avoir, entre la do-

Diination désastreuse dont nous venons de parler et la liberté complète que nous réclamons , un milieu raisonnable et pratique.

Or, nous n'hésitons pas à répéter que ce milieu est impossible : nous défions tous les législateurs et tous les politiques d'y trouver un point d'où Ion n'arrive nécessairement à des contradictions et à des extrêmes. Yeut-on quelques détails en preuves?

r Si vous admettez pour les petits séminaires une position exceptionnelle, on dira que vous leur conférez un privilège , et une position regardée comme privilégiée n'est pas légalement tenable.

Si vous les assujettissez à ce que vous établissez comme droit commun , vous les ruinez , vous tarissez la source des vocations ecclésiastiques; lépiscopat est unanime là-dessus : vous sapez donc l'Eglise par sa base ; direz-vous que ce soit là un parti mitoyen?

Il est tellement impossible d'éviter l'un ou l'autre de ces deux inconvénients que les quatre projets ont sur ce point mécontenté toutes les opinions. On y a toujours vu, d'une part, d'intolérables vexations , de l'autre, des faveurs inconstitutionnelles.

2° Si vos progranimcs, vos examinateurs, et vos inspecteurs sont iigou»'(Misenionl ratlfo-

liquos, que doviennonl voire libre examen el voire liberlé de conscience ?

Si vous rédigez les uns et si vous nommez les îiulres sans aucun égard à leur orthodoxie , que devient la sécurité des familles croyantes ^ ?

3° Si vous prenez hors de l'Université les autorités chargées d'exercer \ action de l'Etat sur les institutions privées, l'Eiat sera scindé, il luttera contre lui-même, il y aura deux Universités de l'Etat; vous avez recule devant ce dualisme.

Si vous soumettez les institutions privées à l'Université actuelle, vous lui concédez un monstrueux privilège, vous l'établissez juge et partie, vous livrez ces institutions à la merci d'un rival tout-puissant; c'est-à-dire, qu'il n'y a j)lus même l'ombre de liberlé d'enseignement , que vous violez ouvertement la Charte, que vous en déchirez l'art. 69, (pie vous devenez audacieusement parjure.

* LY'lùve qui ('(udic pour devenir ba<luii('i' \cul, ;nant toutes choses, recevoir son l)aceaiauréal ; or, il ne peut lobtenir qu'en satisfaisant ses interrogateurs, et il les satisfera d'autant plus qu'il entrera davantage dans leurs idées. Il s'en péntMrera donc : et si, comme il arri\era s()U\ent, ces idées sont fausses, mauvaises, dangereuses: et si, d'un autre côté , le programme renferme des aperçus contraires à la foi catholiciue , s'il oblige le candidat à étudier des auteurs hostiles à l'Kglise , n'est-il pas évident que, par la puissance d'un tel système exercé sur \\n âge où les idées se forment el se fixent , on peut jeter sans remède dans l'erreur des générations entières?

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Voilà co (\uo sont vosprojels do loi. Nous vous l'avions prédit il y a huit mois ' : en dehors de la vraie liberté, toujours ils se réduiront à ces deux mots: Privilège^ oppression, c'est-à-dire, double injustice, double péril , double impossibilité constitutionnelle.

Si dès le principe nous avons demandé la liberté complète de l'enseignement, ce n'est pas que nous ne soyions, même par nos dispositions naturelles, porté à tout accommodement favorable à la paix ; mais c'est que nous étions sûr qu'il n'y avait ici aucun accommodement possible , c'est que la liberté absolue de l'enseignement nous paraissait très-distinctement être la condition indispensable d'un gouvernement constitutionnel fondé sur la liberté de conscience, et qu'en dehors de cette liberté nous ne voyions plus que des situations intolérables, suivies nécessairement d'un despotisme qui, s'étant emparé de l'enfance et de la jeunesse, arriverait à ne plus laisser une seule liberté debout.

"» Premier Examen , VII.

XT.

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