‹ Liberté d'enseignement (volume 2)Chapitre 43 sur 76 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le Gouvernement veut la paix ; ses intérêts matériels et même ses conditions d'existence la réclament. L'Eglise la veut aussi. Il est dans la nature de sa mission divine de prêcher et de maintenir la paix.

3Iais, tout en voulant la paix, le Gouvernement repousse la domination de l'Eglise, et lui dit : Vous êtes exclusive dans vos doctrines : ma constitution ne me permet pas de me soumettre, comme gouvernement, à des doctrines exclusives.

L'Eglise également, tout en désirant la paix, repousse, en ce qui regarde les doctrines, la domination du Gouvernement, et lui dit : Vous êtes essentiellement rationaliste : ma foi se refuse à ce que vous forciez les enfants que Dieu m'a confiés à recevoir, n'importe à quel litre, votre enseignement.

Entre ces deux puissances, qui existent sinmilanément sur ce sol de la France, l'une, rejM'ésenlée par les pouvoirs de l'Etal et ses in-nlo-li-ois millions de sujets, l'antre, ])ar ses

«|iialre-vingls évèques, ses (luarante mille prêtres et SCS trente millions de rKlclcs; entre ces deux puissances, qui refusent mutuellement de se soumettre Tune h l'autre par un certain côté , quelle est la voie de la conciliation et de la paix, d'une paix sérieuse, durable, utile à tous? Evidemment, celte voie ne peut se trouver que dans la liberté absolue de l'une et de l'autre , dans la convention mutuelle de ne s'entraver en rien , de ne se troubler en rien réciproquement.

Que l'Etat ait des écoles publiques réglées par une loi , ainsi que le veut formellement la constitution du pays : que les familles qui auront confiance dans l'éducation qui y sera donnée y envoient leurs enfants, tel est l'ordre légal. Si l'Eglise y mettait obstacle , on pourrait légitimement, de ce côté, l'accuser de troubler la paix.

Mais aussi, en retour, que l'Eglise ouvre lil)rement et sans aucun obstacle des écoles pour les familles qui voudront que leurs enfantjs soient élevés par elle. Tel est son droit civil aussi bien cpie son droit divin ; et si le Gouvernement s'y opposait en quelque manière; s'il prétendait dominer ou diriger ces écoles libres autrement que par l'application générale de ses lois de haute police, il est bien clair que c'est lui qui ne voudrait pas la paix.

LETTRE

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